
Mis à jour le 9 octobre 2026 par l'Équipe de broker-forex.fr
Paul Tudor Jones est l'un des traders macro les plus célèbres de sa génération. Il doit sa notoriété à un coup d'éclat : avoir anticipé le krach du lundi noir du 19 octobre 1987 et en avoir largement profité, pendant que le reste de Wall Street était pris par surprise. Fondateur de Tudor Investment Corporation en 1980, il est aussi connu pour son obsession de la gestion du risque, qu'il résume en une phrase : « jouez une grande défense, pas une grande attaque ».
Cette page retrace son parcours et détaille ses principales règles de trading, utiles à tout trader débutant.
Points clés à retenir
Né en 1954 à Memphis (Tennessee), Paul Tudor Jones rêve d'abord de devenir boxeur et remporte des titres amateurs chez les poids welters. Diplômé en économie de l'université de Virginie en 1976, il entre sur les conseils de son oncle, négociant en coton, chez Eli Tullis, un célèbre trader de matières premières de La Nouvelle-Orléans. Il y apprend à trader les contrats à terme sur le coton à la Bourse de New York, et découvre combien le métier est compétitif et émotionnellement exigeant.
Admis à la Harvard Business School, il renonce à y aller, convaincu que les vraies compétences de trading ne s'apprennent pas en classe. Après un passage comme courtier chez E.F. Hutton, il fonde Tudor Investment Corporation en 1980. La société, basée à Stamford (Connecticut), devient l'un des grands noms de la gestion macro.
En 1988, il cofonde la Robin Hood Foundation, qui lutte contre la pauvreté à New York et compte parmi les organisations caritatives les plus efficaces du pays. Sa fortune est estimée à plusieurs milliards de dollars.
Le 19 octobre 1987, le krach part de Hong Kong, gagne l'Europe puis frappe les États-Unis : le Dow Jones perd 508 points, soit 22,6 % en une séance, la plus forte baisse journalière de son histoire. Voir aussi notre page sur les grands krachs boursiers.
Plusieurs semaines auparavant, Jones et son analyste Peter Borish avaient superposé le graphique du marché de 1987 à celui de 1929. Ils avaient constaté une similitude troublante entre les deux trajectoires. Combinant cette analogie, l'analyse technique, les signes d'euphorie et la fragilité créée par les stratégies d'« assurance de portefeuille », Jones prend des positions vendeuses massives. Son fonds aurait gagné environ 100 millions de dollars à l'occasion du krach et réalisé l'une des meilleures années de l'histoire des hedge funds.
La même année, le documentaire Trader, diffusé par la télévision publique américaine, le montre au travail et dévoile sa discipline de gestion du risque. Jones aurait ensuite racheté le plus grand nombre possible de copies pour en limiter la diffusion, ce qui a contribué à faire du film un objet culte.
💡 Le saviez-vous ?
Paul Tudor Jones n'est pas le seul à avoir profité du lundi noir. Le cambiste Andrew Krieger a lui aussi réalisé un gain historique en vendant massivement le dollar néo-zélandais quelques semaines plus tard. Son histoire est racontée dans notre dossier sur les millionnaires du forex.
« La règle la plus importante est de jouer une grande défense, pas une grande attaque. Chaque jour, je pars du principe que toutes mes positions sont fausses. Je sais où se trouvent mes stops, afin de définir mon drawdown maximum. Avec un peu de chance, je passe le reste de la journée à profiter des positions qui vont dans mon sens. Si elles vont dans le mauvais sens, j'ai un plan de sortie. »
La perte fait partie du métier. Ce qui distingue les gagnants, c'est qu'ils savent combien ils acceptent de perdre avant même d'entrer en position.
« Les perdants moyennent les pertes. » Ajouter à une position perdante pour abaisser son prix de revient est l'une des erreurs les plus coûteuses. Si le marché donne tort, il faut réduire l'exposition, pas l'augmenter. C'est aussi l'une des règles d'or de Dennis Gartman.
Pour Jones, la moyenne mobile à 200 jours est la meilleure règle simple de gestion du risque : « Ma règle de base est de regarder la moyenne mobile à 200 jours des cours de clôture. J'ai vu trop de choses aller à zéro, actions comme matières premières. Le moyen de vous protéger, c'est la moyenne mobile à 200 jours : sortez quand le prix passe en dessous. »
« 5 pour 1 signifie que je risque un dollar pour en gagner cinq. Cela me permet d'avoir un taux de réussite de 20 % : je peux me tromper 80 % du temps et ne pas perdre d'argent. » Un rapport objectif/stop élevé réduit la pression d'avoir raison et rend la stratégie plus robuste.
Selon Jones, il n'y a ni bon ni mauvais marché, il n'y a que des émotions. Un trader incapable de les gérer finira tôt ou tard par perdre. Il recommande de réduire son exposition lorsque les choses vont mal et de l'augmenter lorsqu'elles vont bien, au lieu de faire l'inverse pour se refaire. « Ne soyez pas un héros, n'ayez pas d'ego. Remettez-vous toujours en question, vous et vos capacités. »
| Règle | Application pratique |
|---|---|
| Défense avant attaque | Définir son stop et sa perte maximale avant chaque transaction. |
| Ne pas moyenner les pertes | Couper ou réduire une position perdante, jamais la renforcer. |
| Moyenne mobile à 200 jours | Ne rester acheteur que lorsque le prix est au-dessus. |
| Ratio 5 pour 1 | Ne prendre que les opportunités où le gain potentiel est cinq fois supérieur au risque. |
| Réduire quand on perd | Diminuer la taille des positions pendant une série de pertes. |
| Rester humble | Considérer que le marché a toujours raison. |
Au fil des décennies, Paul Tudor Jones est resté une voix écoutée sur les marchés. En 2020, il crée la surprise en annonçant qu'il détient du bitcoin pour se protéger contre ce qu'il appelle la « grande inflation monétaire » consécutive aux plans de relance massifs. Il explique alors que le bitcoin lui rappelle l'or des années 1970. Il intervient régulièrement sur les risques liés à l'endettement public américain et à l'inflation, et préconise de détenir un mélange d'or, de bitcoin et de matières premières face à la dégradation des finances publiques.
La carrière de Paul Tudor Jones montre qu'un grand trader n'est pas celui qui a toujours raison, mais celui qui protège son capital quand il a tort. Défense avant attaque, refus de moyenner les pertes, respect de la tendance de fond et recherche d'opportunités asymétriques : ces principes simples sont à la portée de tout débutant. Pour les mettre en pratique sans risque, commencez par un compte démo et un journal de trading rigoureux.
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