
Mis à jour le 12 juillet 2026 par Ludovic
Deux grandes familles se partagent l'univers du trading et de l'investissement : celles où un humain décide, et celles où une règle décide. Cette page recense plus de 115 stratégies réparties entre ces deux pôles, avec une description courte pour chacune, ainsi qu'un cadre pratique pour déterminer laquelle correspond à votre profil.
Précision importante : dans la réalité, la plupart des stratégies sont un mélange des deux. Un gérant macro discrétionnaire utilise des modèles quantitatifs pour dimensionner ses positions ; un fonds systématique s'appuie sur des chercheurs humains pour concevoir ses signaux. La classification ci-dessous indique donc une tendance dominante, pas une frontière étanche.
Les stratégies d'investissement discrétionnaires et systématiques constituent deux philosophies distinctes de gestion. Chacune possède ses propres caractéristiques, et le choix entre les deux a un impact direct sur la performance, la volatilité et le profil de risque d'un portefeuille.
| Critère | Systématique | Discrétionnaire |
|---|---|---|
| Source de la décision | Règle / algorithme | Jugement humain |
| Backtest possible | Oui, rigoureusement | Non, seulement un audit du journal |
| Sensibilité aux émotions | Faible (mais le trader peut couper le robot) | Élevée |
| Réaction aux événements inédits | Mauvaise, parfois dangereuse | Bonne, c'est son terrain de jeu |
| Nombre d'instruments suivis | Des centaines à des milliers | Quelques-uns à quelques dizaines |
| Compétences requises | Statistiques, programmation, données | Analyse fondamentale, lecture de marché, psychologie |
| Risque principal | Surapprentissage, dérive du modèle | Biais cognitifs, incohérence |
| Temps de suivi quotidien | Faible une fois déployé | Élevé |
| Coût de mise en place | Élevé (données, infrastructure) | Faible |
| Exemples de gérants | AQR, Man AHL, Renaissance, Two Sigma | Elliott, Point72, gérants macro |
Le débat « code contre intuition » est souvent tranché à coups d'anecdotes. Les données récentes racontent une histoire plus nuancée : les deux camps gagnent, mais pas en même temps.
La leçon à retenir : une année exceptionnelle pour une famille de stratégies ne dit rien de sa supériorité structurelle. Le suivi de tendance a brillé en 2022 puis souffert en 2023 et 2025. Les stratégies actions discrétionnaires ont fait l'inverse. C'est précisément pour cette raison que la diversification entre approches a du sens.
Voici les stratégies de trading et d'investissement qui relèvent davantage du domaine discrétionnaire, c'est-à-dire dans lesquelles le jugement humain occupe une place centrale.
Recherche d'actions sous-évaluées sur la base d'une analyse fondamentale, en utilisant souvent des ratios financiers pour identifier les sociétés dont le cours est inférieur à leur valeur intrinsèque.
Privilégier les entreprises à fort potentiel de croissance, caractérisées par une augmentation rapide des revenus, des bénéfices et des parts de marché, souvent au détriment de la rentabilité actuelle.
Investir dans des sociétés qui versent régulièrement des dividendes, offrant ainsi un flux régulier de revenus et un potentiel d'appréciation du capital.
Stratégie d'investissement passive qui vise à reproduire la performance d'un indice de marché, souvent par le biais de fonds indiciels ou de fonds négociés en bourse (ETF).
Approche consistant à acheter et à conserver, en se concentrant sur la minimisation des frais et des impôts, souvent via des fonds indiciels, des ETF ou d'autres véhicules à faible coût.
Les gestionnaires de portefeuille sélectionnent activement des titres en vue de battre leurs indices de référence, en s'appuyant sur une analyse fondamentale ou technique.
Tenter d'obtenir des gains à court ou moyen terme sur un titre ou un marché, en conservant généralement les positions pendant plusieurs jours ou semaines.
