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Mis à jour le 18 juillet 2026 par Ludovic

Un ordre exécuté à un prix aberrant, un retrait bloqué pendant des semaines, un « conseiller » qui pousse à déposer davantage après une série de pertes, une plateforme qui disparaît du jour au lendemain : les litiges entre traders particuliers et courtiers forex prennent des formes très différentes, et tous n'appellent pas la même réponse. Le premier réflexe utile n'est pas de chercher un avocat, mais de déterminer à quel type d'interlocuteur vous avez affaire. Entre un courtier européen régulé qui a mal exécuté ses obligations et une plateforme fictive montée pour siphonner des dépôts, les recours, les délais et les chances de récupération n'ont rien de commun.

Cette page décrit la procédure complète : constitution du dossier, réclamation, opposition bancaire, signalement au régulateur, médiation gratuite, puis, si nécessaire, action civile ou pénale avec l'appui d'un avocat spécialisé.

Points clés à retenir

  • Documentez avant d'agir : historique de compte, relevés, courriels et enregistrements d'appels constituent le socle de toute procédure.
  • La réclamation écrite au broker est un passage obligé : aucun médiateur n'acceptera votre dossier sans elle.
  • Le temps joue contre vous : la rétrofacturation carte bancaire se compte en mois, les ombudsmans étrangers imposent des délais de saisine de 12 à 15 mois.
  • La médiation est gratuite et, en France, la saisine du médiateur de l'AMF suspend la prescription de l'action en justice.
  • Un régulateur n'indemnise pas : ni l'AMF ni la CySEC n'ont de pouvoir de restitution des fonds à titre individuel.
  • Méfiez-vous de la seconde arnaque : les faux services de récupération de fonds ciblent spécifiquement les victimes déjà escroquées.

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Litige avec un broker forex : les différents cas de figure

Tous les différends ne relèvent pas de l'escroquerie. Identifier la catégorie exacte de votre litige conditionne l'ensemble de la stratégie.

Litige d'exécution
Slippage anormal et systématiquement défavorable, requotes répétées, ordre stop non exécuté au niveau demandé, décalage de cotation par rapport au marché interbancaire, plateforme indisponible au moment d'une annonce macroéconomique. Le débat porte sur la qualité de la meilleure exécution imposée par MiFID II.
Litige de conseil
Recommandations inadaptées au profil, produits à effet de levier vendus à un investisseur non averti, questionnaire de connaissance rempli à la place du client, absence d'avertissement sur les risques. C'est le terrain juridique le plus favorable au trader lorsque le courtier est européen.
Litige de retrait
Demande de retrait ignorée, conditionnée à un dépôt supplémentaire, à un « impôt » à régler d'avance ou à un volume de trading lié à un bonus. Le refus de retrait est le signal d'alerte le plus fréquemment observé avant l'effondrement d'une plateforme.
Escroquerie caractérisée
Plateforme sans licence, cotations entièrement fictives, faux articles de presse, démarchage insistant, société immatriculée dans une juridiction exotique. Ici, il ne s'agit plus d'un litige commercial mais d'une infraction pénale.

Distinction essentielle : un litige avec un courtier régulé se traite d'abord par les voies amiables et réglementaires, avec des chances sérieuses d'aboutir. Une escroquerie relève du pénal et du bancaire, avec des taux de récupération faibles et une fenêtre d'action très courte.

Arnaques et litiges financiers : les chiffres à connaître

L'ampleur du phénomène justifie la vigilance. Les données publiées par les autorités françaises dessinent un paysage préoccupant.

IndicateurDonnéeSource
Préjudice global des escroqueries financières en FranceAu moins 500 millions d'euros par anParquet de Paris
Perte moyenne déclarée à l'AMF (tous types d'arnaques)34 000 € en 2025, contre 29 500 € en 2024AMF
Préjudice moyen sur les faux livrets d'épargneEnviron 69 000 € par victimeACPR
Sites et acteurs non autorisés ajoutés aux listes noires en 2025Plus de 1 300Pôle commun AMF-ACPR
Publicités financières analysées en 2025Plus de 4 500, soit plus du double de l'année précédentePôle commun AMF-ACPR
Dossiers reçus par le médiateur de l'AMF (2024)2 204, dont 1 168 recevablesAMF
Taux d'adhésion aux propositions du médiateur94 % en moyenneAMF

Deux enseignements se dégagent. D'abord, la fraude s'est industrialisée : les faux sites sont désormais des copies quasi parfaites de plateformes légitimes, et l'identité de l'AMF elle-même est régulièrement usurpée. Ensuite, la médiation fonctionne bien lorsqu'elle est possible : plus de neuf propositions sur dix sont acceptées par les deux parties. Encore faut-il que le courtier relève d'un cadre réglementaire.

