
Mis à jour le 15 juin 2026 par l'Équipe de broker-forex.fr
Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte pour déterminer le prix, ou la prime d'une option. L'un des plus importants est le prix actuel du titre sous-jacent. Mais au-delà du cours de marché, la date d'expiration, la volatilité attendue et les taux d'intérêt jouent également un rôle déterminant. Comprendre ces mécanismes est indispensable pour tout investisseur qui souhaite utiliser les options de façon éclairée.
Sur la base du prix actuel de l'actif sous-jacent par rapport au prix d'exercice, on dit qu'une option est in-the-money, at-the-money, ou out-of-the-money. Ce concept, appelé moneyness, conditionne directement la valeur intrinsèque de l'option.
L'expression In-The-Money signifie que votre option possède actuellement une valeur basée sur le prix du sous-jacent. Dans le cas d'une option d'achat (call), c'est lorsque le prix d'exercice (strike) est inférieur au prix de marché de l'action. Par exemple, si un call a un strike à 30 $ et que l'action cote 35 $, l'option est ITM.
En revanche, une option de vente (put) est ITM si son strike est supérieur au prix actuel du marché. Par exemple, si le strike est à 35 $ et que l'action se négocie à 30 $, le put est ITM.
Dans les deux cas, plus l'écart entre le strike et le cours du sous-jacent est important, plus l'option a de la valeur intrinsèque — et donc plus la prime est élevée.
💡 Exemple concret
Un call avec un strike à 45 $ sur une action cotant 52 $ est ITM de 7 $. Si la prime totale vaut 9 $, cela signifie que 7 $ correspondent à la valeur intrinsèque et 2 $ à la valeur temps.
Pour les options call et put, si le prix d'exercice et le prix de l'action sont identiques (ou très proches), l'option est dite At-The-Money. Par exemple, un call avec un strike à 50 $ alors que l'action cote 50 $ est parfaitement ATM. À ce stade, l'option n'a pas de valeur intrinsèque. Sa valeur se situe entièrement dans la valeur temps.
Plus l'expiration est éloignée, plus la valeur temps d'une option ATM est importante — car le sous-jacent a plus de temps pour évoluer dans la direction souhaitée. Les options ATM sont souvent les plus liquides sur les marchés dérivés.
Out-of-The-Money signifie que le contrat d'option n'a aucune valeur intrinsèque sur la base du prix actuel du sous-jacent.
Un call est OTM si le strike est supérieur au cours actuel de l'action. Exemple : un call avec un strike à 35 $ alors que l'action cote 30 $ est OTM. Le détenteur du contrat n'a aucun intérêt à exercer son droit d'achat car l'action est moins chère sur le marché.
Inversement, un put est OTM si le cours du marché est supérieur au strike. Exemple : un put avec un strike à 30 $ alors que l'action cote 35 $ est OTM. Il serait absurde de vendre l'action au strike inférieur au prix de marché.
Une option OTM n'a pas de valeur intrinsèque, mais peut conserver une valeur temps résiduelle. Celle-ci s'érode toutefois rapidement à l'approche de l'échéance, surtout lors des 30 derniers jours de vie du contrat.
| Situation | Option Call | Option Put | Valeur intrinsèque |
|---|---|---|---|
| In-The-Money (ITM) | Strike < cours du sous-jacent | Strike > cours du sous-jacent | Positive |
| At-The-Money (ATM) | Strike ≈ cours du sous-jacent | Strike ≈ cours du sous-jacent | Nulle |
| Out-of-The-Money (OTM) | Strike > cours du sous-jacent | Strike < cours du sous-jacent | Nulle |
La prime d'option est composée de deux éléments principaux :
La décroissance dans le temps est un élément essentiel à surveiller. En d'autres termes, à mesure que le temps passe, la prime d'une option perd une partie de sa valeur, même si le sous-jacent reste stable. C'est particulièrement vrai pour les options OTM et ATM, dont la valeur est entièrement composée de valeur temps.
⚠️ Attention au time decay
La valeur temps s'érode de façon non linéaire : elle diminue lentement dans les premières semaines puis s'accélère fortement lors des 30 derniers jours avant l'expiration. Les acheteurs d'options OTM doivent en être particulièrement conscients.
La volatilité implicite (VI) est probablement le facteur le plus impactant — et le moins prévisible — dans la tarification d'une option. Elle reflète les anticipations du marché quant aux fluctuations futures du sous-jacent. Contrairement à la volatilité historique (mesurée sur des données passées), la volatilité implicite est extraite du prix actuel des options grâce aux modèles de pricing.
Une volatilité implicite élevée renchérit toutes les options, qu'elles soient call ou put, car le marché anticipe des mouvements de prix plus amples. À l'inverse, une faible volatilité implicite indique des attentes de mouvements limités et se traduit par des primes moins élevées.
L'indicateur de référence de la volatilité implicite sur les marchés américains est le VIX (Volatility Index), calculé par le CBOE à partir des options sur le S&P 500. Surnommé l'indice de la peur, il mesure la volatilité implicite anticipée sur les 30 prochains jours. En temps normal, il oscille entre 12 et 20. Un VIX au-dessus de 30 signale une forte nervosité des marchés et des primes d'options sensiblement plus élevées.
✅ Bon à savoir
Les traders d'options chevronnés cherchent souvent à vendre des options quand la volatilité implicite est élevée (pour encaisser une prime gonflée) et à en acheter quand elle est faible. Cette stratégie, appelée trading de la volatilité, est indépendante de la direction du sous-jacent.
Il existe plusieurs modèles que les investisseurs utilisent pour déterminer la valeur théorique d'une option. En pratique, les plateformes de trading les calculent automatiquement.
Le modèle Black-Scholes est le plus utilisé pour fixer le prix des options. Il a été développé en 1973 par les économistes Fischer Black, Myron Scholes et Robert Merton, ce dernier ayant généralisé le modèle initial pour inclure les titres versant des dividendes. En 1997, Scholes et Merton ont reçu le prix Nobel d'économie pour ces travaux (Black était décédé en 1995).
Ce modèle est utilisé pour calculer le prix des options européennes. Il prend en compte cinq variables d'entrée : le prix du sous-jacent, le prix d'exercice, le temps jusqu'à l'expiration, le taux sans risque et la volatilité. La formule est complexe, mais des calculateurs en ligne permettent de l'appliquer facilement.
Ce modèle est une alternative au Black-Scholes. Il utilise la valeur du titre sous-jacent sur une période de temps discrète (arbre binomial), en modélisant à chaque nœud deux scénarios possibles (hausse ou baisse). C'est pourquoi ce modèle est souvent privilégié pour évaluer les options américaines, qui peuvent être exercées à tout moment pendant la durée du contrat. Il est plus flexible mais aussi plus lourd à calculer.
La parité put/call désigne la relation mathématique entre les options call et put de même prix d'exercice et même date d'expiration, pour les options européennes uniquement. Elle stipule que la valeur d'un call, à un strike donné, implique une juste valeur pour le put correspondant, et vice versa. Si cette parité est rompue, un arbitrage sans risque est théoriquement possible. La plupart des plateformes de trading proposent des outils d'analyse de la parité put/call.
Les grecques sont des mesures de sensibilité qui indiquent comment le prix d'une option évolue en réaction aux différents facteurs de marché. Elles sont calculées automatiquement par les plateformes modernes à partir des modèles de pricing. Les maîtriser est indispensable pour gérer efficacement un portefeuille d'options.
ρ Rhô (secondaire mais utile)
Le rhô mesure la sensibilité de la prime aux variations des taux d'intérêt. Avec les taux élevés maintenus par les grandes banques centrales en 2025-2026, le rhô est devenu plus pertinent qu'il ne l'était depuis des années, surtout pour les options à long terme (LEAPS) et les options profondément ITM. Pour les options à court terme, son impact reste marginal.
| Grecque | Ce qu'elle mesure | Impact sur l'acheteur | Maximal pour |
|---|---|---|---|
| Delta (Δ) | Sensibilité au prix du sous-jacent | Positif (call) / Négatif (put) | Options ITM profondes |
| Gamma (Γ) | Variation du delta | Toujours positif (long options) | Options ATM proches de l'expiration |
| Thêta (Θ) | Érosion due au temps | Négatif (coût du temps) | Options ATM à courte échéance |
| Véga (ν) | Sensibilité à la volatilité implicite | Positif (hausse VI = hausse prime) | Options ATM à longue échéance |
| Rhô (ρ) | Sensibilité aux taux d'intérêt | Positif (call) / Négatif (put) | LEAPS et options ITM longues |
Mesurer le prix et la valeur d'une option nécessite de maîtriser plusieurs concepts complémentaires : la moneyness (ITM, ATM, OTM), la décomposition de la prime en valeur intrinsèque et valeur temps, les modèles de pricing (Black-Scholes, binomial) et les grecques (delta, gamma, thêta, véga).
La volatilité implicite reste le facteur le plus incertain et le plus influent : c'est elle qui explique pourquoi deux options avec le même strike et la même échéance peuvent avoir des primes très différentes selon les conditions de marché. Surveiller le VIX et comprendre les grecques permet de mieux anticiper l'évolution de vos positions et de gérer votre risque avec précision.
Pour mettre ces connaissances en pratique, choisissez un broker offrant une plateforme de trading d'options avec des données en temps réel sur les grecques et la volatilité implicite.
⚠️ Les contrats d'options sont des produits financiers complexes. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent.