
Mis à jour le 27 juillet 2026 par Ludovic
Même les questions les plus élémentaires sur les marchés méritent d'être posées pour bien comprendre les mécanismes d'achat et de vente des actions.
Lorsque vous approvisionnez un compte de courtage et exécutez une transaction, vous engagez un certain montant de votre argent. Mais concrètement, où va votre argent lorsque vous achetez une action ? Et symétriquement, qui l'achète lorsque vous la vendez ?
En bref : votre argent va au vendeur, via un intermédiaire (le courtier). Le vendeur est le plus souvent un autre investisseur particulier, un investisseur institutionnel ou un teneur de marché. Le courtier facilite la transaction et perçoit éventuellement une commission.
Avec les courtiers en ligne et les applications de trading, on peut avoir l'impression que les marchés ne sont qu'un jeu de chiffres sur un écran. Répondre à ces questions donne une meilleure idée de ce qui se passe réellement sous le capot.
Points clés à retenir
Une action est un titre de propriété représentant une fraction du capital d'une entreprise.
Lorsque vous achetez une action, vous devenez co-propriétaire de l'entreprise à hauteur de votre participation. Vous avez droit à une part proportionnelle des bénéfices et, en cas de liquidation, à une quote-part de l'actif net restant après remboursement des créanciers.
Par exemple, l'achat d'une seule action d'une grande société peut vous donner une participation de 0,0001 % dans cette entreprise. Vous aurez donc droit à 0,0001 % de ses bénéfices distribués.
⚠️ Risque de perte en capital
Comme pour tout investissement, il y a toujours un risque. Si l'entreprise fait faillite, les actionnaires ordinaires sont remboursés en dernier et peuvent perdre la totalité de leur mise. C'est pourquoi la diversification est fondamentale.
Si vous achetez une action lors de l'introduction en bourse d'une société (Initial Public Offering, ou IPO), l'argent va à l'entreprise via une banque d'investissement. Les entreprises utilisent ces fonds pour financer leur croissance : recrutement, R&D, investissements en capital, etc.
Les principales raisons d'investir en actions sont :
1) La conviction sur la valeur de l'entreprise : vous pensez qu'elle se portera bien à l'avenir et que son cours progressera.
2) Les dividendes : toutes les actions ne versent pas de dividende, mais celles qui en versent le font généralement chaque trimestre ou chaque année. C'est un revenu régulier, indépendant de l'évolution du cours.
3) La spéculation : acheter bas et vendre haut (position longue) ou vendre haut et racheter bas (vente à découvert).
4) La diversification : détenir des actions de différentes sociétés, secteurs et zones géographiques réduit la volatilité globale du portefeuille et améliore les rendements ajustés au risque.
5) Financer l'économie réelle : lors d'une IPO, vous contribuez directement au développement d'une entreprise.
Le marché boursier est un ensemble de marchés organisés où les actions sont négociées. En France, la principale place est Euronext Paris, qui accueille plus de 800 sociétés cotées pour une capitalisation d'environ 3 000 milliards d'euros. Les séances se déroulent du lundi au vendredi de 9h00 à 17h30.
Il existe plusieurs types de marchés boursiers, mais les plus importants sont :
Il existe également d'autres marchés, comme celui des matières premières (pétrole, or, blé…), des devises (forex) ou des produits dérivés (options, futures).
Comprendre le trajet exact de votre argent clarifie de nombreuses idées reçues sur le fonctionnement des marchés.
Via une plateforme en ligne, une application mobile ou par téléphone, vous saisissez un ordre (au marché, à cours limité, etc.) pour un nombre déterminé d'actions.
Votre intermédiaire financier transmet l'ordre électroniquement au système de négociation de la place boursière (ex. Euronext Paris). L'ordre est inscrit dans le carnet d'ordres central, visible par tous les participants.
Le moteur de négociation électronique confronte en temps réel les ordres d'achat et de vente. Quand un ordre de vente compatible est trouvé, la transaction est conclue au prix d'équilibre du moment.
LCH SA (pour Euronext Paris) s'interpose entre acheteur et vendeur comme contrepartie centrale (CCP). Elle garantit la bonne fin de l'opération même si l'une des parties est défaillante, en gérant le risque de contrepartie.
Votre argent est débité et les titres crédités sur votre compte deux jours ouvrés après l'exécution de l'ordre. Ce délai de règlement-livraison passera à un jour (T+1) le 11 octobre 2027 dans l'Union européenne.
Un point souvent méconnu des investisseurs débutants : la transaction n'est pas réglée instantanément. En Europe, depuis octobre 2014, le dénouement effectif des transactions sur Euronext Paris intervient à T+2, soit deux jours de bourse après l'exécution de l'ordre.
📅 Passage à T+1 le 11 octobre 2027
Le règlement européen entérinant le raccourcissement du cycle de règlement à T+1 (un seul jour ouvré) a été publié au Journal officiel de l'UE le 14 octobre 2025. À compter du 11 octobre 2027, les transactions sur valeurs mobilières se dénoueront donc en T+1 dans l'ensemble de l'UE/EEE. L'Europe s'alignera ainsi sur les États-Unis, le Canada et le Mexique, passés à T+1 dès mai 2024. Objectif : réduire le risque de contrepartie et améliorer l'efficacité post-marché.