Broker régulé ou plateforme frauduleuse : le diagnostic préalable

Avant d'engager la moindre démarche, vérifiez le statut exact de votre courtier. Ce diagnostic détermine si vous disposez de recours réels ou si vous devez immédiatement basculer sur le volet bancaire et pénal.

Signes d'un courtier régulé
  • Numéro d'agrément vérifiable sur le registre du régulateur (AMF, CySEC, FCA, BaFin, CNMV)
  • Inscription au registre REGAFI ou dans les listes blanches de l'AMF pour l'exercice en France
  • Effet de levier plafonné à 30:1 sur les paires de devises majeures pour un client particulier
  • Protection contre les soldes négatifs et avertissement sur le pourcentage de comptes perdants
  • Ségrégation des fonds clients et adhésion à un fonds d'indemnisation
  • Procédure de réclamation formalisée et médiateur clairement identifié
Signaux d'alerte d'une arnaque
  • Effet de levier de 100:1 ou 500:1 proposé à un particulier européen
  • Démarchage téléphonique insistant après un formulaire rempli sur les réseaux sociaux
  • Faux articles de presse ou fausses recommandations de personnalités connues
  • Bonus généreux conditionnés à un volume de trading démesuré
  • Frais, taxes ou cautions réclamés avant tout retrait
  • Société immatriculée dans une juridiction sans supervision effective
  • Nom figurant sur les listes noires de l'AMF et de l'ACPR

Les listes blanches et les mises en garde publiées par l'AMF sont consultables librement sur le site de l'Autorité des marchés financiers, et le portail ABE Infoservice centralise les alertes de l'AMF, de l'ACPR et de la DGCCRF. Une vérification prend deux minutes et évite bien des désillusions.

Vos droits face à un courtier : ce qu'impose MiFID II

Un courtier agréé dans l'Union européenne n'est pas un simple prestataire commercial. La directive MiFID II lui impose une série d'obligations dont la violation ouvre droit à réparation. Ce sont ces obligations qui constituent le socle juridique de toute réclamation sérieuse.

  • Agir de manière honnête, loyale et professionnelle dans le meilleur intérêt du client.
  • Évaluer l'adéquation et le caractère approprié du produit au regard des connaissances, de l'expérience, de la situation financière et des objectifs du client.
  • Assurer la meilleure exécution possible des ordres en termes de prix, de coût, de rapidité et de probabilité d'exécution.
  • Informer clairement sur les risques et les coûts, sans présentation trompeuse ou déséquilibrée.
  • Gérer les conflits d'intérêts, notamment lorsque le courtier est contrepartie de son propre client.
  • Ségréguer les fonds des clients des actifs propres de l'entreprise.
  • Conserver les enregistrements des communications, y compris téléphoniques, liées aux transactions.

Ce dernier point est capital et trop souvent ignoré : le courtier a l'obligation de conserver les enregistrements des conversations téléphoniques ayant conduit à des opérations. Vous pouvez en demander la communication. Ces enregistrements sont fréquemment l'élément déterminant d'un dossier de conseil inadapté.

À noter : depuis les mesures d'intervention de l'ESMA reprises par les régulateurs nationaux, l'effet de levier proposé aux particuliers européens est plafonné (30:1 sur les paires de devises majeures, jusqu'à 2:1 sur les crypto-actifs), la protection contre les soldes négatifs est obligatoire et les bonus promotionnels sont interdits. Un courtier qui vous propose l'inverse ne respecte pas le cadre européen, ce qui constitue en soi un argument dans un litige et un signal d'alerte majeur.

Les techniques de manipulation des brokers malhonnêtes

Les schémas se répètent avec une constance remarquable. L'AMF les documente depuis des années : le « conseiller » construit une relation quasi amicale, valorise son expertise, offre de petits gains initiaux retirables pour installer la confiance, puis exerce une pression croissante.