Achat et vente de titres au cours d'une même séance, dans le but de tirer profit des petites variations de prix, sans position conservée pendant la nuit.
Effectuer de nombreux trades rapides pour capter de petites variations de prix, en clôturant généralement les positions en quelques minutes, voire quelques secondes.
Détention d'un titre pendant une période prolongée, généralement des semaines ou des mois, sur la base de tendances et de mouvements de prix à long terme.
Déplacer les investissements d'un secteur à l'autre pour tirer parti des cycles économiques et des changements anticipés dans les performances relatives.
Par exemple, il peut s'agir de privilégier les biens de consommation de base par rapport aux biens de consommation discrétionnaire lorsque l'investisseur s'attend à un affaiblissement de l'économie.
Comprendre la rotation et l'analyse sectorielle
Investissement fondé sur des facteurs macroéconomiques, géopolitiques et systémiques qui affectent des classes d'actifs, des régions ou des pays entiers. C'est le terrain historique des grands gérants discrétionnaires.
Exploiter les opportunités créées par des événements d'entreprise : fusions, acquisitions, annonces de résultats, changements de réglementation.
Aller à l'encontre des tendances dominantes du marché : acheter des actifs sous-évalués lorsque les autres vendent, et vendre lorsque l'euphorie s'installe.
Se concentrer sur les titres qui génèrent un flux régulier de revenus : actions à dividende, obligations, ou fonds d'investissement immobilier.
Analyse des données passées du marché, telles que les prix et les volumes, afin d'identifier des configurations et d'anticiper les mouvements futurs.
Évaluation de la valeur intrinsèque d'un titre à partir de facteurs financiers et économiques : revenus, bénéfices, tendances sectorielles, indicateurs macroéconomiques.
Achat et vente de contrats d'options, qui donnent à l'acheteur le droit, mais non l'obligation, d'acheter ou de vendre un actif sous-jacent à un prix prédéterminé avant une échéance donnée.
Achat et vente de contrats à terme, accords d'achat ou de vente d'un actif à un prix fixé pour une livraison future.
Trading de devises sur le marché des changes, en cherchant à tirer profit des fluctuations des taux de change.
Trading de matières premières physiques (pétrole, or, produits agricoles) ou de leurs dérivés financiers.
Investir dans des fonds négociés en bourse, paniers de titres qui se négocient comme des actions individuelles et répliquent un indice ou un actif sous-jacent.
Achat, gestion et revente de biens immobiliers pour générer des revenus ou une plus-value en capital : résidentiel, commercial ou industriel.
Investir dans des sociétés d'investissement immobilier qui possèdent, exploitent ou financent des biens productifs de revenus et distribuent des dividendes aux porteurs de parts.
Tenter de prédire les mouvements du marché et prendre position en conséquence, souvent à l'aide d'indicateurs techniques ou économiques. Statistiquement l'une des activités les plus difficiles qui soient.
Achat d'une position longue sur un titre et vente à découvert d'un titre corrélé, afin de profiter du mouvement relatif entre les deux plutôt que de la direction du marché.
Profiter des écarts de prix sur les titres impliqués dans des opérations d'entreprise : fusions, acquisitions, scissions.
Tirer parti de l'écart entre le cours de la cible et le prix d'offre lors d'une fusion-acquisition, généralement en achetant les actions de la cible et en vendant à découvert celles de l'acquéreur.
Exploiter les inefficacités de prix entre les obligations convertibles et leurs actions sous-jacentes, généralement en achetant l'obligation et en vendant l'action à découvert.
Identifier et exploiter les écarts de prix entre titres liés, généralement via des positions longues et courtes simultanées.
Investir dans la dette d'entreprises en difficulté financière, souvent avec une forte décote, avec un potentiel de rendement élevé en cas de redressement ou de restructuration favorable.
Prendre des positions longues sur des actions sous-évaluées et courtes sur des actions surévaluées, afin de profiter des mouvements dans les deux directions tout en réduisant l'exposition directionnelle.
