
Mis à jour le 05 juillet 2026 par Ludovic
Les Timer Calls sont une option exotique qui permet à l'investisseur de spécifier le niveau de volatilité utilisé pour valoriser un actif. Contrairement à une option d'achat classique, dont l'échéance est fixe et le prix déterminé par la volatilité implicite, le Timer Call possède une maturité variable pilotée par la volatilité réellement observée. L'objectif : éviter de surpayer une option lorsque la volatilité implicite est trop élevée. Ce guide détaille leur mécanisme, un exemple chiffré du budget de variance, les principales stratégies, ainsi que les avantages et les risques à connaître avant de se lancer.
Points clés à retenir
En termes simples, les Timer Calls offrent au trader la possibilité de fixer le type de volatilité utilisé pour valoriser un produit. La volatilité représente le degré de variation du prix d'un titre, d'une matière première ou d'un indice sur une période donnée.
Au lieu qu'un teneur de marché utilise la volatilité implicite pour évaluer l'option, la volatilité du Timer Call est prédéterminée. L'investisseur fixe un niveau de maturité estimé construit sur la volatilité projetée. Si l'estimation de la volatilité sur la période est correcte, l'option arrive à échéance comme prévu. Si la volatilité réalisée est inférieure, l'option expirera plus tard ; si elle est supérieure, elle expirera plus tôt.
L'idée directrice est de donner à l'investisseur davantage de flexibilité temporelle tout en éliminant les surpaiements inutiles liés à la prime de volatilité implicite.
À retenir : Un Timer Call se comporte comme une option d'achat européenne classique, à une différence majeure près : sa date d'exercice est aléatoire. Elle correspond au moment où la variance cumulée de l'actif atteint un seuil fixé à l'avance.
Le Timer Call a une maturité en théorie infinie : il peut donc expirer à n'importe quelle date. Cette date correspond à la première des deux éventualités suivantes : soit le moment où un budget de variance prédéfini est entièrement consommé par la variance réalisée du prix de l'actif, soit une date d'expiration limite fixée à l'ouverture.
Voici les caractéristiques principales du produit :
À l'achat, l'investisseur spécifie une durée d'investissement et une volatilité probable. Un budget de variance est alors calculé : il constitue la base du prix de l'option. La formule est la suivante :
Formule du budget de variance : Budget de variance = Volatilité cible² × Échéance cible
Prenons un exemple. Un investisseur achète un Timer Call avec un horizon de trois mois et une volatilité attendue de 30 %. Le budget de variance vaut alors :
0,3 × 0,3 × (91,25 / 365) = 0,0225
Concrètement, dès que la volatilité réalisée au carré, multipliée par le nombre de jours écoulés divisé par 365, dépasse le budget de variance, l'option expire. Si l'investisseur voit juste et que la volatilité réalisée s'établit à 30 %, l'option arrive à échéance au bout de trois mois. Si la volatilité réalisée est plus faible, l'échéance est repoussée ; si elle est plus élevée, disons 40 %, l'option expire plus rapidement.
| Critère | Option d'achat vanille | Timer Call |
|---|---|---|
| Date d'échéance | Fixe, définie à l'avance | Aléatoire (pilotée par la variance réalisée) |
| Base de valorisation | Volatilité implicite | Volatilité réalisée / budget de variance |
| Prix | Souvent surévalué (prime de volatilité) | Généralement moins cher |
| Marché | Bourse ou OTC | Gré à gré (OTC) |
| Profil visé | Tous niveaux | Investisseurs sophistiqués |
Les Timer Calls sont un produit relativement récent. Leur origine remonte aux années 1990 dans la recherche académique : Avraham Neuberger décrit dès 1990 l'« option kilométrique » (mileage option), puis Avi Bick publie en 1995 ses travaux sur les stratégies dynamiques fondées sur la variation quadratique.
Le lancement officiel du produit auprès du marché a eu lieu en 2007, sous l'égide de la Société Générale Corporate and Investment Banking (SG CIB). Après avoir analysé les actions de l'indice Euro Stoxx 50 depuis 2000, SG CIB a calculé que 80 % des calls à trois mois arrivés à échéance étaient surévalués. Comme l'expliquait Stéphane Mattatia, membre de l'équipe dérivés de SG CIB à Paris : avec le Timer Call, l'investisseur ne paie que le coût réel de l'option d'achat et ne subit pas la surévaluation liée à une volatilité implicite élevée.
