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#1 21-01-2022 13:07:14

Climax
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Le gaz naturel : matière première stratégique mais menacée

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L'Europe fait face à une crise énergétique majeure dont l'issue est incertaine et révèle de nombreuses inquiétudes. Les prix du gaz naturel fluctuent, l'approvisionnement relève de sujets de plus en plus politiques et les tensions géopolitiques en Europe de l'Est sont autant de raisons qui font du gaz naturel un élément stratégique de premier ordre. La situation est tellement préoccupante que l'État français a mis en place des mesures visant à limiter les hausses des tarifs d'électricité en 2022 afin de soulager le portefeuille des français. Doit-on craindre des problèmes d'offre et d'approvisionnement de gaz naturel pour cette nouvelle année ? Va-t-on assister à de nouveaux mouvements de prix ?

Raisons du récent rallye des prix du gaz naturel

Les prix du gaz naturel américain ont bondi de plus de 13 % la semaine dernière. Le bond massif a été déclenché par la chute des températures aux États-Unis et les nouvelles prévisions qui laissent présager un temps plus froid. Le temps glacial est arrivé aux États-Unis, ce qui laisse présager une augmentation de la demande. Des milliers de vols annulés, des alertes au blizzard, des chutes de neige: l'est des États-Unis et du Canada fait face à une tempête hivernale en ce début d'année. Compte tenu de l'insuffisance de l'offre de gaz naturel dans le monde, les prix sont vulnérables aux variations de température. Les stocks de gaz ont atteint leurs niveaux les plus bas depuis des années. En effet, l'hiver précédent a entraîné une baisse des niveaux de stocks et d'autres matières premières énergétiques. L'activité économique réduite suite à la crise sanitaire du Covid-19 a de facto réduit la demande de production d'énergie. Ainsi, les réserves de gaz et de charbon en Europe et en Asie, n'ont pas réussi à se reconstituer par manque de main d'œuvre. Au niveau Européen, la répartition des stocks est inégale. En Allemagne, les infrastructures sont actuellement remplies à 70 %, tandis que celles de l'Union européenne le sont à 77 %. Normalement, elles devraient être remplies à plus de 90 % à cette époque de l'année.

Situation critique en Europe

Le spectre d'une crise énergétique en Europe s'intensifie, un nouvel élément venant s'inclure dans l'équation : une potentielle guerre entre l'Ukraine et la Russie. Les prix du gaz sont très volatiles récemment. Il faut dire que de nombreuses nouvelles les ont impactées. D'une part, plusieurs mises à l'arrêt de centrales électriques ont été prolongées et d'autre part, le gouvernement français a demandé à EDF, son plus grand fournisseur d'électricité, d'assumer une charge de 8 milliards de dollars pour protéger les consommateurs et leur portefeuille. Sans ces mesures, les prix auraient augmenté de 35 % à partir du 1er février. EDF a révisé à la baisse son estimation de production nucléaire en France pour 2022 en raison du prolongement de la durée d'arrêt de cinq réacteurs du parc nucléaire français. L'électricien public table pour cette année sur une production nucléaire comprise entre 300 et 330 TWh. Sur le plan géopolitique, beaucoup d'incertitudes subsistent quant aux effets que pourraient avoir le risque d'une guerre potentielle en Ukraine sur le marché du gaz. Les États-Unis font pression sur leurs alliés européens pour qu'ils s'entendent sur des sanctions potentielles contre la Russie, craignant que le pays n'envahisse bientôt son voisin. La Russie a répété à plusieurs reprises que ce n'était pas son intention.De plus, la crainte liée à l'approvisionnement est renforcée par le nouveau gazoduc Nord Stream 2, qui n'acheminera pas de gaz russe vers l'Allemagne avant l'obtention des autorisations réglementaires.

Chute des exportations journalières de Gazprom

Gazprom, société russe d'extraction, de traitement et de transport de gaz naturel, a vu ses exportations quotidiennes tomber à leur plus bas niveau depuis 2015, atteignant une moyenne de 360 mcm/jour au cours de la première moitié de janvier. Ces exportations concernent ses principaux marchés à savoir l'Europe, la Chine et la Turquie. Des rumeurs sont apparues sur le fait que la société retiendrait ses approvisionnements vers l'Europe. Ces livraisons de gaz russe à destination de l'Europe sont surveillées de près depuis la récente pénurie de ce combustible, et la flambée des prix qui a largement impacté l'Europe. La semaine dernière, la responsable antitrust de l'Union européenne, Margrethe Vestager, a déclaré qu'elle attendait "avec impatience" des réponses de Gazprom sur la faiblesse de l'approvisionnement. La compagnie a alors rétorqué qu'elle "livrait du gaz conformément aux demandes des consommateurs et à ses obligations contractuelles". Pourtant, les expéditions quotidiennes de la société à travers les frontières de l'Union Européenne ont chuté à une moyenne de 250,5 millions de mètres cubes au cours de la première moitié du mois, soit un peu plus de la moitié du volume d'il y a un an. Ce qui met en doute le fait que Gazprom retiendrait l'approvisionnement est que sa production augmente et s'est élevée à 1,54 milliard de mètres cubes par jour au cours de la première moitié du mois, niveau le plus élevé depuis 2014.

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Les livraisons de gaz russe à destination de l'Europe ont chuté en janvier. Source : Bloomberg

Point technique

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Le récent rallye du gaz naturel (NATGAS) de début d'année a fait grimper les prix de plus de 27%. Les prix du gaz naturel ont par la suite évolué de manière latérale, la volatilité des prix étant importante. La situation entre l'Ukraine et la Russie est à surveiller de très près car toute annonce relative à une invasion de l'Ukraine pourrait propulser les prix du gaz naturel vers la résistance à 4,808 où se trouve le sommet du 12 janvier marquant la fin du rallye haussier. Source : xStation5

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Bénédicte Augé
Analyste Marchés XTB

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