
Mis à jour le 28 juillet 2026 par Ludovic
Le fonds commun de placement (FCP) reste la porte d'entrée la plus empruntée par les épargnants français vers les marchés financiers. Derrière un contrat d'assurance-vie, un plan d'épargne salariale ou un PEA bancaire, ce sont presque toujours des FCP qui travaillent.
Mais cette familiarité masque un produit exigeant : la performance nette dépend autant de la qualité du gérant que du niveau de frais, de l'enveloppe fiscale choisie et de la catégorie du fonds. Un FCP actions et un FCP monétaire n'ont strictement rien en commun en termes de risque. Et contrairement à une action ou à un ETF, un FCP ne se négocie pas en séance : c'est un véhicule d'investissement à capital variable, pas un instrument de spéculation. Cette nature « à capital variable » l'oppose à une autre famille, les fonds à capital fixe, qui, eux, se cotent en Bourse : nous détaillons cette distinction essentielle plus bas.
Ce guide, mis à jour avec les données 2026 (chiffres AFG et Banque de France, fiscalité après la hausse du PFU, nouvelles règles AMF et UCITS entrées en vigueur cette année), passe en revue le fonctionnement des FCP, leurs différentes familles, leurs coûts réels, leur traitement fiscal, et la méthode pour en sélectionner un.
Un fonds commun de placement met en commun l'épargne de nombreux investisseurs pour l'investir dans un portefeuille de titres financiers : actions, obligations, instruments monétaires, parts d'autres fonds. Chaque souscripteur détient des parts du fonds, proportionnelles à son apport.
Juridiquement, le FCP n'est pas une société : c'est une copropriété de valeurs mobilières sans personnalité morale. C'est ce qui le distingue de la SICAV, qui est une société anonyme dont les souscripteurs deviennent actionnaires, avec droit de vote en assemblée générale. Ensemble, FCP et SICAV forment la famille des OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières).
| Critère | FCP | SICAV |
|---|---|---|
| Nature juridique | Copropriété de valeurs mobilières | Société anonyme à capital variable |
| Statut du souscripteur | Porteur de parts | Actionnaire |
| Droit de vote | Non | Oui (assemblée générale) |
| Capital minimum | Plus faible | Plus élevé |
| Souplesse de création | Élevée (structure majoritaire en France) | Plus lourde |
| Fiscalité et frais | Traitement identique | |
Le prix d'une part de FCP s'appelle la valeur liquidative. Elle correspond à l'actif net du fonds (valeur de marché des titres détenus, moins les dettes) divisé par le nombre de parts en circulation. Elle est le plus souvent calculée une fois par jour, après la clôture des marchés.
Conséquence pratique majeure : contrairement à une action ou à un ETF coté en continu, un FCP ne se négocie pas en séance. Vous souscrivez « à cours inconnu » : l'ordre passé aujourd'hui sera exécuté à la prochaine VL calculée. Impossible donc de placer un ordre à cours limité ou un stop. C'est le point le plus mal compris des débutants, et il est développé en détail plus bas dans ce guide.
Il dépend de la valeur liquidative de la part et de la politique du distributeur. De nombreux FCP grand public sont accessibles pour quelques dizaines à quelques centaines d'euros, et plusieurs courtiers autorisent l'achat de parts fractionnées ou les versements programmés à partir de 25 à 50 € par mois. À l'inverse, les parts institutionnelles, celles dont les frais courants sont les plus faibles, exigent souvent un ticket d'entrée de 100 000 € ou plus, ce qui explique une partie de l'écart de performance nette entre investisseurs particuliers et professionnels sur un même fonds.
Tous les fonds d'investissement mettent en commun l'épargne de plusieurs porteurs, mais leur structure de capital les sépare en deux grandes familles au fonctionnement radicalement différent. Comprendre cette distinction, c'est comprendre pourquoi un FCP se souscrit et se rachète, alors qu'un fonds à capital fixe s'achète et se revend en Bourse.
C'est la famille du FCP et de la SICAV, et de la quasi-totalité des OPCVM commercialisés en France. Le fonds émet de nouvelles parts à chaque souscription et les rachète à chaque sortie : le nombre de parts en circulation, donc la taille du fonds, varie en permanence, d'où le nom de « capital variable ».