Traditionnellement, les produits financiers ont des échéances fixes. Le Timer Call, lui, apporte une maturité flexible pilotée par la volatilité réalisée. Selon SG CIB, un Timer Call est empiriquement moins cher qu'une option d'achat européenne traditionnelle de même horizon prévu, dès lors que la volatilité réalisée reste inférieure à la volatilité implicite.
La toute première transaction via SG CIB a été réalisée en avril 2007 : le client d'un hedge fund a transformé son call vanille HSBC (échéance juin) en Timer Call. La volatilité implicite du call vanille dépassait alors légèrement 15 %, tandis que l'investisseur a fixé une volatilité cible de 12 %, un peu au-dessus de la volatilité réalisée de 10 %. Aujourd'hui, bien que sa disponibilité reste limitée, ce produit a gagné en notoriété et fait l'objet d'une abondante littérature académique.
De nombreuses stratégies peuvent être mises en œuvre en négociant des Timer Calls. Le choix dépend de votre appétit pour le risque, des outils disponibles et de l'horizon souhaité. Toutes reposent sur deux contrats fondamentaux : les calls et les puts.
Le covered call est populaire auprès des investisseurs particuliers. Il consiste à vendre une option d'achat sur l'actif dont vous détenez déjà une position longue. L'objectif est d'augmenter le rendement de la position longue en encaissant la prime de l'option vendue. La flexibilité de valorisation du Timer Call évite de surpayer l'ouverture et la fermeture de la position. Cette approche est idéale lorsque vous êtes optimiste à long terme sur l'actif, mais anticipez peu de mouvement à court terme.
Le married put implique l'achat simultané d'un actif et d'options de vente d'un volume équivalent. Aussi appelé « put de protection », il permet de se prémunir contre le risque de baisse tout en conservant l'actif sous-jacent. Par exemple, en investissant dans l'actif A et en achetant simultanément un put Timer Call sur le même actif, vous êtes couvert en cas de repli tout en profitant d'une hausse.
Le long straddle consiste à acheter simultanément un call et un put sur le même sous-jacent, avec un prix d'exercice et une échéance identiques. Cette stratégie est adaptée lorsque vous anticipez un fort mouvement de volatilité sans connaître sa direction. La perte maximale se limite au coût d'ouverture des positions.
La réussite du trading de Timer Calls repose largement sur l'analyse d'informations fiables sur la volatilité et de données historiques. L'indice de volatilité Cboe (VIX) est un outil précieux depuis son introduction en 1993. Il mesure les anticipations à 30 jours de volatilité du S&P 500 à partir des prix d'options. Le VIX étant corrélé négativement au S&P 500, il permet d'anticiper les périodes de tension et de comparer volatilité implicite et volatilité réalisée avant d'ouvrir une position.
Voici les grandes étapes pour négocier une option Timer Call, de la sélection du broker à la gestion de l'échéance.
Vous pouvez aussi vous appuyer sur des programmes algorithmiques (Python, par exemple) pour construire et personnaliser vos positions, et consulter l'historique de la volatilité quotidienne, les modèles de prix et l'actualité économique pour affiner vos décisions.
Le trading de Timer Calls peut sembler complexe, mais ses atouts sont réels : en évitant la prime parfois coûteuse de la volatilité implicite fixée par les teneurs de marché, l'investisseur augmente ses chances de marge bénéficiaire si le prix évolue dans la bonne direction. Ce produit reste toutefois exotique, peu liquide et exigeant. Comme pour tout instrument dérivé, une préparation solide, une bonne compréhension de la volatilité réalisée et de nombreuses études de marché sont indispensables avant de se lancer.
⚠️ Les contrats d'options sont des produits financiers complexes. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent.
Avertissement : Investir comporte des risques de perte. Les contrats d'options sont des produits financiers complexes destinés aux investisseurs expérimentés. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent.
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