Mis à jour le 25 juillet 2026 par l'équipe de broker-forex.fr
Peut-on gagner de l'argent en bourse lorsque les marchés chutent ? Oui, grâce à la vente à découvert (aussi appelée short selling ou position courte). Cette stratégie permet de spéculer sur la baisse d'un actif et de tirer profit des marchés baissiers. Utilisée par les traders expérimentés et les fonds spéculatifs, elle offre de réelles opportunités mais comporte aussi des risques importants, notamment des pertes potentiellement illimitées.
Dans ce guide complet, découvrez comment fonctionne la vente à découvert, ses mécanismes étape par étape, des exemples concrets, pourquoi elle est utile aux marchés, le risque de short squeeze, comment shorter facilement via des CFD, les solutions pour le PEA, et le cadre réglementaire de l'AMF en France.
📌 Points clés :
La vente à découvert consiste à vendre un actif que l'on ne possède pas, pour le racheter moins cher
Les pertes sont théoriquement illimitées si le cours monte, contrairement à un achat classique
Les CFD simplifient considérablement la mise en œuvre du short selling
Elle sert aussi à se couvrir (hedging) et joue un rôle utile dans la découverte des prix et la liquidité
L'AMF peut interdire temporairement les positions courtes en période de crise
Comment fonctionne la vente à découvert ?
Définition : la vente à découvert consiste à vendre un actif que l'on ne possède pas, dans l'espoir de le racheter à un prix inférieur afin de réaliser un profit sur la différence. En clair, vous vendez d'abord un titre emprunté à un prix élevé, en espérant le racheter (et le rendre) plus tard à un prix plus bas.
En pratique, une vente à découvert classique (sur actions via le SRD ou un compte sur marge) se déroule en quatre étapes :
1
Emprunter l'actif
Vous empruntez l'action ou l'instrument financier auprès de votre courtier (automatique avec les CFD).
2
Vendre le titre
Vous vendez ce titre sur le marché en anticipant une baisse de son cours.
3
Racheter l'actif
Une fois le cours suffisamment bas, vous rachetez l'actif à un prix inférieur.
4
Empocher la différence
Vous remboursez l'actif emprunté à votre courtier et conservez la différence entre le prix de vente et le prix de rachat (hors frais).
👉 Plus le prix baisse, plus votre gain est important. À l'inverse, si le prix monte, vos pertes s'accumulent sans plafond théorique.
Exemple concret de vente à découvert
Imaginons que l'action XYZ cote 100 €. Vous anticipez une baisse et décidez de vendre à découvert 100 actions :
Étape
Prix
Résultat
Vente à découvert
100 €
+10 000 €
Rachat (si baisse à 80 €)
80 €
-8 000 €
Gain net
—
+2 000 € (hors frais)
👉 À l'inverse, si le prix monte à 120 €, vous perdez 2 000 € sur 100 actions et les pertes peuvent continuer à augmenter sans limite si le cours continue de grimper. C'est toute l'asymétrie du short : le gain maximal est plafonné (l'action ne peut pas tomber sous zéro), mais la perte, elle, ne l'est pas.
Pourquoi vendre à découvert ? Les 3 grandes motivations
On imagine souvent que shorter n'a qu'un seul but : parier sur une baisse. En réalité, les investisseurs professionnels utilisent la vente à découvert pour trois raisons principales.
🎯 Spéculer sur une baisse
C'est l'usage le plus connu. Le trader estime qu'un titre est surévalué, ou anticipe une mauvaise nouvelle (résultats décevants, dégradation de note, scandale). Une spéculation réussie ne relève pas du hasard : elle s'appuie sur une recherche approfondie et un bon timing. Historiquement, les indices tendent à monter sur le long terme : le vendeur à découvert va donc « à contre-courant » et doit être particulièrement rigoureux.
