Mis à jour le 12 juillet 2026 par Ludovic
Le cycle des vagues d'Elliott est le cœur de la théorie formulée par Ralph Nelson Elliott dans les années 1930 : le marché ne progresse pas au hasard, il avance par séquences de 5 vagues d'impulsion suivies de 3 vagues de correction. Cette séquence de 8 mouvements, le cycle élémentaire, se répète à toutes les échelles de temps, de la minute au siècle. Cette page détaille la structure du cycle, sa décomposition en 34 puis 144 vagues, les 9 degrés de vagues, et la méthode concrète pour compter un cycle sur un graphique sans se tromper.
Points clés à retenir
Toute la théorie d'Elliott repose sur deux structures élémentaires, et deux seulement :
Le principe fondamental est celui de l'alternance de degré : une vague est motrice ou corrective relativement à la tendance du degré au-dessus d'elle. C'est pour cette raison que, dans une correction a-b-c d'un marché haussier, les vagues a et c se décomposent en 5 sous-vagues (elles sont motrices dans le sens de la correction) tandis que la vague b se décompose en 3.

Le cycle élémentaire est constitué de 8 vagues. Les 5 premières forment un mouvement d'impulsion ascendant (dans une tendance haussière), les 3 sous-vagues a, b et c forment la correction qui suit.
Ce cycle est fractal : il n'a ni début ni fin absolus. Chaque vague peut être composée d'un ou plusieurs cycles de plus petite période, et fait elle-même partie d'un cycle de plus grande période. C'est cette propriété qui rend la théorie applicable aussi bien sur un graphique 5 minutes de l'EUR/USD que sur le graphique séculaire du Dow Jones.
| Vague | Nature | Sens | Sous-vagues | Caractéristique typique |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Motrice | Avec la tendance | 5 | Souvent confondue avec un rebond technique ; volumes encore faibles |
| 2 | Corrective | Contre la tendance | 3 | Retrace souvent 50 % à 61,8 % de la vague 1, jamais 100 % |
| 3 | Motrice | Avec la tendance | 5 | La plus longue et la plus puissante en général ; volumes maximaux |
| 4 | Corrective | Contre la tendance | 3 | Correction latérale, souvent 23,6 % à 38,2 % de la vague 3 |
| 5 | Motrice | Avec la tendance | 5 | Dernier élan, fréquemment accompagné d'une divergence de momentum |
| a | Motrice (de la correction) | Contre la tendance | 5 | Prise pour une simple respiration par le marché |
| b | Corrective | Avec la tendance | 3 | Le « piège des haussiers » : faux signal de reprise |
| c | Motrice (de la correction) | Contre la tendance | 5 | Mouvement large et rapide, souvent égal à la vague a ou 1,618 × a |

