
Mis à jour le 20 juin 2026 par Ludovic
Sur le forex, aucune paire de devises ne vit isolée. Quand le dollar se renforce, ce n'est pas seulement l'EUR/USD qui bouge, mais tout un ensemble de paires liées au billet vert. Comprendre ces corrélations permet de confirmer une analyse, d'éviter de mauvais trades et surtout de ne pas doubler son risque sans s'en rendre compte.
Une corrélation peut être positive, lorsque les prix de deux paires se déplacent dans la même direction, ou négative, lorsqu'ils se déplacent dans des directions opposées. Maîtriser ces relations est indispensable pour gérer l'exposition réelle d'un compte de trading.
Les paires de devises sont constituées de deux monnaies évaluées l'une par rapport à l'autre. Chaque monnaie appartient à une économie dont l'offre et la demande influencent sa valeur. Quand une devise change de valeur, elle s'apprécie (ou se déprécie) face à toutes les autres, et pas seulement face à une seule. C'est pourquoi les paires de devises ne peuvent pas être analysées comme des actifs indépendants.
Cela ne signifie pas que la valeur d'une monnaie évolue au même rythme contre toutes les paires. Si l'euro s'apprécie de 50 pips face au dollar américain, il n'augmentera pas forcément de 50 pips face au dollar australien, mais il y a une forte probabilité qu'il s'apprécie aussi face à l'AUD, à un certain degré.
La corrélation est précisément l'outil statistique qui mesure cette parenté de mouvement. Les traders professionnels la surveillent en permanence sur les principales paires, car elle révèle la structure cachée du marché : derrière des dizaines de paires se cachent en réalité quelques grandes devises directrices.
Une corrélation positive signifie que deux paires de devises se déplacent dans la même direction. Pour l'illustrer, prenons l'exemple de l'EUR/USD et de l'AUD/USD.
L'EUR/USD est composé de l'euro et du dollar américain. Si le prix de l'EUR/USD diminue, cela peut signifier que la demande pour l'euro baisse ou que la demande pour le dollar augmente. Les deux scénarios aboutissent à une dépréciation de l'EUR contre l'USD.
Si le prix de l'EUR/USD diminue parce que le dollar se renforce, le prix de l'AUD/USD va probablement diminuer lui aussi, puisqu'il contient également du dollar au dénominateur. C'est un exemple de corrélation positive entre l'EUR/USD et l'AUD/USD.
À retenir : Les paires qui partagent la même devise « cotée » (ici l'USD en seconde position) ont tendance à être positivement corrélées. EUR/USD, GBP/USD et AUD/USD réagissent toutes à la force du dollar dans le même sens.
Une corrélation négative signifie que deux paires de devises se déplacent dans des directions opposées. Utilisons l'exemple de l'EUR/USD et de l'USD/JPY.
Si la demande pour le dollar augmente, le prix de l'EUR/USD diminue tandis que celui de l'USD/JPY augmente. La force du dollar américain se traduit alors graphiquement par une baisse de l'EUR/USD et une hausse de l'USD/JPY.
Le rôle de la position du dollar
Quand le dollar est en seconde position (EUR/USD), il pousse le cours vers le bas en se renforçant. Quand il est en première position (USD/JPY), il pousse le cours vers le haut. C'est cette inversion de place qui crée la corrélation négative.
La corrélation forex repose sur le coefficient de corrélation de Pearson, la formule statistique de référence utilisée par les outils du marché. Pour le calculer, on compare les variations de prix de deux paires sur une période donnée, puis on rapporte la covariance de ces variations au produit de leurs écarts-types.
Le résultat est toujours compris entre -1 et +1 (soit -100 % et +100 %) :
En pratique, on considère qu'une corrélation est forte au-delà de ±70 %, modérée entre ±30 % et ±70 %, et négligeable en deçà de ±30 %. Inutile de connaître la formule par cœur : tous les outils de corrélation (Myfxbook, Mataf, TradingView) la calculent automatiquement. L'essentiel est de savoir interpréter le chiffre obtenu.
La corrélation est dynamique
Un point souvent négligé : le coefficient évolue en permanence. Lors d'une annonce économique, la corrélation entre EUR/USD et GBP/USD peut chuter de 0,85 à 0,30 en quelques minutes, avant de revenir à la normale. Une corrélation n'est donc jamais acquise.
Un cambiste doit obligatoirement tenir compte des corrélations s'il souhaite trader plusieurs parités en même temps, car elles peuvent fortement augmenter le risque global d'un compte de trading.
Imaginons un trader qui décide de risquer 2 % de son compte sur chaque trade. Il prend une position longue sur l'EUR/USD avec un risque de 2 %, puis une position longue sur le GBP/USD, également avec un risque de 2 %.
La corrélation entre ces deux paires est fortement positive (environ 80 % en moyenne). Si l'une se déplace dans une direction, la probabilité que l'autre suive est de 80 %. En réalité, le trader n'a donc pas diversifié son risque : son exposition réelle est proche de 4 % sur un même pari directionnel (la baisse du dollar).
L'effet inverse existe aussi. Si un trader ouvre une position longue sur l'EUR/USD et une position courte sur le GBP/USD, l'une produira un bénéfice et l'autre une perte : les deux trades se neutralisent en grande partie.
Ouvrir des positions opposées sur des paires à forte corrélation positive est donc contre-productif. L'effet est identique avec des paires fortement négativement corrélées comme l'EUR/USD et l'USD/JPY lorsque le trader ouvre deux positions longues ou deux positions courtes : il parie deux fois sur le même mouvement du dollar.
Les corrélations entre paires ne sont jamais parfaites. Selon les facteurs fondamentaux, une corrélation peut se renforcer, s'affaiblir ou même s'inverser lors de crises économiques. Il est donc essentiel de les mesurer régulièrement plutôt que de se fier à des règles figées.
Vous pouvez utiliser le tableau des corrélations forex (cliquez ici) pour mesurer la force des relations entre paires. Des outils gratuits comme Myfxbook, Mataf ou TradingView proposent également des matrices en temps réel sur plusieurs unités de temps.
Exemple de corrélations sur 1 jour :
| EURUSD | AUDJPY | AUDNZD | EURAUD | EURJPY | |
|---|---|---|---|---|---|
| EURUSD | 100% | 47.3% | 77.1% | -36.3% | 10.6% |
| AUDCAD | GBPJPY | GBPUSD | USDCAD | USDJPY | |
| EURUSD | 61.5% | -13.3% | 88.9% | -85.6% | -60.9% |
Exemple de corrélations sur 1 semaine :
| EURUSD | AUDJPY | AUDNZD | EURAUD | EURJPY | |
|---|---|---|---|---|---|
| EURUSD | 100% | 65.7% | -24.8% | 34.4% | -42.5% |
| AUDCAD | GBPJPY | GBPUSD | USDCAD | USDJPY | |
| EURUSD | 75.8% | -84.9% | 90.3% | -74.9% | -92.2% |
On remarque que l'EUR/USD avait une corrélation positive de 77,1 % avec l'AUD/NZD sur une journée, mais que sur une période plus longue d'une semaine, cette corrélation devient négative à -24,8 %. C'est l'illustration parfaite de l'importance de la période : une relation peut s'inverser selon l'horizon de temps observé.
Les traders doivent donc toujours consulter le tableau de corrélation dans l'unité de temps qu'ils utilisent réellement pour trader.
Les corrélations offrent un véritable avantage : observer une paire de devises peut fournir une information précieuse sur une autre, si elles sont corrélées. Elles servent principalement à confirmer un trade ou une analyse.
L'idée est de vérifier si les paires positivement corrélées se déplacent dans le même sens que la paire que vous regardez. Par exemple, si vous observez un mouvement baissier d'une paire, vous pouvez utiliser d'autres paires en corrélation positive pour voir si elles baissent également.
Pour illustrer, disons que vous observez un rebond de l'EUR/USD sur un support et que vous envisagez un achat. Pour confirmer votre analyse, vous pouvez regarder des paires corrélées positivement comme l'AUD/USD et le GBP/USD afin de voir si elles forment un rebond similaire. Si c'est le cas, le mouvement est probablement dû à un facteur fondamental commun (la faiblesse du dollar) et votre trade a une meilleure probabilité de réussir.

1 - L'EUR/USD est dans une tendance baissière, mais la paire rebondit légèrement sur un support
2 - GBP/USD confirme le rebond
3 - Dans le même temps, l'AUD/USD casse le dernier plus haut et confirme la poursuite probable du rebond
Les corrélations permettent aussi d'éviter de mauvais trades, comme une fausse cassure. Si vous observez une cassure à la hausse, vous pouvez utiliser les paires positivement corrélées pour vérifier si elles suivent le mouvement.
Reprenons l'exemple de l'EUR/USD, de l'AUD/USD et du GBP/USD.

1 - La tendance baissière de l'AUD/USD s'inverse
2 - Dans le même temps, le GBP/USD se déplace dans la direction opposée et poursuit sa tendance baissière
3 - L'EUR/USD ne montre pas non plus de retournement haussier
Même si l'AUD/USD semble se retourner, les paires GBP/USD et EUR/USD ne confirment pas le rebond. Peu de temps après, l'AUD/USD est d'ailleurs retombé pour suivre la tendance des deux autres paires. En observant les corrélations, vous évitez ainsi de mauvais trades. Vous pouvez même tenter une position courte sur l'AUD/USD pour parier sur un rétablissement de la corrélation positive.
Le dollar américain occupe une place centrale dans l'économie mondiale. C'est la monnaie la plus échangée et, selon les données du BIS, il apparaît d'un côté d'environ 89 % des transactions forex. Il est souvent considéré comme une valeur refuge vers laquelle les investisseurs se tournent en période d'incertitude.
L'indice du dollar américain, appelé DXY ou USDX, mesure la valeur du dollar face à un panier de six grandes monnaies. Leurs poids respectifs sont : l'euro (57,6 %), le yen japonais (13,6 %), la livre sterling (11,9 %), le dollar canadien (9,1 %), la couronne suédoise (4,2 %) et le franc suisse (3,6 %).
La base du DXY a été fixée à 100 : si l'indice atteint 115, la valeur du dollar a progressé de 15 % par rapport à sa base. Le record historique fut de 164 en 1985 et le plus bas de 70 en 2008. Après une année 2025 marquée par une baisse d'environ 9,4 %, le DXY évolue en 2026 autour de 98-99 points, sous le seuil psychologique des 100.
Pourquoi suivre le DXY ?
Un DXY qui monte (dollar fort) pèse généralement sur l'or et le pétrole et fait baisser les paires où l'USD est coté en second (EUR/USD, GBP/USD). À l'inverse, un DXY qui baisse soutient ces mêmes paires. Le DXY est donc un thermomètre central pour tout trader du forex.
La corrélation au DXY peut générer des signaux supplémentaires. Deux approches sont possibles : la stratégie de corrélation et la stratégie de divergence.
Cette approche exploite la corrélation positive du DXY. Voici les étapes :

Après une courte tendance baissière sur le DXY, une figure d'engloutissement haussier apparaît : une petite bougie baissière immédiatement suivie d'une bougie haussière plus grande qui clôture plus haut. Cela suggère une fin de tendance et un retournement à la hausse.
Le même schéma se produit sur la paire corrélée, l'USD/CHF. Cela confirme le signal du DXY : les deux instruments sont fortement corrélés à ce moment-là. C'est une excellente occasion d'ouvrir une position longue sur l'USD/CHF.
Cette approche utilise la corrélation négative du DXY :

Le DXY est en tendance baissière, puis une figure d'engloutissement haussier émerge : le prix est sur le point de se retourner à la hausse.
Dans le même temps, l'EUR/USD est en tendance haussière, puis un engloutissement baissier se produit : une petite bougie haussière entièrement engloutie par la bougie baissière suivante. Le prix bascule à la baisse. Cela confirme que le DXY et l'EUR/USD sont très négativement corrélés : c'est l'occasion d'ouvrir une position courte sur l'EUR/USD.
Avertissement : Le trading de CFD implique un risque de perte significatif, il ne convient donc pas à tous les investisseurs. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent.
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