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Mis à jour le 04 juillet 2026 par Ludovic

Le FCFF est l'acronyme de Free Cash Flow to the Firm (flux de trésorerie disponible pour l'entreprise). C'est l'une des mesures les plus utilisées pour évaluer la performance financière d'une société à partir de sa trésorerie, et pour en estimer la valeur.

La popularité du modèle d'évaluation FCFF tient à sa capacité à produire une valorisation cohérente d'une entreprise à partir d'un ensemble limité de données comptables. Ce guide détaille sa formule, ses composantes, le calcul du coût du capital et un exemple de mise en œuvre pas à pas.

Points clés à retenir

  • Le FCFF mesure la trésorerie disponible pour tous les apporteurs de capitaux (actionnaires et créanciers).
  • Formule usuelle : FCFF = EBIT × (1 − t) + amortissements − Capex − variation du BFR.
  • Les flux sont actualisés au WACC (coût moyen pondéré du capital), puis complétés d'une valeur terminale.
  • La projection se décompose en une phase de forte croissance puis une phase de croissance stable.
  • Le résultat final donne le juste prix estimé de l'action, à comparer au cours coté.

Qu'est-ce que le modèle d'évaluation FCFF ?

Le FCFF est une forme d'analyse des flux de trésorerie actualisés (méthode DCF, pour Discounted Cash Flow). Cette méthode est largement employée en évaluation d'entreprise, pour l'analyse d'actifs comme les actions et pour de nombreux objectifs de finance d'entreprise.

Ce qui donne sa valeur à une action, ce sont les flux de trésorerie attendus dans le temps : l'entreprise génère-t-elle des bénéfices qui rapporteront de l'argent à ses actionnaires ? Le FCFF est un modèle de flux de trésorerie disponible : il détermine la quantité de trésorerie qu'une entreprise peut distribuer à l'ensemble de ses détenteurs de titres sans perturber son activité.

Le FCFF correspond au flux de trésorerie d'exploitation, diminué des charges, des impôts, de la variation du besoin en fonds de roulement (BFR) et des investissements. C'est donc une mesure des bénéfices réellement disponibles une fois toutes les dépenses, impôts et investissements pris en compte.

Définition simple

Le FCFF représente la trésorerie qu'une entreprise pourrait théoriquement redistribuer à ses actionnaires et à ses créanciers, sans compromettre son fonctionnement ni sa croissance.

Pourquoi le FCFF est-il important en trading et investissement ?

Un FCFF positif indique que l'entreprise dispose de liquidités après l'ensemble de ses coûts. À l'inverse, une valeur négative signale qu'elle ne génère pas assez de revenus pour couvrir ses coûts et ses dettes.

Un FCFF durablement négatif peut constituer un signal d'alarme pour de nombreux investisseurs, révélant l'incapacité de l'entreprise à financer ses dépenses par les revenus qu'elle produit. Attention toutefois : une jeune société en forte croissance affiche souvent un FCFF négatif parce qu'elle investit massivement, sans que cela traduise une faiblesse.

La principale conclusion du modèle FCFF est la valeur des capitaux propres par action : la valeur d'une action par rapport aux flux qu'elle génère. Cela permet de déterminer la valeur réelle de l'action par rapport à son cours actuel et d'identifier des titres potentiellement sous-évalués.

Comme tout modèle financier, le FCFF exige plusieurs entrées pour produire les résultats attendus. Passons-les en revue.

La formule du FCFF et ses composantes

La formule la plus courante, à partir du résultat d'exploitation, est la suivante :

  • FCFF = EBIT × (1 − t) + Amortissements − Capex − Variation du BFR

t est le taux d'imposition, Capex les dépenses d'investissement et BFR le besoin en fonds de roulement. On peut aussi partir du flux de trésorerie d'exploitation en y réintégrant les intérêts nets d'impôt. Voici les entrées à réunir avant tout calcul.

Chiffre d'affaires actuel

Le chiffre d'affaires est la somme générée par l'entreprise grâce à la vente de ses produits et services. Il constitue le point de départ des projections.

Capital investi actuel

Le montant de capital actuellement investi dans l'entreprise. Une estimation approximative s'obtient par la valeur comptable de la dette, plus la valeur comptable des capitaux propres.