Ce délai est géré dans les coulisses grâce à des accords de crédit entre les courtiers, les chambres de compensation et les dépositaires centraux. En pratique, l'investisseur voit son solde espèces évoluer quasi instantanément, mais le transfert légal de propriété intervient au terme du cycle de règlement.
💡 Bon à savoir : le SRD (Service de Règlement Différé)
Sur Euronext Paris, certains titres éligibles au SRD permettent de reporter le règlement à la fin du mois boursier, tout en bénéficiant d'un effet de levier. La liquidation mensuelle a lieu le 5e jour de bourse avant la dernière séance du mois.
Ce délai a des conséquences fiscales importantes : c'est la date de règlement-livraison qui fait foi pour déterminer l'année fiscale d'une plus-value ou moins-value, et non la date d'exécution de l'ordre. Cela peut avoir de l'importance en fin d'année (décembre/janvier).
Les bases étant posées, examinons où va concrètement votre argent.
Lors d'une introduction en bourse (IPO) ou d'une augmentation de capital, l'argent va à l'entreprise via la banque d'investissement qui organise l'opération. Une fois cotées, les actions entrent sur le marché secondaire, où les investisseurs les échangent librement.
✅ La règle fondamentale
Sur le marché secondaire, votre argent va directement au vendeur des actions (un autre investisseur). L'entreprise dont vous achetez le titre ne reçoit pas un centime sur cette transaction, même si elle surveille son cours de très près, car la valorisation boursière influence sa capacité à lever des capitaux, à racheter des actions ou à rémunérer ses dirigeants.
Cet argent est rendu disponible pour le vendeur grâce aux mécanismes de crédit et de compensation décrits ci-dessus, même si le règlement effectif prend un à deux jours ouvrés.
Et lorsque vous décidez de vendre vos actions, vous recevez l'argent d'un acheteur, toujours via votre courtier comme intermédiaire. Mais qui est cet acheteur ?
C'est la question miroir : si votre argent va au vendeur lorsque vous achetez, alors qui se trouve de l'autre côté lorsque vous vendez ? L'acheteur est généralement un autre investisseur particulier, un investisseur institutionnel ou un teneur de marché. Vous ne savez pas nécessairement qui a acheté vos actions : la bourse facilite la transaction de façon anonyme.
Deux notions clés
Comment votre ordre de vente est-il exécuté ? L'acheteur de l'autre côté est déterminé par le carnet d'ordres et le moteur d'appariement de la bourse :
Vous choisissez le type d'ordre : un ordre au marché pour vendre immédiatement au meilleur prix disponible, ou un ordre à cours limité pour vendre uniquement à un prix précis ou meilleur.
Le rôle du courtier
Votre courtier n'achète pas lui-même vos actions. Il est l'intermédiaire qui transmet votre ordre à la bourse et veille à ce que la transaction soit correctement exécutée puis dénouée. Le prix final dépend des conditions du marché, c'est-à-dire de la dynamique de l'offre et de la demande au moment de la vente.
C'est une question que beaucoup se posent : si j'ai perdu 1 000 €, quelqu'un les a forcément gagnés quelque part, non ? La réalité est plus nuancée.
Le prix d'un actif est déterminé par le rapport entre l'argent (et le crédit) consacré à son achat et la quantité disponible. Si les investisseurs sont moins nombreux à vouloir acheter, ou s'ils offrent des prix plus bas, le cours diminue.
Quand une action baisse, il n'y a généralement pas de transfert d'argent vers quelqu'un d'autre. C'est simplement la valeur de marché de vos titres qui se réduit. L'argent a été dépensé lors de l'achat initial, au vendeur de l'époque. Ce que vous détenez maintenant, c'est un actif dont la valeur de revente a diminué.
En d'autres termes : si vous avez acheté 100 actions à 10 € et qu'elles valent maintenant 7 €, vous n'avez pas « perdu » 300 € au profit de quelqu'un. Vous détenez des titres dont la valeur liquidative est de 700 € au lieu de 1 000 €. La perte n'est « réalisée » que si vous vendez.
Lorsqu'une action est vendue, l'argent est converti en liquidités disponibles pour acheter autre chose : d'autres actions, d'autres classes d'actifs, ou de la consommation dans l'économie réelle.
En règle générale, le capital circule plus qu'il n'est détruit.
Les investisseurs peuvent utiliser l'argent obtenu en vendant leurs actions pour acheter d'autres actifs (dans différentes classes d'actifs, pays et devises), le conserver en liquidités, ou le dépenser dans l'économie réelle.
Cependant, il peut y avoir une véritable destruction de richesse dans certains cas :
Non. Sur le long terme, le marché boursier n'est pas à somme nulle, car les entreprises réalisent des bénéfices qui sont redistribués aux actionnaires.