Le cycle complet est constitué de 34 vagues. Il s'agit exactement du même cycle, mais observé un degré plus bas : chaque vague du cycle élémentaire est décomposée selon sa propre structure.
Sur le schéma, les vagues 1, 2, 3, 4 et 5 se décomposent suivant le cycle élémentaire. La tendance s'inverse ensuite : les vagues a et c se décomposent en 5 sous-vagues d'impulsion, et la vague b en 3 vagues correctives, car dans la théorie d'Elliott, la structure motrice se développe toujours dans le sens de la tendance du mouvement auquel elle appartient.
Le calcul des 34 vagues :
Phase d'impulsion : 5 (vague 1) + 3 (vague 2) + 5 (vague 3) + 3 (vague 4) + 5 (vague 5) = 21 sous-vagues
Phase corrective : 5 (vague a) + 3 (vague b) + 5 (vague c) = 13 sous-vagues
Total : 21 + 13 = 34 sous-vagues
En poussant la décomposition d'un degré supplémentaire, on obtient 144 vagues (89 en impulsion, 55 en correction). Le processus est théoriquement infini dans les deux sens.
Les cycles sont composés d'un nombre de vagues qui appartient à la célèbre suite du mathématicien italien Leonardo Fibonacci (vers 1175-1250). Selon la période à laquelle on se réfère, un même cycle complet peut être décrit par 2, 8, 34 ou 144 vagues.
Calcul de la suite de Fibonacci : chaque terme est la somme des deux précédents.
0+1=1, 1+1=2, 2+1=3, 3+2=5, 5+3=8, 8+5=13, 13+8=21, 21+13=34, 34+21=55, 55+34=89, 89+55=144, etc.
| Niveau de décomposition | Vagues d'impulsion | Vagues de correction | Total du cycle |
|---|---|---|---|
| Degré 0 (vision la plus large) | 1 | 1 | 2 |
| Degré −1 (cycle élémentaire) | 5 | 3 | 8 |
| Degré −2 (cycle complet) | 21 | 13 | 34 |
| Degré −3 | 89 | 55 | 144 |
Chaque colonne de ce tableau est elle-même une suite de Fibonacci. C'est cette cohérence numérique interne qui a convaincu Elliott que sa structure décrivait une loi naturelle du comportement collectif, un point de vue que la finance comportementale moderne rapproche des phénomènes de comportement mimétique et de cycles d'euphorie/panique.
Elliott classe les vagues en neuf catégories qui correspondent à des cycles plus ou moins longs. Cette nomenclature permet de situer la position d'une vague dans la progression globale du marché, sachant qu'Elliott lui-même considérait qu'il devient difficile de distinguer des vagues d'une durée inférieure à une semaine de cotation.
| Degré | Durée indicative | Notation impulsion | Notation correction | Unité de temps de travail |
|---|---|---|---|---|
| Grand Supercycle | Plusieurs décennies à siècles | Ⅰ Ⅱ Ⅲ Ⅳ Ⅴ | Ⓐ Ⓑ Ⓒ | Mensuel / annuel |
| Supercycle | Plusieurs décennies | (Ⅰ) (Ⅱ) (Ⅲ)… | (Ⓐ) (Ⓑ) (Ⓒ) | Mensuel |
| Cycle | 1 an à plusieurs années | Ⅰ Ⅱ Ⅲ Ⅳ Ⅴ | Ⓐ Ⓑ Ⓒ | Mensuel / hebdomadaire |
| Primaire | Quelques mois à 2 ans | ①②③④⑤ | Ⓐ Ⓑ Ⓒ | Hebdomadaire |
| Intermédiaire | Quelques semaines à quelques mois | (1) (2) (3) (4) (5) | (a) (b) (c) | Journalier |
| Mineur | Quelques jours à quelques semaines | 1 2 3 4 5 | a b c | Journalier / H4 |
| Minute | Quelques heures à quelques jours | i ii iii iv v | a b c | H4 / H1 |
| Minuette | Quelques heures | (i) (ii) (iii)… | (a) (b) (c) | H1 / M15 |
| Subminuette | Quelques minutes | i ii iii iv v | a b c | M15 / M5 |
Les notations varient selon les auteurs (Prechter et Frost ont proposé une convention devenue majoritaire). L'essentiel n'est pas le symbole choisi, mais la cohérence du degré tout au long de l'analyse.
L'erreur la plus fréquente des débutants : mélanger les degrés. Compter une vague 3 sur un graphique horaire puis raisonner comme si elle appartenait au degré Primaire mène mécaniquement à des objectifs absurdes et à des stops mal placés. Fixez le degré avant de compter.
La suite de Fibonacci ne sert pas seulement à compter les vagues : les ratios qui en découlent (0,236 ; 0,382 ; 0,5 ; 0,618 ; 1,618 ; 2,618) servent à estimer l'amplitude et parfois la durée des vagues.
| Vague | Relation la plus observée | Alternatives fréquentes |
|---|---|---|
| Vague 2 | Retracement de 50 % à 61,8 % de la vague 1 | 78,6 % dans les corrections profondes (mais jamais 100 %) |
| Vague 3 | Extension de 1,618 × la vague 1 | 2,618 × ou 4,236 × dans les vagues 3 étendues |
| Vague 4 | Retracement de 23,6 % à 38,2 % de la vague 3 | 50 % dans les marchés peu directionnels |
| Vague 5 | Égale à la vague 1, ou 0,618 × (vagues 1 à 3) | 1,618 × vague 1 en cas d'extension de la vague 5 |
| Vague a | Retracement de 38,2 % à 61,8 % de l'impulsion complète | — |
| Vague b | Retracement de 38,2 % à 78,6 % de la vague a | > 100 % dans un plat étendu |
| Vague c | Égale à la vague a, ou 1,618 × la vague a | 0,618 × a dans un plat |
Le principe d'alternance complète ces ratios : si la vague 2 est une correction simple et rapide (zigzag), la vague 4 sera plutôt complexe et latérale (plat ou triangle), et inversement. Cette règle empirique est l'une des plus utiles pour anticiper la forme d'une correction, pas seulement son amplitude.
Pour approfondir le maniement de ces niveaux, voir notre page dédiée aux retracements de Fibonacci et l'article sur les vagues d'impulsion.
Un comptage se construit méthodiquement, du plus grand degré vers le plus petit. Voici la démarche que nous appliquons :
La théorie distingue les règles (jamais violées, sous peine d'invalider le comptage) et les guidelines (tendances statistiques, souvent respectées).
Les 3 règles absolues d'un comptage d'impulsion
Les erreurs de comptage les plus courantes :
Le cycle des vagues d'Elliott n'est pas une machine à prédire : c'est une grammaire de la structure du marché. Retenir 8 vagues au degré élémentaire, 34 au degré inférieur, la logique fractale de l'imbrication et les trois règles absolues suffit à couvrir 90 % des situations utiles au trader. Le reste, corrections complexes, extensions, diagonales, triangles, s'apprend au fil des graphiques.
Le véritable apport opérationnel de la théorie n'est pas la prévision de la cible, mais le point d'invalidation : il transforme une intuition en scénario testable, avec un stop objectif. Utilisée ainsi, la théorie devient un outil de gestion du risque plutôt qu'une boule de cristal.
Étape suivante : appliquez la méthode sur un cas réel avec nos exemples sur graphique, puis approfondissez la vague de correction et le trading de la correction ABC.
Sommaire vagues d'Elliott :
🔹 Cycle des Vagues d'Elliott

Vagues d'Elliott et Fractales pour gérer et trader sur les marchés
Connaître la nature des marchés n'est pas chose aisée, car de multiples approches vous sont proposées. Entre le chartisme et ses figures, l'analyse technique et ses indicateurs, les chandeliers japonais, les vagues d'Elliott et la théorie de Dow, que choisir ?
La plupart des livres consacrés à ces sujets sont des catalogues de recettes pour gagner de l'argent, mais la logique n'y est souvent pas explicitée et l'efficacité guère établie.
Les ouvrages sérieux présentent des backtests de ces méthodes : ils soulignent la variabilité des résultats et les risques encourus.
Avertissement : Le trading de CFD implique un risque de perte significatif, il ne convient donc pas à tous les investisseurs. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent.
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