Amortissements

Toute entreprise subit une dépréciation de la valeur de ses actifs, comptabilisée sous forme d'amortissements. Ils sont réintégrés dans le FCFF car ils constituent une charge non décaissée.

Dépenses d'investissement (Capex)

Les dépenses d'investissement (Capital Expenditures) correspondent au montant consacré à des actifs physiques durables : usines, immobilier, équipements (PP&E), machines et infrastructures qui soutiennent le développement de l'entreprise.

Variation du besoin en fonds de roulement (BFR)

Le BFR se définit comme la variation des actifs courants moins la variation des passifs courants. Pour que le fonds de roulement augmente en valeur, l'actif doit augmenter ou le passif diminuer — ou toute combinaison nette favorable.

Valeur de la dette en cours

Le montant des dettes actuellement dues par l'entreprise. Il servira à passer de la valeur d'entreprise à la valeur des capitaux propres.

Nombre d'actions en circulation

Le nombre d'actions actuellement en circulation, indispensable pour convertir la valeur des capitaux propres en une valeur par action.

Les deux phases : forte croissance et croissance stable

L'actualisation des flux de trésorerie se décompose souvent en deux parties : une période de forte croissance de 5 à 10 ans, suivie du calcul d'une valeur terminale au-delà. Une évaluation FCFF distingue de la même façon une période de forte croissance et une période de croissance stable.

Une entreprise en phase de démarrage connaît généralement une période de forte croissance pour se hisser au niveau de ses concurrents. Une entreprise mature affiche au contraire une croissance plus stable, car elle est établie sur ses marchés et les opportunités de croissance y sont moins nombreuses.

On observe le même phénomène à l'échelle des économies nationales : des pays comme la Chine ou la Corée du Sud ont connu une croissance explosive grâce à des avancées technologiques et industrielles, tandis qu'une économie mature comme celle des États-Unis progresse de façon plus lente et régulière. Passons en revue chaque période.

La période de forte croissance : les hypothèses

Taux de croissance du chiffre d'affaires (5 prochaines années)

C'est généralement la première hypothèse posée. Le choix de cinq ans est en partie conventionnel, mais c'est la norme dans de nombreux modèles FCFF, car il est difficile pour une entreprise de maintenir une croissance élevée au-delà. Certains analystes retiennent une phase de forte croissance de dix ou quinze ans.

Charges d'exploitation en % du chiffre d'affaires

Les charges d'exploitation doivent rester inférieures au chiffre d'affaires pour garantir la rentabilité. Ce ratio se situe souvent entre 70 % et 75 % du chiffre d'affaires ; les amortissements y sont inclus.

Croissance du Capex et des amortissements

Il s'agit du montant global investi dans le capital physique (usine, immobilier, équipements) et du taux d'amortissement associé aux actifs de l'entreprise.

Part de la dette utilisée pour des investissements financiers

Sur l'ensemble des dettes de l'entreprise, quel pourcentage est affecté à des investissements financiers ? Ce chiffre est normalement faible ; pour certaines entreprises, il peut être nul.

BFR en % du chiffre d'affaires

Le besoin en fonds de roulement (actif courant moins passif courant) est ici exprimé en pourcentage du chiffre d'affaires.

Taux d'imposition sur les sociétés

Le taux auquel l'entreprise est imposée. À titre de repère, le taux fédéral sur les sociétés est de 21 % aux États-Unis, tandis que l'impôt sur les sociétés (IS) est de 25 % en France.

Bêta pour le calcul du coût des capitaux propres

Le bêta mesure la sensibilité du cours de l'action aux mouvements du marché. Un bêta de 1 correspond à la moyenne : l'action réagit aux variations du marché à un rythme moyen.

  • Un bêta supérieur à 1 : action plus volatile et plus réactive que le marché.
  • Un bêta inférieur à 1 : action plus stable par nature.
  • Un bêta négatif : le cours évolue en sens inverse de la tendance générale du marché.

L'exemple type d'une action à bêta négatif est une société d'extraction d'or : les investisseurs se tournent souvent vers l'or quand le marché boursier ne produit pas de rendements positifs, si bien que le titre peut monter dans un contexte baissier. Les entreprises en forte croissance affichent régulièrement un bêta supérieur à 1 ; en phase stable, il tend à se rapprocher de 1.

