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Mis à jour le 24 juillet 2026 par l'équipe de broker-forex.fr

L'investissement en bourse sans commission s'est imposé comme la norme en Europe : XTB, eToro, Trade Republic, Trading 212, DEGIRO, la quasi-totalité des néo-courtiers affichent désormais 0 € ou 1 € par ordre sur les actions et les ETF. L'AMF a d'ailleurs chiffré l'ampleur du phénomène dans sa lettre de l'Observatoire de l'épargne d'avril 2026 : pour un ordre de 1 000 € passé depuis un compte-titres, l'investisseur paie en moyenne 6,50 € dans une banque de réseau, 4,50 € chez un courtier en ligne historique et 1,50 € chez un néo-courtier.

Mais derrière la promesse du « zéro commission » se cachait longtemps une transaction dont peu d'épargnants avaient conscience : le paiement pour flux d'ordres, ou PFOF. Ce mécanisme, qui rémunérait le courtier pour diriger vos ordres vers certaines places, est désormais interdit sans exception dans toute l'Union européenne depuis le 1er juillet 2026.

Ce guide fusionne notre analyse des courtiers sans commission et notre dossier sur le PFOF. Vous y trouverez le fonctionnement économique réel de ces plateformes, les résultats des études indépendantes sur la qualité d'exécution, l'état du droit après l'interdiction européenne, et un comparatif à jour des frais des principaux courtiers accessibles en France.

Points clés à retenir

  • « Sans commission » ne veut pas dire « sans frais » : le spread, les frais de change, d'inactivité et de retrait subsistent.
  • Le PFOF est mort dans l'UE. L'article 39a du règlement MiFIR l'interdit, et la dernière dérogation, allemande, a expiré le 30 juin 2026.
  • Les bourses à teneur de marché unique, elles, subsistent. L'interdiction du paiement explicite ne garantit pas à elle seule une meilleure exécution.
  • Les études convergent : selon les régulateurs néerlandais et espagnol, l'exécution via les places PFOF était moins favorable dans 68 % à 86 % des cas.
  • Le bon réflexe en 2026 : regarder le spread et la place d'exécution autant que la commission affichée.

Qu'est-ce que l'investissement en bourse sans commission ?

L'investissement sans commission signifie qu'aucun frais explicite n'est prélevé lors de l'exécution d'un ordre d'achat ou de vente. Chez les banques de réseau, les commissions se situent encore fréquemment entre 5 et 50 € par transaction, avec un minimum de perception de 5 à 12 € qui rend les ordres de faible montant particulièrement onéreux. Leur suppression représente donc une économie substantielle pour l'investisseur qui passe des ordres réguliers.

La tendance a été initiée par Robinhood aux États-Unis, puis reprise par les acteurs européens : XTB, eToro, Trading 212, Trade Republic, Scalable Capital ou encore finanzen.net Zero. Elle s'est généralisée en 2024-2025, au point que les néo-courtiers constituent aujourd'hui une catégorie tarifaire à part entière dans les études de l'AMF.

Ces offres sont particulièrement attractives pour les investisseurs débutants ou disposant d'un capital limité, qui souhaitent diversifier leur portefeuille à moindre coût, notamment via des versements programmés mensuels.

💡 Point clé : « Sans commission » ne signifie pas « sans frais ». Les courtiers concernés se rémunèrent autrement : spread, frais de change, frais d'inactivité, intérêts sur les liquidités, prêt de titres, abonnements premium. Lisez toujours la grille tarifaire complète et la politique d'exécution avant de vous inscrire.

Comment les courtiers sans commission gagnent-ils de l'argent ?

Deux modèles économiques coexistent dans le courtage de détail. Le tableau ci-dessous, issu de notre dossier sur le PFOF, résume ce qui distingue un courtier bâti sur le paiement pour flux d'ordres d'un courtier traditionnel.

