Vous n'êtes pas identifié(e).



Lorsqu'on se penche sur les événements financiers marquants de l'histoire, l'importance du jeudi noir saute aux yeux, marquant un tournant décisif pour l'économie britannique et offrant une leçon vitale aux banquiers centraux du monde entier. Au cœur de cet événement se trouvait le célèbre cambiste George Soros, dont les actions stratégiques ont non seulement ébranlé les fondations des grandes banques centrales, mais aussi permis de réaliser d'immenses profits personnels. La question qui se pose est la suivante : Comment George Soros a-t-il orchestré l'effondrement de la Banque d'Angleterre ?
Dans les années 1990, peu de gens se doutaient que la Grande-Bretagne était confrontée à la plus grande crise monétaire de son histoire. Pourtant, un homme, George Soros, élaborait déjà une stratégie à l'époque. L'origine de cette crise réside dans l'entrée du Royaume-Uni dans le MCE (mécanisme de taux de change) et dans la décision d'arrimer la livre sterling au mark allemand, une décision examinée de près par Soros.
L'objectif du MCE était de maintenir les taux de change dans une marge de 6 % par rapport au taux initialement fixé. De nombreux experts, dont George Soros, estimaient que la livre sterling était largement surévaluée au moment de son entrée dans le mécanisme. Soros, qui gérait le Quantum Fund, en a déduit que l'inflation et les taux d'intérêt élevés au Royaume-Uni contribuaient à la surévaluation du taux de change, qui ne reflétait pas les conditions économiques réelles du pays.
Soros a commencé à accumuler discrètement des positions courtes sur la livre sterling, pour finalement accumuler la somme colossale de 10 milliards de dollars. Ses actions sont passées inaperçues tant du public que de la Banque d'Angleterre. Si quelques grands acteurs du monde financier étaient au courant de ses positions, seuls quelques-uns connaissaient l'ampleur réelle de son plan.
Au moment opportun, Soros a déclaré publiquement que la livre était largement surévaluée et que la Banque d'Angleterre ne serait pas en mesure de la défendre. Il a affirmé que le Royaume-Uni devrait quitter le mécanisme de change en raison de la surévaluation au moment de l'entrée. D'autres grands acteurs et spéculateurs lui ont rapidement emboîté le pas, en vendant à découvert la livre sterling. Comme de plus en plus d'investisseurs ont commencé à se couvrir contre une baisse potentielle de la valeur de la livre, une prophétie auto-réalisatrice s'est mise en place, jouant dans le sens de la stratégie de Soros.
Malgré la pression croissante, le gouvernement britannique est resté confiant dans la force de la livre et dans son engagement envers le mécanisme de change. La Banque d'Angleterre a tenté de contrer la pression à la vente en procédant à des achats massifs de livres sterling. Cette tactique s'est retournée contre elle et les investisseurs ont vendu la livre à un rythme si rapide que la Banque d'Angleterre a dû acheter 2 milliards de livres toutes les heures le 15 septembre. En une journée, la Banque a perdu 3,3 milliards de livres.

La situation s'est aggravée le 16 septembre, connu aujourd'hui sous le nom de "jeudi noir". Au début de la séance du marché londonien, le gouvernement britannique a annoncé une hausse des taux d'intérêt de 10 % à 12 %. Toutefois, cette mesure n'a pas convaincu le public de la force et de la stabilité de la livre sterling, ce qui a conduit à une deuxième augmentation, à 15 %, plus tard dans la journée. Malgré ces mesures désespérées, les investisseurs ont continué à vendre et à vendre à découvert la livre.

Finalement, le chancelier britannique Norman Lamont a déclaré que le Royaume-Uni quitterait le MCE. Cette annonce a encore accentué la dépréciation de la livre, entraînant une dévaluation supplémentaire de 15 %. La baisse de la monnaie a permis à de grands acteurs comme Soros de rembourser leurs emprunts et de clôturer progressivement leurs positions à découvert.
En plus de faire de George Soros l'un des plus grands cambistes de l'histoire, cette opération lui a rapporté près d'un milliard de dollars. Cependant, ses actions ont suscité des critiques, car beaucoup ont estimé que son opération avait des conséquences néfastes sur l'économie britannique, affectant l'ensemble du pays. Il convient toutefois de noter que George Soros n'est certainement pas à l'origine de la crise, mais qu'il en a tout au plus accéléré le déclenchement. George Soros a simplement été le premier à anticiper la situation et à en tirer parti.
La capacité de Soros à prévoir la surévaluation de la livre sterling et à l'exploiter à son avantage témoigne de ses remarquables compétences en tant que trader sur le marché des changes. Bien que ses actions aient suscité une vive controverse, il est essentiel de se rappeler que l'environnement économique de l'époque se prêtait à un changement aussi radical. Cet événement constitue une leçon essentielle pour les banques centrales et les gouvernements du monde entier, qui doivent rester vigilants et s'adapter à des paysages économiques en constante évolution.
Le trading de CFD implique un risque de perte significatif, il ne convient donc pas à tous les investisseurs. 74 à 89% des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en négociant des CFD.
Hors ligne