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Le régulateur financier allemand Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht (BaFin) a annoncé qu'il envisageait de restreindre la commercialisation, la distribution et la vente des certificats Turbo aux investisseurs particuliers basés en Allemagne. Le régulateur a déclaré qu'il émettrait une ordonnance administrative générale à cette fin, pour laquelle il consulte actuellement les acteurs du marché concernés.
L'intervention sur le produit est basée sur une enquête de marché de la BaFin. À la lumière des conclusions de l'enquête, l'autorité de surveillance est très préoccupée par la protection des investisseurs.
Les turbos - également appelés speeders ou sprinters - sont des produits structurés à effet de levier, très prisés par les petits investisseurs dans certaines régions de l'Union européenne (principalement les Pays-Bas et l'Allemagne). Les turbos sont des instruments à effet de levier négociés en bourse qui offrent une exposition indirecte (longue ou courte) à un actif sous-jacent (tel qu'un indice boursier ou une action d'entreprise), la perte potentielle étant limitée au montant payé pour les acquérir.
L'homologue de la BaFin aux Pays-Bas, l'Autorité néerlandaise des marchés financiers (AFM), a adopté des restrictions similaires pour les turbos en 2021.
À l'avenir, la commercialisation, la distribution et la vente de certificats Turbo à des investisseurs particuliers basés en Allemagne ne seront possibles que sous certaines conditions. Selon la mesure envisagée par la BaFin, les destinataires - intermédiaires, émetteurs et fournisseurs - doivent respecter les règles suivantes :
🔹 Les bénéficiaires doivent fournir un avertissement standardisé sur les risques. Cet avertissement doit indiquer que sept investisseurs particuliers sur dix subissent des pertes lorsqu'ils négocient des certificats Turbo. L'avertissement sur les risques doit être inclus dans chaque communication concernant la commercialisation, la distribution et la vente de certificats Turbo.
🔹 Les destinataires ne peuvent offrir aucun bonus incitant les investisseurs particuliers à négocier des turbos. Cela s'applique aux avantages monétaires et non monétaires. Par exemple, les frais d'ordre ne peuvent pas être réduits ou supprimés pour les certificats Turbo, et il ne peut pas y avoir de bonus pour les nouveaux clients. Les avantages non monétaires, tels qu'un service à la clientèle préférentiel ou des cadeaux, sont également interdits.
🔹 Pour les certificats Turbo, les bénéficiaires doivent se soumettre à une évaluation d'aptitude approfondie. Un test est conçu pour présenter les principales caractéristiques du produit. Les investisseurs particuliers doivent être en mesure de répondre à au moins six questions sur le trading des certificats Turbo avant d'être autorisés à les acheter. Le test doit être répété tous les six mois.
Sur la base de son enquête approfondie sur le marché des certificats Turbo, la BaFin a identifié des problèmes importants en matière de protection des investisseurs. La majorité des investisseurs particuliers (74,2 %) ont subi des pertes en négociant des certificats Turbo. En moyenne, ils ont perdu 6 358 euros chacun. Leurs pertes totales sur une période de cinq ans s'élèvent à plus de 3,4 milliards d'euros. Outre les pertes importantes subies par les investisseurs, la BaFin fonde ses préoccupations sur la grande complexité des certificats Turbo et sur les pratiques de commercialisation et de distribution associées à ces produits.
La BaFin peut restreindre ou interdire la commercialisation, la distribution et la vente d'instruments financiers s'il existe des préoccupations importantes concernant la protection des investisseurs. Ceci est régi par l'article 42 du règlement européen sur les marchés d'instruments financiers (MiFIR) et l'article 15, paragraphe 1, phrase 2 de la loi allemande sur le trading des valeurs mobilières (Wertpapierhandelsgesetz) en conjonction avec l'article 42 du MiFIR.
La BaFin a déclaré qu'elle accepterait les commentaires sur son projet de mesure d'intervention sur les produits jusqu'au 3 juillet 2025.
Le trading de CFD implique un risque de perte significatif, il ne convient donc pas à tous les investisseurs. 74 à 89% des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en négociant des CFD.
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