Le marché boursier est un mécanisme permettant :
Historiquement, les actions américaines ont délivré environ 8 % de rendement annuel moyen sur très longue période (travaux de Robert Shiller), une création nette de valeur bien réelle.
La réponse simplifiée à « qu'advient-il de mon argent quand un cours baisse ? » est que l'argent a été payé au vendeur initial lors de l'achat, et que la valeur du titre a depuis diminué du fait de l'offre et de la demande. Elle peut remonter si les perspectives de l'entreprise s'améliorent, ou être compensée par les dividendes versés.
La plupart des actions se présentent sous la forme d'actions ordinaires, assorties de :
Il existe aussi des actions de préférence, qui peuvent offrir des dividendes prioritaires mais sans droit de vote.
Les actions peuvent être détenues directement ou via des véhicules collectifs : ETF (trackers), fonds communs de placement (OPCVM). Ces instruments permettent d'accéder à un large panier d'entreprises avec une mise modeste, offrant une diversification immédiate.
En France, il est important de choisir la bonne enveloppe fiscale pour optimiser la fiscalité de vos investissements boursiers. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a relevé les prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 % (via une hausse de la CSG), et porté la flat tax de 30 % à 31,4 %.
| Enveloppe | Univers d'investissement | Fiscalité en 2026 | Plafond de versement |
|---|---|---|---|
| PEA (Plan d'Épargne en Actions) | Actions et ETF de sociétés européennes (UE/EEE) | Exonération d'impôt sur le revenu sur les plus-values après 5 ans (prélèvements sociaux de 18,6 % dus au retrait) | 150 000 € |
| PEA-PME | Actions de PME et ETI européennes | Mêmes avantages que le PEA | 225 000 € (cumul PEA + PEA-PME) |
| Compte-titres ordinaire (CTO) | Tous les marchés mondiaux (actions, ETF, obligations, matières premières…) | Aucun avantage fiscal particulier — flat tax de 31,4 % (ou barème de l'IR sur option) | Aucun |
| Assurance-vie (UC) | Large (actions, ETF, SCPI…) via unités de compte | Fiscalité allégée après 8 ans ; prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % | Aucun |
Le PEA reste l'enveloppe préférée des épargnants en actions. Point important en 2026 : si son exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans est préservée, ses prélèvements sociaux au retrait passent à 18,6 %. L'assurance-vie, elle, conserve des prélèvements sociaux à 17,2 %, ce qui renforce son attractivité relative.
✅ Conseil pratique
Pour les investisseurs français, le PEA est généralement le premier compte à ouvrir pour ses avantages fiscaux après 5 ans. Le CTO prend le relais pour accéder aux marchés internationaux (États-Unis, Asie, pays émergents) et au-delà du plafond du PEA.
L'une des principales raisons de détenir des actions sur le long terme reste la perception de dividendes réguliers, qui représentent une part des bénéfices redistribuée aux actionnaires.
Selon le Janus Henderson Global Dividend Index, les dividendes mondiaux ont atteint un record de 1 750 milliards de dollars en 2024 (+6,6 % sur une base sous-jacente), puis un nouveau sommet estimé autour de 1 830 milliards en 2025. La dynamique s'est poursuivie : au premier trimestre 2026, les versements mondiaux ont grimpé à 424,5 milliards de dollars, en hausse de 10,1 % sur un an. Janus Henderson anticipe une croissance des dividendes de 8,3 % sur l'ensemble de 2026.
Parmi les faits marquants récents :
⚠️ Dividendes non garantis
Les dividendes peuvent être réduits ou supprimés si l'entreprise traverse des difficultés (exemple : vague de coupes en 2020 lors de la pandémie). Il est crucial de ne pas construire une stratégie basée uniquement sur le rendement du dividende sans analyser la solidité financière de l'entreprise.
En règle générale, lorsqu'une personne achète ou vend une action sur le marché secondaire, son argent est transféré au vendeur via le courtier qui facilite la transaction. L'entreprise dont vous achetez le titre ne reçoit rien sur cet échange.
Symétriquement, lorsque vous vendez, l'acheteur est un autre investisseur particulier, un institutionnel ou un teneur de marché, apparié anonymement par le carnet d'ordres de la bourse. Le vrai financement de l'entreprise n'intervient que sur le marché primaire : introduction en bourse (IPO) ou augmentation de capital.
Le règlement effectif de la transaction prend aujourd'hui deux jours ouvrés (T+2), et passera à un jour (T+1) le 11 octobre 2027, même si l'affichage de votre solde se met à jour quasi instantanément.
Sur le long terme, la bourse n'est pas un jeu à somme nulle : les entreprises créent de la valeur, versent des dividendes records (1 750 milliards de dollars en 2024, davantage en 2025) et permettent aux investisseurs de faire fructifier leur capital. Il faut cependant accepter la volatilité à court terme et diversifier pour gérer le risque de perte en capital.
⚠️ Investir comporte des risques de perte en capital.