  • Le gain initial retirable : un premier retrait de faible montant est autorisé pour crédibiliser la plateforme et déclencher un dépôt beaucoup plus important.
  • L'escalade d'engagement : après une perte, le conseiller propose de « se refaire » avec un dépôt supplémentaire, exploitant le biais d'aversion à la perte.
  • La culpabilisation : le client hésitant est présenté comme responsable de ses propres pertes, incapable de suivre les « recommandations ».
  • L'urgence artificielle : opportunité prétendument limitée dans le temps, appels répétés, pression pour signer immédiatement.
  • Le bonus piège : une prime créditée sur le compte impose un volume de trading colossal avant tout retrait, verrouillant de fait le capital.
  • L'accès à distance : le client est invité à installer un logiciel de prise de contrôle pour « l'aider » à passer ses ordres.

À côté de ces pratiques frauduleuses, les fautes professionnelles de courtiers par ailleurs régulés sont plus banales mais tout aussi indemnisables : recommandations inadaptées au profil de l'investisseur, difficultés récurrentes pour retirer les fonds investis, informations trompeuses ou ambiguës, conseils agressifs, problèmes d'exécution des ordres et anomalies de fonctionnement de la plateforme de trading.

La procédure étape par étape pour résoudre un litige

Cette séquence doit être respectée dans l'ordre : chaque étape conditionne la recevabilité de la suivante.

1

Rassembler et sécuriser les preuves

Exportez immédiatement l'historique complet du compte et des transactions au format PDF ou CSV, avant toute fermeture d'accès. Conservez les conditions générales acceptées, l'ensemble des courriels et messages, les captures d'écran des ordres litigieux, les preuves de virement ou de paiement par carte, ainsi que l'identité et les coordonnées des personnes qui vous ont contacté. Un dossier documenté vaut infiniment plus qu'un récit détaillé.

2

Déposer une réclamation écrite auprès du broker

Adressez au service conformité une réclamation formelle, factuelle et chiffrée, par courriel et par lettre recommandée. Exigez un numéro de référence unique. Le courtier européen doit répondre dans un délai maximal de deux mois. Traitez toute la communication par écrit : les échanges téléphoniques ne laissent aucune trace exploitable de votre côté.

3

Agir auprès de sa banque sans attendre

Si les dépôts ont été effectués par carte bancaire, demandez sans délai une procédure de rétrofacturation (chargeback) auprès de votre banque, en invoquant le service non rendu ou la fraude. Les fenêtres de contestation sont courtes. Pour les virements, signalez immédiatement l'opération à votre banque afin de tenter un rappel de fonds, dont les chances décroissent d'heure en heure.

4

Signaler le courtier au régulateur compétent

Signalez les faits à l'AMF et, le cas échéant, à l'ACPR, ainsi qu'au régulateur d'origine du courtier. Ce signalement n'aboutira pas à une indemnisation individuelle : ni l'AMF ni la CySEC ne disposent d'un pouvoir de restitution. Il alimente en revanche la surveillance, peut déclencher un contrôle, une sanction ou une inscription sur liste noire, et constitue une pièce utile dans votre dossier.

5

Saisir le médiateur ou l'ombudsman financier

Une fois la réclamation interne épuisée ou le délai de réponse écoulé, saisissez le médiateur compétent. En France, la saisine du médiateur de l'AMF est gratuite, confidentielle et suspend la prescription de l'action en justice. Pour un courtier chypriote, c'est le Financial Ombudsman de Chypre ; pour un courtier britannique, le Financial Ombudsman Service. Respectez scrupuleusement les délais de saisine, plus courts qu'on ne l'imagine.

6

Engager une procédure avec un avocat spécialisé

Si la médiation échoue ou si le préjudice dépasse les plafonds d'indemnisation de l'ombudsman, un avocat spécialisé peut négocier un accord amiable directement avec le service juridique du courtier, engager sa responsabilité civile contractuelle, ou déposer une plainte pénale avec constitution de partie civile en cas d'escroquerie en bande organisée. En France, l'action en responsabilité civile se prescrit en principe par cinq ans.

Médiateurs et ombudsmans : quel recours selon la régulation

Le recours amiable dépend du pays de régulation du courtier, et non de votre pays de résidence. Voici les principaux dispositifs concernant les traders francophones.