À l'opposé, un fonds à capital fixe émet un nombre déterminé de parts, une fois pour toutes, lors de son introduction en Bourse. Ensuite, il ne crée plus de nouvelles parts et ne les rachète pas : pour entrer ou sortir, vous devez acheter ou vendre les parts existantes en Bourse, à un autre investisseur, exactement comme une action.
En France, ce format porte le nom de SICAF (société d'investissement à capital fixe), une société anonyme créée par l'ordonnance du 30 janvier 2009 et gérée par une société de gestion agréée. Il reste rare dans l'Hexagone : les fonds à capital fixe sont surtout développés aux États-Unis (les closed-end funds) et au Royaume-Uni (les investment trusts). Leurs particularités :
| Critère | Capital variable (FCP, SICAV) | Capital fixe (SICAF, closed-end, investment trust) |
|---|---|---|
| Nombre de parts | Variable (émission/rachat continus) | Fixe, déterminé à la création |
| Où acheter / vendre | Auprès du fonds, à la VL | En Bourse, à un autre investisseur |
| Prix | Valeur liquidative (1 fois par jour) | Cours de Bourse en continu |
| Écart au portefeuille | Aucun (toujours la VL) | Décote ou prime possible |
| Négociation intraday | Non | Oui (ordres limités, stops) |
| Liquidité de sortie | Garantie par le fonds | Dépend d'un acheteur sur le marché |
| Présence en France | Dominante | Marginale (surtout US / Royaume-Uni) |
À ne pas confondre avec l'ETF. Un ETF (fonds indiciel coté) se négocie lui aussi en Bourse en continu, mais il reste juridiquement un fonds à capital variable : un mécanisme de création/rachat de parts par des intermédiaires spécialisés maintient son cours en permanence très proche de la valeur liquidative, sans décote ni prime durables. L'ETF combine ainsi la cotation continue du capital fixe et l'absence d'écart de prix du capital variable, ce qui explique en partie son succès.
Retenez l'essentiel : le FCP, à capital variable, est fait pour être détenu et racheté à sa juste valeur ; le fonds à capital fixe se traite comme une action, avec la souplesse de la Bourse mais le risque supplémentaire d'une décote persistante.
La France est le premier pays de gestion d'actifs de l'Union européenne. Ces ordres de grandeur aident à situer le poids réel des fonds communs de placement dans l'épargne des ménages.
| Indicateur | Dernier chiffre connu | Source |
|---|---|---|
| Encours gérés en France (mandats + OPC) | 5 421 Md€ fin 2025 (record) | AFG, mars 2026 |
| OPCVM (UCITS) de droit français | 1 031 Md€ (+ 5,5 % sur un an) | AFG, mars 2026 |
| Fonds d'investissement alternatifs (FIA) français | 1 686 Md€ (+ 10,6 %) | AFG, mars 2026 |
| Sociétés de gestion agréées en France | 671 (contre 708 fin 2021) | AFG, mars 2026 |
| Encours des OPC monétaires français | 429 Md€ fin mars 2026 | Banque de France |
| Performance 12 mois des fonds actions | + 11,7 % sur 2025 | Banque de France |
| Performance 12 mois des fonds obligataires | + 1,3 % sur 2025 | Banque de France |
| Performance 12 mois des fonds monétaires | + 2,15 % (février 2026) | Banque de France |
Deux tendances de fond ressortent des flux de collecte 2025. D'abord, les épargnants continuent de déserter les fonds actions gérés activement : les fonds actions de droit français ont enregistré 9,8 milliards d'euros de rachats nets, tandis qu'au niveau européen les ETF actions collectaient environ 260 milliards d'euros et les autres fonds actions perdaient 54 milliards. Ensuite, le retour de l'obligataire, avec 23 milliards d'euros de collecte nette sur les fonds obligataires français après un record de 40,8 milliards en 2024.
Un FCP français ne peut pas être commercialisé sans agrément préalable de l'AMF, qui vérifie le prospectus, la solidité de la société de gestion et la protection des épargnants. Le régulateur exerce ensuite une surveillance continue et peut sanctionner via sa commission des sanctions.
