
Mis à jour le 9 octobre 2026 par l'Équipe de broker-forex.fr
Michael Burry est devenu mondialement célèbre grâce au livre de Michael Lewis puis au film The Big Short : le casse du siècle (2015), où il est incarné par Christian Bale. Ce médecin devenu gérant de fonds a été l'un des tout premiers à parier contre le marché des crédits immobiliers à risque américains, les subprimes. Il a fait gagner des centaines de millions de dollars à ses investisseurs lors de la crise de 2008.
Investisseur dans la valeur, solitaire et contrarien, il continue de faire les gros titres par ses alertes sur les bulles de marché et ses positions spectaculaires.
Points clés à retenir
Né en 1971 à San José, en Californie, Michael Burry perd un œil à l'âge de deux ans à la suite d'un cancer rare. Il a raconté plus tard avoir été diagnostiqué tardivement avec le syndrome d'Asperger, qu'il voit comme l'une des explications de sa capacité de concentration extrême. Après des études d'économie et de médecine à UCLA, il obtient son doctorat de médecine à l'université Vanderbilt et commence un internat en neurologie à Stanford.
La nuit, il analyse des actions et partage ses idées sur les forums d'investissement des débuts d'Internet, comme Silicon Investor, puis sur son propre site. Ses analyses value attirent l'attention de Joel Greenblatt, gérant de Gotham Capital, qui lui achète une participation dans son futur fonds. Burry abandonne la médecine et lance Scion Capital en 2000, avec des capitaux venus de sa famille et de Greenblatt.
Ses débuts sont remarquables. En pleine explosion de la bulle Internet, il gagne de l'argent en évitant les valeurs technologiques surévaluées et en vendant certaines d'entre elles à découvert, alors que le S&P 500 recule. En quelques années, Scion atteint environ 600 millions de dollars d'actifs et Burry ferme le fonds aux nouveaux investisseurs.
En 2005, les prix immobiliers américains sont au plus haut, portés par des taux bas et un crédit très facile. Le consensus considère les titres adossés à des créances hypothécaires comme des placements sûrs, puisque « l'immobilier ne baisse jamais au niveau national ». Burry lit en détail les prospectus de ces titres, ce que presque personne ne fait. Il découvre que les investisseurs institutionnels sous-estiment massivement le risque de défaut des emprunteurs, en particulier sur les prêts à taux d'appel qui vont bientôt être révisés à la hausse.
Pour parier contre ces titres, Burry demande à Goldman Sachs, Deutsche Bank et d'autres banques de lui vendre des credit default swaps (CDS), des contrats d'assurance contre le défaut des tranches de crédits subprimes. Le principe : il verse une prime régulière et, si les crédits font défaut, la valeur de ses CDS s'envole. Les banques, persuadées que le risque est nul, acceptent volontiers.
Le marché immobilier continue de monter en 2006. Les primes versées pèsent sur les résultats de Scion, qui recule alors que les marchés progressent. Les investisseurs s'impatientent et veulent récupérer leur argent. Burry, convaincu, renforce sa position et isole les CDS dans une poche séparée (side pocket), ce qui bloque les capitaux de ses investisseurs et suscite leur colère.
En 2007, la bulle éclate. Les défauts de paiement sur les prêts à taux variable explosent, la valeur des titres adossés s'effondre et celle des CDS de Burry s'envole. Scion réalise environ 725 millions de dollars de profits pour ses investisseurs, et sa performance cumulée depuis 2000 dépasse largement celle du S&P 500. Malgré ces gains, beaucoup d'investisseurs, encore furieux d'avoir été bloqués, retirent leur argent. Burry ferme Scion Capital en 2008 pour se concentrer sur sa fortune personnelle. Pour revivre la crise, voir notre sélection de vidéos sur la crise financière de 2008 et l'histoire des grands krachs boursiers.
Revenu à la gestion avec Scion Asset Management, Burry achète en 2019 des actions GameStop, qu'il juge très sous-évaluées, et écrit à la direction pour lui recommander un rachat d'actions. Sa déclaration 13F du troisième trimestre 2020 fait apparaître environ 2,75 millions d'actions GameStop, aux côtés d'Alphabet, de Facebook ou de Goldman Sachs. Il allège ensuite sa position puis la solde avant le short squeeze spectaculaire de janvier 2021, déclenché par les investisseurs particuliers du forum Reddit WallStreetBets. Il manque ainsi l'essentiel de la hausse, mais il est souvent considéré comme l'un des premiers à avoir identifié le potentiel de l'action.
Burry est connu pour ses avertissements réguliers sur les bulles de marché, souvent publiés puis supprimés sur les réseaux sociaux. En 2023, il fait parler de lui avec des options de vente sur les grands indices américains. En 2025, ses déclarations révèlent des positions baissières sur des valeurs emblématiques de l'intelligence artificielle comme Nvidia et Palantir. Il dénonce notamment les méthodes d'amortissement des grandes entreprises technologiques.
En novembre 2025, il retire l'enregistrement de Scion Asset Management auprès de la SEC et annonce rendre l'argent de ses investisseurs extérieurs, en expliquant que sa vision de la valeur n'est plus en phase avec les marchés. Il lance dans la foulée une lettre d'analyse payante sur Substack, Cassandra Unchained, clin d'œil à la prophétesse de la mythologie grecque condamnée à ne jamais être crue.
Michael Burry incarne l'investisseur contrarien par excellence : un travail de recherche que personne d'autre ne veut faire, une conviction capable de résister à la pression, et des paris asymétriques. Son histoire montre aussi le revers de la médaille : avoir raison trop tôt peut être aussi douloureux qu'avoir tort, et la confiance des investisseurs est difficile à conserver quand les pertes s'accumulent. Pour un trader, sa principale leçon est de toujours lire les documents à la source et de mesurer le risque maximal de chaque position avant de s'engager.
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