🛡️ Se couvrir (hedging)
Un investisseur qui détient un portefeuille d'actions peut ouvrir une position courte sur un indice ou un titre corrélé pour « bloquer » son prix, comme une assurance. Si le marché baisse, le gain sur le short compense la perte sur les titres détenus. C'est une manière de traverser une période d'incertitude (un résultat trimestriel, par exemple) sans vendre son portefeuille de long terme.
⚖️ Arbitrer et diversifier
La vente à découvert ouvre l'accès à des stratégies indisponibles en achat seul : trading de paires (long/short), arbitrage d'obligations convertibles, valeur relative entre deux titres ou deux secteurs. Ces flux de rendement, souvent décorrélés du marché actions, améliorent la diversification d'un portefeuille.
💡 Et la fiscalité ? Aux États-Unis, certaines stratégies de report d'impôt via le short ont existé, mais elles sont très encadrées (règles de l'IRS depuis 1997). En France, la fiscalité d'une position courte dépend de l'enveloppe utilisée (compte-titres, CFD) et relève de la fiscalité des plus-values mobilières. En cas de doute, rapprochez-vous d'un conseiller fiscal.
À quoi sert la vente à découvert sur les marchés ?
La vente à découvert a mauvaise réputation auprès du grand public, souvent perçue comme « nuisible ». Pourtant, la recherche financière montre qu'elle est essentielle au bon fonctionnement des marchés. Voici ses principales contributions.
🔎 Découverte des prix
En pariant contre des actifs surévalués, les vendeurs à découvert apportent une opinion baissière au marché. Ce mécanisme de « rétroaction négative » aide à limiter l'exubérance irrationnelle et les bulles, et rapproche les prix de la valeur fondamentale des entreprises.
💧 Liquidité accrue
Le processus d'emprunt-prêt de titres remet des actions en circulation sur le marché. Cette liquidité supplémentaire facilite l'entrée et la sortie des positions et réduit les à-coups de prix liés à un manque de contrepartie.
🕵️ Détection des fraudes
De nombreuses fraudes comptables et promotions boursières douteuses ont été révélées par des vendeurs à découvert, incités financièrement à enquêter. Des positions courtes soudaines et importantes peuvent aussi alerter les régulateurs sur d'éventuelles anomalies.
⚙️ Marchés d'options liquides
Quand un particulier achète une option de vente, le teneur de marché qui la lui vend doit se couvrir en vendant à découvert le sous-jacent (couverture en delta). Sans vente à découvert, la liquidité des marchés d'options se tarirait fortement.
Autrement dit, parier uniquement à la hausse n'est pas sain : sans vendeurs pour équilibrer les acheteurs, les prix peuvent se déconnecter durablement des fondamentaux, jusqu'à la formation de bulles. La vente à découvert agit comme un contre-pouvoir naturel. Elle intervient aussi dans des mécanismes précis comme l'option Greenshoe lors des introductions en bourse, qui permet aux banques de stabiliser le cours d'une action fraîchement cotée.
⚠️ La limite éthique
Une chose reste strictement interdite : diffuser de fausses informations pour faire baisser un cours (« short and distort »), ou vendre à découvert sur la base d'informations que l'on sait fausses. C'est de la manipulation de marché, sanctionnée par la loi. La vente à découvert légitime, elle, repose uniquement sur l'analyse et la recherche.
Idées reçues : la vente à découvert fait-elle chuter les cours ?
La vente à découvert est mal comprise, et plusieurs dirigeants l'ont publiquement accusée de tous les maux, d'Elon Musk (Tesla) aux fraudes retentissantes comme Enron, Worldcom ou Wirecard, qui ont imputé leur chute aux vendeurs à découvert. Qu'en est-il vraiment de son impact sur le prix d'une action ?