Au niveau européen, la directive UCITS (OPCVM) harmonise les règles et confère un passeport : un fonds agréé en France peut être distribué dans toute l'Union par simple notification. Elle impose des règles de division des risques, dont la fameuse règle 5/10/40 : au maximum 5 % de l'actif sur un même émetteur (extensible à 10 %), les lignes dépassant 5 % ne pouvant représenter ensemble plus de 40 % du portefeuille.
1. Fin des commissions de mouvement (1er janvier 2026). Ces frais, prélevés à chaque achat ou vente de titre réalisé par le gérant, étaient une spécificité française porteuse de conflits d'intérêts : plus le gérant faisait tourner le portefeuille, plus il était rémunéré. Le règlement général de l'AMF les interdit désormais dans les OPCVM et les FIA, à l'exception des actifs immobiliers. L'interdiction sera étendue à la gestion sous mandat au 1er janvier 2027 pour les nouveaux mandats. Pour l'épargnant, c'est une couche de frais opaque en moins.
2. Outils de gestion de la liquidité (16 avril 2026). Issue de la directive (UE) 2024/927, cette obligation impose à tout fonds ouvert de sélectionner au moins deux outils de gestion de la liquidité, suspension des rachats, plafonnement (gates), swing pricing, droits d'entrée/sortie anti-dilution, rachats en nature… et de les inscrire dans son prospectus. Les fonds monétaires n'en retiennent qu'un seul. Les orientations de l'ESMA publiées le 12 mars 2026 précisent leur calibrage, avec une période de transition d'un an pour les fonds existants, jusqu'au 16 avril 2027. Objectif : éviter qu'une vague de rachats ne pénalise les porteurs restants.
Le document d'informations clés (DIC, ex-DICI), au format standardisé PRIIPs, tient en quelques pages et contient tout ce qui compte :
Pour vérifier qu'un fonds existe réellement et qu'il est agréé, la base GECO de l'AMF permet une recherche par nom ou par code ISIN. Un « fonds » introuvable dans GECO, vendu par téléphone avec une promesse de rendement garanti, est une arnaque.
La catégorie d'un FCP est déterminée par ses actifs sous-jacents et son exposition réelle aux risques, selon une classification définie par l'AMF. C'est la première variable à regarder : elle conditionne le couple rendement/risque bien plus que le talent supposé du gérant.
Investis à au moins 60 % en actions cotées, ce sont les fonds les plus répandus et les plus volatils (SRI généralement de 4 à 6). Ils se déclinent par zone géographique (France, zone euro, Europe, États-Unis, monde, émergents), par taille de capitalisation ou par secteur (technologie, santé, énergie, luxe).
Certains privilégient les sociétés décotées, caractérisées par de faibles ratios cours/valeur comptable et cours/bénéfices mais un rendement du dividende élevé : c'est l'approche « value ». D'autres ciblent les sociétés à croissance rapide, qui distribuent peu mais dont la revalorisation boursière tire la VL vers le haut : c'est l'approche « growth ». L'horizon de placement recommandé dépasse en général huit ans.
Ils investissent en obligations d'État et d'entreprises. Le rendement provient des coupons, mais l'idée reçue d'un placement « sans risque » est fausse : la valeur d'une obligation baisse lorsque les taux montent, et un fonds exposé au haut rendement (high yield) supporte un vrai risque de défaut. L'année 2025 l'a rappelé, avec une performance moyenne limitée à + 1,3 % pour les OPC obligataires français.
Deux paramètres résument leur comportement : la sensibilité (impact d'une variation d'un point de taux sur la VL) et la qualité de crédit moyenne du portefeuille.
Placés en instruments de dette à très court terme (bons du Trésor, certificats de dépôt, billets de trésorerie), ils offrent une liquidité maximale et un risque minimal (SRI de 1). Leur rendement suit mécaniquement les taux directeurs de la BCE : après le cycle de baisse engagé en 2024, leur performance sur douze mois est retombée à environ 2,15 % début 2026, contre 3,9 % fin 2024.
La BCE a toutefois relevé son taux de dépôt de 25 points de base à 2,25 % le 17 juin 2026, première hausse depuis trois ans, sous la pression d'une inflation revenue au-dessus de 3 % (choc énergétique lié aux tensions au Moyen-Orient). Elle a ensuite maintenu ce niveau lors de sa réunion du 23 juillet 2026. Si le resserrement se poursuit, le rendement des fonds monétaires se stabilisera ou remontera légèrement. Ils servent avant tout à parquer une trésorerie ou à sécuriser un capital à court terme, pas à construire un patrimoine.
