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#1 11-01-2026 17:15:44

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Positionnement macroéconomique et construction de portefeuille


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Cette analyse s'adresse aux investisseurs privés cherchant à protéger et développer leur patrimoine dans un environnement marqué par l'inflation, l'instabilité monétaire et des changements profonds dans les équilibres économiques mondiaux.

À quoi devraient ressembler les portefeuilles aujourd'hui d'un point de vue macroéconomique? La question centrale n'est plus de savoir ce qui a bien fonctionné dans le passé, mais ce qui a le plus de chances de fonctionner dans les années à venir.

Nous évoluons dans un environnement marqué par des déséquilibres budgétaires persistants, des politiques monétaires accommodantes, des tensions géopolitiques croissantes et des changements structurels dans la répartition mondiale des capitaux. Dans ce contexte, extrapoler les performances passées peut s'avérer coûteux.

(Ce texte reflète une opinion personnelle et ne constitue pas un conseil financier.)

Pourquoi l'extrapolation est risquée

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La majorité des analyses financières se concentrent sur les performances nominales, en particulier celles des marchés actions. Pourtant, ces chiffres masquent souvent l'élément le plus déterminant: la valeur de la monnaie dans laquelle ces rendements sont mesurés.

Lorsque la monnaie se déprécie, les prix des actifs peuvent sembler augmenter, même si leur pouvoir d'achat réel progresse peu, voire recule. L'exemple est simple: payer aujourd'hui plus de 8$ pour un BigMac ne signifie pas que le produit a gagné en valeur, mais que la monnaie vaut moins.

Cette focalisation sur les résultats nominaux conduit à une mauvaise lecture des performances réelles. Mesurer les rendements en termes réels et dans plusieurs devises permet de mieux identifier les actifs qui préservent réellement le pouvoir d'achat.

Ces dernières années, les actifs liés à des monnaies plus solides - notamment l'or - et les marchés hors États‑Unis ont surperformé en termes réels, même lorsque les actions américaines affichaient de bons résultats en dollars. Cette divergence reflète un rééquilibrage plus large des flux de capitaux mondiaux.

Les obligations à long terme ont envoyé des signaux tout aussi trompeurs: malgré des rendements nominaux positifs, leur valeur réelle s'est érodée avec la baisse du pouvoir d'achat. Dans un contexte de refinancement massif et de taux réels comprimés, le risque de duration reste élevé.

Ces dynamiques appellent une approche différente de la construction de portefeuille, fondée sur la diversification réelle plutôt que sur la répétition des paris gagnants du cycle précédent.

La valeur changeante de l'argent

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La richesse ne se mesure pas en montants affichés, mais en pouvoir d'achat. L'argent est l'étalon de mesure de tous les actifs; lorsque cet étalon se dégrade, les comparaisons basées uniquement sur les prix nominaux deviennent trompeuses.

Au cours de la période récente, le dollar s'est affaibli face à plusieurs grandes devises et, de manière beaucoup plus marquée, face à l'or. Cette évolution s'inscrit dans une dépréciation plus large des monnaies fiduciaires, à des rythmes différents selon la solidité budgétaire et monétaire des pays.

Concrètement, des actifs libellés dans une devise en déclin peuvent sembler bien performer, alors que leur valeur réelle stagne ou recule. Les actions américaines en sont un bon exemple: attractives en dollars, elles apparaissent beaucoup moins performantes lorsqu'elles sont évaluées en euros, en francs suisses ou en or.

Les obligations illustrent la même logique. En tant que promesses de paiements fixes, leur valeur réelle dépend directement de la stabilité de la monnaie. Lorsque celle‑ci s'érode, le rendement réel diminue, même si les prix montent.

Dans un environnement de fluctuations monétaires, évaluer les actifs dans plusieurs devises de référence et en termes réels devient indispensable pour distinguer les vrais gains d'une simple illusion monétaire.

Autres thèmes macroéconomiques clés

Plusieurs forces structurelles renforcent ce constat. La combinaison de niveaux d'endettement élevés et de politiques monétaires accommodantes soutient les prix nominaux, mais érode les rendements réels, au détriment des actifs à longue duration.

Parallèlement, on observe une réallocation progressive des capitaux hors des États‑Unis, en direction des marchés développés non américains, des marchés émergents et des réserves de valeur réelles. Les écarts de valorisation, les effets de change et le risque politique expliquent en grande partie ce mouvement.

Les valorisations élevées et la compression des primes de risque rendent les marchés plus sensibles aux chocs. Dans ce contexte, les rendements futurs attendus sont nettement moins attractifs que ne le suggèrent les performances passées.

La liquidité retrouve également un rôle central. Les actifs illiquides, longtemps favorisés par le financement bon marché, subissent désormais la hausse des coûts de refinancement et des ajustements de valorisation.

Enfin, les tensions politiques, sociales et géopolitiques - polarisation, protectionnisme, sanctions, conflits - accroissent l'incertitude et renforcent la demande pour des actifs perçus comme plus sûrs. La technologie et l'IA, bien qu'essentielles à long terme, présentent aussi un risque de surévaluation à court et moyen terme.