FonctionnalitéCourtier PFOFCourtier traditionnel
Modèle de revenuIl perçoit des revenus en transmettant les ordres aux teneurs de marché en échange de paiements.Il se rémunère principalement par le biais de commissions, de spreads ou de frais perçus directement auprès des clients.
Frais de commissionIl propose souvent des transactions à commission nulle ou réduite.Il facture généralement des commissions ou des frais par transaction, mais peut également proposer des commissions nulles.
Exécution des ordresLes ordres sont acheminés vers les teneurs de marché ou les tiers qui paient pour le flux d'ordres.Les ordres sont exécutés par l'intermédiaire d'une variété de places de marché.
Conflit d'intérêtsPlus élevé, en raison des incitations financières des teneurs de marché.Plus faible, car les revenus sont principalement axés sur les clients.
TransparencePeut être moindre dans la manière dont les ordres sont acheminés et exécutés.Généralement plus transparent en ce qui concerne l'exécution et l'acheminement des ordres.
Position réglementaireInterdit dans l'UE depuis le 1er juillet 2026 et au Royaume-Uni depuis 2012 ; légal aux États-Unis sous obligation de publication.Modèle de courtage standard et largement accepté.

Comparaison des deux modèles économiques du courtage de détail.

Le spread, premier poste de coût invisible

Le spread est l'écart entre le prix acheteur et le prix vendeur. Il n'apparaît sur aucune ligne de frais mais il est supporté à chaque aller-retour. C'est aujourd'hui, après la disparition du PFOF, la principale variable d'ajustement des courtiers dits gratuits. Chez eToro, dont le compte de référence est libellé en dollars, s'y ajoute un coût de conversion pour l'investisseur de la zone euro.

Les intérêts sur les liquidités et le prêt de titres

Les grands courtiers encouragent l'afflux de liquidités. Ils placent la trésorerie non investie de leurs clients ou la prêtent, à la manière d'une banque, et n'en reversent qu'une partie. Le prêt de titres, activé par défaut chez certains acteurs comme Trading 212, constitue une autre source de revenus dont l'investisseur peut généralement se désinscrire.

Les frais annexes

Frais d'inactivité de 10 € par mois à partir du treizième mois sans opération chez XTB, 10 $ par mois après douze mois sans connexion chez eToro, frais de retrait de 5 $ sur les comptes en dollars, frais de change de 0,5 % sur les instruments cotés hors euro chez XTB comme chez Trading 212, frais de connexion à certaines places étrangères chez DEGIRO : ces postes constituent une part non négligeable des revenus des plateformes.

Le paiement pour flux d'ordres, jusqu'en juin 2026

Le PFOF a longtemps représenté le pilier du modèle. Trade Republic reconnaissait publiquement en tirer plus du tiers de ses revenus en 2023. Cette source s'est éteinte le 30 juin 2026 dans l'Union européenne. Les deux sections suivantes détaillent son fonctionnement et ses conséquences, car comprendre le PFOF reste indispensable pour évaluer la qualité d'exécution d'un courtier, y compris après l'interdiction.

Le PFOF : le paiement pour flux d'ordres expliqué

Le payment for order flow désigne la commission versée par une place d'exécution ou un teneur de marché à un courtier en contrepartie de la transmission des ordres de ses clients.

Dans une procédure classique, le courtier envoie votre ordre vers une bourse traditionnelle telle que Xetra ou Euronext, et lui verse pour cela des frais de négociation. Avec le PFOF, la relation s'inverse : non seulement le courtier ne paie plus de frais de bourse, mais il perçoit un paiement. Il lui devient alors facile de proposer des transactions sans commission.

Pourquoi le PFOF devrait profiter à tout le monde, en théorie

Imaginons un million d'investisseurs passant simultanément des ordres au marché sur une même action, la moitié à l'achat et la moitié à la vente. Sur le carnet d'ordres de la bourse, les acheteurs seraient servis à 58,25 $ et les vendeurs à 58,00 $, le courtier acquittant en outre des frais de bourse.

Le courtier constate que ces ordres pourraient être appariés entre eux. Les acheteurs paieraient 58,15 $ et économiseraient 10 cents, les vendeurs recevraient 58,10 $ et gagneraient 10 cents, et l'intermédiaire conserverait 5 cents tout en évitant les frais de bourse. C'est le principe de l'internalisation, pratiqué notamment par Interactive Brokers.

