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Le concept de valeur intrinsèque permet de faire la différence entre une action dont le prix est justifié par sa performance réelle et une autre dont le prix résulte de la spéculation. De même, il aide à détecter les opportunités où le marché n'a pas encore reconnu la véritable valeur d'une entreprise.
Dans cet article, nous vous expliquerons en détail ce qu'est la valeur intrinsèque, comment elle est liée à l'analyse fondamentale, quelles méthodes existent pour l'estimer et comment vous pouvez l'appliquer pour identifier les actions surévaluées ou sous-évaluées.
La valeur intrinsèque représente la valeur réelle ou essentielle d'une action, déterminée par les fondamentaux économiques et financiers de l'entreprise, sans tenir compte des fluctuations du marché ou du comportement spéculatif des investisseurs. En d'autres termes, il s'agit de la valeur qu'une action devrait avoir si elle était basée exclusivement sur les revenus que l'entreprise générera à l'avenir, la qualité de sa gestion, son avantage concurrentiel, sa santé financière et son potentiel de croissance.
Lorsque la valeur intrinsèque d'une action est supérieure à son prix actuel sur le marché, l'action est considérée comme sous-évaluée et pourrait représenter une bonne opportunité d'achat. À l'inverse, si le prix du marché dépasse largement la valeur intrinsèque estimée, l'action est surévaluée, ce qui pourrait alerter sur un risque de correction future.
Pour calculer la valeur intrinsèque d'une action, nous utilisons l'analyse fondamentale, une discipline qui examine tous les éléments internes et externes qui affectent une entreprise :
Revenus, bénéfices et marges de rentabilité
Coûts d'exploitation et efficacité financière
Perspectives de croissance à moyen et long terme
Atouts concurrentiels (brevets, marques, leadership sur le marché)
Conditions macroéconomiques et sectorielles
Cette approche s'oppose à l'analyse technique, qui repose sur l'évolution des prix et les tendances graphiques. Alors que l'analyse technique répond à la question de savoir quand entrer ou sortir, l'analyse fondamentale répond à la question de savoir pourquoi investir ou non dans une action donnée.
Elle permet d'investir sur la base de faits réels, et non d'émotions ou de rumeurs.
Elle aide à identifier les opportunités d'achat lorsqu'une action est sous-évaluée par le marché.
Elle évite de tomber dans le piège de la surévaluation : lorsqu'une action augmente de prix sans que cela soit justifié par les résultats réels de l'entreprise.
Elle facilite une vision à long terme, axée sur la création de valeur et non sur la spéculation.
Elle réduit le risque, en permettant de comparer le prix du marché à une valeur de référence basée sur des données concrètes.
Nous connaissons désormais les principaux concepts liés à la valeur intrinsèque d'une action. Il est maintenant temps d'aller plus loin. Passons en revue les principales méthodes de calcul de la valeur réelle d'une action. Nous avons sélectionné celles qui sont les plus utilisées par les analystes.
1. Modèle d'actualisation des flux de trésorerie (FCFF)
Il s'agit de l'une des méthodes les plus utilisées dans l'analyse fondamentale. Elle part du principe que la valeur d'une entreprise est déterminée par l'argent qu'elle générera à l'avenir. Pour cela, on projette les flux de trésorerie que l'entreprise obtiendra dans les années à venir, puis on les actualise en tenant compte du risque et du coût du capital.
L'analyse FCFF nécessite des estimations sur :
Les revenus futurs de l'entreprise
Les dépenses d'exploitation et les marges bénéficiaires
Les investissements nécessaires pour maintenir ou développer l'activité
Le taux d'actualisation qui reflète le risque de l'investissement
Avantages : très personnalisée et précise si l'on dispose de données fiables.
Inconvénients : sensible aux petites variations dans les projections, ce qui peut affecter la fiabilité du résultat.
2. Modèle d'actualisation des dividendes (DDM)
Ce modèle convient aux entreprises qui versent des dividendes de manière constante et prévisible. L'approche consiste à estimer la valeur actuelle des dividendes qui seront perçus à l'avenir. Il s'applique généralement aux entreprises consolidées, dont la politique de dividendes est stable (comme les banques ou les services publics).