Positionnement du portefeuille

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Dans un contexte marqué par l'érosion du pouvoir d'achat, la montée des risques politiques et la fin progressive de l'argent abondant, le positionnement du portefeuille doit avant tout viser la préservation du capital réel, la résilience et la capacité d'adaptation.

L'objectif n'est pas d'optimiser un rendement à court terme, mais de construire une allocation capable de traverser différents scénarios économiques, monétaires et géopolitiques.

Monnaie et devises

La pierre angulaire du portefeuille repose sur une exposition accrue à la monnaie réelle, par opposition aux monnaies fiduciaires. L'or joue ici un rôle central, non comme un pari spéculatif, mais comme une position stratégique de long terme. Il s'agit d'une monnaie de réserve mondiale, sans risque de contrepartie, qui conserve sa valeur lorsque la confiance dans les devises s'érode.

L'or peut également servir de référence pour évaluer les autres actifs. Mesurer une performance en or permet de distinguer une création de richesse réelle d'une simple hausse nominale liée à la dépréciation monétaire. Pour un investisseur privé, cette approche est particulièrement utile pour raisonner en pouvoir d'achat.

À l'inverse, l'exposition aux principales monnaies fiduciaires (USD, EUR, JPY) est volontairement réduite en termes réels. Cela ne signifie pas une sortie totale de ces devises, mais une gestion active du risque monétaire, notamment par la diversification internationale et l'exposition à des devises plus solides.

Obligations et taux d'intérêt

Les obligations à long terme présentent un profil risque/rendement défavorable. Les rendements actuels compensent mal les risques liés à la duration, à l'inflation persistante et aux besoins massifs de refinancement des États.

Pour un investisseur privé, l'enjeu n'est pas de rechercher du rendement obligataire à tout prix, mais de limiter la vulnérabilité du portefeuille aux chocs de taux. Cela passe par une préférence pour les maturités courtes, les instruments à taux variable et, avec prudence, certaines obligations indexées sur l'inflation.

La dette nominale à taux fixe sur des horizons longs est largement évitée, car elle fige un rendement réel potentiellement négatif pendant de nombreuses années.

Actions américaines

Les actions américaines conservent des atouts structurels, mais leur poids dans les portefeuilles est réduit. Les valorisations élevées et la faiblesse historique de la prime de risque limitent le potentiel de rendement réel à moyen et long terme.

Pour un investisseur privé, cela plaide en faveur d'une exposition plus sélective, privilégiant la qualité des flux de trésorerie, les bilans solides et, lorsque c'est possible, des stratégies couvertes ou partiellement décorrélées du marché. Une réduction de l'exposition aux valeurs de croissance à très longue duration, notamment dans la technologie et l'IA, permet également de limiter la volatilité.

Actions non américaines

Les actions hors États-Unis occupent une place plus importante dans l'allocation. Elles bénéficient de valorisations plus raisonnables, d'un effet devise potentiellement favorable et d'un rééquilibrage structurel des flux de capitaux mondiaux.

Pour un investisseur privé, cette diversification géographique permet de réduire la dépendance à un seul pays et à une seule monnaie. L'exposition aux marchés développés non américains est complétée par une allocation mesurée aux marchés émergents, dont le potentiel de croissance reste supérieur sur le long terme.

Marchés émergents

Les marchés émergents sont abordés avec un optimisme pragmatique. Les actions offrent un potentiel attractif dans un contexte de réallocation mondiale, tandis que la dette en devises locales peut constituer une source de diversification supplémentaire.

L'approche reste sélective et disciplinée, en tenant compte des risques politiques, monétaires et de liquidité propres à chaque pays.

Crédit

Le crédit est géré de manière défensive. Les spreads actuels offrent peu de marge de sécurité et rémunèrent mal le risque de défaut en cas de ralentissement économique.

Pour un investisseur privé, cela implique une sous-pondération du haut rendement, l'évitement des stratégies à effet de levier et une préférence pour des émetteurs de meilleure qualité, même au prix de rendements apparents plus faibles.

Actifs illiquides

Les actifs illiquides (capital-investissement, capital-risque, immobilier) sont traités avec prudence. Les primes de liquidité se sont fortement compressées et de nombreuses valorisations reposent encore sur des hypothèses optimistes.

La priorité est donnée à la flexibilité. Les investissements liquides permettent d'ajuster rapidement l'allocation et de saisir des opportunités lorsque les conditions deviennent plus favorables.

Technologie et IA

La prudence domine. Les gains de productivité liés à l’IA sont réels, mais en 2025–2026, le secteur présente des caractéristiques de bulle naissante. Les valorisations sont exigeantes et supposent une croissance exceptionnelle et durable.

Plutôt qu’une position courte frontale, le positionnement consiste à réduire l’exposition nette et à privilégier des stratégies de valeur relative, cherchant des flux de trésorerie réels plutôt qu’un simple pari directionnel.

Conclusion

Dans un monde où la valeur de la monnaie, du crédit et des équilibres géopolitiques est en mutation, l'objectif n'est pas de répéter les succès du passé, mais de se positionner face aux forces structurelles qui façonneront les rendements futurs. La priorité va à la préservation du pouvoir d'achat, à la diversification réelle et à la capacité d'adaptation.

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Le trading de CFD implique un risque de perte significatif, il ne convient donc pas à tous les investisseurs. 74 à 89% des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en négociant des CFD.

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