
Mis à jour le 24 juillet 2026 par Ludovic
Les obligations indexées sur l'inflation, OII en français, linkers ou inflation-linked bonds en anglais, sont des titres à revenu fixe dont le capital est revalorisé au rythme d'un indice des prix à la consommation. Leur promesse est simple : préserver le pouvoir d'achat du capital et des coupons, quelle que soit la trajectoire de l'inflation ou de la déflation.
Le contexte de 2026 leur donne une actualité particulière. Le choc énergétique consécutif au conflit au Moyen-Orient a ramené l'inflation américaine à 3,5 % sur un an en juin 2026, après un pic à 4,2 % en mai, et poussé la BCE à relever ses taux en juin pour la première fois depuis 2023. Surtout, les taux réels sont revenus à des niveaux inédits depuis 2008 : l'adjudication de TIPS à 10 ans du 23 juillet 2026 a été servie à un rendement réel de 2,438 %. Autrement dit, il redevient possible de verrouiller un rendement supérieur à l'inflation, ce qui était impensable durant la décennie 2010.
Points clés à retenir
Une obligation classique verse un coupon fixe en euros ou en dollars. Son rendement est dit nominal : il ne dit rien de ce que ces euros permettront réellement d'acheter à l'arrivée. Si l'inflation dépasse durablement le coupon, le détenteur s'appauvrit en termes de pouvoir d'achat, même s'il est intégralement remboursé.
Une obligation indexée sur l'inflation corrige ce défaut. Elle repose sur trois éléments :
L'idée n'est pas nouvelle. Les premières obligations indexées documentées remontent à la fin du XVIIIe siècle : en 1780, l'État du Massachusetts a émis des titres dont la valeur de remboursement était liée à un panier de biens, afin de compenser la dépréciation monétaire liée à la guerre d'indépendance. Il faudra pourtant attendre 1981 pour la première émission souveraine moderne, avec les index-linked gilts britanniques, puis 1997 pour les TIPS américains et 1998 pour la première OATi française.
Le cœur du dispositif est le coefficient d'indexation. Il correspond au rapport entre la référence d'inflation du jour et la référence de base fixée à l'émission du titre. Un coefficient de 1,2450 signifie que les prix ont progressé de 24,50 % depuis l'origine du titre.
Exemple chiffré sur une OATi
Prenons un nominal de 10 000 €, un coupon réel de 1,80 % et un coefficient d'indexation de 1,2450 à la date de détachement du coupon.
➡️ Capital indexé : 10 000 × 1,2450 = 12 450 €
➡️ Coupon versé : 1,80 % × 10 000 × 1,2450 = 224,10 €
Un porteur d'OAT classique au même taux facial aurait touché 180 €, année après année, sans revalorisation.
Les indices de prix sont publiés avec du retard. Pour que le coefficient soit calculable chaque jour, les émetteurs utilisent une interpolation entre deux indices mensuels antérieurs. L'Agence France Trésor calcule ainsi la référence quotidienne d'inflation des OATi par interpolation linéaire entre l'IPC hors tabac du mois M-3 et celui du mois M-2. Les TIPS appliquent une logique équivalente sur le CPI-U américain.
Conséquence pratique : la protection arrive avec deux à trois mois de retard sur le choc de prix. C'est un point crucial en 2026, alors que le choc énergétique se diffuse par vagues dans les indices.
Si les prix baissent, le coefficient d'indexation descend sous 1 et le capital indexé se contracte, entraînant des coupons plus faibles. À l'échéance en revanche, l'AFT rembourse au minimum le nominal d'origine, tout comme le Trésor américain sur les TIPS. Cette garantie ne s'applique pas aux gilts indexés britanniques, dont le remboursement peut techniquement tomber sous le pair.
Attention à la nuance : le plancher porte sur le capital nominal d'origine. Un investisseur qui achète sur le marché secondaire un titre déjà fortement indexé, donc coté bien au-dessus du pair, n'est pas protégé sur la totalité de son prix d'achat.