En pratique, les courtiers les moins sophistiqués n'en ont pas les moyens techniques. Ils sous-traitent le traitement à un grossiste, qui achète moins cher aux vendeurs, revend plus cher aux acheteurs, conserve une marge et rétrocède une fraction au courtier de détail : c'est la commission PFOF.

Là où le mécanisme dérape

Le problème tient à l'opacité qui s'installe une fois l'ordre parvenu au grossiste. En autorisant les teneurs de marché à capter le flux d'ordres au moyen d'une rétrocession, le PFOF les incite à ne pas afficher le meilleur prix auquel ils seraient réellement disposés à négocier. L'investisseur particulier obtient alors une exécution moins favorable, sans jamais pouvoir le constater sur son relevé.

Aux États-Unis, l'ordre peut aboutir dans un dark pool opéré par une société de trading à haute fréquence comme Citadel Securities. En Europe, il était généralement dirigé vers un système multilatéral de négociation (MTF). Sur le papier, une plateforme multilatérale semble préférable à un fonds opaque. Sauf qu'en pratique, ces bourses ne comptaient bien souvent qu'un seul teneur de marché.

⚠️ Un précédent américain instructif : en décembre 2020, la SEC a sanctionné Robinhood d'une amende de 65 millions de dollars. Le régulateur reprochait au courtier d'avoir dissimulé que le PFOF constituait sa principale source de revenus et d'avoir accepté une amélioration de prix moindre pour ses clients en échange de rétrocessions plus élevées. La SEC n'a pas jugé le PFOF illégal en soi : c'est l'information trompeuse et le manquement à l'obligation de meilleure exécution qui ont été sanctionnés.

Qualité d'exécution : ce que disent les études indépendantes

Plusieurs autorités de marché européennes ont mesuré l'écart de qualité d'exécution entre les places rémunérées par le PFOF et les marchés traditionnels. Leurs conclusions convergent.

ÉtudePaysExécution via le PFOFAmpleur de la moins bonne exécution
Autorité des marchés financiers (AFM)Pays-BasMoins bonne68 % à 83 % des cas, avec une détérioration de prix de 1,44 € à 3,46 € sur des transactions de 3 000 €
Commission nationale du marché des valeurs (CNMV)EspagneMoins bonne86,4 % des transactions, soit une détérioration de prix de 0,14 % à 0,16 %
CFA Institute (après l'interdiction de 2012)Royaume-UniMoins bonneMeilleure exécution dans 65 % des cas avant l'interdiction, contre 90 % après
BaFinAllemagneMixteMeilleure uniquement pour les transactions de faible volume sur les titres du DAX ; dégradée au-delà de 500 € sur les valeurs hors DAX et de 2 000 € sur les valeurs du DAX

Sources : publications des autorités nationales et du CFA Institute.

La lecture combinée de ces travaux dessine une règle simple. Pour un versement programmé de 200 € sur un ETF, l'écart de prix reste marginal et le tarif affiché domine le coût total. Au-delà de quelques centaines d'euros par ordre, en revanche, la qualité d'exécution devient le premier poste de coût, loin devant la commission économisée.

Bourses « lit » et bourses de cotation : où passe réellement votre ordre ?

Deux familles de places coexistent en Europe pour les actions et les ETF.

Les bourses traditionnelles (lit pools)
Comme Xetra à Francfort ou Euronext à Paris, elles fonctionnent dans un environnement transparent où les ordres et les prix sont visibles de tous les participants. Le carnet d'ordres central affiche les meilleures limites à l'achat et à la vente, les volumes correspondants et la profondeur du marché. Cette transparence garantit la découverte du prix et l'équité du traitement.
Les marchés axés sur les cours (bourses de cotation)
Comme Gettex à Munich ou Tradegate Exchange à Berlin, ils n'affichent que les « meilleurs » prix à l'achat et à la vente, sans profondeur de carnet. L&S Exchange et Tradegate indiquent le nombre de titres disponibles à ces prix ; chez Gettex, cette information n'est même pas publiée. Les ordres n'y interagissent qu'avec le teneur de marché.