Coût des capitaux propres et taux sans risque (MEDAF)

Les rendements des obligations d'État à long terme fournissent le taux sans risque du marché, qui entre dans le calcul du coût des capitaux propres. Début juillet 2026, le rendement du Trésor américain à 10 ans évolue autour de 4,5 % ; en zone euro, on retient plutôt l'OAT française ou le Bund allemand à 10 ans.

Le coût des capitaux propres se calcule avec le modèle d'évaluation des actifs financiers (MEDAF, ou CAPM en anglais) : c'est le taux sans risque, majoré du produit du bêta par la prime de risque du marché :

  • E = Rf + β × (Rm − Rf)

où :

E = taux de rendement attendu pour ce titre
Rf = taux sans risque (rendement des obligations d'État)
Rm = rendement attendu du marché boursier
β = sensibilité au risque de marché (1 = moyenne ; <1 = plus stable ; >1 = plus volatil)

Prime de risque du marché

Elle correspond au rendement attendu du marché boursier au-delà du taux sans risque (le terme Rm − Rf ci-dessus). D'après l'édition 2026 des travaux d'Aswath Damodaran (NYU Stern), la prime de risque implicite du marché américain est estimée autour de 4,2 % début 2026, un repère fréquemment utilisé par les analystes.

Coût d'emprunt

Le taux d'intérêt auquel l'entreprise peut emprunter. Il servira à calculer le coût de la dette après impôts.

À retenir : Le coût des capitaux propres n'est pas un coût comptable : c'est le rendement minimum exigé par les investisseurs pour accepter le risque d'investir dans l'action.

La période de croissance stable

La phase de croissance stable comporte moins de paramètres que la phase de forte croissance, avec de nombreux points communs.

Taux de croissance du chiffre d'affaires

En forte croissance, le chiffre d'affaires peut progresser de 25 % ou plus selon les cas. Une entreprise mature dans un secteur concurrentiel connaît une croissance plus lente, généralement à un chiffre. Une croissance de 3 % à 6 % traduit un rythme stable et durable ; une fois cette phase atteinte, il devient de plus en plus difficile de l'améliorer.

Charges d'exploitation en % du chiffre d'affaires

Les charges d'exploitation sont souvent un peu plus élevées, en proportion, pour une entreprise en croissance stable. Idéalement, elles restent inférieures au chiffre d'affaires pour préserver la rentabilité à long terme.

Capex en % des amortissements

Le calcul peut se faire de trois façons :

1. Supposer que les dépenses d'investissement nettes sont nulles : c'est la méthode la plus courante, où le Capex égale 100 % des amortissements.

2. Aligner le ratio Capex / amortissements sur la moyenne du secteur.

3. Le déterminer en proportion de (taux de croissance du résultat d'exploitation) / (rendement attendu du capital). On obtient un investissement net que l'on divise ensuite par les amortissements pour obtenir le ratio.

Part de la dette pour les investissements financiers

Le pourcentage de la dette qui prend la forme d'investissements financiers.

Taux d'intérêt de la dette

La dette est assortie d'une prime via les intérêts, ce qui permet au prêteur de rémunérer son risque. Il s'agit du taux global pour l'ensemble des formes de dette.

Bêta en phase stable

Le bêta tend à se rapprocher de la moyenne du marché en période de croissance stable, reflétant une plus grande stabilité de l'entreprise. Des fournisseurs de données comme Bloomberg sont couramment utilisés pour estimer les bêtas.

Les sorties du modèle : EBIT, FCFF et valeur terminale

Une fois les entrées définies, le modèle produit les flux de trésorerie estimés, le coût des fonds propres et du capital, et la valorisation de l'entreprise. Voici les principales sorties.

Croissance du chiffre d'affaires

Dans un modèle standard sur dix ans, les années 1 à 5 sont les « années de forte croissance », les années 5 à 9 forment une transition (croissance décroissante) et l'année 10 estime le flux en régime de croissance stable. Pour simplifier, la feuille de calcul retient souvent cinq ans par période.

Croissance des amortissements

Elle suit le même schéma que la croissance du chiffre d'affaires, mais en utilisant le taux de croissance du Capex et des amortissements. Elle est constante les cinq premières années, puis subit une transition de cinq ans vers la phase stable.