OrganismePays / régulateurCoûtPlafond d'indemnisationDélai de saisine
Médiateur de l'AMFFrance (AMF)GratuitPas de plafond réglementaireAprès réclamation préalable, avant toute action en justice
Financial Ombudsman de ChypreChypre (CySEC)20 € de frais de dossier170 000 € pour une personne physique, 250 000 € pour une personne morale12 mois après la réclamation auprès du courtier
Financial Ombudsman ServiceRoyaume-Uni (FCA)Gratuit455 000 £ depuis le 1er avril 2026 pour les faits postérieurs au 1er avril 2019, 205 000 £ pour les faits antérieurs6 mois après la réponse finale du courtier
AFCAAustralie (ASIC)GratuitPlafonds élevés variables selon le type de litigeGénéralement 2 ans après la réponse finale

Une précision importante concernant Chypre, juridiction d'origine d'une large part des courtiers forex accessibles en Europe : la CySEC indique explicitement ne pas disposer de pouvoir de restitution et ne pas instruire les plaintes individuelles. L'entreprise d'investissement doit vous attribuer un numéro de référence unique et accuser réception sous cinq jours ouvrables, puis répondre par écrit dans un délai de deux mois. C'est ensuite le Financial Ombudsman chypriote, organisme distinct, qui peut trancher le litige.

Les fonds d'indemnisation, à ne pas confondre avec la médiation. Ils n'interviennent qu'en cas de défaillance de l'établissement, jamais pour compenser des pertes de trading ou un litige commercial :

  • France : le Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre les titres à hauteur de 70 000 € par client et par établissement, et les espèces jusqu'à 100 000 € si le teneur de compte est une banque.
  • Chypre : l'Investor Compensation Fund verse le montant le plus faible entre 90 % de la créance et 20 000 €. Une créance de 50 000 € donne donc lieu à 20 000 € d'indemnisation, une créance de 10 000 € à 9 000 €.
  • Royaume-Uni : le FSCS couvre jusqu'à 85 000 £ par client et par établissement.

Faire appel à un avocat spécialisé en litiges financiers

L'intervention d'un avocat n'est pas systématiquement nécessaire, mais elle change la dynamique du dossier dans plusieurs situations précises.

Quand l'avocat apporte une vraie valeur
  • Préjudice significatif, généralement au-delà de 15 000 €
  • Courtier régulé dans l'Union européenne, donc solvable et identifiable
  • Dossier de conseil inadapté ou de manquement à MiFID II documenté
  • Nécessité de qualifier juridiquement les griefs avant la saisine du médiateur
  • Négociation transactionnelle directe avec le service juridique du courtier
  • Coordination d'une action collective entre plusieurs victimes du même schéma
Quand les chances sont faibles
  • Plateforme totalement fictive, sans licence ni actifs saisissables
  • Société domiciliée dans une juridiction sans coopération judiciaire
  • Fonds versés en crypto-actifs vers des portefeuilles non identifiables
  • Montants modestes au regard des frais de procédure
  • Faits anciens, proches ou au-delà de la prescription
  • Absence totale de pièces justificatives

Le rôle central de l'avocat tient à un point technique souvent sous-estimé : le médiateur ne peut trancher que sur les griefs préalablement soulevés auprès du courtier. Or les traders formulent spontanément leurs reproches en termes commerciaux ou émotionnels, rarement en termes juridiques. Une réclamation mal rédigée conduit à un rejet, alors même que le médiateur constate par ailleurs des manquements du courtier. Faire qualifier les griefs en amont, sur le fondement des obligations MiFID II, augmente considérablement les chances d'aboutir.

Le réseau Avocats Litiges Financiers

Le cabinet d'avocats Mikov & Attorneys, fondé par Me Konstantin Mikov, se spécialise dans la résolution de litiges financiers au travers de procédures non contentieuses, c'est-à-dire à l'amiable entre les parties, et s'inscrit au sein du réseau européen Avocats Litiges Financiers.

Mikov & Attorneys représente les intérêts des traders qui se retrouvent victimes de pratiques non conformes de la part de leur ou de leurs courtiers forex agissant dans le cadre réglementaire européen MiFID II.

cabinet d'avocats Mikov & Attorneys

cabinet d'avocats Mikov & Attorneys

Me Konstantin Mikov est régulièrement sollicité par les médias spécialisés internationaux lorsqu'il s'agit d'identifier les mauvaises pratiques des courtiers ainsi que de rappeler les droits des investisseurs en Europe :

Le réseau Avocats Litiges Financiers comprend également une correspondance à Nice pour tout ce qui concerne les procédures pénales, et à Nicosie (Chypre), où se situe le régulateur financier européen CySEC.

Si vous avez besoin de conseils légaux concernant un litige financier, vous pouvez contacter les experts du réseau Avocats Litiges Financiers. L'analyse préliminaire de votre dossier et de vos chances de récupération n'est pas facturée.

