
Mis à jour le 23 juillet 2026 par Ludovic
Le Forex est l'un des marchés financiers qui a le plus évolué au cours de l'histoire. Longtemps réservé aux banques et aux grandes institutions, le marché des changes s'est ouvert aux cambistes indépendants et aux traders particuliers à partir des années 1990.
Sur ce marché électronique de gré à gré, sans lieu de cotation centralisé, les devises mondiales s'échangent 24 heures sur 24, cinq jours sur sept. Voici l'histoire des monnaies et du Foreign Exchange, des premières pièces frappées dans l'Antiquité au marché géant de 9 600 milliards de dollars échangés chaque jour, en passant par l'épisode central que fut le système de Bretton Woods.
Points clés à retenir
La première trace de monnaie est apparue en Chine vers 3000 avant J.-C. : ces morceaux de métal avaient des formes très diverses, parfois inspirées d'outils ou de coquillages. Un signe permettant d'authentifier la monnaie sera apposé vers 1530 avant J.-C.
Vers 650 avant J.-C., les pièces de forme analogue à celles d'aujourd'hui sont créées en Lydie, l'actuelle Turquie. Elles étaient faites d'électrum, un alliage naturel d'or et d'argent. Vers 550 avant J.-C., sous le règne de Crésus, les progrès de la métallurgie permettent de frapper les premières pièces en or ou en argent pur, ce qui règle enfin le problème de la teneur incertaine de l'électrum.
En un siècle, l'usage des pièces se généralise dans toute la Grèce, puis en Gaule vers 450 avant J.-C. Chaque cité grecque frappe alors sa propre monnaie d'argent, marquée de son emblème : la chouette d'Athènes, la tortue d'Égine. Comme ces pièces circulent au-delà de leur cité d'origine, des changeurs professionnels apparaissent pour les convertir entre elles : ce sont les tout premiers cambistes de l'histoire, installés sur des tables, trapeza en grec, d'où viendra le mot « banque ». Durant le règne d'Alexandre le Grand (334-324 avant J.-C.), le portrait du souverain remplace progressivement les symboles gravés sur les monnaies.
Du Ve siècle après J.-C. jusqu'au Moyen Âge, les pièces sortent peu des royaumes. À partir du Xe siècle, le commerce s'étend à l'échelle nationale puis européenne : les cultures, et donc les devises, se rencontrent dans des lieux d'échange comme les foires de Champagne.
Pour faciliter les paiements entre pays et éviter de transporter physiquement l'or sur des routes peu sûres, la lettre de change se généralise à la fin du XIIIe siècle, notamment à Florence et à Gênes. Ce document permet de fixer par avance un taux de change et une rémunération implicite du temps, le taux d'intérêt étant officiellement prohibé par l'Église, il se dissimule dans le cours de change. Ce mécanisme fera la fortune des grandes familles de banquiers italiens comme les Bardi, les Peruzzi puis les Médicis. Les lettres de change seront ensuite négociées sur la première bourse, créée en 1409 à Bruges, dans la maison de la famille Van der Beurse qui a donné son nom à l'institution.
Au XVIe siècle, le commerce international se développe fortement avec l'apparition de véritables places boursières en Europe : Anvers en 1531, Lyon, Amsterdam en 1602. Sur ces différentes places, les taux de change varient en fonction de la balance commerciale des pays et des flux de métaux précieux venus d'Amérique.
Certains négociants commencent à réaliser des profits sur les écarts de cours entre deux places : c'est la naissance de l'arbitrage de change, une activité qui n'a jamais cessé depuis, même si elle se compte aujourd'hui en microsecondes. En 1572, la réglementation se renforce en France : l'État, qui utilise les lettres de change pour financer ses dépenses, nomme des agents de change assermentés.
Jusqu'au XIXe siècle, il n'y a pas vraiment de devise dominante. En 1866, le câble télégraphique transatlantique reliant les États-Unis et l'Europe marque un tournant : pour la première fois, un cours de change peut être connu des deux côtés de l'Atlantique en quelques minutes au lieu de plusieurs semaines. De nombreuses banques étrangères s'installent à Londres, qui devient la première place financière mondiale, une position qu'elle n'a jamais réellement perdue, comme on le verra plus loin.
Les échanges se font principalement en livre sterling, mais l'or reste la référence ultime : chaque banque centrale doit assurer la convertibilité de sa devise grâce à ses réserves métalliques. C'est le système de l'étalon-or (gold standard). Entre 1879 et 1914, les taux de change fluctuent très peu, puisque chaque monnaie est définie par un poids d'or fixe : le change n'est alors qu'une simple règle de trois entre deux poids d'or.