La relation entre taux d'intérêt nominal (i), taux d'intérêt réel (r) et inflation (π) est décrite par l'équation de Fisher, du nom de l'économiste américain Irving Fisher :
i ≈ r + π
soit, en réarrangeant : r ≈ i − π
Une obligation nominale est cotée en rendement nominal ; une obligation indexée est cotée en rendement réel. L'écart entre les deux, pour un même émetteur et une même maturité, s'appelle le point mort d'inflation (breakeven inflation). Il représente l'inflation moyenne que le marché anticipe sur la période.
Comment lire un point mort ?
Le 22 juillet 2026, le Trésor américain à 10 ans se traitait autour de 4,67 % et le TIPS de même maturité autour de 2,3 % de rendement réel. Le point mort ressort donc à environ 2,3 %.
➡️ Si l'inflation américaine dépasse en moyenne 2,3 % par an sur dix ans, le TIPS l'emporte.
➡️ Si elle reste durablement sous ce seuil, l'obligation nominale rapporte davantage.
Le choix entre indexé et nominal est donc, au fond, un pari sur l'écart entre l'inflation future et le point mort du moment, et non un pari sur le niveau absolu de l'inflation.
C'est la réponse à une objection classique : pourquoi acheter une obligation indexée si l'inflation attendue est faible ? Parce que le prix intègre déjà cette anticipation. Ce que l'on achète, c'est une protection contre l'inflation non anticipée, celle qui n'est pas encore dans les prix — exactement le type de surprise qu'a produit le choc énergétique de 2026.
Point mort d'inflation à 10 ans aux États-Unis — perspective historique longue

Point mort d'inflation à 30 ans — perspective historique longue

La décennie 2010 avait rendu les obligations indexées peu attrayantes : les taux réels étaient souvent négatifs, l'investisseur payant littéralement pour la protection. La situation s'est inversée. Les taux réels américains évoluent aujourd'hui à leurs plus hauts niveaux depuis la crise financière.
| Indicateur | Niveau | Date de référence |
|---|---|---|
| Taux réel TIPS 5 ans | 2,01 % | 17 juillet 2026 |
| Taux réel TIPS 10 ans | 2,31 % | 17 juillet 2026 |
| Taux réel TIPS 30 ans | 2,87 % | 17 juillet 2026 |
| Adjudication TIPS 10 ans (nouvelle souche) | 2,438 % | 23 juillet 2026 |
| Point mort d'inflation 10 ans (États-Unis) | ≈ 2,2 - 2,3 % | mi-juillet 2026 |
| Treasury nominal 10 ans | 4,67 % | 22 juillet 2026 |
| OAT française 10 ans | ≥ 4,00 % | 23 juillet 2026 |
| Bund allemand 10 ans | 3,22 % | 23 juillet 2026 |
Le rendement réel de 2,438 % obtenu à l'adjudication du 23 juillet 2026 constitue le meilleur résultat sur cette maturité depuis octobre 2008. Pour mettre ce chiffre en perspective, la moyenne du taux réel à 10 ans sur la décennie écoulée tourne autour de 0,9 %.
Le décor macroéconomique en juillet 2026
Deux lectures s'affrontent. Pour les uns, ces taux réels élevés offrent une fenêtre historique pour verrouiller un rendement supérieur à l'inflation. Pour les autres, ils traduisent une prime de risque budgétaire croissante sur les dettes souveraines occidentales, et pourraient encore monter, ce qui pèserait sur le prix des titres déjà détenus.
Le marché mondial est dominé par les émetteurs souverains. Les TIPS américains représentent à eux seuls de l'ordre de 2 000 milliards de dollars d'encours, soit environ 5 % de la dette fédérale négociable. Le Royaume-Uni conserve la part relative la plus élevée, avec de l'ordre d'un quart de sa dette souveraine indexée, un héritage de la demande structurelle des fonds de pension à prestations définies. L'Italie et la France se situent autour de 10 %.