Stratégies fondées sur la volatilité attendue d'un actif ou d'un marché, utilisant options, contrats à terme ou autres dérivés.
Trading de titres à revenu fixe ou de leurs dérivés, fondé sur la solvabilité de l'émetteur et l'évolution des spreads de crédit.
Trading d'instruments sensibles aux taux, visant à profiter des variations de la courbe des taux et des décisions de politique monétaire.
Investir dans des pays en développement, souvent caractérisés par une croissance rapide, une hausse des investissements étrangers et l'expansion des marchés de consommation.
Investir dans des économies et des marchés de capitaux moins développés, avec des risques plus élevés et un potentiel de rendement important.
Se concentrer sur des sociétés de faible capitalisation boursière, qui peuvent offrir un potentiel de croissance supérieur mais un risque et une illiquidité accrus.
Investir dans des entreprises de taille intermédiaire, souvent présentées comme un équilibre entre le potentiel des small caps et la stabilité des large caps.
Investir dans des sociétés à forte capitalisation boursière, généralement caractérisées par des rendements plus stables, un risque plus faible et une croissance plus lente.
Se concentrer sur les entreprises à très faible capitalisation, souvent porteuses d'un fort potentiel mais aussi d'un risque et d'une illiquidité extrêmes.
Sélection d'investissements sur la base de critères éthiques, sociaux ou environnementaux, en excluant souvent les secteurs controversés.
Intégration des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les décisions d'investissement, dans une logique de rendement durable à long terme.
Investir dans des entreprises, organisations ou fonds avec l'intention de générer un impact social ou environnemental mesurable, en plus d'un rendement financier.
Se concentrer sur des thèmes de long terme (énergie propre, vieillissement de la population, intelligence artificielle, cybersécurité) pour identifier des opportunités.
Ajuster l'allocation d'un portefeuille en fonction des conditions de marché ou des indicateurs économiques à court terme, afin de saisir des opportunités ou de réduire le risque.
Fixer des cibles d'allocation d'actifs à long terme en fonction de la tolérance au risque, des objectifs et de l'horizon de l'investisseur, en maintenant une répartition stable dans le temps.
Emprunter et vendre un titre en anticipant une baisse, pour le racheter ensuite à un prix inférieur. Le risque de perte est théoriquement illimité.
Combiner positions longues et courtes pour atteindre une exposition nette proche de zéro, afin de capter la performance relative des titres plutôt que la direction du marché.
Vendre des options d'achat sur un titre déjà détenu, ce qui génère un revenu de prime mais plafonne le gain à la hausse.
Acheter des options de vente sur un titre détenu, afin de disposer d'une protection en cas de forte baisse du cours.
Vente simultanée d'un call et d'un put hors de la monnaie, assortie de l'achat d'un call et d'un put plus éloignés : une structure qui profite d'une faible volatilité réalisée.
Achat d'un call et d'un put de même prix d'exercice et même échéance, pour profiter d'un mouvement de forte amplitude dans l'une ou l'autre direction.
Achat d'un call et d'un put hors de la monnaie de même échéance : coût d'entrée plus faible qu'un straddle, mais mouvement requis plus important.
Combinaison d'achats et de ventes d'options à trois prix d'exercice différents et même échéance, dont le gain maximal se réalise si le sous-jacent stagne autour du strike central.
Achat et vente d'options de même prix d'exercice mais d'échéances différentes, pour exploiter la décroissance temporelle et les écarts de volatilité implicite.
Achat et vente d'options avec prix d'exercice et échéances différents, combinant les logiques du spread vertical et du spread de calendrier.
Achat et vente d'options de même échéance mais de prix d'exercice différents, afin de prendre une position directionnelle à risque et gain plafonnés.
Combinaison d'un put protecteur et d'un call couvert sur le même titre : le coût de la protection est financé par la prime du call, au prix d'un gain plafonné.
