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#1 05-09-2025 14:13:10

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France : le prochain vote de confiance accroît l'incertitude sur les perspectives budgétaires


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Les divisions non résolues au sein du Parlement français risquent d’exacerber l’instabilité politique et les défis économiques qui en découlent, compte tenu des importants déficits budgétaires et de la dette publique croissante.

Le vote de confiance convoqué par le Premier ministre français François Bayrou pour le 8 septembre, avant le débat parlementaire autour du budget 2026, intervient dans un contexte de forte opposition politique au projet de budget pluriannuel du gouvernement présenté en juillet.

Les formations politiques de gauche, dont le Parti socialiste et le Rassemblement national d'extrême droite, ont déclaré qu'ils voteraient contre le gouvernement. Les deux partis détiennent ensemble 298 sièges, au-dessus des 289 constituant la majorité absolue à l'Assemblée nationale.

Un Parlement très fragmenté augmente le risque d'une nouvelle instabilité politique

La chute du gouvernement, qui serait la deuxième en moins d'un an, est l'issue la plus probable dans le contexte parlementaire actuel. Les conséquences seraient négatives pour l'économie compte tenu des choix qui s'offriraient au président Emmanuel Macron. Soit Macron nomme un nouveau Premier ministre (le cinquième en quatre ans) chargé de former un nouveau gouvernement, soit il convoque de nouvelles élections législatives anticipées, les deuxièmes en deux ans.

Figure 1 : Le rendement des obligations d'État à 10 ans de la France augmente par rapport à celui de ses pairs (%)

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Les blocages politiques pèsent contre la consolidation budgétaire

La nomination d'un nouveau Premier ministre, qui devra faire des concessions sur le budget 2026, paraît plus probable qu'une nouvelle dissolution, compte tenu du risque de blocage résultant d'un nouveau parlement sans majorité absolue, dominé par des partis d'extrême gauche ou d'extrême droite. L'adoption du budget de l'année prochaine sous le parlement actuel nécessite de diluer le plan d'économies du gouvernement Bayrou, qui s'élève à 44 milliards d'euros , soit environ 1,5 % du PIB.

L'impasse politique compromet la réduction prévue du déficit budgétaire de 5,8 % du PIB en 2024 à 5,4 % du PIB en 2025 et 4,6 % en 2026. Au lieu de cela, la base de référence de Scope Ratings est que le déficit budgétaire de la France ne diminue qu'à 5,6 % du PIB en 2025 et 5,3 % en 2026.

Les perspectives de consolidation budgétaire à long terme sont également plus prudentes, en raison principalement des taux de refinancement plus élevés de la France.

Les paiements d'intérêts nets devraient augmenter pour atteindre environ 4 % des recettes publiques en 2025, contre 3,6 % en 2024, ce qui est comparable à celui de la Belgique (3,8 %), mais reste inférieur à celui de l'Espagne (5,2 %) et du Royaume-Uni (6,6 %). De même, les rendements des obligations d'État à 10 ans de la France ont augmenté modérément mais régulièrement pour atteindre 3,5 % ( figure 1 ), convergeant ainsi vers ceux de l'Espagne et de l'Italie.

Compte tenu de ces projections budgétaires plus faibles, Scope s'attend à ce que le ratio dette publique/PIB de la France continue d'augmenter pour atteindre environ 122 % d'ici 2030, contre 113 % en 2024, au-dessus de l'objectif du gouvernement de 117 % en 2029.

Bien que ce ne soit pas l'hypothèse de base de Scope, une victoire du gouvernement à la motion de confiance représenterait une avancée significative et favoriserait les arbitrages budgétaires à court terme. Cependant, les incertitudes politiques à l'approche des élections municipales de mars 2026 et des élections présidentielles d'avril-mai 2027 demeurent des défis économiques majeurs.

Les perspectives budgétaires à moyen terme de la France restent donc limitées par un paysage politique fragmenté, une polarisation politique accrue et un calendrier électoral qui va à l’encontre des compromis politiques sur les réformes économiques et budgétaires.

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