Ce service est uniquement valable pour résoudre les litiges avec des brokers réglementés dans l'Union européenne et pour des montants supérieurs à 15 000 euros.

Contacter un avocat

Les erreurs à éviter, dont l'arnaque à la récupération de fonds

Certains réflexes, compréhensibles sur le moment, compromettent définitivement un dossier.

  • Déposer à nouveau pour « débloquer » un retrait. Aucun courtier légitime n'exige un dépôt supplémentaire, une taxe ou une caution préalable à un retrait. Cette demande signe l'escroquerie.
  • Attendre plusieurs mois avant d'agir. Les délais de rétrofacturation et de saisine des ombudsmans se comptent en mois. Le dossier dormant devient un dossier perdu.
  • Ne communiquer que par téléphone. Sans trace écrite, vous ne pourrez ni prouver la réclamation ni établir le contenu des « conseils » reçus.
  • Fermer son compte ou supprimer ses courriels. Exportez tout avant de couper les ponts, y compris les messages désagréables.
  • Payer un service de récupération de fonds qui vous a contacté. C'est la seconde arnaque, la plus cruelle.

L'arnaque à la récupération de fonds (« recovery room »). Les victimes d'une première escroquerie sont recontactées par des individus se présentant comme des avocats, des enquêteurs ou des agents d'une autorité publique, affirmant avoir localisé les fonds perdus contre le paiement de frais, de taxes ou d'une caution. L'AMF alerte régulièrement sur ces campagnes d'usurpation et rappelle qu'elle n'a pas la compétence de récupérer ou de restituer des fonds perdus, et qu'elle ne demande jamais d'argent aux épargnants. Toute demande d'avance de frais pour récupérer votre argent est frauduleuse, sans exception.

Enfin, un point souvent négligé : les fichiers de victimes circulent. Une personne ayant déjà été escroquée est une cible privilégiée, précisément parce qu'elle est en situation de fragilité et motivée à récupérer ses fonds. Redoublez de prudence face à tout contact non sollicité postérieur au litige.

Conclusion

Un litige avec un courtier forex n'est jamais désespéré, mais il obéit à une logique procédurale stricte. Le facteur déterminant reste le statut réglementaire de votre interlocuteur : face à une entreprise d'investissement européenne, les obligations MiFID II offrent un socle juridique solide, la médiation est gratuite et le taux d'adhésion aux propositions du médiateur dépasse 90 %. Face à une plateforme fictive, la fenêtre d'action est étroite et se joue essentiellement sur le terrain bancaire, dans les jours qui suivent le versement.

Trois principes résument la marche à suivre : documenter immédiatement et exhaustivement, formaliser chaque démarche par écrit, et respecter l'ordre des recours, car aucun médiateur n'examinera un dossier sans réclamation préalable. Au-delà d'un préjudice de quelques dizaines de milliers d'euros, l'assistance d'un avocat spécialisé change souvent l'issue, non pas par l'effet de la menace judiciaire, mais parce qu'elle permet de qualifier juridiquement les griefs avant qu'ils ne soient soumis au médiateur.

Enfin, la meilleure protection reste préventive : vérifier systématiquement l'agrément d'un courtier auprès du régulateur avant le premier euro déposé, et considérer tout effet de levier hors normes ou tout bonus généreux comme un signal d'alerte plutôt que comme une opportunité.

Cet article présente une information générale sur les voies de recours et ne constitue pas un conseil juridique. Chaque situation étant particulière, l'analyse d'un professionnel du droit reste indispensable avant d'engager une procédure.