Achat et vente d'un nombre inégal de contrats d'options à des prix d'exercice différents, afin de créer un profil de gain asymétrique tout en gérant le risque.
Vendre des options de vente tout en conservant les liquidités nécessaires à l'achat éventuel du sous-jacent en cas d'assignation, ce qui génère un revenu de prime.
Vendre des calls ou des puts sans détenir le sous-jacent ni les liquidités de couverture. Le gain est limité à la prime, la perte potentiellement très élevée. À réserver aux opérateurs expérimentés.
Achat de titres adossés à un portefeuille d'actifs sous-jacents (prêts automobiles, créances de cartes de crédit), afin de capter les flux de trésorerie générés.
Achat de titres adossés à un ensemble de prêts hypothécaires résidentiels ou commerciaux, pour profiter des flux issus des remboursements.
Achat de privilèges fiscaux sur des biens dont les impôts sont impayés, permettant de percevoir des intérêts ou, à défaut de remboursement, d'acquérir le bien.
Investir dans des entreprises non cotées par le biais d'investissements directs, de rachats avec effet de levier ou d'opérations de croissance externe.
Financer des entreprises en phase de démarrage à fort potentiel, en échange de fonds propres, avec l'espoir de rendements très élevés sur une minorité de dossiers.
Investisseurs individuels apportant capitaux et réseau à des start-ups en amorçage, en échange d'actions ou d'obligations convertibles.
Achat et détention de monnaies numériques comme le bitcoin, l'ethereum ou d'autres altcoins, en pariant sur l'appréciation ou l'usage transactionnel.
Investir dans de nouveaux projets crypto lors de leur levée de fonds initiale, dans l'espoir d'une appréciation ultérieure. Segment historiquement marqué par un taux d'échec très élevé.
Investir dans des jetons représentant la propriété d'actifs sous-jacents (immobilier, actions d'une société), dans un cadre réglementaire plus encadré que celui des ICO.
Acheter des jetons donnant accès à une plateforme, un produit ou un service, en pariant sur la croissance de l'usage.
Apporter des capitaux à des start-ups ou à des projets via des plateformes en ligne, en recevant actions, obligations ou contreparties.
Prêter directement à des particuliers ou à des entreprises via des plateformes en ligne, en percevant des intérêts et en diversifiant le risque entre de nombreux emprunteurs.
Acheter des actions directement auprès de l'émetteur, souvent sans intermédiaire et avec des frais réduits, avec parfois la possibilité d'acheter des fractions d'actions.
Réinvestir automatiquement les dividendes perçus en actions supplémentaires du même titre, afin de bénéficier de l'effet des intérêts composés.
Utiliser des fonds empruntés ou des instruments dérivés pour amplifier l'exposition. L'effet de levier amplifie les gains comme les pertes, et les régulateurs européens l'ont fortement plafonné pour les particuliers.
Investir dans des ETF conçus pour évoluer à l'inverse de leur indice sous-jacent. Attention : la réplication quotidienne rend ces produits inadaptés à une détention longue.
Vendre des positions en moins-value pour compenser des plus-values imposables, tout en maintenant l'exposition globale du portefeuille via un instrument équivalent.
Ajuster activement les positions d'un portefeuille en fonction de tendances, d'indicateurs ou d'événements de court terme.
Fournir de la dette subordonnée ou des actions privilégiées, souvent assorties d'un taux élevé ou d'une conversion possible en capital, en échange d'un rendement et d'un risque supérieurs.
Investir dans une combinaison diversifiée de classes d'actifs (actions, obligations, liquidités), calibrée sur un profil de risque donné.
Fonds qui ajustent automatiquement leur allocation dans le temps, en devenant plus prudents à mesure que la date de retraite visée approche.
Fonds qui adaptent l'allocation en fonction de l'âge ou du profil de risque de l'investisseur, dans une logique de gestion pilotée.
Investir dans des actifs physiques essentiels (transport, énergie, services publics), pour un rendement régulier et une protection partielle contre l'inflation.
Acheter des parts d'une structure détenant des droits de redevance sur des ressources naturelles (pétrole, gaz, minéraux) et distribuant les revenus associés.
Investir dans des partenariats cotés, principalement dans l'énergie, offrant un potentiel de revenu élevé et un traitement fiscal spécifique.
Acheter des options à échéance longue, souvent de un à trois ans, pour prendre une position directionnelle avec une décroissance temporelle plus lente.
Achat d'obligations d'État indexées (TIPS aux États-Unis, OATi en France), dont le capital et les coupons s'ajustent à l'inflation pour préserver le pouvoir d'achat.
Se concentrer sur des opportunités créées par des événements d'entreprise atypiques : scissions, restructurations, changements de direction, sorties de cote.
Investir dans un portefeuille figé de titres détenus pendant une durée prédéterminée, dans un objectif de revenu, de plus-value ou des deux.
Acheter des parts d'un fonds à nombre d'actions fixe coté en bourse, en profitant éventuellement d'une décote par rapport à la valeur nette d'inventaire.
Investir dans des fonds qui émettent et rachètent des parts à la demande, valorisés quotidiennement, pour bénéficier d'une gestion professionnelle et d'une diversification immédiate.
Allouer du capital à des actifs tangibles (immobilier, matières premières, infrastructures, ressources naturelles) pour préserver le capital et se couvrir contre l'inflation.
Privilégier les obligations d'échéance courte (moins de cinq ans), afin de limiter la sensibilité aux variations de taux tout en générant un revenu.
Investir sur des maturités supérieures à dix ans, pour un rendement plus élevé mais une sensibilité aux taux nettement accrue.
Acheter des obligations d'émetteurs bien notés, pour un revenu régulier assorti d'un risque de crédit contenu.
Acheter des obligations d'émetteurs moins bien notés, souvent appelées junk bonds, pour un rendement supérieur en contrepartie d'un risque de défaut accru.
Investir dans la dette émise par des collectivités locales, souvent assortie d'avantages fiscaux dans le pays d'émission.
Acheter des obligations sans coupon, vendues avec une forte décote sur leur valeur nominale, le gain provenant de l'écart entre le prix d'achat et le remboursement à l'échéance.
Construire un portefeuille d'obligations à maturités étagées, afin de lisser le risque de taux et d'obtenir un flux de remboursements réguliers.
Acheter un produit d'assurance qui garantit un flux de revenus, immédiat ou différé, en échange d'une prime unique ou de versements programmés.
Utiliser une approche fondée sur des règles pour construire un portefeuille combinant gestion active et passive, dans le but de battre les indices pondérés par la capitalisation. C'est un pont naturel vers le systématique.
Vous trouverez ci-dessous les stratégies dont la nature est majoritairement systématique : la décision y est déléguée à une règle, un modèle ou un algorithme.
Exposer le portefeuille à des facteurs de risque rémunérés (valeur, taille, momentum, qualité, faible volatilité) qui ont historiquement généré des rendements excédentaires. Le cadre Fama-French en est la référence académique.
Acheter les titres qui affichent une dynamique de prix ou de bénéfices forte, en misant sur la poursuite de la tendance. L'un des rares effets documentés sur plus d'un siècle de données.
Prendre position dans le sens du mouvement déjà engagé sur des contrats à terme diversifiés, avec des règles de sortie strictes. Approche emblématique des grands CTA, capable de très fortes performances en crise mais sujette à de longues phases de stagnation.
Investir un montant fixe à intervalles réguliers, quelles que soient les conditions de marché, afin de lisser le prix moyen d'achat et de neutraliser la tentation du timing.
Utiliser des modèles mathématiques et statistiques pour analyser les données financières et identifier des opportunités d'investissement à partir de régularités mesurables.