Ils combinent actions, obligations et monétaire dans des proportions variables. Certains appliquent une allocation figée (par exemple un portefeuille 60/40), d'autres pratiquent l'allocation dynamique : le gérant module l'exposition selon les conditions de marché.
C'est la catégorie où l'écart de performance entre les meilleurs et les pires fonds est le plus large : la comparaison au bon indice composite est indispensable.
Ils répliquent un indice boursier (CAC 40, Dow Jones, MSCI World) plutôt que de chercher à le battre. La gestion étant mécanique, les frais sont nettement plus faibles. Attention toutefois : un fonds indiciel non coté facturant 0,80 % par an reste bien plus cher qu'un ETF équivalent à 0,20 %.
Ils promettent une protection partielle ou totale du capital à l'échéance uniquement. Tout rachat anticipé expose à une perte. La garantie n'émane jamais du fonds lui-même mais d'un établissement de crédit tiers : sans ce garant, l'AMF interdit l'emploi du mot « garanti » et impose des formules du type « objectif de préservation du capital ».
| Fonds | Objet | Contrepartie |
|---|---|---|
| FCPI | Sociétés innovantes non cotées | Réduction d'impôt, blocage ~5 à 10 ans, risque de perte totale |
| FIP | PME régionales | Même logique, forte concentration géographique |
| FCPR | Capital-investissement (private equity) | Illiquidité, horizon long, exonération possible sous conditions |
| FCPE | Épargne salariale (PEE, PERCO) | Abondement employeur, déblocage encadré |
C'est le point aveugle de la plupart des souscripteurs. Un FCP superpose plusieurs couches de coûts, toutes prélevées avant que vous ne voyiez la performance affichée.
| Type de frais | Ordre de grandeur | À savoir |
|---|---|---|
| Frais d'entrée (souscription) | 0 à 5 % | Souvent négociables, fréquemment nuls chez les courtiers en ligne et dans certains contrats d'assurance-vie |
| Frais courants (gestion) | ≈ 0,5 % à 2,5 % par an | Le poste décisif : prélevé chaque année sur l'actif net, il s'applique que le fonds gagne ou perde |
| Commission de surperformance | 10 à 20 % de l'excédent | Vérifier l'indice de référence retenu : un benchmark trop facile rend la commission quasi automatique |
| Commission de mouvement | Interdite depuis 2026 | Sauf actifs immobiliers. Elle pouvait dépasser 1 % de l'actif net par an sur les fonds les plus actifs |
| Frais de sortie (rachat) | 0 à 1 % | Rares sur les fonds grand public, mais utilisés pour décourager les allers-retours rapides |
| Frais du contenant | 0,5 % à 1 % par an | Frais de gestion de l'assurance-vie ou droits de garde du compte-titres, qui s'ajoutent aux frais du fonds |
L'indicateur à retenir est le TFE (total des frais sur encours), plus fiable que les seuls frais de gestion affichés.
L'effet des frais sur 20 ans. Sur un capital de 50 000 € placé à 6 % brut par an : avec 0,25 % de frais annuels (ETF), le capital atteint environ 153 000 €. Avec 2 % de frais (FCP actif chargé), il tombe à environ 110 000 €. Soit plus de 43 000 € de différence pour la même performance de marché. Le gérant doit surperformer son indice de près de 2 points par an, chaque année, uniquement pour faire jeu égal.
La fiscalité d'un fonds ne dépend pas du fonds lui-même mais de l'enveloppe dans laquelle vous le logez. C'est probablement le levier d'optimisation le plus rentable, et le plus négligé.
Depuis le 1er janvier 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale a relevé la CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %. Les prélèvements sociaux passent donc de 17,2 % à 18,6 %, portant le prélèvement forfaitaire unique (flat tax) de 30 % à 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux.
Cela concerne les plus-values de cession de parts de FCP, les dividendes et les coupons distribués par le fonds, dès lors qu'ils sont détenus sur un compte-titres ordinaire. L'option pour le barème progressif reste possible : elle est généralement favorable si votre tranche marginale d'imposition est de 0 % ou 11 %, notamment grâce à l'abattement de 40 % sur les dividendes.
