
Mis à jour le 30 juin 2026 par Ludovic
Le risk reversal (ou inversion du risque) est l'une des structures d'options les plus efficaces en termes de capital. Elle consiste à vendre une option hors de la monnaie (OTM) et à acheter simultanément une autre option OTM sur le même actif sous-jacent et la même échéance, afin d'exprimer une opinion directionnelle, haussière ou baissière, à très faible coût, parfois même pour un crédit net.
La prime encaissée sur l'option vendue finance l'achat de l'option qui porte le pari directionnel. Le trader obtient ainsi une exposition comparable à celle du sous-jacent, mais avec une mise de départ minime. En contrepartie, le risque reste important : vendre une option nue oblige, en cas de mouvement défavorable, à acheter ou vendre le sous-jacent à un prix défavorable.
Points clés à retenir :
➡️ Pari directionnel : combine une position courte sur une option OTM et une position longue sur une option OTM pour exprimer une opinion haussière ou baissière.
➡️ Coût réduit : peut être mis en place avec peu ou pas de prime nette, ce qui minimise la dépense initiale en capital.
➡️ Jeu sur le skew : exploite l'asymétrie de volatilité entre calls et puts, et pas seulement la direction.
➡️ Risque élevé : la jambe vendue expose à une obligation d'achat ou de vente du sous-jacent et à des pertes importantes en cas de mouvement adverse.
➡️ Utilisé correctement, c'est l'une des structures de trading les plus efficaces en capital dans l'univers des produits dérivés.
Un risk reversal est une stratégie d'options à deux jambes qui sert à deux usages principaux : prendre une position directionnelle à faible coût, ou couvrir une position existante sur le sous-jacent.
Il existe deux configurations symétriques :
Risk reversal haussier (long) :
Risk reversal baissier (short) :
En pratique, on s'assure que les prix d'exercice des deux options encadrent le prix actuel du sous-jacent, et la position est généralement exécutée avec peu ou pas de coût net de prime.
Risk reversal et couverture
Le risk reversal sert aussi à couvrir une position directionnelle. Une position courte sur le sous-jacent peut être protégée en achetant un call (qui prend de la valeur si le titre monte) financé par la vente d'un put (haussier également). À l'inverse, une position longue peut être couverte en achetant un put financé par la vente d'un call, c'est alors un jeu sur la prime proche du collar.
Cette double nature, pari directionnel et exploitation du skew, distingue le risk reversal d'un simple achat de call ou de put. Vous pariez simultanément sur la direction, sur l'asymétrie de volatilité et sur la psychologie du marché.
La construction part du biais directionnel que vous souhaitez exprimer, puis du choix des prix d'exercice. Une bonne pratique consiste à partir du delta des options.
La prime nette dépend du skew de volatilité : si l'option vendue vaut plus que l'option achetée, la position rapporte un crédit ; si la jambe longue coûte plus cher, vous payez un léger débit. C'est cette logique débit/crédit qui rapproche le risk reversal du couple « spread débiteur / spread créditeur ».
Le risk reversal crée immédiatement un delta directionnel : l'option vendue donne l'impulsion initiale, et l'option achetée maintient la position ouverte si le mouvement se poursuit.


Sur ces profils, on voit que le rendement est plat entre les deux strikes (la zone OTM des deux options), puis devient directionnel au-delà : le call long offre un potentiel haussier illimité, tandis que le put vendu expose à des pertes croissantes en cas de baisse.
Le risk reversal possède un point mort unique, mais calculé différemment selon que la position a été ouverte pour un crédit ou un débit.
| Paramètre | Risk reversal haussier (long) |
|---|---|
| Point mort (crédit) | Strike du put vendu − crédit reçu |
| Point mort (débit) | Strike du call acheté + débit payé |
| Profit maximum | Illimité (le call long monte sans plafond) |
| Perte maximum | Importante, jusqu'à zéro sur le sous-jacent (put vendu) |
Exemple chiffré
Un titre cote 100 $. Vous montez un risk reversal haussier en vendant le put 80 et en achetant le call 120, pour un crédit net de 1,00 $.
Cet exemple illustre le compromis du risk reversal : un coût d'entrée quasi nul et un potentiel haussier illimité, mais un risque de baisse réel et non plafonné.
Au-delà de la stratégie, le terme « risk reversal » désigne aussi un indicateur de skew de volatilité, très suivi sur le forex et les indices. Le marché a établi le 25-delta comme référence : on compare un call et un put à 25 delta (modérément hors de la monnaie).
Formule : Risk reversal 25Δ = volatilité implicite du call 25Δ − volatilité implicite du put 25Δ
La lecture de cette valeur est essentielle :
Sur les paires de devises, les inversions de risque indiquent ainsi les biais implicites des investisseurs. Elles mesurent la différence de volatilité implicite entre options d'achat et de vente comparables. Lorsqu'un risk reversal subit un changement marqué, cela peut signaler une évolution des anticipations du marché sur l'orientation future du cours au comptant.
Des variations brutales du risk reversal peuvent aussi annoncer un risque de retournement : les positions très encombrées sont sujettes à des fluctuations amplifiées en sens inverse lorsqu'un catalyseur survient, avec une forte synchronisation des flux d'ordres. À l'inverse, un excès de demande sur les puts peut alimenter une situation de « squeeze » si la perception du marché se retourne.
Le delta mesure la sensibilité de la valeur de la position à de légères variations du prix du sous-jacent. Dans un risk reversal, le delta combine celui de l'option de vente et celui de l'option d'achat.
Le delta net reflète l'exposition directionnelle globale : un delta net positif signale un biais haussier, un delta net négatif un biais baissier. C'est ce delta combiné qui donne au risk reversal son caractère directionnel dès l'ouverture.
Le risk reversal est souvent comparé à d'autres structures à deux jambes. Voici les principales différences.
| Stratégie | Construction | Objectif | Profil de risque |
|---|---|---|---|
| Risk reversal | Vendre une option OTM, acheter l'autre OTM | Position directionnelle à faible coût | Risque non plafonné, coût quasi nul |
| Collar | Action + put acheté + call vendu | Protéger une position existante | Gains et pertes plafonnés |
| Straddle | Acheter un call et un put au même strike | Profiter d'un fort mouvement, peu importe le sens | Risque limité à la prime, non directionnel |
Le collar a en réalité l'effet inverse du risk reversal : il borne le risque, là où le risk reversal l'assume pour réduire le coût. Le straddle, lui, n'est pas directionnel : il parie sur l'amplitude du mouvement et non sur son sens.
Voici les étapes d'un risk reversal haussier, de l'analyse à la gestion de la position.
⚠️ Les contrats d'options sont des produits financiers complexes. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent.
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