Vous n'êtes pas identifié(e).

#1 03-07-2024 20:34:01

Climax
Administrateur
Inscription: 30-08-2008
Messages: 6 153
Windows 10Firefox 127.0

Comment l'euro numérique pourrait compromettre l'autonomie financière


euro-numerique.jpg

Lorsque les États-Unis ont promulgué le Patriot Act après le 11 septembre, l'objectif était clair : protéger la sécurité nationale. Cependant, cette mesure bien intentionnée a conduit à une surveillance gouvernementale accrue et à une réduction significative de la vie privée. L'approche actuelle de l'Europe en matière de transactions numériques pourrait avoir des conséquences similaires, les mesures de sécurité pouvant porter atteinte aux libertés fondamentales.

La pression réglementaire de l'Europe : La fin de l'anonymat

L'Union européenne (UE) intensifie ses efforts pour réglementer le marché des crypto-monnaies, en se concentrant sur la réduction de l'anonymat dans les transactions numériques. Les dernières mesures de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme (LBC/FT) reflètent cette tendance, soulevant des préoccupations critiques quant à l'équilibre délicat entre la sécurité et la vie privée.

Depuis l'adoption du règlement sur les marchés des crypto-actifs (MICA) en 2022, l'UE travaille avec diligence pour établir des lignes directrices complètes pour les entités opérant sur les marchés des crypto-actifs. Ce cadre réglementaire est conçu pour freiner les activités illicites, telles que le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, qui ont prospéré dans la nature anonyme des monnaies numériques. Si ces mesures visent sans aucun doute à renforcer la sécurité, elles remettent également en cause les principes fondamentaux de décentralisation et de respect de la vie privée sur lesquels les cryptomonnaies ont été construites.

Les récentes rumeurs selon lesquelles l'UE pourrait interdire les transactions anonymes de cryptomonnaies par le biais de portefeuilles autodéposés, tels que Metamask et Trust Wallet, mettent en évidence la surveillance croissante dont elles font l'objet. Bien que ces rumeurs soient fondées sur une mauvaise interprétation des nouvelles lois, l'orientation des efforts de réglementation est évidente : réduire l'utilisation de transactions non traçables. Cette évolution vers une surveillance complète des transactions numériques risque de créer un système dans lequel la confidentialité financière ne sera plus qu'un vestige du passé.

L'euro numérique : une épée à double tranchant

L'initiative de l'euro numérique de la Banque centrale européenne (BCE) souligne l'engagement de l'UE à renforcer le contrôle des transactions numériques. La BCE a fait des progrès significatifs avec l'euro numérique, passant à la "phase de préparation" pour jeter les bases de sa mise en œuvre. Cette phase comprend la finalisation du règlement et la sélection des fournisseurs pour développer l'infrastructure nécessaire, avec une allocation budgétaire substantielle pour assurer son succès.

Si l'euro numérique promet commodité et stabilité, il introduit également le risque d'une surveillance et d'un contrôle sans précédent des activités financières individuelles par l'État. Le contrôle centralisé des monnaies numériques pourrait conduire à un avenir où chaque transaction est traçable, sapant l'autonomie que les cryptomonnaies ont été conçues pour assurer. Le risque d'abus de ces pouvoirs de surveillance ne doit pas être négligé, car ce qui commence comme une mesure contre la criminalité financière pourrait facilement s'étendre à des domaines plus vastes, étouffant la dissidence et érodant les libertés civiles.

Les banques adoptent la réglementation : Une nouvelle ère pour les services cryptographiques

Les institutions financières traditionnelles en Europe, telles que Santander, BBVA et CaixaBank, tirent parti de la clarté de la réglementation pour intégrer les services de crypto-monnaie. Historiquement prudentes face à la nature volatile et non réglementée des cryptomonnaies, ces banques voient maintenant une opportunité d'offrir des produits crypto dans un environnement plus sécurisé et réglementé. Cette démarche pourrait stimuler l'adoption par les utilisateurs et marquer un tournant important sur le marché européen des crypto-monnaies, notamment en raison de la forte bancarisation de la population de la région.

Les banques peuvent tirer parti de la fin de l'anonymat total dans les transactions cryptographiques en développant des initiatives telles que des services de portefeuilles et des comptes multidevises qui acceptent à la fois les crypto-monnaies et les CBDC. À mesure que le cadre réglementaire progresse, les institutions financières doivent rester à l'écoute de ces changements et adapter leurs stratégies pour intégrer les nouvelles formes de transfert de valeur numérique. Cette approche proactive leur permettra de mieux répondre aux demandes en constante évolution des utilisateurs européens et de rester compétitives sur un marché en pleine mutation.

Les risques d'un contrôle exhaustif

Bien que la nouvelle réglementation européenne n'interdise pas explicitement les portefeuilles à garde automatique, elle impose des protocoles rigoureux de vérification de l'identité. Ce contrôle exhaustif fait craindre que la protection de la vie privée ne devienne une relique du passé et que les pouvoirs de surveillance ne soient utilisés à mauvais escient. L'évolution vers un contrôle réglementaire approfondi reflète une tendance plus large au renforcement du contrôle des transactions numériques, qui pourrait avoir des répercussions considérables sur les libertés individuelles et la souveraineté financière.

Alors que l'Europe se dirige vers un paysage financier numérique réglementé, il est essentiel de considérer les implications plus larges de ces mesures. Si les efforts de réglementation visent à créer un environnement plus sûr et plus stable, ils risquent également d'éroder les libertés individuelles et la confidentialité financière. Il est essentiel d'assurer un équilibre entre la sécurité et la vie privée pour protéger les libertés mêmes que ces réglementations cherchent à garantir. Une approche équilibrée qui maintient la sécurité sans compromettre la vie privée est vitale pour l'avenir des transactions numériques en Europe.

binance-ad.jpg


Le trading de CFD implique un risque de perte significatif, il ne convient donc pas à tous les investisseurs. 74 à 89% des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en négociant des CFD.

Hors ligne

Utilisateurs enregistrés en ligne dans ce sujet: 0, invités: 1
[Bot] CCBot

Pied de page des forums