Chiffre d'affaires projeté

On calcule le chiffre d'affaires en multipliant celui de la période de base par [1 + (croissance du chiffre d'affaires)]. Par exemple, un chiffre d'affaires de 200 000 € croissant de 25 % donne : 200 000 € × (1 + 0,25) = 250 000 €.

Charges d'exploitation et EBIT

Les charges d'exploitation s'obtiennent en multipliant leur pourcentage du chiffre d'affaires par le chiffre d'affaires de la même période. L'EBIT (bénéfice avant intérêts et impôts) est ensuite égal au chiffre d'affaires diminué des charges d'exploitation.

EBIT × (1 − t)

Cette valeur correspond à l'EBIT après impôts. Le terme « 1 − t » représente la part conservée après imposition. Par exemple, avec un taux d'imposition de 21 %, il reste 79 % du bénéfice : un EBIT de 200 000 € devient 158 000 € après impôts.

Calcul du FCFF

Pour obtenir le flux de trésorerie disponible de l'entreprise, on prend l'EBIT × (1 − t), on ajoute les amortissements, puis on soustrait le Capex et la variation du BFR :

FCFF = EBIT × (1 − t) + Amortissements − Capex − Variation du BFR

La variation du BFR est égale au BFR (en % du chiffre d'affaires) multiplié par l'écart entre le chiffre d'affaires courant et celui de la période précédente. Exemple : avec un BFR de 10 %, un chiffre d'affaires de 250 000 € cette année et 200 000 € l'an passé : 0,10 × (250 000 € − 200 000 €) = 5 000 €.

Valeur terminale

Il n'est pas réaliste de projeter les flux à l'infini : au-delà d'un certain horizon, les conditions sectorielles et macroéconomiques deviennent trop incertaines. On complète donc les flux actualisés par une valeur terminale, calculée avec un modèle de croissance perpétuelle (modèle de croissance de Gordon).

Sur un modèle de dix ans, on calcule la valeur terminale à partir du FCFF de la dixième année : on le multiplie par [1 + (croissance stable)], puis on divise par (coût du capital − croissance stable). On obtient ainsi la valeur des flux au-delà de l'horizon, en supposant une croissance stable pérenne.

Coût du capital et WACC

Pour le coût du capital et des fonds propres, on calcule plusieurs composantes.

Coût des capitaux propres

Le rendement que l'entreprise sert à ses actionnaires en contrepartie du risque pris. C'est le rendement minimum exigé par les investisseurs. Il se calcule via le MEDAF :

  • Coût des capitaux propres = (taux sans risque) + (bêta) × (prime de risque du marché)

Proportion de capitaux propres

Définie comme : 1 − (part de la dette).

Coût de la dette après impôts

Défini comme (coût d'emprunt) × (1 − taux d'imposition). Exemple : un taux d'emprunt de 10 % et un taux d'imposition de 25 % donnent un coût de la dette après impôts de 0,10 × (1 − 0,25) = 0,075 = 7,5 %.

Proportion de la dette

Égale à 1 − (proportion de capitaux propres). Ensemble, proportion de dette et proportion de capitaux propres somment toujours à 100 %. Certains titres sont hybrides (actions privilégiées, obligations convertibles).

Le coût du capital (WACC)

Le WACC (coût moyen pondéré du capital) est le taux auquel une entreprise mesure le coût de financement d'un projet. Un WACC faible est généralement favorable : il facilite le financement de nouveaux projets. Il se définit ainsi :

  • WACC = (coût des capitaux propres) × (proportion des capitaux propres) + (coût de la dette après impôts) × (proportion de la dette)

Facteur d'actualisation cumulé et valeur actuelle

Pour actualiser chaque flux, on construit un facteur d'actualisation cumulé, égal à (facteur de la période précédente) × (1 + coût du capital). La valeur actuelle d'une année s'obtient en divisant le FCFF de cette année par ce facteur cumulé.

Pour la dernière année, on ajoute la valeur terminale au FCFF avant de diviser par le facteur cumulé. Cette étape est essentielle : sans elle, on n'obtiendrait la valeur que sur dix ans, et non sur toute la durée de vie de l'entreprise.

Évaluation de l'entreprise et valeur par action

On peut enfin estimer la valeur de l'entreprise, puis la valeur des capitaux propres et la valeur par action.

Valeur de l'entreprise

Elle est égale à la somme des valeurs actuelles calculées à l'étape précédente (fonction =SOMME dans un tableur).

Valeur de la dette

Le montant de dette à retrancher de la valeur de l'entreprise pour obtenir la valeur des capitaux propres.

Valeur des capitaux propres

La valeur totale estimée des actions en circulation : (valeur de l'entreprise) − (valeur de la dette).

Valeur des capitaux propres par action

Une estimation du juste prix de l'action, pour déterminer si elle est sous-évaluée, surévaluée ou correctement évaluée par rapport à son cours :

  • Valeur par action = (valeur des capitaux propres) / (nombre d'actions en circulation)

Construire un modèle FCFF pas à pas

Voici les grandes étapes pour évaluer une entreprise avec le modèle FCFF.

1
Rassembler les données de base
Réunir le chiffre d'affaires, le capital investi, les amortissements, le Capex, la variation du BFR, la dette en cours et le nombre d'actions.
2
Fixer les hypothèses de croissance
Estimer le taux de croissance du chiffre d'affaires et la durée de la phase de forte croissance (souvent 5 ans), avant la transition vers une croissance stable.
3
Projeter les FCFF année par année
Calculer, pour chaque année, FCFF = EBIT × (1 − t) + amortissements − Capex − variation du BFR.
4
Calculer le coût du capital (WACC)
Déterminer le coût des capitaux propres via le MEDAF et le coût de la dette après impôts, puis les pondérer pour obtenir le WACC.
5
Actualiser et calculer la valeur terminale
Actualiser chaque FCFF au WACC, puis ajouter une valeur terminale (modèle de Gordon) pour capter les flux au-delà de l'horizon de projection.
6
En déduire la valeur par action
Sommer les valeurs actuelles pour obtenir la valeur d'entreprise, soustraire la dette pour la valeur des capitaux propres, puis diviser par le nombre d'actions.

Avantages et limites du modèle FCFF

Comme toute méthode d'évaluation, le FCFF a ses forces et ses faiblesses.

Avantages
  • Évalue l'entreprise indépendamment de sa structure de financement (dette / capitaux propres).
  • Repose sur la trésorerie réelle, moins manipulable que le résultat comptable.
  • Adapté aux entreprises endettées ou à structure de capital évolutive.
  • Fournit un juste prix par action, comparable au cours coté.
Limites
  • Très sensible aux hypothèses : croissance, marges, WACC, valeur terminale.
  • La valeur terminale pèse souvent l'essentiel de la valorisation.
  • Peu adapté aux entreprises à FCFF durablement négatif sans normalisation.
  • Exige des données de qualité et un jugement solide sur le long terme.

Prudence sur les hypothèses

Une variation de 1 point du WACC ou du taux de croissance stable peut modifier fortement la valorisation. Il est recommandé de tester plusieurs scénarios et de conserver une marge de sécurité.

FCFF, FCFE et autres modèles d'évaluation

Le FCFF n'est qu'une des méthodes d'actualisation des flux. Le tableau ci-dessous le compare aux principales approches alternatives.

ModèleFlux évaluéTaux d'actualisationRésultat obtenu
FCFFTrésorerie pour tous les apporteurs de capitauxWACCValeur d'entreprise, puis valeur par action
FCFETrésorerie pour les seuls actionnairesCoût des capitaux propresValeur des capitaux propres
Modèle d'actualisation des dividendes (DDM)Dividendes versésCoût des capitaux propresValeur des capitaux propres
Multiples de valeur d'entrepriseEBITDA, chiffre d'affaires, etc.Comparaison sectorielleValorisation relative
Modèles basés sur les actifsValeur des actifs netsSans actualisation directeValeur patrimoniale

Croiser plusieurs méthodes permet de trianguler la valeur d'une entreprise et de réduire le poids des hypothèses propres à un seul modèle.

Conclusion : bien utiliser le modèle FCFF

Le FCFF fonctionne comme un modèle de flux de trésorerie actualisés qui évalue la valeur d'une entreprise à partir d'un ensemble de données comptables. Il éclaire les leviers d'amélioration de la trésorerie et permet de calculer la valeur des capitaux propres, c'est-à-dire le « juste » prix de l'action.

Cette société est-elle sous-évaluée, surévaluée ou correctement valorisée ? Si le modèle suggère une sous-évaluation, l'action peut représenter une opportunité. Mais lorsque l'on évalue une entreprise, il faut garder à l'esprit le nombre d'hypothèses formulées sur ses flux futurs.