Les principales places européennes historiquement associées au PFOF se trouvent en Allemagne :

BourseVillePaysType
XETRAFrancfortAllemagneLIT (marché réglementé transparent)
GettexMunichAllemagneCotation
Tradegate ExchangeBerlinAllemagneCotation
Lang & Schwarz ExchangeHambourgAllemagneCotation
QuotrixDüsseldorfAllemagneCotation
Bourse de StuttgartStuttgartAllemagneCotation

Un seul teneur de marché, malgré le statut multilatéral

En théorie, votre ordre est transmis à un marché dirigé par les cours, censé être concurrentiel puisqu'il s'agit d'une plateforme multilatérale. En pratique, les règles de ces bourses rendent la participation d'entreprises non affiliées quasiment impossible :

  • Gettex : un seul teneur de marché pour les actions, les fonds, les ETP et les obligations, en l'occurrence Baader Bank.
  • Lang & Schwarz : un seul teneur de marché pour tous les ordres exécutés, Lang & Schwarz TradeCenter AG & Co. KG.
  • Tradegate Exchange : un seul teneur de marché, Tradegate AG, qui détient par ailleurs une participation d'environ 43 % dans la bourse et assure seul l'exécution sur les actions et les ETF.

Interdiction du PFOF dans l'UE : ce qui change depuis le 1er juillet 2026

L'Union européenne a tranché avec la révision du règlement MiFIR, adoptée par le Conseil le 20 février 2024. Le texte, publié sous la référence règlement (UE) 2024/791, considère que le PFOF est incompatible avec l'obligation de meilleure exécution qui s'impose aux courtiers vis-à-vis de leurs clients.

L'article 39a pose le principe : aucune entreprise d'investissement agissant pour le compte de clients de détail ou de clients professionnels sur option ne peut recevoir de rémunération, de commission ou d'avantage non monétaire en contrepartie de l'acheminement de leurs ordres vers une place d'exécution déterminée.

La chronologie de l'interdiction

1
2012 - Le Royaume-Uni ouvre la voie
La Financial Services Authority, devenue depuis la FCA, interdit de fait le PFOF. Une étude ultérieure constate que les marchés britanniques sont devenus plus liquides et la tarification plus favorable aux particuliers.
2
Juin 2023 - L'accord politique européen
Le Conseil et le Parlement s'entendent sur une interdiction générale, assortie d'une faculté de dérogation transitoire pour les États membres où la pratique existait déjà, et à la seule condition qu'elle bénéficie exclusivement à leurs propres résidents.
3
Février 2024 - L'adoption formelle
Le Conseil adopte la révision de MiFIR. Seule l'Allemagne notifie à l'ESMA, en mars 2024, son intention de recourir à la dérogation. La France, les Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne n'en demandent aucune : depuis 2024, un client français de Trade Republic ou de DEGIRO n'était donc déjà plus exposé au PFOF.
4
30 juin 2026 - La fin de la dérogation allemande
L'exemption obtenue par l'Allemagne expire. L'article 39a ne prévoit aucun seuil de minimis ni aucune autre échappatoire.
5
1er juillet 2026 - L'interdiction devient absolue
L'Union européenne forme désormais un bloc uniforme sans PFOF, tandis que la pratique reste légale aux États-Unis sous régime de publication trimestrielle imposé par la règle 606 du règlement NMS.

Comment les courtiers se sont adaptés

Plutôt que de relever leurs tarifs affichés, les principaux acteurs ont reconstruit leur chaîne d'exécution :

  • Scalable Capital a lancé dès décembre 2024, avec la Bourse de Hanovre, sa propre plateforme : l'European Investor Exchange (EIX).
  • Trade Republic a obtenu fin janvier 2026 de la BaFin, via sa filiale Trade Republic Business III GmbH, l'agrément d'exploitation d'un système multilatéral de négociation. Le courtier peut donc exécuter lui-même les ordres de ses clients sans passer par Lang & Schwarz Exchange, son partenaire historique.
  • Les banques et courtiers traditionnels sont peu affectés, puisqu'ils se rémunèrent déjà par des commissions transparentes. Un effet de bord est toutefois possible : les frais de place jusqu'ici « sponsorisés » par Gettex ou Tradegate pourraient réapparaître sur les relevés.

