
Mis à jour le 9 octobre 2026 par l'Équipe de broker-forex.fr
Seth Klarman est l'un des investisseurs dans la valeur les plus respectés au monde. Fondateur en 1982 du Baupost Group, un fonds de Boston qui gère plusieurs dizaines de milliards de dollars, il a bâti sa réputation sur la discipline, la patience et le refus de la spéculation. Son livre Margin of Safety (1991), jamais réédité, est devenu un objet culte qui s'échange à prix d'or. Warren Buffett lui-même a salué son approche.
Points clés à retenir
Né en 1957 à New York et élevé à Baltimore, Seth Klarman achète sa première action à 10 ans. Diplômé de l'université Cornell, il travaille aux côtés des investisseurs value Max Heine et Michael Price, puis obtient un MBA à Harvard. En 1982, il cofonde le Baupost Group pour gérer la fortune de quelques familles, avec 27 millions de dollars. Le fonds devient l'un des plus grands hedge funds value du monde, avec un rendement annuel moyen souvent estimé autour de 15 à 20 % depuis sa création.
Philanthrope discret, il soutient de nombreuses causes éducatives et médicales. Il influence aussi une génération de gérants value, dont David Abrams et Li Lu.
Klarman recherche des actifs cotés nettement sous leur valeur intrinsèque. Celle-ci n'est pas un chiffre figé : elle dépend du potentiel de l'entreprise, de ses actifs et de sa capacité à générer des bénéfices sur le long terme. « Le risque est lié à ce que vous payez, pas seulement à ce que vous achetez. »
Popularisé par Benjamin Graham, le principe de la marge de sécurité consiste à acheter avec une forte décote par rapport à la valeur estimée. Plus la marge est grande, plus elle protège contre les erreurs d'analyse et les événements imprévus, et plus le potentiel de gain est élevé.
📊 Exemple chiffré
Un analyste estime la valeur intrinsèque d'une action entre 30 et 50 dollars. Si l'action cote 40 dollars, le potentiel de hausse et de baisse est d'environ 25 % de chaque côté : un rapport de 1 pour 1. Si elle cote 35 dollars, le potentiel de hausse passe à environ 43 % et le risque de baisse à environ 14 % : le rapport devient d'environ 3 pour 1. Le simple fait d'acheter moins cher transforme le profil risque/rendement.
Klarman accepte de conserver une part importante de son portefeuille en liquidités, parfois plus de 30 %, en attendant les bonnes opportunités. Là où beaucoup redoutent de rester à l'écart, il voit les périodes d'inactivité comme une préparation à l'action. « La patience et la discipline peuvent vous faire paraître stupidement déconnecté, jusqu'à ce qu'elles vous fassent paraître prudent, voire visionnaire. »
Quand les marchés sont chers, Klarman refuse de suivre le mouvement et accumule du cash. Quand ils corrigent et que les prix tombent sous la valeur intrinsèque, il utilise ces réserves. C'est précisément dans ces moments que de nombreux investisseurs, à court de liquidités, sont contraints de vendre au pire moment. Pendant la crise de 2008, cette discipline a permis à Baupost de racheter massivement des actifs en difficulté et de dégager des rendements exceptionnels.
Klarman s'intéresse autant au vendeur qu'à l'actif. Comprendre pourquoi un actif est sous-évalué conduit souvent à des opportunités uniques. Il cible les vendeurs motivés par la peur, par des contraintes institutionnelles ou réglementaires, ou par des circonstances qui les forcent à vendre :
Klarman encourage chaque investisseur à se concentrer là où il possède un avantage : connaissance d'un secteur, compétence analytique ou spécialisation. Baupost s'est ainsi distingué dans des domaines complexes délaissés par la plupart des gérants : dettes en difficulté, immobilier, actifs illiquides. Après la faillite d'Enron, élue six années de suite « entreprise la plus innovante d'Amérique » par Fortune avant de s'effondrer dans un scandale comptable, Baupost a racheté une partie de ses créances. L'entreprise était devenue infréquentable, mais ses actifs avaient encore une vraie valeur.
Sur les actions cotées, passées au peigne fin par des milliers de professionnels et d'algorithmes, il est très difficile d'obtenir un avantage. Les meilleures opportunités se trouvent parfois hors des marchés liquides, pour ceux qui ont l'expertise nécessaire.
« Les investisseurs value ne prospèrent pas en prenant des risques élevés, comme le suggère la théorie financière, mais en évitant ou en couvrant délibérément les risques qu'ils identifient. »
Dans Margin of Safety, il insiste sur la primauté de la préservation du capital : « Éviter les pertes devrait être l'objectif premier de tout investisseur. Cela ne veut pas dire ne jamais prendre le moindre risque, mais que sur plusieurs années, un portefeuille ne doit pas subir de perte de capital significative. »
Margin of Safety de Seth Klarman sur Amazon
| Citation | Leçon |
|---|---|
| « Le marché boursier est l'histoire de cycles et de comportements humains responsables de réactions excessives dans les deux sens. » | Profiter des excès de peur et de cupidité, comme l'explique la finance comportementale. |
| « Dans un marché haussier, tout le monde gagne de l'argent et une philosophie value semble inutile. Mais comme personne ne peut prévoir le marché, il faut la suivre en permanence. » | La discipline protège quand la tendance se retourne. |
| « Sur le long terme, la foule a toujours tort. » | Éviter la mentalité de troupeau. |
| « Le plus grand avantage qu'un investisseur puisse avoir est une orientation à long terme. » | Ignorer le bruit de court terme. |
| « Les actions ne sont pas des bouts de papier qui fluctuent : ce sont des participations dans des entreprises. » | Raisonner en propriétaire d'entreprise. |
| « N'arrêtez jamais de lire. L'histoire ne se répète pas, mais elle rime. » | Étudier l'histoire financière et ses cycles. |
| « L'investissement value est le mariage d'un esprit de contradiction et d'une calculatrice. » | Courage contrarien et rigueur chiffrée. |
| « On pense que le marché offre un rendement élevé si l'on détient assez longtemps, mais c'est le point d'entrée qui compte vraiment. » | Le prix d'achat conditionne le rendement. |
| « Personne ne sait ce que le marché va faire ; essayer de le prédire est une perte de temps. » | Raisonner en probabilités, pas en prévisions. |
| « Les gens ne choisissent pas consciemment d'investir sous le coup de l'émotion : ils ne peuvent simplement pas s'en empêcher. » | Reconnaître ses biais et les réactions excessives. |
| « Tout le monde peut parler des problèmes, mais très peu d'investisseurs agissent. » | L'analyse ne vaut que si l'on ose agir. |
Évaluer la valeur intrinsèque d'un actif par plusieurs méthodes et retenir une fourchette prudente plutôt qu'un chiffre unique.
N'acheter que lorsque le prix offre une décote suffisante par rapport au bas de la fourchette.
Conserver une réserve de cash pour profiter des corrections au lieu de les subir.
Surveiller les sorties d'indices, les dégradations de notation et les situations spéciales.
Laisser au marché le temps de reconnaître la valeur, sans s'endetter pour accélérer le processus.
Seth Klarman incarne l'investissement value dans sa forme la plus disciplinée : acheter avec une marge de sécurité, attendre patiemment, garder des liquidités pour les moments de panique et refuser l'effet de levier. Son approche peut sembler ennuyeuse dans les marchés euphoriques, mais elle protège le capital quand le vent tourne. Pour un investisseur particulier, sa leçon la plus précieuse est sans doute celle-ci : le rendement se construit au moment de l'achat, et la meilleure défense contre l'erreur est de payer moins que ce que l'actif vaut.
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