Le consensus est clair : la vente à découvert peut peser sur un cours à court terme, mais n'a pas d'impact significatif à long terme. À court terme, s'il y a plus de vendeurs que d'acheteurs, le prix baisse, que ces ventes viennent de détenteurs réels ou de vendeurs à découvert. Mais sur la durée, plusieurs mécanismes rééquilibrent la situation :
Les vendeurs à découvert n'ont pas toujours raison. Pour gagner, il faut que le cours baisse — sinon ils doivent « couvrir » (racheter) à perte. Et de toute façon, tout short devra un jour racheter les titres pour solder sa position, ce qui crée une demande future.
Ils apportent de la liquidité : quand un titre chute et que les acheteurs se raréfient, les vendeurs à découvert (comme les teneurs de marché) aident à faire correspondre l'offre et la demande, ce qui peut au contraire stabiliser le prix.
À long terme, la valeur d'une entreprise dépend des flux de trésorerie qu'elle génère, pas de l'opinion changeante du marché.
C'est l'image de Benjamin Graham : à court terme, le marché est une « machine à voter » (il enregistre la popularité), mais à long terme, c'est une « machine à peser » (il mesure la substance réelle de l'entreprise).
🔍 Quatre mythes tenaces (révélés notamment par les affaires GameStop et AMC) :
« Il est illégal de shorter plus de 100 % du flottant » : faux. Une même action peut être prêtée plusieurs fois de suite ; chaque vente à découvert crée une position longue compensatoire. Un short interest nominal supérieur à 100 % est donc possible et légal.
« La vente à découvert peut faire faillir une entreprise » : non. Une entreprise fait faillite parce qu'elle ne peut plus payer ses dettes, pas parce que son cours de Bourse baisse. Enron et Wirecard étaient des sociétés fondamentalement défaillantes ; les vendeurs à découvert ont contribué à révéler la fraude, pas à la créer.
« GameStop, c'était David contre Goliath » : une simplification. Le mouvement est parti des réseaux sociaux ; certains fonds ont perdu, mais de très nombreux acteurs financiers ont aussi gagné (en étant acheteurs, en tenant le marché, en prêtant les titres).
« Interdire la vente à découvert protège les marchés » : en général, cela prive surtout le marché de liquidité et peut aggraver les mouvements, sans régler le problème de fond.
Reste la vente à découvert « à nu » (vendre sans avoir emprunté ni localisé les titres) : la faire intentionnellement est illégale dans l'Union Européenne, mais elle est rare car le risque juridique est élevé pour un gain quasi nul.
Quels sont les risques de la vente à découvert ?
⚠️ La vente à découvert est une stratégie risquée, réservée aux traders avertis. Voici les principaux avantages et dangers à connaître :
✔ Avantages
Profiter des marchés baissiers
Couverture (hedging) de portefeuille
Opportunités en toutes conditions de marché
Diversification des stratégies de trading
✗ Risques
Pertes théoriquement illimitées
Effet de levier amplifie les pertes
Frais d'emprunt de titres
Hausse imprévue des taux d'emprunt
Risque de short squeeze
Appels de marge possibles
Trois risques méritent une attention particulière :
Pertes supérieures à la mise : à l'achat, vous ne pouvez perdre que votre investissement (l'action peut au pire tomber à zéro). En short, si le titre passe de 20 € à 100 € ou plus, votre perte dépasse largement votre engagement initial — et rien ne dit jusqu'où le prix peut monter.
Hausse du coût d'emprunt : le taux d'emprunt des titres varie au jour le jour selon leur disponibilité. Sur un titre difficile à emprunter (« hard to borrow »), ce coût peut grimper fortement et transformer une opération gagnante en perte nette.
Appel de marge : la vente à découvert exige un compte sur marge. Si le cours monte et que la valeur de votre compte passe sous la marge de maintien, le courtier vous adresse un appel de marge. Faute d'apport supplémentaire, il peut liquider vos positions à perte, sans vous consulter.
La gestion du risque est donc primordiale : l'utilisation de stop-loss, la limitation de la taille des positions et une surveillance active du marché sont indispensables pour pratiquer le short selling de façon responsable. Fixez-vous aussi à l'avance un objectif de gain et un plan de sortie.