FAQ - Questions fréquentes

Peut-on récupérer l'argent perdu chez un broker forex ?
Cela dépend entièrement de la nature du courtier. Face à un broker régulé dans l'Union européenne qui a commis un manquement (mauvaise exécution, conseil inadapté, refus de retrait injustifié), les chances de récupération partielle ou totale sont réelles via la réclamation, la médiation ou une procédure amiable menée par un avocat. Face à une plateforme totalement frauduleuse, sans licence et souvent domiciliée hors d'Europe, les fonds sont rarement récupérables et le seul levier reste la rétrofacturation bancaire rapide et la procédure pénale.
Combien de temps le broker a-t-il pour répondre à une réclamation ?
Dans l'Union européenne, un prestataire de services d'investissement doit accuser réception de la réclamation sous quelques jours et apporter une réponse motivée dans un délai maximal de deux mois. À Chypre, une entreprise d'investissement doit confirmer la réception sous cinq jours ouvrables, attribuer un numéro de référence unique et répondre par écrit dans les deux mois. Passé ce délai, ou en cas de réponse insatisfaisante, la voie de la médiation ou de l'ombudsman est ouverte.
Le médiateur de l'AMF est-il compétent pour un litige forex ?
Le médiateur de l'AMF est compétent pour les litiges avec un intermédiaire financier autorisé à exercer en France, y compris une entreprise d'investissement européenne intervenant en libre prestation de services. Il n'est en revanche pas compétent pour les plateformes non autorisées inscrites sur les listes noires : dans ce cas, seule la voie pénale et bancaire reste ouverte. La médiation est gratuite, confidentielle et suspend la prescription de l'action en justice.
Quel est le taux de réussite d'une médiation financière ?
Le médiateur de l'AMF a reçu 2 204 dossiers en 2024, dont 1 168 relevaient de sa compétence, et a rendu 710 propositions de solution. En moyenne, 94 % de ces propositions, favorables comme défavorables, sont acceptées par les deux parties. Le taux d'adhésion est donc très élevé, mais il faut garder à l'esprit qu'une partie importante des saisines est jugée irrecevable, en particulier lorsque le courtier n'est pas régulé.
Que faire si le broker refuse de valider mon retrait ?
Commencez par vérifier que votre dossier de vérification d'identité est complet et qu'aucun bonus assorti d'un volume de trading minimum ne bloque le retrait, car c'est la cause la plus fréquente. Formalisez ensuite une demande écrite de retrait avec accusé de réception, puis une réclamation officielle. Si le blocage persiste au-delà du délai réglementaire, saisissez le régulateur, l'ombudsman compétent, et cessez immédiatement tout nouveau dépôt.
Combien coûte un avocat spécialisé en litiges financiers ?
Les modalités varient : honoraires forfaitaires, taux horaire, ou convention associant un honoraire réduit et un honoraire de résultat calculé sur les sommes effectivement récupérées. L'analyse préliminaire du dossier est fréquemment gratuite. En pratique, le recours à un avocat n'a de sens économique qu'au-delà d'un certain montant de préjudice, souvent situé autour de 15 000 euros, et à condition que la contrepartie soit une société régulée et solvable.
Le chargeback fonctionne-t-il pour récupérer des fonds versés à un broker ?
La rétrofacturation est possible pour les paiements par carte bancaire, sur le fondement des règles des réseaux Visa et Mastercard, lorsque le service n'a pas été rendu ou que l'opération est frauduleuse. Les délais sont courts, généralement de 120 jours à compter de l'opération ou de la découverte du problème selon les cas, ce qui impose d'agir vite. Les virements SEPA et les paiements en crypto-actifs ne bénéficient pas de ce mécanisme.
Mes fonds sont-ils garantis si le broker fait faillite ?
Chez un courtier régulé, oui, mais dans des limites précises. En France, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre les titres à hauteur de 70 000 euros par client et par établissement. À Chypre, l'Investor Compensation Fund verse le montant le plus faible entre 90 % de la créance et 20 000 euros. Au Royaume-Uni, le FSCS couvre jusqu'à 85 000 livres. Ces mécanismes ne jouent qu'en cas de défaillance de l'établissement, jamais pour compenser des pertes de trading.
Qu'est-ce que l'arnaque à la récupération de fonds ?
C'est une seconde escroquerie visant les victimes d'une première arnaque. Un inconnu contacte l'épargnant en se présentant comme un avocat, un enquêteur ou un agent d'une autorité publique, et affirme avoir localisé les fonds perdus, moyennant le paiement de frais, de taxes ou d'une caution. L'AMF rappelle qu'elle ne contacte jamais les épargnants pour récupérer des fonds et ne réclame aucun paiement. Toute demande d'avance de frais pour récupérer de l'argent est un signal d'alerte absolu.
Quel est le délai pour agir en justice contre un broker ?
En droit français, l'action en responsabilité civile se prescrit en principe par cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir. La saisine du médiateur de l'AMF suspend cette prescription. Les délais varient selon le droit applicable, souvent celui du pays du courtier, et les délais de saisine des ombudsmans étrangers sont beaucoup plus courts, de l'ordre de douze à quinze mois. Il est donc essentiel de ne pas laisser dormir un dossier.
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