Le nouveau modèle Trade Republic, révélateur de l'après-PFOF

Le 2 juillet 2026, Trade Republic a dévoilé sa nouvelle plateforme d'exécution, articulée autour de deux options :

OptionPrincipeTarif
Best PriceUn algorithme compare en temps réel les cotations négociables disponibles sur l'ensemble des places pertinentes et retient le meilleur prix acheteur ou vendeur.1 € par transaction, hors frais tiers et spread
Direct PriceL'investisseur choisit lui-même la place d'exécution parmi trente bourses, dont Xetra, Euronext, le Nasdaq et le NYSE, avec accès au carnet d'ordres agrégé en direct. Disponible sur les ordres au marché, à cours limité et stop.2 € fixes par transaction, quelle que soit la taille de l'ordre

Source : communiqué Trade Republic, juillet 2026.

🔎 À retenir : l'interdiction du paiement explicite ne fait pas disparaître les bourses à teneur de marché unique. Un courtier reste libre de les mettre en avant dans son interface parce qu'elles affichent des frais visibles plus bas. Sur des ordres supérieurs à quelques centaines d'euros, le prix obtenu peut malgré tout y être moins favorable que sur un marché réglementé transparent.

Comparatif des courtiers sans commission en 2026

Voici un aperçu comparatif des principaux courtiers accessibles en France proposant le trading sans commission ou à commission très réduite.

CourtierCommission actions/ETFFrais de changeFrais d'inactivitéRégulateur principalPEA
XTB0 % jusqu'à 100 000 €/mois, puis 0,20 % (min. 10 €)0,5 %10 €/mois dès le 13e mois sans opérationKNF / CySEC / FCA✅ (depuis avril 2025)
Trade Republic0 € en plan programmé ; 1 € par ordre (Best Price) ou 2 € (Direct Price)Selon la place et l'instrumentNonBaFin (licence bancaire) / AMF-ACPR✅ (depuis janvier 2025)
eToro0 % sur actions et ETF au comptantVia conversion USD (compte EUR disponible)10 $/mois après 12 mois sans connexionCySEC / FCA
Trading 2120 % sur actions et ETF au comptant0,5 %NonCySEC / FCA
DEGIROEnviron 2 € pour un ordre de 1 000 € ; sélection Core d'ETF à 1 € de frais de gestion0,25 %NonBaFin / AFM
Freedom24Offres promotionnelles à 0 % sur volume limité, puis grille standardVariableSelon le plan tarifaireCySEC

Sources : grilles tarifaires officielles des courtiers, juillet 2026. Les tarifs sont susceptibles d'évoluer ; vérifiez toujours la brochure en vigueur avant d'ouvrir un compte.

📊 Le repère de l'AMF (lettre n° 65, avril 2026) : pour un ordre de 1 000 € sur Euronext Paris depuis un compte-titres, le coût moyen s'établit à 6,50 € en banque de réseau, 4,50 € chez un courtier en ligne historique et 1,50 € chez un néo-courtier. Sur les places étrangères, une transaction de 5 000 € sur le NYSE ou le Nasdaq coûte en moyenne 0,9 %, soit 45 €, hors frais de change. Les droits de garde restent quant à eux à 0,35 % par an en moyenne dans les banques traditionnelles, soit 211 € pour un portefeuille de 60 000 € réparti sur dix lignes.

Comment choisir un courtier sans commission en 6 étapes

La méthode ci-dessous permet de comparer des offres qui affichent toutes le même tarif de 0 €, mais dont le coût réel diverge sensiblement.