La Première Guerre mondiale met fin à ce système. Les pays dépensent des sommes considérables pour financer le conflit et émettent bien plus de monnaie qu'ils ne détiennent d'or. L'inflation s'envole et les États sont contraints de suspendre la convertibilité. À la fin de la guerre, les taux de change sont administrés ; la France et le Royaume-Uni adoptent des politiques restrictives pour tenter de retrouver des monnaies fortes.
En 1922, les accords de Gênes mettent en place le Gold Exchange Standard : seules certaines monnaies restent convertibles en or, les autres pouvant être converties en ces devises de réserve (livre sterling, dollar, puis franc). En 1925, le Royaume-Uni rétablit l'étalon-or à la parité d'avant-guerre, décision très critiquée par John Maynard Keynes : la surévaluation de la livre provoque déflation et chômage. La France rétablit la convertibilité du franc en 1928, à une parité beaucoup plus réaliste.
La crise de 1929 emporte définitivement l'édifice. En 1931, le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Japon abandonnent l'étalon-or. En 1933, les États-Unis y renoncent à leur tour et, en 1934, le Gold Reserve Act dévalue le dollar en portant l'once d'or de 20,67 à 35 dollars. La France abandonne la convertibilité du franc en 1936. Le monde se fragmente en blocs monétaires rivaux et en dévaluations compétitives, un désordre dont le souvenir pèsera lourd dans les négociations de 1944.
La Seconde Guerre mondiale consacre la suprématie américaine. En juillet 1944, alors que l'issue du conflit ne fait plus guère de doute, les délégués de 44 nations alliées se réunissent pendant trois semaines à l'hôtel Mount Washington de Bretton Woods, dans le New Hampshire, pour bâtir un cadre de coopération économique destiné à financer la reconstruction et à éviter le retour du chaos monétaire des années 1930.
Le rapport de force est sans ambiguïté : les États-Unis représentent alors environ la moitié de la production industrielle mondiale et détiennent l'essentiel du stock d'or monétaire de la planète, de l'ordre des deux tiers. C'est donc largement le plan américain défendu par Harry Dexter White qui l'emporte sur celui de Keynes, lequel proposait une monnaie de compte supranationale, le bancor, gérée par une chambre de compensation internationale. Une idée écartée en 1944 mais qui ressurgit régulièrement dans le débat économique.
Les deux piliers du système de Bretton Woods
Ce dispositif atteint largement ses objectifs pendant un quart de siècle. En réduisant l'incertitude de change et en fournissant un filet de sécurité financier, il accompagne la reconstruction de l'Europe et du Japon et une expansion sans précédent du commerce mondial — les Trente Glorieuses. Le dollar remplace définitivement la livre sterling comme monnaie de réserve mondiale : l'Empire britannique, exsangue après avoir financé deux guerres mondiales, n'avait plus les moyens de son statut.
Le revers de la médaille est que, dans un monde de parités fixes, il n'existe presque pas de spéculation sur les devises : le marché des changes reste une activité bancaire technique, au service du commerce international, et non un marché d'investissement.
Dès 1960, l'économiste belge Robert Triffin formule le paradoxe qui porte son nom : pour alimenter le monde en liquidités, les États-Unis doivent émettre toujours plus de dollars, ce qui finit mécaniquement par miner la confiance dans leur convertibilité en or. Le système porte sa contradiction en lui-même.
Dans les années 1960, cette tension devient visible. Le financement simultané de la guerre du Viêt Nam et des grands programmes sociaux de la « Grande Société » dégrade la balance des paiements américaine. Les banques centrales étrangères, la France du général de Gaulle en tête, commencent à convertir massivement leurs dollars en or. Le stock d'or américain fond jusqu'à devenir très inférieur à la masse de dollars détenus à l'étranger. En 1968, un double marché de l'or est instauré en urgence ; en 1969, le FMI crée les droits de tirage spéciaux (DTS) pour tenter de fournir une liquidité alternative.
Le 15 août 1971, le président Richard Nixon annonce à la télévision la suspension de la convertibilité du dollar en or : c'est le « choc Nixon », qui met de fait un terme au système de Bretton Woods. En décembre 1971, les accords du Smithsonian tentent un dernier sauvetage : le dollar est dévalué à 38 dollars l'once et les marges de fluctuation élargies à ± 2,25 %. Une nouvelle dévaluation intervient en février 1973 (42,22 dollars l'once), sans succès.
Pourquoi le système s'est-il effondré ?
En avril 1972, l'accord de Bâle crée le Serpent monétaire européen : les pays européens s'engagent à limiter les écarts entre leurs monnaies à ± 2,25 %, à l'intérieur du « tunnel » des marges autorisées face au dollar. La chute du billet vert contraindra rapidement plusieurs devises, dont le franc, à en sortir.
En mars 1973, les grandes monnaies basculent définitivement en changes flottants. Le marché du Forex tel que nous le connaissons prend forme : l'offre et la demande, influencées par les taux d'intérêt, les flux de capitaux et les anticipations, déterminent désormais les cours. Les monnaies ne sont plus adossées à un métal mais à la confiance dans les États émetteurs et dans leurs dettes.
Cette libéralisation crée immédiatement un besoin nouveau : celui de se couvrir contre un risque de change devenu permanent. C'est de là que naissent les instruments qui font aujourd'hui l'essentiel du marché, contrats à terme (le Chicago Mercantile Exchange lance dès mai 1972 les premiers currency futures), swaps de devises, puis options de change. La volatilité, autrefois subie, devient une matière première financière.
En janvier 1976, les accords de la Jamaïque, signés à Kingston, officialisent la nouvelle donne : l'or perd son rôle d'instrument de réserve officiel, le flottement est légalisé et chaque pays choisit librement son régime de change. Trois grandes familles de régimes coexistent depuis.
En 1979 est créé le Système monétaire européen et son unité de compte, l'ECU, ancêtre de l'euro. Les banques centrales s'engagent à maintenir leur devise dans une marge de ± 2,25 % autour d'un cours pivot (± 6 % pour les monnaies les plus fragiles). En septembre 1985, sous la pression du Groupe des Cinq, les accords du Plaza organisent une dépréciation concertée du dollar, jugé trop fort ; les accords du Louvre de février 1987 tenteront ensuite d'en stopper la chute. En 1986, le « Big Bang » de déréglementation financière relance la City de Londres.
Le marché est d'abord transformé par la technologie. En 1981, Reuters lance Monitor Dealing, premier système de négociation électronique des devises, qui remplace peu à peu le téléphone et le télex. En 1992-1993 arrivent les plateformes de courtage électronique interbancaire EBS et Reuters Dealing 2000-2, qui concentrent la liquidité et donnent au marché sa structure moderne.
En 1990, les mouvements de capitaux entre nations s'accélèrent avec la libéralisation financière. Le Forex, jusque-là réservé aux banques et aux grandes institutions, commence à s'ouvrir à des acteurs plus divers : fonds spéculatifs, gérants d'actifs, puis particuliers.
En septembre 1992, plusieurs crises de change éclatent au sein du Système monétaire européen. Le gérant George Soros construit une position vendeuse d'environ 10 milliards de livres, pariant sur l'impossibilité pour le Royaume-Uni de tenir sa parité. Le 16 septembre 1992, jour resté célèbre sous le nom de « Mercredi noir », la Banque d'Angleterre relève ses taux à deux reprises dans la même journée avant de renoncer et de sortir la livre du mécanisme de change. La plus-value réalisée par Soros est estimée à environ un milliard de dollars. L'épisode illustre une réalité nouvelle : sur un marché mondialisé, les réserves d'une banque centrale ne font plus toujours le poids face aux capitaux privés.
À partir de 1996-1997, les premières plateformes de trading en ligne permettent aux particuliers de négocier les devises en temps réel, avec des tailles de contrats réduites et un effet de levier. L'introduction de l'euro le 1er janvier 1999 (puis des billets et pièces en 2002) fait disparaître d'un coup une dizaine de paires de devises européennes, mais crée la deuxième monnaie mondiale. Dans les années 2000, la diffusion de plateformes de trading gratuites, puis du trading automatisé et du trading social, démocratise encore l'accès au marché.
Cette démocratisation a aussi eu ses excès. En 2018, l'ESMA puis les régulateurs nationaux, dont l'AMF en France, ont durablement encadré les CFD proposés aux particuliers : effet de levier plafonné à 30:1 sur les principales paires de devises, protection obligatoire contre le solde négatif, avertissement sur le pourcentage de comptes perdants et interdiction des bonus. Ces règles restent en vigueur aujourd'hui et font partie intégrante du paysage du trading de devises en Europe.