Le short squeeze : le risque majeur du vendeur à découvert
Le short squeeze est l'un des risques les plus redoutés des vendeurs à découvert. Il se produit lorsqu'une action fortement shortée connaît une hausse soudaine, forçant les vendeurs à découvert à racheter massivement leurs positions pour limiter leurs pertes. Ces rachats amplifient encore la hausse, créant un cercle vicieux particulièrement violent.
Les conditions typiques d'un short squeeze réunissent :
Un fort taux de positions à découvert sur le titre (short interest élevé)
Une faible liquidité ou un faible flottant
Une nouvelle positive inattendue ou un mouvement coordonné d'acheteurs
📖 Exemples célèbres de short squeeze :
GameStop (2021) : portée par les investisseurs particuliers de Reddit (WallStreetBets), l'action est passée de quelques dollars à des sommets en quelques jours, avec un short interest qui dépassait 100 % du flottant. Plusieurs fonds spéculatifs, dont Melvin Capital, ont subi des pertes colossales.
Le retour de « Roaring Kitty » (mai 2024) : le simple retour sur X de Keith Gill, figure de 2021, a suffi à faire bondir GameStop de plus de 100 % en séance et AMC de 75 % le même jour, provoquant plusieurs suspensions de cotation. Le short interest sur GameStop dépassait alors 20 % du flottant.
Volkswagen (2008) : après l'annonce de la montée de Porsche au capital, l'action a brièvement fait de VW la première capitalisation mondiale, piégeant les vendeurs à découvert.
👉 Pour se protéger, les vendeurs à découvert utilisent des ordres stop-loss et évitent de trop concentrer leurs positions sur des titres à fort short interest ou à faible flottant.
Vente à découvert et CFD
La vente à découvert est beaucoup plus simple à réaliser via les CFD (Contracts for Difference) que sur le marché actions traditionnel. Avec un CFD, le trader ouvre directement une position de vente depuis sa plateforme, sans avoir à emprunter physiquement les titres. Le mécanisme d'emprunt est géré automatiquement par le broker.
Les principaux avantages du short selling via CFD :
💰 Coût réduit
Les spreads sur CFD sont généralement faibles, et les frais d'emprunt sont intégrés dans les coûts de financement overnight (swap).
🌍 Large choix d'instruments
Actions, indices boursiers, paires de devises (Forex), matières premières, obligations, ETF : presque tous les marchés sont accessibles à la vente.
⚡ Simplicité d'exécution
Un seul clic sur le bouton « Sell » depuis votre plateforme de trading suffit pour ouvrir une position courte sur l'instrument souhaité.
🔒 Effet de levier encadré
L'ESMA plafonne l'effet de levier pour les particuliers (5:1 sur actions, 30:1 sur les principales paires de devises), ce qui limite l'exposition globale.
Sur le marché du Forex, la vente à découvert est même inhérente au trading : vendre une paire de devises, c'est parier sur la baisse de la devise de base par rapport à la devise de cotation.
📉 Rappel important : le trading de CFD avec effet de levier comporte un risque élevé. 70 à 80 % des comptes de particuliers perdent de l'argent. Entraînez-vous d'abord sur un compte démo.
ASIC : Australie • BaFin : Allemagne • BVIFSC : Îles Vierges britanniques • BACEN : Brésil • CySEC : Chypre • CMVM : Portugal • CFTC : USA • CBFSAI : Irlande • DFSA : Dubaï • FSCM : Île Maurice • FCA : Royaume-Uni • FINMA : Suisse • FRSA : Abu Dhabi • FSCA : Afrique du Sud • JFSA : Japon • KNF : Pologne • MAS : Singapour • OCRI : Canada • SCB : Bahamas • SFC : Colombie • CMA : Kenya
⚠️ Le trading de CFD implique un risque de perte significatif. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en négociant des CFD.