Un FCP est éligible au PEA s'il est investi à au moins 75 % en actions de sociétés de l'Union européenne / EEE. Après cinq ans de détention du plan, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux s'appliquent lors du retrait, désormais à 18,6 %. Un retrait avant cinq ans entraîne la taxation au PFU de 31,4 % et la clôture du plan. Le plafond de versements reste de 150 000 €.
Les unités de compte des contrats d'assurance-vie sont très largement composées de FCP. Point important : l'assurance-vie a été exclue de la hausse de CSG. Ses prélèvements sociaux restent à 17,2 %, soit une flat tax maintenue à 30 %. Après huit ans, l'abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) et le taux réduit de 7,5 % d'IR sur les versements inférieurs à 150 000 € s'appliquent toujours.
| Enveloppe | Imposition des gains en 2026 | Pour qui |
|---|---|---|
| Compte-titres (CTO) | PFU 31,4 % (ou barème sur option) | Fonds non éligibles au PEA, souplesse totale |
| PEA (> 5 ans) | Exonération d'IR, PS 18,6 % | FCP actions européennes, horizon long |
| Assurance-vie (> 8 ans) | PS 17,2 % + IR 7,5 % après abattement | Diversification large, transmission |
| PER | Déduction à l'entrée, PFU 31,4 % sur les produits à la sortie | Épargne retraite, TMI élevée |
Ces éléments sont donnés à titre informatif et ne constituent pas un conseil fiscal. La fiscalité dépend de votre situation personnelle et peut évoluer.
C'est le débat central de la gestion collective. Les études SPIVA de S&P Dow Jones Indices comparent chaque semestre la performance nette des fonds actifs à celle de leur indice, en corrigeant du biais du survivant (les fonds liquidés pour mauvaise performance sont réintégrés).
Le constat est structurel : sur un horizon de dix ans, une écrasante majorité de fonds actions gérés activement, de l'ordre de 80 % à plus de 95 % selon les catégories, n'a pas battu son indice de référence. L'édition Année 2025 confirme la tendance, avec par exemple 88 % des fonds actions britanniques et 97 % des fonds small caps du même marché battus par leur indice sur la seule année 2025. Et la persistance des bons gérants est faible : rester dans le premier quartile cinq ans de plus est statistiquement peu probable.
La raison est arithmétique avant d'être une question de talent. Avant frais, l'ensemble des gérants actifs constitue le marché : leur performance moyenne est celle de l'indice. Après frais, elle lui est nécessairement inférieure.
| Critère | FCP (gestion active) | ETF indiciel |
|---|---|---|
| Frais annuels typiques | 1,5 % à 2 % | 0,10 % à 0,30 % |
| Négociation | 1 VL par jour, à cours inconnu | En continu, comme une action |
| Ordres à cours limité / stop | Impossibles | Possibles |
| Transparence du portefeuille | Périodique (mensuelle/trimestrielle) | Quotidienne |
| Objectif | Battre l'indice | Répliquer l'indice |
| Éligibilité PEA | Oui si ≥ 75 % actions UE | Oui (dont ETF synthétiques sur indices non européens) |
| Intérêt principal | Niches peu efficientes, convictions du gérant | Cœur de portefeuille, marchés développés |
Les flux confirment ce diagnostic : en 2025, les ETF actions ont capté environ 260 milliards d'euros en Europe, tandis que les autres fonds actions subissaient 54 milliards d'euros de sorties nettes.
La conclusion pragmatique : un cœur de portefeuille indiciel à bas coût, complété éventuellement par quelques FCP actifs sur des segments où la gestion active conserve une valeur ajoutée mesurable (petites capitalisations, dette d'entreprise, thématiques spécifiques, marchés frontières).
La question revient sans cesse : puisqu'un FCP monte et descend, pourquoi ne pas l'acheter en bas et le revendre en haut, comme une action ? La réponse courte est non , pas parce que c'est déconseillé, mais parce que la mécanique même du produit l'interdit. C'est ici que la nature « à capital variable » du FCP, détaillée plus haut, prend tout son sens.
