
Mis à jour le 26 juillet 2026 par Ludovic
La stratégie collar (ou « tunnel ») est une technique de trading d'options défensive qui permet de limiter les pertes potentielles sur une position en actions déjà détenue, tout en plafonnant le gain potentiel. Elle est particulièrement prisée des investisseurs qui souhaitent conserver un titre sur le long terme mais craignent une baisse à court terme.
Concrètement, un collar consiste à détenir simultanément des actions d'un titre sous-jacent, à acheter une option de vente (put) hors de la monnaie pour se protéger, et à vendre une option d'achat (call) hors de la monnaie pour financer cette protection. Le résultat : un « tunnel » de prix à l'intérieur duquel le portefeuille évolue, avec un plancher de perte et un plafond de gain définis à l'avance.
Points clés :
➡️ Le collar limite le risque de baisse grâce à un put protecteur tout en plafonnant la hausse via un call couvert.
➡️ C'est un filet de sécurité idéal pour protéger des gains latents sur des marchés volatils, sans vendre ses actions.
➡️ Bien structuré, il peut donner un collar à coût zéro : la prime du call encaissée compense exactement le coût du put acheté.
➡️ Le choix des prix d'exercice est déterminant : un tunnel large laisse plus de potentiel de hausse mais moins de protection, un tunnel serré protège davantage mais bride les gains.
Un collar est une stratégie directionnelle légèrement haussière et à risque défini. Vous restez exposé à l'évolution du titre, mais uniquement entre deux bornes : le prix d'exercice du put (le plancher) et celui du call (le plafond). En dessous du plancher, vos pertes sont figées ; au-dessus du plafond, vos gains le sont également.
On peut voir le collar comme la combinaison de deux stratégies d'options populaires : le protective put (option de vente protectrice) et le covered call (option d'achat couverte). Le premier assure la position, le second en finance l'assurance.
La stratégie d'option collar se compose de trois éléments détenus simultanément :
Position longue sur l'action : au moins 100 titres, car un contrat d'options standard porte sur 100 actions.
Option de vente longue (protective put) : achetée hors de la monnaie, elle fixe le plancher de perte.
Option d'achat vendue (covered call) : vendue hors de la monnaie, elle encaisse une prime et fixe le plafond de gain.
À l'ouverture de la position, le cours de l'action se situe généralement quelque part entre le prix d'exercice du put et celui du call — au milieu du tunnel.

L'option de vente longue joue le rôle d'assurance. Si le cours de l'action tombe sous le prix d'exercice du put, le trader peut exercer l'option et vendre ses actions au prix d'exercice, plus élevé que le cours du marché : c'est ce qui plafonne la perte.
L'option d'achat vendue génère un revenu immédiat via la prime encaissée, qui vient compenser le coût du put. En contrepartie, elle plafonne la hausse : si l'action dépasse le prix d'exercice du call, le trader devra livrer ses titres à ce prix et renoncera à la plus-value au-delà.
Rien ne vaut un exemple concret. Supposons que vous déteniez 100 actions achetées à 100 €, aujourd'hui toujours à 100 €. Vous êtes optimiste à long terme, mais un rapport trimestriel approche et vous voulez protéger votre position. Vous montez le collar suivant :
Vous achetez un put de strike 95 € pour une prime de 3 € par action.
Vous vendez un call de strike 110 € pour une prime de 3 € par action.
La prime encaissée sur le call (3 €) couvre exactement le coût du put (3 €) : le coût net est nul, c'est un collar à coût zéro. Voici ce qui se passe à l'échéance selon le cours de l'action :
| Cours à l'échéance | Que se passe-t-il ? | Résultat par action | Résultat sur 100 titres |
|---|---|---|---|
| 85 € | Le put (95) protège : vente possible à 95 € | −5 € | −500 € (plancher) |
| 95 € | Plancher de protection atteint | −5 € | −500 € |
| 100 € | Options quasi sans valeur, coût net nul | 0 € | 0 € |
| 110 € | Gain maximal, call encore sans valeur | +10 € | +1 000 € |
| 120 € | Le call (110) est exercé : vente à 110 € | +10 € | +1 000 € (plafond) |
On retrouve les formules simples d'un collar :
Gain maximum = (Strike du call − Prix de revient) ± Prime nette = (110 − 100) + 0 = 10 € / action, soit 1 000 €
Perte maximum = (Prix de revient − Strike du put) ∓ Prime nette = (100 − 95) − 0 = 5 € / action, soit 500 €
Seuil de rentabilité = Prix de revient ± Prime nette = 100 € (pour un collar à coût zéro)
Entre 95 € et 110 €, vous participez à la variation du titre euro pour euro, comme si vous déteniez simplement les actions. Le collar n'agit qu'aux deux extrémités du tunnel.