1
Vérifier la régulation et la garantie des dépôts
Contrôlez l'agrément par une autorité reconnue (AMF, ACPR, BaFin, AFM, CySEC, FCA, KNF) et l'inscription au registre REGAFI. Identifiez le niveau de garantie applicable aux espèces, généralement 100 000 €, et le régime de ségrégation des titres. Consultez notre page sur les organismes de régulation.
2
Lire la grille tarifaire complète, pas seulement la commission
Repérez les frais de change, de retrait, d'inactivité, les droits de garde éventuels, les frais de connexion aux places étrangères et les abonnements premium. Un tarif de 0 € par ordre se paie souvent ailleurs.
3
Identifier la place d'exécution de vos ordres
Consultez la politique d'exécution du courtier et vos avis d'opéré. Une exécution sur Euronext ou Xetra n'offre pas les mêmes garanties de découverte du prix qu'une bourse de cotation animée par un teneur de marché unique.
4
Mesurer le spread réel sur un ordre concret
Comparez au même instant le prix acheteur et le prix vendeur affichés par votre courtier avec ceux du marché de référence du titre. L'écart constaté est le coût implicite de l'opération, souvent supérieur à la commission économisée sur les ordres importants.
5
Choisir l'enveloppe fiscale adaptée
PEA, PEA-PME ou compte-titres ordinaire : tous les courtiers sans commission ne proposent pas le PEA. Un compte-titres détenu à l'étranger impose par ailleurs la déclaration annuelle via le formulaire 3916.
6
Tester la plateforme avec un montant limité
Ouvrez un compte de démonstration ou passez un premier ordre de faible montant pour évaluer l'ergonomie, la rapidité d'exécution, la réactivité du service client et la lisibilité des avis d'opéré avant d'y transférer un portefeuille conséquent.

Les critères à examiner au-delà de la commission

Plateforme de trading

Une interface claire est déterminante, en particulier pour les débutants. Les plateformes tierces les plus répandues restent MetaTrader 4 et MetaTrader 5, mais les courtiers sans commission privilégient leurs plateformes propriétaires : xStation 5 chez XTB, l'interface eToro et son copy trading, ou l'application mobile de Trade Republic, complétée depuis juillet 2026 par une interface web dotée de graphiques avancés, de screeners et de données de marché en direct.

Marchés accessibles

Certains courtiers permettent d'acheter des actions fractionnées, particulièrement utiles aux petits portefeuilles. D'autres donnent également accès aux CFD pour spéculer sur les indices, les matières premières ou les cryptomonnaies. Vérifiez enfin le nombre de places boursières couvertes : DEGIRO conserve un avantage net sur les marchés internationaux.

Frais réels au-delà de la commission

Frais de change, frais d'inactivité, swaps de nuit sur les produits à effet de levier, frais de retrait, abonnements : la lecture intégrale de la brochure tarifaire reste le seul moyen fiable d'estimer le coût annuel d'un compte.

Sécurité et réglementation

Privilégiez un courtier régulé par une autorité reconnue : AMF et ACPR en France, BaFin en Allemagne, AFM aux Pays-Bas, FCA au Royaume-Uni, CySEC à Chypre. L'authentification à deux facteurs et l'identification biométrique sur mobile constituent des protections complémentaires appréciables.

Dépôt minimum

Trading 212 accepte des dépôts dès 1 €, XTB fixe le ticket d'entrée du PEA à environ 10 € et n'impose pas de minimum sur le compte-titres, Trade Republic permet d'investir dès 1 € en plan programmé. Interactive Brokers ou Freedom24 peuvent en revanche requérir des montants plus élevés selon les offres.

Assistance client

Chat, téléphone, courriel : évaluez les canaux et les horaires. Trade Republic a étendu son support à une couverture 24 h/24 et 7 j/7 en avril 2026, ce qui répond à l'une des critiques historiques adressées aux néo-courtiers.

Ressources éducatives

Webinaires, tutoriels, analyses quotidiennes : XTB se distingue par la richesse de son contenu pédagogique et ses sessions de live trading, un atout pour qui débute et souhaite progresser sans multiplier les erreurs coûteuses.