Vendre à découvert sur le Forex
Sur le marché des changes, la vente à découvert fonctionne différemment : il n'y a pas de titre à emprunter. Comme les devises se négocient par paires, vous êtes toujours long sur une devise et short sur l'autre en même temps. Vendre à découvert une devise revient donc à passer un simple ordre de vente sur la paire concernée.
Concrètement, si vous pensez que l'euro va baisser face au dollar, vous vendez la paire EUR/USD : vous devez donc anticiper à la fois la devise qui va perdre de la valeur (l'euro) et celle qui va se renforcer (le dollar).
📊 Exemple chiffré sur l'EUR/USD
La paire EUR/USD cote 1,1102. Vous anticipez une baisse de l'euro et vendez 2 lots standard, soit une position de 200 000 € (222 030 $). Avec une exigence de marge de 2 %, votre dépôt initial est de 4 000 € environ. Deux heures plus tard, l'EUR/USD est tombé à 1,10025 : vous rachetez vos 2 lots pour clôturer. Le gain brut est d'environ 1 980 $ (hors spread et commission).
Quelques notions clés avant de shorter une paire de devises :
Paire de devises : une devise de base (citée en premier) et une devise de cotation. Dans EUR/USD, l'euro est la base, le dollar la cotation.
Pip : la plus petite variation de prix, généralement 0,0001 de la devise de cotation (0,01 lorsque le yen est la devise de cotation).
Taille des lots : 100 000 unités pour un lot standard, 10 000 pour un mini-lot, 1 000 pour un micro-lot.
La démarche tient en cinq étapes : rechercher une paire susceptible de baisser, l'analyser (analyse technique et fondamentale), choisir une stratégie, alimenter son compte, puis ouvrir la position de vente en plaçant des ordres stop-loss et take-profit avant de la surveiller.
⚠️ Comme pour les actions, le risque est asymétrique : si la paire vendue continue de monter, la perte n'a théoriquement pas de limite. Le trading sur marge amplifie ces pertes, d'où l'importance des stop-loss.
Vendre à découvert en France : PEA, SRD et ETF inverses
En France, le short direct sur actions n'est pas accessible partout. Voici les trois voies possibles, avec leurs limites.
Solution
Comment ça marche
Pour qui
SRD (Service de Règlement Différé)
Permet de vendre à découvert des actions sur Euronext Paris, avec règlement reporté à la fin du mois boursier. Réservé aux valeurs les plus liquides (SBF 120).
Investisseurs avec compte-titres chez un courtier proposant le SRD
CFD
Position « Sell » en un clic sur actions, indices, devises, matières premières. Emprunt automatique, large choix d'instruments.
Traders actifs à court terme
ETF inverses (dans un PEA)
Le short classique est impossible en PEA, mais des ETF « short » répliquent la performance inverse d'un indice, sans emprunt de titres.
Investisseurs souhaitant se couvrir dans leur PEA
Concrètement, pour prendre une exposition baissière dans un PEA, vous pouvez utiliser des ETF inverses éligibles gérés par Amundi :
Amundi CAC 40 Daily (-1x) Inverse UCITS ETF (ISIN FR0010591362, ticker SHC) : réplique l'inverse du CAC 40 au quotidien, frais de gestion de 0,40 % par an.
Amundi CAC 40 Daily (-2x) Inverse UCITS ETF (ISIN FR0010411884, ticker BX4) : exposition inverse à effet de levier x2, frais de 0,59 % par an — plus risqué et plus sensible à la volatilité.
⚠️ Attention aux ETF « Daily »
Ces ETF répliquent la performance inverse au jour le jour. Sur plusieurs semaines de marché agité, l'effet de composition (beta slippage) peut faire diverger fortement leur performance de l'inverse exact de l'indice. Ils conviennent à une couverture de court terme, pas à une détention longue « passive ».
Vente à découvert, AMF et réglementation européenne
La vente à découvert est une technique réglementée en France et dans l'Union Européenne. Elle est encadrée par le règlement européen sur les ventes à découvert (Short Selling Regulation – SSR, règlement 236/2012), supervisé localement par l'AMF et au niveau européen par l'ESMA.
Les principales obligations réglementaires concernent :
La déclaration des positions courtes nettes à l'AMF dès le seuil de 0,1 % du capital d'un émetteur, puis à chaque palier supplémentaire de 0,1 %, dans un délai d'un jour de négociation. Ce seuil de notification, initialement fixé à 0,2 %, a été abaissé à 0,1 % de façon permanente par le règlement délégué (UE) 2022/27, entré en application le 31 janvier 2022.
La publication au marché : dès que la position courte nette atteint ou dépasse 0,5 % du capital, l'AMF rend l'information publique sur sa base BDIF.
L'interdiction des ventes à découvert nues (vendre sans avoir préalablement emprunté ou localisé les titres).
La transparence : l'AMF et l'ESMA publient régulièrement les listes des positions courtes significatives déclarées.
Tous les instruments financiers ne sont pas disponibles à la vente à découvert, notamment en raison de leur liquidité. Quand un titre n'est pas suffisamment liquide, l'offre de prêt de titres est insuffisante et le coût d'emprunt devient prohibitif. C'est une des raisons pour lesquelles la vente à découvert via CFD est souvent plus accessible que le short selling direct sur actions. À noter : les activités de tenue de marché (market making) bénéficient d'exemptions, sous réserve d'une notification préalable à l'AMF.
Vente à découvert : interdite ou pas ?
La vente à découvert est légale en France et dans toute l'Union Européenne. Cependant, elle peut faire l'objet d'interdictions temporaires décidées par les régulateurs lors de crises boursières majeures.
Historiquement, l'AMF a eu recours à ces mesures d'urgence à plusieurs reprises :
2011 : interdiction sur des valeurs financières françaises fragilisées par la crise de la dette (AXA, BNP Paribas, Natixis, Société Générale).
Mars 2020 : lors de la crise Covid-19, l'AMF et plusieurs régulateurs européens ont interdit temporairement les positions courtes nettes sur les actions les plus impactées, afin de limiter la spéculation baissière. L'AMF a levé cette interdiction en mai 2020.
Ces interdictions peuvent survenir rapidement et concerner des titres habituellement très liquides. Il est donc important de rester informé des décisions de l'AMF avant d'initier des positions courtes sur des valeurs françaises.
⚠️ Bon à savoir
Les interdictions temporaires de positions courtes ne concernent généralement pas les activités de tenue de marché (market making), qui bénéficient d'exemptions spécifiques prévues par la réglementation européenne.
Conclusion
La vente à découvert est un outil puissant pour les traders souhaitant profiter des marchés baissiers ou couvrir leur portefeuille contre les baisses. Loin d'être une simple spéculation « nuisible », elle joue un rôle utile dans la découverte des prix, la liquidité et la détection des fraudes. Elle s'intègre dans une stratégie de trading complète qui ne se limite pas aux phases haussières.
La mise en œuvre la plus accessible passe aujourd'hui par les CFD, qui offrent une grande flexibilité sur de nombreux marchés à des coûts réduits. Pour une couverture au sein d'un PEA, les ETF inverses constituent une alternative. Cependant, cette technique reste exigeante : les pertes potentiellement illimitées, le risque de short squeeze, la hausse des coûts d'emprunt et les appels de marge imposent une gestion du risque rigoureuse.
👉 La vente à découvert ne s'improvise pas. Avant de shorter, formez-vous, testez votre stratégie sur un compte démo, fixez-vous un plan de sortie et ne prenez jamais de positions disproportionnées par rapport à votre capital.
FAQ – Questions fréquentes sur la vente à découvert
Qu'est-ce que la vente à découvert en bourse ?▾
La vente à découvert consiste à vendre un actif que l'on ne possède pas encore. On emprunte d'abord le titre à son courtier, on le vend au prix actuel, puis on le rachète plus tard à un prix inférieur pour dégager un profit. La différence entre le prix de vente et le prix de rachat constitue le gain (ou la perte si le cours monte).