Lorsque la prime encaissée sur la vente du call couvre exactement le coût du put acheté, on parle de collar à coût zéro (« zero-cost collar »). Vous obtenez alors une protection à la baisse sans débourser de prime nette.
En pratique, la volatilité implicite des puts (baisse) est souvent plus élevée que celle des calls (hausse) : pour atteindre le coût zéro, il faut généralement vendre un call plus proche du cours que le put acheté. Selon la largeur du tunnel, la position peut même être ouverte pour un léger crédit (le call vaut plus cher que le put) ou un léger débit.
Le collar offre une approche équilibrée de la gestion du risque, mais il implique des compromis nets.
À noter : le coût relatif des calls par rapport aux puts a aussi tendance à augmenter lorsque les taux d'intérêt montent, ce qui influe sur la structuration d'un collar à coût zéro.
Le choix des prix d'exercice détermine le profil risque/récompense exact du collar.
On choisit généralement un strike de put hors de la monnaie, sous le cours actuel, pour équilibrer protection et coût. Un strike plus bas coûte moins cher mais protège moins ; un strike plus haut protège mieux mais coûte davantage.
Le strike du call est fixé au-dessus du cours actuel. Un strike élevé laisse plus de potentiel de hausse mais rapporte moins de prime ; un strike bas encaisse davantage de prime mais bride plus tôt les gains.
Le put et le call peuvent partager la même échéance ou en avoir de différentes. Une échéance commune simplifie la gestion ; des échéances distinctes offrent plus de souplesse pour ajuster la stratégie au fil du temps. Pour la plupart des investisseurs, une échéance unique reste le choix le plus lisible.
À l'approche de l'échéance, on peut « rouler » les positions : liquider les options existantes et en ouvrir de nouvelles à échéance plus lointaine. Cela assure une protection et une génération de revenus continues.
Variante du collar standard, le ratio collar consiste à vendre plusieurs calls pour chaque put acheté. Il génère davantage de revenus, mais augmente le risque en cas de forte hausse du titre.

Il s'agit d'une configuration avec :
Une action longue
L'achat d'un put à 100
La vente d'un call à 120
La vente d'un call à 125
Certains traders ajustent activement leur position en élargissant ou resserrant la fourchette entre put et call selon l'évolution de leurs perspectives de marché.
En marché fortement haussier, le collar sous-performe à cause du plafonnement. Il reste toutefois utile pour protéger les gains d'un titre déjà bien apprécié. En cas de vente d'options dans la monnaie (ITM), attention au risque d'assignation, qui peut clôturer la position par anticipation.
C'est là que le collar brille : la protection à la baisse aide à traverser un repli sans liquider la position en actions.
En marché sans tendance, le collar est très efficace : les primes d'options viennent compenser le coût de la protection pendant que vous conservez vos titres.
La fiscalité est trop souvent négligée dans les stratégies d'options. En France, pour un particulier, les gains issus du trading d'options, de CFD ou d'actions sont traités comme des plus-values sur valeurs mobilières.
Par défaut, ils sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), ou « flat tax ». En 2026, le taux global du PFU est passé à 31,4 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux (hausse des prélèvements sociaux au 1ᵉʳ janvier 2026).
Vous pouvez, sur option globale et irrévocable pour l'année, renoncer au PFU et opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option est surtout intéressante si votre tranche marginale d'imposition est de 0 % ou 11 %. Les moins-values sont imputables sur les plus-values de même nature réalisées la même année.
⚠️ À retenir : les périodes de détention des actions sous-jacentes et le traitement des primes peuvent complexifier votre situation. Un collar mêle position en actions et jambes d'options, ce qui rend le suivi déclaratif délicat. Pensez aussi à déclarer tout compte de trading détenu à l'étranger (formulaire 3916 / 3916-bis). Ce contenu est pédagogique et ne constitue pas un conseil fiscal : rapprochez-vous d'un professionnel pour votre cas précis.
Pour les investisseurs concernés par la fiscalité américaine, l'IRS applique par ailleurs des règles spécifiques aux « qualified covered calls » qui peuvent affecter la période de détention de l'action sous-jacente, un point sans effet sur la déclaration en France.
La stratégie collar offre une approche particulière de la gestion du risque pour l'investisseur en actions. En combinant protection à la baisse et génération de revenus, elle trace un juste milieu entre le désir de croissance et le besoin de préserver son capital.
Elle demande une gestion plus active que la simple détention d'actions, mais se révèle précieuse pour traverser des marchés chahutés ou verrouiller des gains importants. Comme pour toute stratégie, l'essentiel est d'en maîtriser les mécanismes, les risques et les résultats potentiels avant de la mettre en œuvre. Utilisé à bon escient, le collar aide à concilier ambition de croissance et exigence de protection.
⚠️ Les contrats d'options sont des produits financiers complexes. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent.