
Mis à jour le 9 octobre 2026 par l'Équipe de broker-forex.fr
Michael Marcus (1947-2023) est le premier trader interviewé par Jack Schwager dans le célèbre Market Wizards (Les Magiciens des marchés). Il a accompli ce dont rêvent la plupart des traders : transformer un capital modeste en fortune. Chez Commodities Corporation, il aurait fait fructifier un compte de 30 000 dollars jusqu'à environ 80 millions de dollars en moins de vingt ans.
Son parcours est aussi l'histoire d'une remarquable chaîne de transmission : élève d'Ed Seykota, il a lui-même été le mentor de Bruce Kovner.
Points clés à retenir
Né le 2 août 1947, Michael Marcus est diplômé en 1969 de l'université Johns Hopkins, avant d'étudier la psychologie à l'université Clark. Pendant ses études, un camarade lui promet de doubler son argent en deux semaines grâce aux matières premières. Le plan échoue et Marcus perd tout, mais il en retire une fascination durable pour les marchés. Il rassemble alors des fonds auprès de sa famille et de ses amis, et continue de perdre, faute de règles solides.
En 1972, il investit toutes ses économies, environ 7 000 dollars, dans des contrats à terme sur le bois contreplaqué. Le contrôle des prix décidé par le président Nixon et la flambée des matières premières font décoller ses positions : il transforme ce capital en quelques dizaines de milliers de dollars en un an.
Alors qu'il travaille comme analyste, Marcus rencontre Ed Seykota, jeune diplômé du MIT qui met au point l'un des premiers systèmes informatisés de suivi de tendance. Seykota lui enseigne les principes du suivi de tendance et de la gestion du risque : couper les pertes, laisser courir les gains. Marcus le décrira comme « un génie et un grand trader au succès phénoménal ». Le marché haussier des matières premières des années 1970 fait le reste.
En 1974, Marcus rejoint Commodities Corporation, la société fondée par l'économiste Amos Hostetter et quelques associés, qui deviendra la plus célèbre pépinière de traders de l'histoire. On lui confie 30 000 dollars, qu'il fait fructifier jusqu'à environ 80 millions en une quinzaine d'années, avec un rendement annuel composé souvent cité autour de 48 %. Il y devient vice-président exécutif et y forme notamment Bruce Kovner, futur fondateur de Caxton Associates. Il prend ensuite sa retraite des marchés et s'éteint le 25 mars 2023 à Austin, au Texas.
Marcus considère le trading comme un marathon. Plutôt que de multiplier les gains de court terme, il cherche à conserver ses positions rentables pendant toute la durée des grandes tendances, comme il l'a fait dans les années 1970 sur le maïs, le blé et le soja.
« Les meilleures transactions sont celles qui réunissent trois éléments : les fondamentaux, la technique et le ton du marché. Premièrement, les fondamentaux doivent suggérer un déséquilibre entre l'offre et la demande susceptible de provoquer un mouvement important. Deuxièmement, le graphique doit montrer que le marché évolue dans la direction suggérée par les fondamentaux. Enfin, lorsque des nouvelles sont publiées, le marché doit réagir d'une manière qui reflète le bon ton psychologique. »
| Élément | Question à se poser |
|---|---|
| Fondamentaux | Existe-t-il un déséquilibre entre l'offre et la demande ? |
| Technique | Le graphique confirme-t-il la direction suggérée par les fondamentaux ? |
| Ton du marché | Le marché réagit-il aux nouvelles dans le sens attendu (par exemple, ignore-t-il les mauvaises nouvelles en marché haussier) ? |
Il ajoute une question essentielle : « Combien de personnes sont encore prêtes à agir sur cette idée ? Le marché a-t-il déjà intégré votre idée ? »
Sur les contrats à terme, où l'effet de levier permet de multiplier une position par 10 ou 20, les pertes peuvent être dévastatrices. Marcus place donc ses ordres stop à des niveaux graphiques stratégiques et les déplace pour verrouiller ses gains. Il raconte aussi une technique de « surfeur » utilisée à ses débuts :
« Aux points clés du graphique intrajournalier, je prenais une position de vingt contrats au lieu des trois à cinq que je pouvais me permettre de conserver, avec un stop extrêmement serré. Soit le marché décollait, soit j'étais stoppé. Je pouvais ainsi gagner plusieurs centaines de points en ne risquant presque rien. »
« La règle la plus importante est sans doute de conserver ses gagnants et d'éliminer ses perdants. Ces deux règles sont tout aussi importantes l'une que l'autre. Si vous ne conservez pas vos gagnants, vous ne pourrez pas payer pour vos perdants. »
« Commodities Corp. m'a appris à voir le signal, à aimer le signal et à suivre le signal. Si vous suivez votre méthode, votre avantage finira par se manifester. » Chaque trader a ses forces et ses faiblesses : certains laissent bien courir leurs gains mais gardent leurs pertes trop longtemps, d'autres coupent vite leurs pertes mais encaissent trop tôt leurs gains. L'important est de rester fidèle à son propre style.
Les débuts de Marcus sont marqués par des décisions impulsives dictées par l'anxiété. Il apprend avec le temps à reconnaître ses émotions et à les utiliser comme signal plutôt que de les laisser décider à sa place.
Dans ses moments les plus sombres, Marcus a pensé abandonner. Il raconte s'être demandé, comme le héros du Violon sur le toit s'adressant au ciel, s'il était vraiment si stupide. La réponse qu'il crut entendre : « Non, tu n'es pas stupide. Tu dois simplement continuer à travailler. » C'est ce qu'il fit.
« Pour faire partie de l'élite des traders, il faut un talent inné, un don, comme pour être un grand violoniste. Mais être un trader compétent et gagner de l'argent est une compétence qui s'apprend. » C'est l'un des messages les plus encourageants de Marcus : la majorité des traders n'ont pas besoin d'un génie particulier pour être rentables, mais de méthode, de discipline et de persévérance.
Michael Marcus a montré qu'un trader pouvait transformer ses échecs initiaux en une carrière légendaire grâce à un bon mentor, des règles claires et une compréhension fine de sa propre psychologie. Sa triple confirmation (fondamentaux, technique, ton du marché), ses stops serrés et sa vigilance sur le capital mental restent des repères précieux pour tous les traders, en particulier sur les marchés à effet de levier.
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