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Swap de variance : définition, fonctionnement et exemples en trading de volatilité

Swap de variance

Mis à jour le 01 juillet 2026 par Ludovic

Qu'est-ce qu'un swap de variance ?

Les swaps de variance sont des produits financiers dérivés de gré à gré utilisés pour couvrir des risques et/ou spéculer sur la volatilité d'un actif, d'un indice, d'un taux d'intérêt ou d'un taux de change, en s'affranchissant complètement de la direction du prix.

Une jambe du swap paie un montant basé sur la variance réalisée des variations de prix de l'actif sous-jacent. Comme cette variance est inconnue à l'avance, cette jambe est assortie d'un taux variable.

Les variations de prix sont généralement caractérisées par des rendements logarithmiques, calculés quotidiennement à partir d'un prix de clôture convenu entre les parties.

L'autre jambe du swap paie un montant fixe, connu dès la conclusion de la transaction : le strike de variance.

Le gain net des parties correspond à la différence entre le montant fixe et le montant flottant à l'échéance de la transaction. Le mécanisme rappelle celui d'une option vanille standard, où la prime est connue dès la conclusion de l'opération et le paiement final déterminé à l'expiration : comme pour les options vanille, le swap de variance est réglé en espèces à l'échéance, avec parfois des appels de marge intermédiaires pour maintenir une couverture de collatéral adéquate.

Points clés à retenir

  • Un swap de variance est un produit dérivé OTC qui permet d'échanger la variance réalisée d'un actif contre un montant fixe, sans exposition au prix (delta).
  • Le règlement se fait en une seule fois à l'échéance, selon la formule : notionnel de variance × (variance réalisée − strike de variance).
  • Il existe des variantes : swap de variance conditionnel, swap de couloir, swap de variance à départ différé.
  • Ce produit reste réservé aux institutionnels ; les particuliers passent par les options ou les produits liés au VIX pour parier sur la volatilité.

Comment fonctionne un swap de variance ? Formule et exemple

À l'échéance, le règlement d'un swap de variance suit une formule simple :

Formule de règlement

Montant réglé = Notionnel de variance × (Variance réalisée − Strike de variance)

Le notionnel de variance est un montant en euros (ou en dollars) par point de variance. Le strike de variance correspond au carré de la volatilité implicite convenue à la signature (par exemple, un strike de volatilité de 20 % donne un strike de variance de 20² = 400).

1
Fixer le notionnel et le strike
Les deux contreparties conviennent, à la signature, du notionnel de variance et du strike de variance qui sert de référence fixe pour tout le contrat.
2
Suivre la variance réalisée
Chaque jour de bourse, les rendements logarithmiques de clôture de l'actif sous-jacent sont enregistrés et élevés au carré pour accumuler la variance réalisée.
3
Annualiser et comparer au strike
À l'échéance, la variance réalisée cumulée est annualisée (généralement sur la base de 252 jours de bourse) puis comparée au strike de variance fixé au départ.
4
Régler le paiement net
La différence, multipliée par le notionnel de variance, détermine le montant versé en espèces par la partie perdante à la partie gagnante.

Exemple chiffré : un trader achète un swap de variance sur un indice avec un notionnel de 1 000 € par point de variance et un strike de variance de 400 (soit une volatilité implicite de strike de 20 %). À l'échéance, la variance réalisée annualisée ressort à 484 (soit une volatilité réalisée de 22 %). Le gain de l'acheteur est alors de 1 000 × (484 − 400) = 84 000 €. Si la volatilité réalisée était restée sous 20 %, c'est le vendeur du swap qui aurait été payé.

Structure du swap de variance

Un swap de variance repose sur trois caractéristiques principales :

Strike de variance
Le niveau de variance fixe convenu à la signature, qui sert de référence pour le règlement final.
Variance réalisée
La variance effectivement observée sur le sous-jacent pendant la durée de vie du contrat, calculée à partir des rendements quotidiens.
Véga notionnel
Le profit ou la perte attendu pour une variation de 1 point de volatilité, qui sert à convertir le paiement en un montant monétaire concret.

Les paiements du swap sont basés sur un montant notionnel qui n'est jamais échangé en tant que tel. Ce montant notionnel est calculé à partir du véga (la sensibilité du prix de l'actif sous-jacent à la volatilité), puis converti en un montant monétaire tangible qui, lui, est effectivement réglé à l'échéance.

Qui utilise les swaps de variance ?

Les swaps de variance sont utilisés par différents types d'acteurs de marché, chacun avec un objectif différent :

Couverture (hedgers)
Ils protègent leur portefeuille des fluctuations du titre ou de l'indice sous-jacent en prenant l'autre jambe du swap et en recevant un paiement fixe en échange.
Spéculation
Les spéculateurs cherchent à profiter des changements de volatilité ou des mouvements de prix de l'actif, en prenant généralement la jambe payante du swap contre un paiement à taux variable.
Arbitrage
Les arbitragistes tentent de capturer des écarts de prix entre deux marchés ou produits différents en concluant des swaps dont chaque jambe paie un taux différent.
Banques
Elles utilisent ces contrats pour dégager un profit sur les fonds détenus, sans coût d'entrée, et pour préserver certains indicateurs de rentabilité face aux fluctuations de prix.

Les swaps de variance pour spéculer sur la volatilité

Les options sont couramment utilisées pour spéculer sur la volatilité. Cependant, elles sont brouillées par leur composante delta (directionnelle), ce qui les prive de la pureté que certains swaps peuvent offrir : pour spéculer uniquement sur la volatilité avec des options, il faudrait procéder à une couverture delta continue afin d'éliminer le risque directionnel, un exercice difficile et coûteux puisque le prix est en mouvement permanent.

Un swap de variance nécessiterait, avec des options, l'usage d'un « strip » d'options (plusieurs strikes) qu'il faudrait constamment faire rouler pour rester centré sur l'actif sous-jacent, avec des coûts de transaction non négligeables. Les swaps de variance suppriment directement la composante delta : le profit et la perte du contrat deviennent un pari pur sur l'écart entre volatilité implicite et volatilité réalisée.

Variance réalisée vs. variance implicite

La variance implicite est, historiquement, en moyenne plus élevée que la variance réalisée. Cela s'explique par le fait que les vendeurs de volatilité exigent une compensation pour avoir accepté une position de convexité négative : leur gain maximal est plafonné (la prime perçue), alors que la perte potentielle du payeur de volatilité est en théorie illimitée.

Cet écart s'appelle la prime de risque de variance, analogue à la prime de risque de volatilité observée sur les options vanille. Elle ouvre aussi la voie à des stratégies d'arbitrage de volatilité, via une vente de variance roulée en continu.

Swap de variance conditionnel et swap de couloir

Un swap de variance conditionnel est un produit dérivé qui expose le trader à la volatilité d'un sous-jacent uniquement lorsque son prix se situe dans une fourchette prédéfinie. Par exemple, une exposition à l'EUR/USD limitée à la fourchette 1,10-1,20, ou au S&P 500 entre 4 500 et 5 500 points.

Ce type de contrat est utile lorsqu'un trader a une vision plus nuancée de la volatilité, par exemple pour :

  • acheter ou vendre de la variance en fonction d'une vision spécifique sur un sous-jacent ;
  • parier sur la volatilité en fonction de son niveau de skew ;
  • équilibrer le profil risque/récompense d'un portefeuille.

Les swaps de variance conditionnels limitent la disparité de prix par rapport à une réplication avec des options vanille, qui nécessiterait davantage d'options hors de la monnaie (OTM), aux spreads plus larges que les options proches de la monnaie. En restreignant la couverture aux strikes situés dans une certaine fourchette, ils réduisent les coûts de transaction et la charge de gestion.

Pour les payeurs (acheteurs de variance), le gain est positif si la variance réalisée dépasse la variance implicite à l'expiration. Pour les receveurs (vendeurs de variance), le gain est positif si la variance réalisée reste inférieure à la variance implicite.

Swap de variance de couloir

Un swap de variance de couloir fonctionne de manière très proche : deux niveaux de prix définissent une fourchette, et le swap reste actif tant que le sous-jacent y demeure. Si le prix sort de cette fourchette, à la hausse ou à la baisse, les deux bornes de variance sont invalidées et cessent de contribuer au montant final.

Ces swaps sont généralement peu corrélés aux prix des actifs, ce qui en fait un outil efficace pour couvrir d'autres positions d'un portefeuille ou pour créer un flux de rendement autonome à des fins spéculatives.

Prime de risque de variance et lien avec le VIX

La prime de risque de variance est la différence entre la variance implicite et la variance réalisée. Par exemple, si la variance historique d'un marché est de 15 % et sa variance implicite de 16 %, la prime de risque de variance est de 1 point.

Pour estimer la volatilité implicite future à partir de la volatilité réalisée, un trader doit anticiper la valeur de cette prime, qui n'est pas statique et évolue dans le temps. Certains traders considèrent qu'elle revient à sa moyenne : plus la volatilité réalisée reste durablement élevée ou faible, plus elle serait susceptible de revenir vers son niveau moyen historique, les actions américaines affichant une variance globalement stable sur plus d'un siècle, même si des sous-jacents individuels peuvent évoluer fortement avec la maturité de l'entreprise.

Trois méthodes principales permettent d'estimer la prime de risque de variance : la volatilité historique (simple à calculer mais rétrospective), les swaps de variance eux-mêmes (estimations pondérées en dollars tournées vers l'avenir), et des produits spécifiques au marché comme les dérivés du VIX pour les actions américaines.

Le VIX, l'indice de volatilité le plus suivi sur le S&P 500, a été introduit par le CBOE en 1993 ; des données ont ensuite été recalculées rétroactivement jusqu'en janvier 1990. Sa méthode de réplication par un portefeuille pondéré d'options est directement inspirée des principes utilisés pour fixer le strike d'un swap de variance.

Swap de variance vs options vanille : quelle différence ?

Swap de variance
  • Exposition pure à la volatilité, sans composante delta à couvrir
  • Un seul contrat suffit, pas besoin de gérer un strip d'options
  • Réglé en une fois à l'échéance sur la variance réellement observée
Options vanille
  • Composante delta et véga mélangées, nécessite une couverture delta continue
  • Accessible aux particuliers via les brokers d'options classiques
  • Plus liquide et coté sur des marchés organisés

Les particuliers peuvent-ils négocier des swaps de variance ?

Les swaps de variance restent des instruments utilisés par les traders institutionnels. Un trader particulier peut négocier la volatilité via les options, mais un pari de volatilité pure impliquerait de couvrir en continu le risque delta.

Étant donné que les prix sont en mouvement permanent et que les marchés s'écartent rapidement de leur niveau initial, l'exécution de couvertures delta répétées pour approcher un pari sur la volatilité peut être difficile et coûteuse en frais de transaction. En Europe, ces contrats de gré à gré relèvent par ailleurs du règlement EMIR, qui impose des obligations de déclaration et, selon les seuils, de compensation centrale aux contreparties financières et non financières — un cadre pensé pour les institutionnels, pas pour les particuliers.

Pour un trader particulier souhaitant s'exposer à la volatilité, les alternatives les plus accessibles restent les options sur indices, les produits liés au VIX ou les ETF/ETN de volatilité proposés par certains brokers.

Avantages et limites des swaps de variance

Avantages
  • Exposition pure à la volatilité, sans risque directionnel à gérer
  • Contrat sur mesure (notionnel, échéance, sous-jacent) adapté aux besoins d'un portefeuille
  • Aucun coût d'entrée, réglé en cash à l'échéance
  • Outil de couverture efficace, souvent peu corrélé aux prix des actifs
Limites
  • Réservé aux acteurs institutionnels, inaccessible aux particuliers
  • Risque de contrepartie inhérent aux contrats de gré à gré
  • Marché nettement moins liquide que celui des options standards
  • Risque de queue : un choc de marché peut générer des pertes très importantes pour le vendeur de variance

Produits liés aux swaps de variance

Option sur variance réalisée
Un dérivé optionnel dont le payoff dépend directement de la variance réalisée plutôt que du prix du sous-jacent.
Swap de volatilité
Version « racine carrée » du swap de variance, réglée sur l'écart-type plutôt que sur la variance.
Swap de corrélation
Permet d'échanger un pari sur la corrélation réalisée entre plusieurs actifs d'un panier ou d'un indice.
Swap de variance à départ différé
La période de mesure de la variance ne débute qu'à une date future convenue à l'avance.
Swap de variance conditionnel
N'accumule de la variance que lorsque le sous-jacent reste dans une fourchette de prix définie.
Swap de variance de couloir
Variante du swap conditionnel où deux bornes de prix invalident la variance en cas de sortie de fourchette.
Straddle
Combinaison d'un call et d'un put de même strike, utilisée par les particuliers pour parier sur une hausse de la volatilité.

Conclusion

Les swaps de variance sont un type de swap qui permet aux traders de parier sur la différence entre volatilité implicite et volatilité réalisée. Cette forme de produit dérivé élimine la composante prix des options vanille pour se concentrer exclusivement sur la composante volatilité, avec des paris à convexité positive ou négative sur un horizon temporel donné.

Ils permettent d'établir des positions qui rapportent si la variance réalisée dépasse la variance implicite (ou l'inverse pour le vendeur), et servent aussi bien à spéculer qu'à couvrir une position existante ou à mettre en place une opération de corrélation.

Dans les portefeuilles institutionnels, les swaps de variance restent un outil important de couverture et de spéculation sur la volatilité, notamment grâce à leurs variantes conditionnelles qui offrent une exposition ciblée aux mouvements du sous-jacent. Le marché demeure toutefois bien plus étroit que celui des options classiques, ce qui limite les opportunités d'arbitrage pur entre les deux univers.

Pour les particuliers, ces contrats restent hors de portée : les options, les produits liés au VIX et certains ETF de volatilité offrent des alternatives plus accessibles pour s'exposer aux mouvements de la volatilité des marchés.

FAQ - Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un swap de variance en trading ?
Un swap de variance est un produit dérivé de gré à gré dans lequel deux contreparties échangent la variance réalisée d'un actif contre un montant fixe (le strike de variance), déterminé à la signature du contrat. C'est un pari pur sur l'amplitude des mouvements de prix, indépendant de leur direction.
Quelle est la différence entre un swap de variance et un swap de volatilité ?
Le swap de variance paie sur la base du carré des écarts de rendement (la variance), tandis que le swap de volatilité paie sur la base de l'écart-type (la racine carrée de la variance). Le swap de variance a une réplication statique plus simple par un portefeuille d'options, ce qui explique sa plus grande popularité auprès des institutionnels.
Comment calcule-t-on la variance réalisée ?
La variance réalisée s'obtient en sommant le carré des rendements logarithmiques quotidiens de clôture de l'actif sous-jacent, puis en annualisant ce total (généralement en multipliant par 252, le nombre approximatif de jours de bourse par an).
Qu'est-ce que le véga notionnel dans un swap de variance ?
Le véga notionnel représente le profit ou la perte attendu pour une variation de 1 point de volatilité autour du strike. Il sert à convertir la sensibilité théorique du contrat en un montant monétaire concret et à dimensionner la taille réelle de l'exposition.
Pourquoi la volatilité implicite est-elle souvent supérieure à la volatilité réalisée ?
Les vendeurs de volatilité exigent une prime pour accepter un profil de gain limité face à un risque de perte potentiellement illimité. Cet écart structurel s'appelle la prime de risque de variance, et il est observé de façon récurrente sur la plupart des marchés actions et indices.
Qu'est-ce qu'un swap de variance conditionnel ?
Un swap de variance conditionnel n'accumule de la variance que lorsque le prix du sous-jacent reste à l'intérieur d'une fourchette prédéfinie. Il permet une exposition plus ciblée à la volatilité et réduit le coût de couverture par rapport à un swap de variance classique.
Les traders particuliers peuvent-ils négocier des swaps de variance ?
Non, en pratique les swaps de variance sont réservés aux acteurs institutionnels en raison de leur nature OTC, du montant notionnel élevé et des exigences de collatéral. Les particuliers qui veulent parier sur la volatilité passent plutôt par des options, des produits indexés sur le VIX ou des ETF de volatilité.
Quels sont les principaux risques d'un swap de variance ?
Les principaux risques sont le risque de contrepartie propre aux contrats OTC, la difficulté de valorisation en cours de vie, et surtout le risque de queue : un choc de marché brutal peut faire exploser la variance réalisée et générer des pertes très importantes pour le vendeur de variance.
Comment le VIX est-il lié aux swaps de variance ?
Le VIX, introduit par le CBOE en 1993 avec des données recalculées depuis janvier 1990, mesure la volatilité implicite du S&P 500 à partir d'un portefeuille d'options, selon une logique de réplication très proche de celle utilisée pour fixer le strike d'un swap de variance.
Quelle est la différence entre un swap de variance et une option vanille pour trader la volatilité ?
Une option vanille combine une exposition au prix (delta) et à la volatilité (véga), ce qui oblige à couvrir le delta en continu pour isoler un pari pur sur la volatilité. Le swap de variance élimine directement la composante delta et offre une exposition pure et linéaire à la variance réalisée.

Brokers d'options

# Broker Note Siège Plateforme Dépôt min. Types d'options Actions
1 AvaOptions ★★★★ 4.4/5 Irlande AvaOptions 100 € Options vanilles (OTC)
2 IG ★★★★ 4.4/5 Allemagne IG, ProRealTime 300 € Options vanilles & barrières (OTC)
3 XTB ★★★★ 4.2/5 Pologne xStation 5, TradingView 0 € Options actions US (achat)

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