Avantages et inconvénients des courtiers sans commission

✔ Avantages
  • Investissement accessible dès de très petits montants
  • Économie réelle par rapport aux banques de réseau, confirmée par l'AMF
  • Diversification du portefeuille beaucoup moins coûteuse
  • Plans d'investissement programmés souvent gratuits
  • Interfaces mobiles simples, adaptées aux débutants
  • PEA désormais disponible chez XTB et Trade Republic
  • Transparence renforcée depuis l'interdiction du PFOF
✗ Inconvénients
  • Spreads parfois plus larges que sur les marchés réglementés
  • Frais annexes possibles : change, inactivité, retrait
  • Qualité d'exécution variable selon la place retenue
  • Bourses à teneur de marché unique toujours en activité
  • Univers d'ETF et de places boursières parfois restreint
  • Déclaration fiscale du compte à l'étranger via le formulaire 3916
  • Service client souvent uniquement numérique

Les meilleurs courtiers pour investir dans les actions et ETF

# Courtier Note Supports Frais Euronext En bref Actions
1 XTB ★★★★★ 4.6/5 CTO, PEA, compte sur marge Gratuit jusqu'à 100 000 €/mois puis 0,20 % 7 201 actions & 1 959 ETF. Démo gratuit.
2 IG ★★★★ 4.5/5 CTO, compte sur marge Pas de commission, uniquement spread du marché +6 000 actions, 2 000 ETF. Démo gratuit.
3 eToro ★★★★ 4.3/5 Actions réelles, compte sur marge 1-2 $ par position, gratuit sur ETF +6 200 actions, 730 ETF. Copy trading.
4 Fortuneo ★★★★ 4.2/5 CTO, PEA, PEA-PME, banque 0,10 % à 0,20 % selon profil Service bancaire complet.

⚠️ Investir comporte des risques de perte en capital.

🔎 Consultez notre comparatif complet des courtiers en bourse pour trier les sociétés de courtage selon votre profil d'investisseur, ainsi que notre guide pour choisir un courtier en bourse.

Conclusion : faut-il choisir un courtier sans commission ?

En 2026, investir sans commission n'est plus une exception mais le standard du marché européen. Pour la grande majorité des investisseurs particuliers, XTB, Trade Republic, Trading 212, eToro ou DEGIRO représentent une alternative sérieuse et nettement plus économique que les banques de réseau, comme l'AMF l'a de nouveau confirmé au printemps 2026.

L'interdiction du paiement pour flux d'ordres, effective sans exception depuis le 1er juillet 2026, assainit indéniablement le paysage : le conflit d'intérêts structurel qui poussait un courtier à favoriser la place la mieux rémunérée plutôt que la plus avantageuse pour son client a disparu du cadre juridique européen. Elle ne résout toutefois pas tout. Les bourses à teneur de marché unique continuent d'exister, les courtiers deviennent parfois eux-mêmes teneurs de marché, et le spread reste un coût implicite que rien n'oblige à afficher comme une ligne de frais.

Le bon réflexe consiste donc à déplacer votre attention. Le tarif affiché ne dit plus grand-chose d'un courtier : ce sont désormais la place d'exécution, le spread constaté et l'ensemble de la grille tarifaire annexe qui déterminent le coût réel de votre investissement.

Concrètement, pour un débutant investissant quelques centaines d'euros par mois en versements programmés, Trade Republic et Trading 212 restent d'excellents points de départ. Pour un investisseur constituant un PEA avec des montants plus substantiels, XTB offre en 2026 la tarification la plus agressive du marché français. Et pour qui passe des ordres importants sur les marchés internationaux, un courtier facturant une commission modeste mais exécutant sur un marché réglementé transparent reviendra souvent moins cher qu'une offre affichée à 0 €.