Le marché des changes est aujourd'hui le plus grand marché financier au monde en volume de transactions. Selon l'enquête triennale de la Banque des règlements internationaux (BRI) publiée le 30 septembre 2025, le Forex a échangé en moyenne 9 600 milliards de dollars par jour en avril 2025, un record absolu depuis le début des relevés en 1986. Cela représente une hausse de 28 % par rapport à 2022, portée par la très forte volatilité liée aux annonces de droits de douane américains au printemps 2025 — un point à garder en tête : ce chiffre reflète un mois exceptionnellement agité.
Dans le détail, les swaps de change restent le principal instrument (environ 4 000 milliards de dollars par jour), devant le comptant (2 580 milliards) et les contrats à terme de gré à gré (1 850 milliards). Les options de change ont plus que doublé, à 634 milliards par jour.
L'enquête confirme la domination du dollar, présent sur l'un des deux côtés de près de 89 % de toutes les transactions.
| Devise | Part des transactions (avril 2025) | Rôle sur le marché |
|---|---|---|
| Dollar américain (USD) | ≈ 89 % | Première monnaie de réserve et principale devise véhiculaire |
| Euro (EUR) | ≈ 28,9 % | Deuxième devise mondiale, en léger recul depuis 2022 |
| Yen japonais (JPY) | ≈ 16,8 % | Valeur refuge et monnaie de financement du carry trade |
| Livre sterling (GBP) | ≈ 10,2 % | Héritage de la place historique de Londres |
| Yuan chinois (CNY) | ≈ 8,8 % | Devise en plus forte progression, 5e rang mondial |
| Franc suisse (CHF) | 6e rang | Valeur refuge européenne, en progression |
Source : enquête triennale de la BRI, avril 2025. Chaque transaction impliquant deux devises, la somme des parts atteint 200 %.
Deux évolutions structurelles méritent l'attention des traders. D'abord, la montée des devises émergentes : elles représentent désormais 29 % du volume mondial, contre moins de 10 % dans les années 2000. Fait marquant, USD/CNY a dépassé USD/GBP et devient la troisième paire la plus échangée au monde, derrière EUR/USD et USD/JPY. Ensuite, la déconcentration : les sept paires majeures ne pèsent plus que 66 % du volume, contre 85 % en 2022.
Géographiquement, l'activité reste très concentrée : les salles de marché du Royaume-Uni, des États-Unis, de Singapour et de Hong Kong traitent 75 % du volume mondial. Londres demeure la première place avec 38 % des transactions, une part inchangée depuis trois ans — un siècle et demi après le câble transatlantique de 1866. La paire EUR/USD reste de loin la plus échangée, avec environ un cinquième du volume mondial.
L'histoire du Forex ne s'est pas arrêtée en 1973. Le régime actuel, flottement généralisé et dollar hégémonique, est régulièrement contesté, et plusieurs dynamiques pourraient le faire évoluer dans les prochaines décennies.
Une érosion lente, pas un effondrement. Selon les données COFER du FMI, la part du dollar dans les réserves de change officielles atteignait 57,1 % au premier trimestre 2026, contre plus de 70 % au début des années 2000. L'euro se situe autour de 20 %, le yen à 5,4 % et le yuan à seulement 2 %. Fait notable, la baisse du dollar n'a pas profité aux grandes monnaies concurrentes mais aux devises dites non traditionnelles (dollars australien et canadien, won, dollar de Singapour, couronnes nordiques) et surtout à l'or : en 2025, le métal jaune a dépassé les bons du Trésor américain dans les réserves officielles, essentiellement sous l'effet de la hausse de son cours. Le contraste est frappant entre les 57 % des réserves et les 89 % des transactions de change : le dollar perd lentement du terrain comme réserve de valeur, beaucoup moins comme instrument d'échange.
Les appels à un « nouveau Bretton Woods ». Certains économistes et responsables politiques estiment que le système actuel souffre de déséquilibres persistants, d'une volatilité excessive et d'une coordination insuffisante. Ils plaident pour un cadre plus stable et plus équitable, reposant par exemple sur un usage élargi des droits de tirage spéciaux du FMI ou sur un panier de monnaies de réserve. Ces propositions se heurtent toutefois à une réalité têtue : aucun accord de ce type n'est possible sans une puissance capable de l'imposer, comme les États-Unis en 1944, ou sans une crise assez grave pour y contraindre tout le monde.
Monnaies numériques de banque centrale et stablecoins. C'est aujourd'hui la piste la plus concrète. En zone euro, la BCE a bouclé sa phase préparatoire et sélectionné, le 14 juillet 2026, 36 prestataires de paiement pour un pilote d'euro numérique qui doit démarrer au second semestre 2027 pour douze mois ; une première émission n'est envisagée qu'en 2029, et seulement si le règlement européen est adopté. En parallèle, les stablecoins adossés au dollar ont franchi les 300 milliards de dollars de capitalisation en 2026, un an après l'adoption du GENIUS Act américain de juillet 2025. Ces jetons pourraient paradoxalement renforcer la place du dollar dans les paiements transfrontaliers, ce qui explique en grande partie l'empressement européen. Pour le marché des changes, l'enjeu est double : des règlements potentiellement instantanés et disponibles en continu, mais aussi de nouveaux canaux de transmission des tensions financières.
Ce qu'il faut en retenir en tant que trader
Aucune de ces évolutions ne remet en cause à court terme la mécanique du marché des changes. En revanche, elles alimentent des tendances de fond exploitables : diversification des réserves, hausse structurelle de la demande d'or, internationalisation progressive du yuan, et sensibilité accrue des cours aux décisions politiques plutôt qu'aux seuls fondamentaux économiques.
| Date | Événement marquant |
|---|---|
| ≈ 3000 av. J.-C. | Premières formes de monnaie métallique en Chine |
| ≈ 650 av. J.-C. | Premières pièces frappées en Lydie, en électrum |
| Fin XIIIe s. | Généralisation de la lettre de change en Italie |
| 1409 | Première bourse organisée, à Bruges |
| 1866 | Câble transatlantique : cotations quasi instantanées entre Londres et New York |
| 1879-1914 | Apogée du système de l'étalon-or |
| 1914 | Suspension de l'étalon-or (Première Guerre mondiale) |
| 1922 | Accords de Gênes et Gold Exchange Standard |
| 1931-1936 | Abandon généralisé de l'étalon-or après la crise de 1929 |
| Juillet 1944 | Accords de Bretton Woods : création du SMI, du FMI et de la BIRD |
| 15 août 1971 | Choc Nixon : fin de la convertibilité du dollar en or |
| Mai 1972 | Premiers contrats à terme sur devises au Chicago Mercantile Exchange |
| Mars 1973 | Passage généralisé aux changes flottants : naissance du Forex moderne |
| Janvier 1976 | Accords de la Jamaïque : démonétisation officielle de l'or |
| 1979 | Système monétaire européen et création de l'ECU |
| 1981 | Reuters Monitor Dealing : premier système de cotation électronique |
| Septembre 1985 | Accords du Plaza : dépréciation concertée du dollar |
| 16 septembre 1992 | « Mercredi noir » : la livre sterling quitte le mécanisme de change européen |
| 1996-1997 | Premières plateformes de trading forex en ligne pour particuliers |
| 1er janvier 1999 | Introduction de l'euro |
| 2008 | Crise financière mondiale et ruée sur la liquidité en dollars |
| 15 janvier 2015 | La BNS abandonne le cours plancher : l'EUR/CHF s'effondre en quelques minutes |
| 2018 | Encadrement européen des CFD : levier plafonné à 30:1 pour les particuliers |
| Avril 2025 | Record historique : 9 600 milliards de dollars échangés par jour |
| 2026 | Lancement de la phase pilote de l'euro numérique par la BCE |
Au-delà de la curiosité intellectuelle, connaître cette chronologie a une utilité pratique. Trois enseignements ressortent nettement.
Issu de cette longue histoire monétaire, le marché des changes moderne est désormais accessible à tout investisseur particulier. Voici les principales étapes pour se lancer sereinement.
L'histoire du marché des changes épouse celle de l'économie mondiale. Des premières pièces d'électrum frappées en Lydie aux plateformes électroniques actuelles, chaque étape a laissé une trace dans le fonctionnement du Forex : la lettre de change a inventé le taux de change à terme, l'étalon-or a fixé l'idée d'un ancrage commun, Bretton Woods a installé le dollar au centre du système et le choc Nixon a libéré les cours.
Le régime né en 1973 a désormais plus d'un demi-siècle. Il a produit le marché le plus liquide de la planète, 9 600 milliards de dollars par jour, mais aussi une volatilité permanente qui reste sa contrepartie. Entre érosion lente de la part du dollar dans les réserves, montée du yuan, retour de l'or et arrivée des monnaies numériques de banque centrale, le système monétaire international entre peut-être dans une nouvelle phase. Pour le trader, la leçon de deux siècles d'histoire monétaire tient en une phrase : les régimes changent, les certitudes de change ne durent jamais, et la gestion du risque reste la seule constante.