
Mis à jour le 15 juillet 2026 par Ludovic
Le slippage (ou effet de glissement) est un phénomène courant sur le marché des changes : tôt ou tard, tout trader y est confronté. Vous en entendrez souvent parler au moment de choisir un broker forex ou de tester une nouvelle plateforme de trading, car la qualité d'exécution en dépend directement.
Pour devenir un trader régulier, il est essentiel de comprendre ce qu'est le slippage, pourquoi il se produit et comment le limiter. Cet article détaille son mécanisme, ses causes, la différence entre slippage positif et négatif, ainsi que six méthodes concrètes pour le réduire en 2026.
À retenir :
Il y a slippage lorsqu'un ordre de trading est exécuté à un prix différent du prix demandé. Ce décalage se mesure en pips et concerne aussi bien les ordres d'achat que de vente, les positions longues comme les ventes à découvert.
Ce phénomène se produit le plus souvent sur des marchés très volatils et en évolution rapide, susceptibles de connaître des changements soudains dans une tendance : nouvelles de dernière minute, communiqués des banques centrales, publication d'indicateurs économiques majeurs, ou événements géopolitiques comme les élections et les conflits. Le slippage n'est donc pas un bug de la plateforme : c'est une conséquence directe de la dynamique du marché.
Pendant les périodes de forte activité, des milliers de traders sont présents sur le marché et prennent des décisions similaires, entrant aux mêmes niveaux de prix. À la publication d'une donnée importante, les cours évoluent extrêmement vite, au point que certains niveaux sont littéralement « sautés » sur les graphiques. Les ordres au marché restent alors en attente une fraction de seconde et sont exécutés au niveau de prix disponible suivant : cet écart est à l'origine du slippage.
Concrètement, entre le clic et l'exécution, le prix demandé peut augmenter pour un achat, ou le prix offert diminuer pour une vente. Comme ces fenêtres de temps sont souvent inférieures à la seconde, il est impossible de savoir précisément quand le slippage surviendra ; en revanche, on peut identifier les périodes où il est particulièrement probable.
Le slippage peut jouer en votre faveur ou en votre défaveur :
| Type | Définition | Exemple (achat EUR/USD visé à 1,2000) |
|---|---|---|
| Slippage positif | Ordre exécuté à un meilleur prix que prévu | Exécution à 1,1999 : vous payez 1 pip de moins |
| Slippage négatif | Ordre exécuté à un moins bon prix que prévu | Exécution à 1,2001 : vous payez 1 pip de plus |
| Sans slippage | Ordre exécuté exactement au prix demandé | Exécution à 1,2000 |
Autrement dit, pour un achat, un prix d'exécution inférieur au prix visé est favorable (slippage positif), tandis qu'un prix supérieur est défavorable (slippage négatif). Bien que le slippage soit souvent associé à un mouvement défavorable, il peut se produire dans les deux sens.

Le type d'ordre choisi influe fortement sur votre exposition au slippage :
Pour en savoir plus, consultez notre comparatif exécution au marché contre exécution instantanée.
Dans des conditions de marché normales, les paires de devises les plus liquides sont les moins concernées, comme l'EUR/USD et l'USD/JPY. Cependant, lorsque les marchés deviennent volatils, avant et pendant la publication de données importantes, même ces paires liquides peuvent subir du slippage : les nouvelles accroissent brutalement la volatilité.
Prenons un exemple : vous décidez d'ouvrir une position longue sur l'AUD/USD, paire parfois très volatile, alors qu'elle est cotée à 0,7026. Entre la soumission de l'ordre et son exécution, le prix grimpe à 0,7028. Vous venez de subir un slippage négatif, car vous achetez à un niveau plus élevé que prévu.
Le slippage touche particulièrement les ordres stop-loss. Lorsque le cours traverse brutalement votre seuil sans transaction intermédiaire — typiquement lors d'un gap de week-end —, le stop se déclenche plus loin, à un niveau moins favorable que celui défini. Vos actifs sous-jacents peuvent en effet réagir à des nouvelles survenues marché fermé.
Pour s'en prémunir, de nombreux brokers proposent le stop garanti (Guaranteed Stop-Loss Order, GSLO) : il est exécuté exactement au prix fixé, quel que soit le mouvement du marché. En contrepartie, il fait l'objet de frais spécifiques, généralement prélevés uniquement si le stop est effectivement déclenché.
Astuce : beaucoup de plateformes permettent aussi de définir une tolérance de slippage (déviation maximale). Au-delà de l'écart que vous acceptez, l'ordre est refusé plutôt qu'exécuté à un prix défavorable.
Il est impossible de supprimer totalement le slippage, mais ces six mesures permettent d'en limiter fortement l'impact :
Le slippage s'inscrit dans un cadre réglementaire précis. Sous la directive MiFID II, les prestataires agréés dans l'Union européenne doivent prendre « toutes les mesures suffisantes » pour obtenir le meilleur résultat possible pour leurs clients, en tenant compte notamment du prix, du coût et de la rapidité d'exécution.
Cette exigence est plus stricte que sous l'ancien régime MiFID I, qui ne parlait que de « mesures raisonnables ». En France, l'AMF encadre cette obligation via son guide relatif à la meilleure exécution. Concrètement, un broker sérieux doit vérifier en continu la qualité d'exécution de vos ordres : c'est un critère clé au moment de comparer les courtiers.
Le slippage est un coût caché de vos transactions, au même titre que les spreads, frais et commissions. Pour l'intégrer à votre plan de trading, procédez ainsi :
Vous disposerez alors d'une estimation réaliste du montant que vous devez gagner pour dégager un bénéfice net.
Bien que le slippage sur le marché des changes diminue avec l'augmentation de la vitesse d'exécution, il reste une composante inévitable du trading. Plutôt que de chercher à l'éliminer, il faut l'anticiper : choisir des marchés liquides, privilégier les ordres à cours limité, régler une tolérance de déviation, employer un stop garanti lorsque c'est pertinent et sélectionner un broker à exécution rapide.
La plupart des meilleurs brokers mettent en œuvre des mécanismes pour atténuer le slippage. En le mesurant et en l'intégrant à vos coûts, vous obtiendrez une image plus fidèle de votre performance réelle.
ASIC : Australie • BaFin : Allemagne • BVIFSC : Îles Vierges britanniques • BACEN : Brésil • CySEC : Chypre • CMVM : Portugal • CFTC : USA • CBFSAI : Irlande • DFSA : Dubaï • FSCM : Île Maurice • FCA : Royaume-Uni • FINMA : Suisse • FRSA : Abu Dhabi • FSCA : Afrique du Sud • JFSA : Japon • KNF : Pologne • MAS : Singapour • OCRI : Canada • SCB : Bahamas • SFC : Colombie • CMA : Kenya
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