
Mis à jour le 29 juin 2026 par Ludovic
Le ratio d'information, parfois appelé ratio d'évaluation, sert à mesurer le rendement ajusté au risque d'un portefeuille d'actifs financiers.
C'est l'un des indicateurs préférés des investisseurs institutionnels pour juger si un gérant actif crée réellement de la valeur par rapport à son indice de référence, ou s'il se contente d'en suivre les mouvements.
Points clés à retenir
Le ratio d'information mesure la capacité d'un gérant ou d'un trader à générer un rendement supérieur à celui de son indice de référence, tout en tenant compte du risque pris pour y parvenir. Il peut s'appliquer à un portefeuille complet, mais aussi, plus occasionnellement, à un actif unique ou à un portefeuille mono-actif.
Développé par Richard Grinold à la fin des années 1980 puis popularisé par l'ouvrage Active Portfolio Management (Grinold et Kahn, 1995), il reste aujourd'hui l'une des mesures de performance les plus citées dans la gestion d'actifs. L'idée est simple : un gérant qui bat son indice de 5 % une année puis le rate de 4 % l'année suivante n'a pas la même valeur qu'un gérant qui le surpasse régulièrement de 0,5 % chaque année. Le ratio d'information capture précisément cette régularité.
Mathématiquement, le ratio d'information correspond à la valeur attendue du rendement d'un actif ou d'un portefeuille, moins le rendement attendu d'un indice de référence, divisée par l'écart-type de cette différence. Le numérateur est souvent appelé rendement actif ; le dénominateur est la tracking error.
Formule du ratio d'information
Ratio d'information = E [rendement du portefeuille − rendement de l'indice de référence] / √var(rendement du portefeuille − rendement de l'indice de référence)
Le ratio d'information sert avant tout à évaluer la compétence des gestionnaires d'actifs ou des traders, c'est-à-dire la valeur ajoutée qu'ils apportent par rapport à un rendement de référence.
Si le rendement du portefeuille dépasse celui de l'indice, on considère que de la valeur a été créée sur la période : le ratio d'information est positif. À l'inverse, un ratio négatif indique que le gérant a détruit de la valeur par rapport à l'indice de référence.
L'indice de référence doit être choisi en fonction du type d'activité du gérant. Le plus souvent, il s'agit d'un indice boursier comme le S&P 500. C'est vrai non seulement pour les traders en actions, mais aussi pour les gérants de macroéconomie mondiale, les stratégies d'arbitrage systématique ou statistique, les traders de devises, etc. Le S&P 500 est en effet un indice liquide et peu coûteux, dans lequel on peut investir passivement via des fonds négociés en bourse (ETF). Il constitue donc l'une des références de rendement les plus importantes, aux États-Unis comme dans le reste du monde.
Pour un trader obligataire, qui adopte une approche plus prudente, un autre indice de référence, correspondant mieux aux caractéristiques de risque de son portefeuille, sera plus pertinent. Par exemple, un gérant investi principalement dans des titres de créance de qualité retiendra un indice obligataire comparable.
Quoi qu'il en soit, le numérateur sert simplement à montrer si de la valeur a été créée sur une période donnée. Il ne s'agit pas du rendement excédentaire ajusté au risque, mais du rendement excédentaire lui-même. Lorsque l'alpha de Jensen est utilisé au numérateur, le ratio d'information est généralement appelé ratio d'évaluation. Le dénominateur, qui tient compte de la volatilité du rendement, a quant à lui pour but de raisonner en termes ajustés au risque.
Plus le ratio est élevé, plus le gérant est jugé performant, car il produit davantage de rendement par unité de risque actif. Dans leur ouvrage de référence, Grinold et Kahn proposent une grille de lecture devenue un standard de l'industrie :
| Ratio d'information | Interprétation | Niveau du gérant |
|---|---|---|
| ≈ 0,5 | Bon | Quartile supérieur |
| ≈ 0,75 | Très bon | Décile supérieur |
| 1,0 et plus | Exceptionnel | Élite (très rare sur le long terme) |
Dans la pratique, ces niveaux sont rarement atteints durablement : sur des horizons de dix ans, une infime minorité de gérants conserve un ratio « exceptionnel ». Certains gestionnaires s'appuient d'ailleurs sur le ratio d'information pour calculer une commission de performance.
Attention à l'horizon de mesure
Un ratio d'information n'a de sens que sur une période suffisamment longue. L'erreur d'estimation décroît environ en 1/√N (où N est le nombre de périodes observées). Avec seulement 12 mois de données, un ratio de 0,5 est très peu fiable ; sur 36 mois ou plus, il devient bien plus significatif. La règle empirique est de retenir un historique d'au moins 3 ans.
Ces deux ratios se ressemblent mais ne répondent pas à la même question. Le ratio de Sharpe rapporte le rendement excédentaire au-dessus du taux sans risque à la volatilité totale du portefeuille : il juge la performance absolue. Le ratio d'information, lui, rapporte la surperformance au-dessus d'un indice de référence à la tracking error : il juge la performance relative à un benchmark.
| Critère | Ratio de Sharpe | Ratio d'information |
|---|---|---|
| Référence | Taux sans risque | Indice de référence (benchmark) |
| Mesure du risque | Volatilité totale | Tracking error |
| Question posée | Quelle performance absolue ajustée au risque ? | Le gérant bat-il son indice de façon régulière ? |
| Usage typique | Comparer des stratégies entre elles | Évaluer la gestion active vs un indice |
Aucun des deux n'est « meilleur » : le choix dépend de l'objectif. Pour savoir si un fonds indiciel actif justifie ses frais, le ratio d'information est l'outil approprié. Pour comparer le couple rendement/risque global de deux stratégies très différentes, le ratio de Sharpe est plus adapté.
Grinold a relié le ratio d'information à deux facteurs sous-jacents à travers ce que l'on appelle la loi fondamentale de la gestion active :
IR ≈ IC × √Breadth
Où IC (information coefficient / coefficient d'information) est la corrélation entre les prévisions du gérant et les rendements réellement observés autrement dit, son habileté de prévision et Breadth est le nombre de paris indépendants pris par an.
La lecture est éclairante : un gérant peut atteindre un ratio d'information élevé de deux façons. Soit en étant très précis sur un petit nombre de paris (IC élevé, breadth faible), soit en étant légèrement précis mais sur un très grand nombre de paris indépendants (IC faible, breadth élevée). C'est l'un des arguments théoriques en faveur de la diversification des sources de surperformance.
Le ratio d'information présente un angle mort important : il ignore l'influence de l'effet de levier sur les rendements du portefeuille.
Conséquence : même lorsqu'un portefeuille produit de meilleurs rendements ajustés au risque que l'indice, son ratio d'information peut devenir négatif. Prenons un exemple. Le S&P 500 délivre, sur le long terme, un rendement annualisé d'environ 7 % pour une volatilité annualisée d'environ 15 %. Un trader qui réalise 3 % par an avec seulement 4 % de volatilité fait, en termes de rendement ajusté au risque, un meilleur travail, pourtant son ratio d'information ressort négatif si le benchmark est le S&P 500.
Si l'on appliquait à ce portefeuille un effet de levier suffisant pour porter sa volatilité au niveau de l'indice (15 %), il produirait alors environ 4,25 % d'alpha par an, avant prise en compte des coûts de financement. Dans ce type de situation, il est préférable d'utiliser le ratio d'information géométrique.
Le calcul du ratio d'information géométrique se prête mal au calcul manuel : il vaut mieux passer par un tableur ou un programme informatique. Voici les étapes.
Calculez le bêta du gérant : la covariance entre le rendement du portefeuille et celui de l'indice de référence, divisée par la variance du rendement de l'indice.
ß = Cov(rendement du portefeuille, rendement du benchmark) / Var(rendement du benchmark)
Calculez l'alpha (rendement excédentaire par rapport à l'indice) en soustrayant au rendement du portefeuille le produit du bêta par le rendement de l'indice de référence.
Alpha = Rendement du portefeuille − ß × Rendement de l'indice de référence
Faites la somme des alphas et calculez leur moyenne géométrique, c'est-à-dire l'alpha gagné par période (par exemple un an).
Alpha (moyenne géométrique) = ∑ (1 + alpha)^[1/(nombre de périodes)] − 1
Calculez l'écart-type de l'alpha en prenant la racine carrée de la variance de l'ensemble des alphas.
√var(∑ Alpha)
Le ratio d'information mesure le rendement excédentaire d'un portefeuille ajusté à son risque actif. Il appartient à la famille des mesures de qualité du rendement, aux côtés des ratios de Sharpe, de Sortino, de Treynor ou du ratio gain/perte, qui aident traders et gérants à évaluer leur performance.
Sa principale limite reste qu'il ne valorise pas correctement les portefeuilles qui font mieux par unité de risque lorsque leur performance brute reste inférieure à l'indice de référence. Dans ces cas, le ratio d'information géométrique, qui neutralise l'effet de levier, offre une lecture plus juste de la compétence réelle du gérant.
⚠️ Investir comporte des risques de perte en capital.
Avertissement : Investir en bourse comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.
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