Ces restrictions ne sont pas de la mauvaise volonté : elles protègent les porteurs de long terme. Un investisseur qui entre et sort en permanence oblige le gérant à acheter et vendre des titres à contretemps, ce qui génère des coûts de transaction supportés par tous les porteurs et perturbe la stratégie annoncée.
Deux mécanismes complémentaires ferment la porte aux allers-retours opportunistes :
Le coût caché des allers-retours. Au-delà des frais de rachat, la rotation fréquente d'un portefeuille de FCP cumule trois pénalités : des frais d'entrée éventuellement rechargés à chaque souscription, une fiscalité déclenchée à chaque cession hors PEA ou assurance-vie (PFU à 31,4 % en 2026), et le risque de market timing. Or manquer les quelques meilleures séances d'une décennie suffit à effacer l'essentiel de la performance d'un marché actions.
Vouloir prendre des positions à court terme est parfaitement légitime — il faut simplement le faire avec les bons instruments.
| Instrument | Ce qu'il apporte | À surveiller |
|---|---|---|
| ETF | Panier de titres identique à un fonds, mais coté en continu : achat et vente à tout moment, ordres limités et stops possibles, frais faibles | Spread de marché, écart de suivi (tracking difference), liquidité variable sur les ETF de niche |
| Fonds à capital fixe (closed-end, investment trust) | Cotés en continu comme une action, ils permettent la négociation en séance et donnent parfois accès à des actifs illiquides (immobilier, private equity, dette) | Décote ou prime par rapport à la valeur liquidative, liquidité parfois faible, offre limitée en France |
| Contrats à terme sur indices | Exposition très liquide aux grands indices boursiers, avec un effet de levier intégré | Appels de marge, échéances à rouler, base par rapport au comptant : inadaptés à la détention longue |
| Actions individuelles | Choix immense, volatilité idiosyncratique, contrôle total du timing | Aucune diversification, risque spécifique élevé, exigence de sélection et de suivi |
L'opposition entre « investisseur passif » et « trader » est largement artificielle. La structure la plus répandue chez les praticiens est le cœur-satellite : une allocation stratégique stable, fonds indiciels, FCP diversifiés, placements de long terme, représentant 80 à 90 % du portefeuille, et une poche tactique minoritaire consacrée aux convictions de court terme.
Cette architecture a un mérite psychologique décisif : elle donne un exutoire à l'envie d'agir sans mettre en danger l'essentiel du capital. La finance comportementale montre en effet que l'excès de transactions est l'un des principaux destructeurs de performance chez le particulier.
Le fonds commun de placement reste un outil pertinent : il donne accès, pour quelques centaines d'euros, à un portefeuille diversifié géré par des professionnels, dans un cadre réglementaire solide et en voie d'assainissement, avec la fin des commissions de mouvement et la généralisation des outils de gestion de la liquidité en 2026. Mais il n'est pas neutre en coût, et ce coût se paie chaque année, que le fonds gagne ou perde.
Trois réflexes suffisent à éviter l'essentiel des déceptions : lire le DIC avant de souscrire plutôt que le palmarès de l'année, comparer les frais et la performance nette à l'indice sur 5 et 10 ans, et choisir la bonne enveloppe fiscale, un choix qui, avec un PFU désormais à 31,4 % hors enveloppe, pèse plus lourd qu'auparavant.
Reste enfin à accepter la nature du produit : un FCP est un véhicule de détention à capital variable, pas un instrument de trading. Ceux qui veulent négocier en Bourse un panier de titres se tourneront vers un ETF ou, plus rarement, vers un fonds à capital fixe coté. Pour un cœur de portefeuille sur les grands marchés développés, les ETF indiciels restent statistiquement plus efficaces et bien plus souples. Le FCP actif se justifie là où le gérant apporte une valeur ajoutée réellement mesurable : niches peu efficientes, classes d'actifs difficiles d'accès, convictions de long terme que l'on partage.
⚠️ Investir comporte des risques de perte en capital.
Avant d'ouvrir un compte, comparez les frais de courtage, les droits de garde, l'étendue de la gamme de fonds proposée et l'existence d'éventuelles rétrocessions. Notre guide pour choisir un courtier en bourse et notre comparatif des courtiers détaillent les critères à passer en revue.