Certains éléments se déduisent de données accessibles, mais il faut conserver une marge de manœuvre pour reconnaître que ces hypothèses peuvent surestimer ou sous-estimer la qualité de l'entreprise. Par exemple, si le FCFF donne un juste prix de 45 € pour une action cotée 50 €, la décote apparente est faible : une erreur de 6 % du modèle suffirait à l'annuler. La prudence s'impose donc.

Enfin, il existe de nombreuses façons d'évaluer des actions : le FCFE, les modèles d'actualisation des dividendes, les multiples de valeur d'entreprise ou les modèles patrimoniaux. Les combiner aide à trianguler la valeur d'une société et à fiabiliser ses décisions d'investissement.

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⚠️ Investir comporte des risques de perte en capital.

FAQ - Questions fréquentes

Qu'est-ce que le FCFF ?
Le FCFF (Free Cash Flow to the Firm) est le flux de trésorerie disponible pour l'ensemble des apporteurs de capitaux d'une entreprise, actionnaires comme créanciers, une fois payés les charges d'exploitation, les impôts, les investissements et la variation du besoin en fonds de roulement. Il sert de base à une évaluation par actualisation des flux de trésorerie (DCF).
Quelle est la formule du FCFF ?
La formule la plus courante est : FCFF = EBIT × (1 − taux d'imposition) + amortissements − dépenses d'investissement (Capex) − variation du besoin en fonds de roulement. On peut aussi partir du flux de trésorerie d'exploitation en réintégrant les intérêts nets d'impôt.
Quelle est la différence entre FCFF et FCFE ?
Le FCFF mesure les flux disponibles pour tous les apporteurs de capitaux (actionnaires et créanciers) et s'actualise au coût moyen pondéré du capital (WACC). Le FCFE (Free Cash Flow to Equity) mesure les flux disponibles pour les seuls actionnaires, après remboursement de la dette, et s'actualise au coût des capitaux propres.
Que signifie un FCFF négatif ?
Un FCFF négatif signifie que l'entreprise ne génère pas assez de trésorerie pour couvrir ses charges, ses impôts et ses investissements sur la période. C'est fréquent pour une jeune société en forte croissance qui investit massivement, mais cela peut aussi signaler une fragilité financière pour une entreprise mature.
Comment calcule-t-on le coût du capital dans un modèle FCFF ?
Le coût du capital est le WACC : on pondère le coût des capitaux propres (estimé par le MEDAF : taux sans risque + bêta × prime de risque) et le coût de la dette après impôts, chacun par son poids dans le financement total de l'entreprise.
Qu'est-ce que la valeur terminale ?
La valeur terminale représente la valeur de tous les flux de trésorerie attendus au-delà de l'horizon de projection explicite. On la calcule généralement avec le modèle de croissance de Gordon : dernier FCFF × (1 + croissance stable) / (coût du capital − croissance stable).
Quel taux sans risque utiliser en 2026 ?
Le taux sans risque de référence est le rendement des obligations d'État à long terme. Début juillet 2026, le rendement du Trésor américain à 10 ans se situe autour de 4,5 %. En zone euro, on retient plutôt le rendement de l'OAT française ou du Bund allemand à 10 ans.
Pourquoi décompose-t-on la projection en deux phases ?
Une entreprise jeune connaît souvent une phase de forte croissance (5 à 10 ans) difficile à maintenir dans le temps, suivie d'une phase de croissance stable proche de celle de l'économie. Décomposer la projection en deux phases rend les hypothèses plus réalistes qu'un taux de croissance unique.
Le FCFF permet-il de savoir si une action est sous-évaluée ?
Oui : en divisant la valeur des capitaux propres par le nombre d'actions, on obtient une estimation du juste prix de l'action, que l'on compare au cours coté. Si le cours est nettement inférieur à cette valeur, l'action peut être sous-évaluée, sous réserve de la fiabilité des hypothèses retenues.
Quelles sont les limites du modèle FCFF ?
Le résultat dépend fortement des hypothèses (croissance, marges, WACC, valeur terminale). De petites variations de ces paramètres modifient beaucoup la valeur obtenue. Il est donc recommandé d'utiliser une marge de sécurité et de croiser le FCFF avec d'autres méthodes d'évaluation.
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