Il existe des variantes du modèle qui supposent :
Une croissance constante des dividendes
Des phases de croissance différenciées (rapide au début, plus lente à l'avenir)
Avantages : simple et utile pour les actions ayant un historique de dividendes.
Inconvénients : ne s'applique pas aux entreprises qui ne distribuent pas de bénéfices.
3. Modèle de croissance de Gordon (GGM)
Il s'agit d'une version simplifiée du DDM, idéale pour les entreprises dont les dividendes croissent à un taux constant. Il suppose que l'entreprise continuera à verser des dividendes indéfiniment et que ceux-ci croîtront chaque année à un taux fixe. Il est utile pour obtenir une évaluation rapide lorsque l'on dispose de peu de données.
Avantages : très pratique, facile à appliquer.
Inconvénients : peu réaliste pour les entreprises dont la croissance est variable ou qui ne versent pas de dividendes.
4. Modèle de revenus résiduels
Ce modèle repose sur le calcul des bénéfices nets qu'une entreprise réalise au-delà du rendement minimum attendu par les actionnaires. Il est particulièrement utile lorsque la valeur comptable de l'entreprise est importante (par exemple, dans le cas des banques ou des compagnies d'assurance).
Il évalue si l'entreprise génère des bénéfices supérieurs au coût du capital propre. Si tel est le cas, on considère qu'elle crée une valeur ajoutée pour l'actionnaire.
Avantages : il complète bien d'autres indicateurs, en particulier dans les entreprises disposant d'actifs tangibles.
Inconvénients : il peut être difficile à appliquer si l'on n'a pas accès à des données détaillées sur le capital investi.
Vous avez constaté que calculer la valeur intrinsèque d'une action n'est pas une tâche compliquée. L'étape suivante consiste à comparer cette valeur avec celle que cette action a actuellement sur le marché boursier.
Si la valeur intrinsèque est supérieure au prix du marché, l'action est sous-évaluée. Cela peut représenter une opportunité d'achat.
Si la valeur intrinsèque d'une action est inférieure au prix du marché, l'action est surévaluée. Il peut être prudent de l'éviter ou de la vendre si vous la possédez déjà.
Si les deux valeurs sont similaires, on dit que l'action est « raisonnablement évaluée ».
De nombreux investisseurs professionnels appliquent également une marge de sécurité : ils n'achètent que si la valeur intrinsèque dépasse le prix actuel d'un pourcentage significatif (par exemple, 20 % ou 30 %). De cette façon, ils réduisent le risque d'erreurs dans leurs estimations.
L'analyse qualitative fait partie des principes fondamentaux de l'analyse d'une entreprise. Lorsque nous cherchons à établir la valeur intrinsèque d'une action, les facteurs qualitatifs jouent également un rôle important. Quels sont-ils ?
Fossé économique (moat) : avantages concurrentiels durables qui protègent l'entreprise (technologie exclusive, marques fortes, économies d'échelle).
Qualité de l'équipe de direction : expérience, vision stratégique, transparence.
Culture d'entreprise et gouvernance d'entreprise.
Tendances du secteur et position concurrentielle.
Innovation, durabilité et adaptation technologique.
Une analyse fondamentale complète doit toujours intégrer à la fois les aspects quantitatifs et qualitatifs.
Lorsque la valeur intrinsèque d'une action nous indique une opportunité d'investissement, il est important de garder à l'esprit qu'un certain temps de « maturation » est nécessaire. Il faut parfois du temps pour que la valeur de marché atteigne le niveau intrinsèque, et vous devez être prêt à attendre. D'autre part, vous devez suivre votre investissement en permanence. Les conditions qui influencent la valeur intrinsèque d'une action peuvent changer et vous devez être prêt à modifier votre portefeuille.
Le trading de CFD implique un risque de perte significatif, il ne convient donc pas à tous les investisseurs. 74 à 89% des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en négociant des CFD.
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