FAQ - Questions fréquentes sur les courtiers sans commission et le PFOF

Qu'est-ce qu'un courtier en bourse sans commission ?
Un courtier sans commission ne facture pas de frais de transaction explicites lors de l'achat ou de la vente d'actions et d'ETF. Il se rémunère autrement : spread entre le prix acheteur et le prix vendeur, frais de change, frais d'inactivité, intérêts sur les liquidités des clients, prêt de titres ou abonnements premium.
Qu'est-ce que le PFOF, le paiement pour flux d'ordres ?
Le paiement pour flux d'ordres, ou payment for order flow, désigne la rémunération versée par une place d'exécution ou un teneur de marché à un courtier en échange de la transmission des ordres de ses clients. Le courtier ne paie alors plus de frais de bourse et perçoit au contraire un revenu, ce qui lui permet d'afficher des transactions sans commission.
Le PFOF est-il encore autorisé en Europe en 2026 ?
Non. L'article 39a du règlement MiFIR, issu de la révision adoptée en février 2024, interdit le PFOF dans l'Union européenne. Seule l'Allemagne avait obtenu une dérogation transitoire réservée à ses résidents ; celle-ci a expiré le 30 juin 2026. Depuis le 1er juillet 2026, aucune entreprise d'investissement de l'UE ne peut percevoir de rémunération pour router les ordres de clients particuliers vers une place donnée. Le Royaume-Uni interdit cette pratique depuis 2012, tandis qu'elle reste légale aux États-Unis sous régime de publication.
L'investissement sans commission est-il vraiment gratuit ?
Non. Si la commission d'ordre est nulle, d'autres coûts subsistent : frais de change de 0,5 % chez XTB et Trading 212, frais de retrait de 5 $ sur les comptes en dollars chez eToro, frais d'inactivité de 10 € par mois après douze mois chez XTB comme chez eToro, et surtout le spread, qui constitue un coût implicite présent chez tous les intermédiaires.
Quels sont les meilleurs courtiers sans commission en 2026 ?
Les offres les plus compétitives accessibles en France sont XTB, avec 0 % de commission jusqu'à 100 000 € d'achats par mois sur compte-titres et sur PEA, Trade Republic, avec 1 € par ordre et la gratuité des plans d'investissement programmés, Trading 212 et eToro sur les actions et ETF au comptant, et DEGIRO pour sa sélection d'ETF à frais réduits.
L'interdiction du PFOF va-t-elle renchérir les frais des néo-courtiers ?
Les principaux acteurs ont anticipé la mesure plutôt que d'augmenter leurs tarifs affichés. Scalable Capital s'appuie sur sa propre plateforme European Investor Exchange, tandis que Trade Republic a obtenu fin janvier 2026 une licence de système multilatéral de négociation auprès de la BaFin et a lancé en juillet 2026 son algorithme Best Price, à 1 € par ordre, ainsi que l'option Direct Price à 2 € donnant accès à trente places boursières. La vigilance doit désormais porter sur le spread plutôt que sur la commission.
Comment savoir sur quelle place mon ordre a été exécuté ?
Le lieu d'exécution figure obligatoirement sur l'avis d'opéré remis après chaque transaction, ainsi que dans la politique d'exécution des ordres publiée par le courtier. Vérifiez s'il s'agit d'un marché réglementé transparent comme Euronext ou Xetra, d'un système multilatéral de négociation ou d'une bourse de cotation animée par un teneur de marché unique.
Peut-on ouvrir un PEA chez un courtier sans commission ?
Oui. Trade Republic a lancé son PEA le 9 janvier 2025, facturé 1 € par ordre et gratuit en plan d'investissement programmé. XTB propose son PEA depuis avril 2025, sans commission jusqu'à 100 000 € de transactions par mois. En revanche, eToro, Trading 212 et DEGIRO ne proposent pas de PEA. Rappelons que les frais de courtage sur PEA sont légalement plafonnés à 0,5 % du montant de l'ordre passé en ligne.
Les courtiers sans commission sont-ils sûrs et régulés ?
Les principaux acteurs sont régulés dans l'Union européenne : Trade Republic dispose d'une licence bancaire complète supervisée par la BaFin, DEGIRO relève de la BaFin et de l'AFM néerlandaise, XTB de la KNF polonaise, eToro et Trading 212 de la CySEC chypriote. Vérifiez systématiquement l'inscription du courtier au registre REGAFI de l'ACPR ou sur le site de l'AMF avant tout dépôt.
Quelle est la différence entre un spread et une commission ?
La commission est un frais explicite, fixe ou proportionnel, prélevé lors de l'exécution d'un ordre et visible sur l'avis d'opéré. Le spread est l'écart entre le prix acheteur et le prix vendeur d'un actif : il est supporté au moment de la transaction sans apparaître comme une ligne de frais. Un courtier sans commission peut donc coûter plus cher qu'un courtier facturant 1 € par ordre si son spread est plus large.
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