Exploiter d'infimes écarts de prix ou inefficacités de marché à l'aide d'algorithmes et de connexions à très faible latence, avec des positions détenues quelques millisecondes. Inaccessible au particulier.
Automatiser le processus de trading à l'aide de règles prédéfinies, souvent fondées sur l'analyse technique ou des modèles quantitatifs. C'est la porte d'entrée la plus courante du particulier vers le systématique.
Exploiter les écarts de prix entre actifs ou marchés liés, en achetant sur l'un et en vendant simultanément sur l'autre, avec un risque théorique minimal.
Utiliser des modèles quantitatifs et l'historique des prix pour identifier et exploiter des inefficacités de court terme, généralement sur de larges univers de titres.
Ajuster en continu l'allocation selon des signaux de marché, des indicateurs économiques ou des mesures de risque (parité des risques, volatilité cible).
Fournir de la liquidité en affichant simultanément des prix acheteurs et vendeurs, et se rémunérer sur l'écart entre les deux. Activité aujourd'hui presque entièrement automatisée.
Investir dans des contrats à terme sur plusieurs classes d'actifs via des stratégies systématiques, le plus souvent de suivi de tendance. Recherché pour sa faible corrélation aux actions, mais avec des périodes de drawdown longues, comme l'a montré 2025.
Répartir le capital de sorte que chaque classe d'actifs contribue à parts égales au risque total du portefeuille, plutôt qu'en pondération de capital. Approche popularisée par Bridgewater.
Ramener périodiquement le portefeuille à ses pondérations cibles, ce qui revient mécaniquement à vendre ce qui a monté et acheter ce qui a baissé. Un « edge » simple, gratuit et robuste.
Ajuster automatiquement la taille des positions pour maintenir une volatilité de portefeuille constante : on réduit l'exposition quand les marchés s'agitent, on l'augmente quand ils se calment.
Se positionner de manière systématique sur les actifs offrant le rendement de portage le plus élevé (devises à taux élevé, courbes de futures en déport), en couvrant partiellement le risque directionnel.
Parier sur le retour d'un prix vers sa moyenne historique après un écart statistiquement anormal. L'exact opposé du momentum, et souvent son complément dans un portefeuille.
Utiliser des modèles d'apprentissage automatique pour extraire des signaux de vastes jeux de données (prix, données alternatives, texte). Puissant mais extrêmement exposé au surapprentissage.
Dans les faits, l'opposition binaire n'existe presque plus au niveau institutionnel. Les grandes plateformes combinent aujourd'hui les deux mondes, et les allocataires cherchent précisément cette complémentarité.
Conseil pratique : même si vous vous considérez comme un trader purement discrétionnaire, systématisez au minimum la gestion du risque : taille de position, stop-loss, perte quotidienne maximale, nombre de trades maximal. C'est là que le jugement humain défaille le plus, et c'est là que la règle apporte le plus de valeur.
Les stratégies discrétionnaires reposent sur le jugement humain et l'analyse subjective : elles offrent une flexibilité précieuse face à l'inédit, au prix d'une cohérence moindre et d'une exposition directe aux biais comportementaux. Les stratégies systématiques suivent une logique de règles, plus objective, reproductible et testable, mais elles peuvent s'aveugler lorsque le régime de marché change sous leurs pieds.
Les données de 2025 et 2026 le confirment sans ambiguïté : les deux approches gagnent, mais rarement en même temps. Les quants ont capté l'essentiel de la collecte institutionnelle, les gérants actions discrétionnaires ont livré la meilleure performance, et les CTA systématiques ont souffert. Le vrai enseignement n'est donc pas de choisir un camp, mais de comprendre quand chaque logique fonctionne et de systématiser au minimum ce qui compte le plus : la gestion du risque.
Le choix final dépend de vos objectifs, de votre horizon, de votre tolérance au risque et, surtout, de vos ressources réelles en temps et en compétences. Une stratégie médiocre exécutée avec discipline battra presque toujours une stratégie brillante appliquée avec inconstance.