| Pays | Titre | Indice de référence | Plancher au nominal |
|---|---|---|---|
| États-Unis | TIPS | CPI-U non désaisonnalisé | Oui |
| Royaume-Uni | Index-linked gilts | RPI, aligné sur le CPIH à partir de février 2030 | Non |
| France | OATi / OAT€i | IPC France hors tabac / IPCH zone euro hors tabac | Oui |
| Italie | BTP€i et BTP Italia | IPCH zone euro hors tabac / IPC italien hors tabac | Oui |
| Espagne | Bonos et Obligaciones indexados | IPCH zone euro hors tabac | Oui |
| Allemagne | iBund / iBobl | IPCH zone euro hors tabac | Oui |
| Japon | JGBi | IPC national hors produits frais | Selon les souches |
| Canada | Obligation à rendement réel | IPC canadien global | Oui |
| Australie | Capital indexed bonds | Moyenne pondérée des huit capitales | Selon les souches |
| Suède | Obligations d'État indexées | IPC suédois | Oui |
| Brésil | NTN-B / NTN-C | IPCA / IGP-M | Non |
| Mexique | Udibonos | UDI, unité indexée sur l'IPC mexicain | Non |
| Chili | Titres en UF | Unidad de Fomento | Non |
| Colombie | TES UVR | UVR, dérivée de l'IPC colombien | Non |
| Israël | Titres d'État indexés | IPC israélien | Selon les souches |
Le plancher de remboursement dépend des conditions d'émission de chaque souche : vérifiez systématiquement la documentation du titre avant d'investir.
L'Allemagne s'est retirée du marché. L'agence de la dette allemande a annoncé en novembre 2023 l'arrêt de toute nouvelle émission indexée à compter de 2024, et le renoncement à réabonder les souches existantes. Quatre titres restent cotés, pour un encours d'environ 66 milliards d'euros lors de l'annonce, jusqu'à leur échéance. Les travaux de la Banque de France et de la Fed de San Francisco montrent que ni la prime de sécurité ni la liquidité de ce segment n'en ont réellement souffert.
Le RPI britannique va changer de nature en 2030. À partir de février 2030, le RPI sera aligné sur le CPIH, mesure historiquement inférieure d'environ un point de pourcentage par an. Le gouvernement britannique a confirmé qu'aucune compensation ne serait versée aux porteurs de gilts indexés. Pour un titre à échéance lointaine, cela réduit mécaniquement la protection attendue sur toute la période postérieure à 2030 : un point de vigilance majeur, souvent sous-estimé.
Enfin, quelques marchés autrefois cités sont devenus difficilement accessibles ou peu actifs pour un investisseur européen : les OFZ-IN russes, du fait des sanctions, ou les inflation indexed bonds indiens, dont le programme est resté marginal après 2014.

La France a émis sa première OATi le 15 septembre 1998, indexée sur l'indice des prix à la consommation hors tabac calculé par l'INSEE. Elle a innové en octobre 2001 avec la première OAT€i, indexée sur l'IPCH de la zone euro hors tabac, puis en mai 2022 avec la première OAT€i verte.
L'Agence France Trésor consacre environ 10 % de son programme d'émission annuel à ces titres, adjugés le même jour que les OAT à moyen terme lors d'une séance dédiée. Au sein de l'encours indexé, les OAT€i dominent nettement les OATi.
Les formules officielles de l'AFT
➡️ Coupon versé = coupon réel × nominal × coefficient d'indexation
➡️ Remboursement = nominal × coefficient d'indexation, avec un minimum garanti égal au nominal
➡️ Coefficient d'indexation = référence quotidienne d'inflation du jour ÷ référence de base, la référence quotidienne étant obtenue par interpolation linéaire entre l'indice du mois M-3 et celui du mois M-2
Le nominal unitaire est de 1 €, et l'AFT est son propre agent calculateur : elle publie chaque jour les références d'inflation et les coefficients sur son site.
Un point technique à surveiller en 2026 : l'INSEE a procédé à un changement de base décennal, les indices étant désormais publiés en base 100 = moyenne 2025. Une clé de passage a été appliquée pour assurer la continuité des coefficients d'indexation, sans rupture pour les porteurs.
Le débat public français sur ces titres s'est intensifié depuis l'épisode inflationniste de 2022, lorsque la charge d'indexation a atteint un niveau record et alimenté l'essentiel de la hausse de la charge de la dette de l'État. Des travaux parlementaires ont réclamé une évaluation du bilan financier de long terme du programme d'indexation, voire un objectif d'extinction. Cela ne change rien pour les porteurs des souches existantes, mais mérite d'être gardé à l'esprit sur l'offre future.
Le Trésor américain a adjugé les premiers TIPS en janvier 1997, pour 7 milliards de dollars de titres à 10 ans. Le programme couvre aujourd'hui les maturités 5, 10 et 30 ans, l'émission à 20 ans a été interrompue en 2009, pour un encours d'environ 2 000 milliards de dollars.
Contrairement à une idée répandue, l'indexation d'un TIPS n'est ni horaire ni semestrielle. Le principal est recalculé chaque jour à partir d'un CPI de référence, lui-même interpolé entre deux indices mensuels publiés par le Bureau of Labor Statistics avec un décalage. Ce sont les coupons qui sont versés semestriellement, calculés sur le principal indexé à la date de paiement.
Le prix de marché du titre, lui, bouge en permanence pendant les heures de cotation, au gré des anticipations d'inflation et surtout des taux réels.
Oui, et cela a été le cas pendant l'essentiel de la période 2011-2022. Un rendement réel négatif signifie que le marché accepte de perdre du pouvoir d'achat en échange de la sécurité et de la protection contre une surprise inflationniste. Mécaniquement, cela se produit lorsque le rendement nominal du Trésor de même maturité est inférieur au point mort d'inflation.
Ne pas confondre rendement réel et rendement total
Un TIPS affichant un rendement réel de 2,4 % ne rapporte pas 2,4 % en dollars. Il rapporte 2,4 % au-dessus de l'inflation réalisée. Si l'IPC américain progresse de 3 % par an, le rendement nominal effectif s'établit autour de 5,4 % ; si l'inflation tombe à 1 %, il n'est plus que de 3,4 %.
Pour un contribuable américain, l'IRS considère la revalorisation annuelle du principal comme un revenu imposable de l'année, alors même que cette somme ne sera encaissée qu'à la vente ou à l'échéance. Ce décalage, surnommé phantom income, explique que beaucoup de résidents américains détiennent leurs TIPS dans un compte de retraite à fiscalité différée. Ce point ne concerne pas directement un investisseur français, soumis aux règles décrites plus bas.
C'est le malentendu le plus coûteux sur cette classe d'actifs. Une obligation indexée ne supprime pas le risque de taux : elle le transforme.
Autrement dit, l'obligation indexée immunise contre l'inflation, pas contre la remontée des taux réels. En 2022 comme en 2026, les porteurs de linkers longs ont vu leur indexation généreuse largement neutralisée par la baisse des prix induite par la hausse des taux réels.
La duration reste donc l'outil de pilotage central. Une OAT€i à 2040 réagit beaucoup plus violemment à une variation de 50 points de base de taux réel qu'une souche à 2032. Pour un investisseur cherchant avant tout la protection du pouvoir d'achat sur un horizon donné, la solution consiste à faire coïncider la maturité du titre avec l'horizon de dépense et à le conserver jusqu'à l'échéance : le taux réel de l'achat est alors verrouillé, quelles que soient les fluctuations intermédiaires.
Sur un compte-titres ordinaire, les coupons et les plus-values de cession relèvent du prélèvement forfaitaire unique. Ce dernier a été relevé au 1er janvier 2026 : il s'établit désormais à 31,4 %, contre 30 % auparavant, sous l'effet du passage des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % voté dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. La part impôt sur le revenu reste à 12,8 %.
| Composante | Jusqu'en 2025 | Depuis le 1er janvier 2026 |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu forfaitaire | 12,8 % | 12,8 % |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | 18,6 % |
| Total PFU | 30,0 % | 31,4 % |
L'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu reste ouverte chaque année et peut être plus favorable pour les foyers faiblement imposés. Certains produits, notamment l'assurance-vie, conservent des prélèvements sociaux à 17,2 % et donc un taux global de 30 %.
Le point à ne pas manquer : la revalorisation du capital liée à l'indexation n'est pas un cadeau fiscalement neutre. Elle est appréhendée lors de la cession ou du remboursement et entre dans l'assiette taxable. Une protection contre l'inflation imposée à 31,4 % ne protège donc, en net, qu'à hauteur d'environ 69 % du gain d'indexation. C'est un argument fort en faveur des enveloppes fiscalement avantageuses, et un point à faire valider par un conseil fiscal au regard de votre situation personnelle.
Enfin, ces titres ne sont pas éligibles au PEA, réservé aux actions et à certains fonds d'actions européennes.
Trois voies principales existent pour un investisseur français : l'achat de titres en direct sur le marché secondaire, les ETF et fonds indexés sur l'inflation, et l'exposition indirecte via le fonds en euros d'un contrat d'assurance-vie, dont l'allocation obligataire comporte fréquemment des OATi et des OAT€i.
Pour la zone euro, plusieurs ETF UCITS répliquent des indices d'obligations d'État indexées sur l'inflation, l'iShares € Inflation Linked Government Bond UCITS ETF étant historiquement le plus important de sa catégorie en encours, tandis que l'Amundi Euro Government Inflation-Linked Bond UCITS ETF figure parmi les moins chargés en frais. Ces produits sont éligibles au compte-titres et à de nombreux contrats d'assurance-vie, mais pas au PEA.
Avertissement de bon sens : un ETF indexé sur l'inflation ne se comporte pas comme un compteur d'inflation. Sa valeur liquidative peut reculer alors que l'inflation grimpe, parce que la sensibilité aux taux réels domine à court terme. Ce n'est pas un dysfonctionnement du produit, mais la nature même de l'instrument.
⚠️ Le trading de CFD implique un risque de perte significatif. 69 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en négociant des CFD.
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Les CFD sur obligations permettent de spéculer sur la direction des taux à effet de levier, mais ils ne donnent aucun droit sur le titre sous-jacent et ne procurent donc pas la protection contre l'inflation recherchée par un investisseur long terme. Ce sont deux usages très différents.
⚠️ Investir comporte des risques de perte en capital.
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La bonne question à se poser
Avant tout achat, formulez la comparaison ainsi : « Je pense que l'inflation moyenne sur les X prochaines années sera supérieure à Y % », Y étant le point mort du moment. Si vous ne pouvez pas défendre cette phrase, l'obligation nominale de même maturité est probablement le choix plus cohérent.
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🔹Obligations OII
Les obligations indexées sur l'inflation ont changé de statut. Durant la décennie de taux zéro, elles offraient des rendements réels négatifs et relevaient surtout de l'assurance coûteuse. En 2026, avec des taux réels américains proches de 2,4 % à dix ans et une OAT française repassée au-dessus de 4 %, elles redeviennent un instrument de rendement à part entière.
Leur intérêt structurel reste toutefois le même qu'en 1997 : ce sont les seuls titres obligataires qui contractualisent la protection du pouvoir d'achat. Dans un environnement marqué par un choc énergétique persistant, des dettes publiques élevées et des banques centrales contraintes d'arbitrer entre croissance et stabilité des prix, cette caractéristique conserve toute sa valeur.
Trois principesm éritent d'être retenus. D'abord, la décision d'achat se prend par rapport au point mort d'inflation, pas par rapport à l'inflation constatée. Ensuite, la duration doit correspondre à l'horizon de dépense : détenu jusqu'à l'échéance, un linker verrouille un rendement réel connu à l'avance ; revendu avant, il expose pleinement au risque de taux réel. Enfin, l'obligation indexée est un complément, pas un substitut à une allocation équilibrée entre métaux précieux, actions, obligations nominales et, le cas échéant, marchés émergents.
Ce guide a une vocation pédagogique et ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les niveaux de taux et d'inflation cités reflètent la situation au 24 juillet 2026 et évoluent quotidiennement.