La vente à découvert est-elle légale en France ?▾
Oui, la vente à découvert est légale en France et dans toute l'Union Européenne. Elle est encadrée par le règlement européen sur les ventes à découvert (SSR) et supervisée par l'AMF. Elle peut faire l'objet d'interdictions temporaires en période de crise boursière grave, comme cela a été le cas en 2011 et en mars 2020.
Quels sont les risques d'une vente à découvert ?▾
Le risque principal est que les pertes sont théoriquement illimitées : si le cours monte indéfiniment, les pertes augmentent sans plafond. Les autres risques incluent l'effet de levier qui amplifie les pertes, les frais d'emprunt de titres, la hausse imprévue de ces frais, les appels de marge, et le risque de short squeeze (rachat forcé en cas de hausse violente et imprévue).
Qu'est-ce qu'un short squeeze ?▾
Un short squeeze survient quand une action fortement shortée monte soudainement, obligeant les vendeurs à découvert à racheter massivement leurs positions pour limiter leurs pertes. Ces rachats amplifient encore la hausse. L'exemple le plus célèbre est GameStop en 2021, dont l'action a explosé en quelques jours ; le phénomène s'est brièvement reproduit en mai 2024 avec le retour de « Roaring Kitty ».
Comment vendre à découvert avec des CFD ?▾
Avec les CFD, il suffit d'ouvrir une position de vente (« Sell ») sur l'instrument souhaité depuis votre plateforme de trading. Vous n'avez pas besoin d'emprunter physiquement les titres : le mécanisme est automatisé. Les CFD permettent de shorter actions, indices, devises, matières premières, ETF et obligations à moindre coût.
Peut-on vendre à découvert dans un PEA ?▾
Non, il n'est pas possible de faire de vente à découvert classique dans un PEA. En revanche, vous pouvez prendre une exposition baissière via des ETF inverses éligibles au PEA, comme l'Amundi CAC 40 Daily (-1x) Inverse (ISIN FR0010591362). Ces ETF reproduisent la performance inverse d'un indice au jour le jour, sans emprunt de titres.
Qu'est-ce que le SRD et peut-on vendre à découvert dessus ?▾
Le SRD (Service de Règlement Différé) est un service proposé par certains brokers actions français qui permet de vendre à découvert des actions cotées sur Euronext Paris. Le règlement des transactions est différé à la fin du mois boursier. Seules les actions les plus liquides (généralement celles du SBF 120) sont éligibles au SRD.
L'AMF peut-elle interdire la vente à découvert sur une action ?▾
Oui. L'AMF dispose du pouvoir d'interdire temporairement les positions courtes nettes sur des titres spécifiques ou sur l'ensemble du marché en cas de menace grave pour la stabilité financière. Ces mesures peuvent être prises très rapidement en cas d'urgence. L'ESMA peut également prendre des mesures coordonnées au niveau européen.
Quelle est la différence entre un put et une vente à découvert ?▾
Un put (option de vente) vous donne le droit de vendre une action à un prix fixé (le strike). Votre perte maximale est limitée à la prime payée, ce qui en fait une façon de parier à la baisse avec un risque plafonné. Dans une vente à découvert directe, il n'y a pas de plafond aux pertes si le cours monte.
La vente à découvert fait-elle baisser le cours d'une action ?▾
À court terme, un excès de vendeurs peut peser sur un cours, mais à long terme la vente à découvert n'a pas d'impact durable : c'est la performance réelle de l'entreprise qui détermine sa valeur (la « machine à peser » de Benjamin Graham). La vente à découvert légitime améliore même la découverte des prix et la liquidité, et aide à démasquer les fraudes. Seule la manipulation par fausses rumeurs est interdite et sanctionnée.