
Mis à jour le 19 juin 2026 par Ludovic
Le Vega est l'une des « grecques » utilisées dans le trading d'options et la gestion des risques. Il mesure la sensibilité du prix d'une option aux variations de la volatilité implicite de l'actif sous-jacent.
Là où le Delta traduit l'effet du prix du sous-jacent et le Thêta celui du temps qui passe, le Vega isole une seule question : que devient le prix de mon option si le marché révise à la hausse ou à la baisse son anticipation de volatilité ? C'est un paramètre central pour toute personne qui négocie autour des résultats d'entreprises, des décisions de banques centrales ou, plus largement, de la volatilité elle-même.
Chaque grecque dispose de sa propre page dédiée, avec définition détaillée, interprétation, formule et exemples concrets. Cliquez sur une grecque ci-dessous pour approfondir le sujet.
Grecques de premier ordre
Grecques de second ordre
Grecques de troisième ordre
⚠️ Les contrats d'options sont des produits financiers complexes. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent.
Le Vega représente le taux de variation du prix d'une option pour chaque variation de 1 % de la volatilité implicite. Il est exprimé sous la forme d'un montant monétaire, généralement coté pour une variation d'un point de volatilité.
Concrètement, si une option affiche un Vega de 0,20 et que la volatilité implicite passe de 20 % à 21 %, le prix théorique de l'option augmente d'environ 0,20 €, toutes choses égales par ailleurs. Si la volatilité recule à 19 %, l'option perd à peu près le même montant.
Vega n'est pas une vraie lettre grecque
Contrairement à Delta, Gamma, Thêta et Rho, « Vega » ne correspond à aucune lettre de l'alphabet grec. C'est une appellation conventionnelle inventée par les marchés, mais on l'inclut systématiquement parmi les grecques tant son rôle est important pour le pricing de la volatilité.
Le Vega est une dérivée partielle du prix de l'option par rapport à la volatilité. Dans la pratique, on utilise un modèle d'évaluation comme le modèle Black-Scholes pour l'obtenir.
La définition générale est :
où V est le prix de l'option et σ (sigma) la volatilité implicite.
Dans le cadre Black-Scholes, le Vega prend la forme explicite suivante (identique pour les calls et les puts) :
Formule du Vega (Black-Scholes)
Vega = S · √T · N′(d₁)
avec N′(d₁) = (1 / √(2π)) · e−d₁²/2, la densité de la loi normale centrée réduite.
On divise le résultat par 100 pour obtenir l'impact d'une variation de 1 % (1 point) de volatilité, et non de 100 %.
Prenons un call à la monnaie avec : prix du sous-jacent S = 100 €, prix d'exercice K = 100 €, échéance T = 0,5 an, volatilité σ = 20 %, taux sans risque r = 4 %.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| d₁ | [ln(S/K) + (r + σ²/2)·T] / (σ·√T) | ≈ 0,212 |
| N′(d₁) | (1/√(2π)) · e−0,212²/2 | ≈ 0,390 |
| Vega brut | S · √T · N′(d₁) = 100 · 0,707 · 0,390 | ≈ 27,6 |
| Vega pour 1 % | 27,6 / 100 | ≈ 0,28 € |
Interprétation : une hausse de la volatilité implicite d'un point (de 20 % à 21 %) ferait gagner environ 0,28 € à ce call, et une baisse d'un point lui ferait perdre à peu près autant.

Le prix d'une option dépend en partie de la volatilité implicite. En règle générale, si vous êtes acheteur d'options, vous êtes « Vega long » ; si vous êtes vendeur, vous êtes « Vega court ».
Deux nuances importantes
Pour les options très en dedans de la monnaie (DITM), le Vega est faible par rapport aux options ATM : techniquement positif, mais son impact reste minime. De même, les options à échéance très courte ont un Vega réduit, car la volatilité a peu de temps pour agir sur le prix.
| Facteur | Effet sur le Vega |
|---|---|
| Délai avant l'échéance | Plus l'échéance est éloignée, plus le Vega est élevé (davantage d'incertitude sur les prix futurs). |
| Prix d'exercice (moneyness) | Vega maximal à la monnaie (ATM) ; plus faible pour les options profondément ITM ou OTM. |
| Niveau de volatilité implicite | Le régime de volatilité actuel modifie le profil de Vega d'une option. |
| Prix du sous-jacent | Un mouvement du sous-jacent déplace l'option vers ou hors de la monnaie, modifiant son Vega. |
Les traders utilisent le Vega pour mesurer leur exposition à la volatilité. En connaissant le Vega d'une option ou le Vega net d'un portefeuille, ils anticipent l'effet d'un changement de volatilité implicite sur leurs positions avant chaque événement de marché majeur.
Certains traders ciblent spécifiquement le Vega, cherchant à profiter des variations de volatilité implicite plutôt que de la direction du sous-jacent. C'est la logique des stratégies dites « long vol » ou « short vol ».
En équilibrant des expositions de Vega positives et négatives, on construit des portefeuilles moins sensibles à la volatilité. Lorsque le Vega global est proche de zéro, l'impact des fluctuations de volatilité est minimisé : c'est la couverture Vega.
Volatilité implicite ≠ volatilité réalisée
Le Vega mesure la sensibilité à la volatilité implicite (anticipée par le marché, tournée vers l'avenir), pas à la volatilité historique/réalisée (statistique, tournée vers le passé). Un actif peut afficher une faible volatilité réalisée mais une volatilité implicite élevée juste avant une publication de résultats.
Le « trio » des grecques de volatilité
Le Vega est la première et la plus connue des grecques de volatilité. Les traders professionnels lui adjoignent souvent le Vanna (sensibilité du Vega au prix du sous-jacent) et le Volga ou Vomma (sensibilité du Vega à la volatilité elle-même) pour gérer finement leur exposition.
Les calculs de Vega reposent sur des modèles théoriques (comme Black-Scholes) qui supposent une surface de volatilité plate et des mouvements continus. La réalité du marché, sauts de prix, queues de distribution épaisses, s'en écarte régulièrement.
La relation entre variations de volatilité et prix des options n'est pas strictement linéaire, surtout pour de larges mouvements de volatilité. Le Vega est une approximation locale qui se déforme pour les grandes variations.
Le Vega n'existe pas de façon isolée. Son effet sur le prix peut être amplifié ou atténué par d'autres facteurs : le prix du sous-jacent (Delta, Gamma) ou la décroissance temporelle (Thêta).
Après un événement attendu, la volatilité implicite chute souvent brutalement. Une position Vega long peut alors perdre de la valeur même si le sous-jacent bouge dans le bon sens : c'est l'un des pièges classiques de l'achat d'options autour des résultats.
Comprendre le Vega est essentiel pour toute personne impliquée dans le trading d'options ou la gestion des risques. Il relie vos positions à la dimension « volatilité », là où le Delta, le Gamma et le Thêta couvrent le prix et le temps.
Savoir lire son Vega net, anticiper le sens de la volatilité avant un événement et, si besoin, neutraliser cette exposition par une couverture adaptée : ce sont des réflexes qui distinguent un trader d'options averti d'un simple parieur directionnel.
Avertissement : Investir comporte des risques de perte. Les contrats d'options sont des produits financiers complexes destinés aux investisseurs expérimentés. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent.
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