
Mis à jour le 31 juillet 2026 par Ludovic
Le spread est sans doute le coût le plus important et le plus mal compris du trading. C'est l'écart entre le prix d'achat et le prix de vente d'un actif : à chaque fois que vous ouvrez une position, il se transforme en une petite perte immédiate. Comprendre ce qu'il représente, comment il se calcule et pourquoi il varie change concrètement votre rentabilité, surtout si vous multipliez les allers-retours.
Ce guide réunit et met à jour l'essentiel : la définition du spread bid-ask, la distinction entre spread fixe et variable, les autres familles de spreads (taux d'intérêt, options), la méthode de calcul en pips avec un exemple chiffré, et une méthode pratique pour réduire son impact.
Quand vous négociez un instrument financier, votre courtier affiche toujours deux prix pour le même actif :
L'ask est toujours légèrement supérieur au bid. Cette différence, c'est le spread. Prenons l'EUR/USD coté ainsi :
| Élément | Cours | Signification |
|---|---|---|
| Bid (vente) | 1,0964 | Prix auquel le courtier vous achète l'euro |
| Ask (achat) | 1,0967 | Prix auquel le courtier vous vend l'euro |
| Spread | 0,0003 | 3 pips d'écart |
Si, juste après avoir acheté à 1,0967, vous revendiez immédiatement à 1,0964, sans laisser le prix bouger, vous clôtureriez sur une petite perte. Cette perte, c'est exactement le spread. Elle représente la rémunération du broker pour l'exécution de vos ordres. Tous les intermédiaires financiers se rémunèrent pour le service rendu ; le spread est simplement l'une des façons de le faire.

Le spread est en général prélevé une seule fois, à l'ouverture de la position, que vous soyez acheteur (position longue) ou vendeur (position courte). Résultat : votre transaction commence quasiment toujours avec une petite perte latente, égale au montant du spread.
À la clôture, un ordre inverse est exécuté au prix affiché à cet instant. Comme le spread a déjà été « encaissé » à l'entrée, votre résultat final intègre ce coût. Concrètement, il faut donc que le marché évolue d'au moins la valeur du spread en votre faveur pour atteindre le seuil de rentabilité (breakeven) ; au-delà seulement, vous commencez à gagner.
Un spread paraît minuscule (quelques pips), mais il se paie sur chaque trade. Un scalpeur qui ouvre 20 positions par jour sur l'EUR/USD paiera 20 fois le spread : la différence entre 0,3 pip et 1,3 pip devient un gouffre sur un mois.

Sur le forex et les CFD, il existe essentiellement deux modes de tarification du spread.
Il reste identique quelles que soient les conditions de marché. Sur l'EUR/USD, un spread fixe de 2 pips restera de 2 pips que le marché soit calme ou agité. Ce modèle est surtout proposé par les courtiers Market Makers, qui agissent comme contrepartie directe de vos ordres (ils vendent quand vous achetez, et inversement). L'avantage : une visibilité totale sur le coût, appréciable pour planifier ses trades et gérer le risque.
Il évolue en permanence selon la liquidité et la volatilité du moment. Un courtier qui annonce « à partir de 0,1 pip » affichera ce niveau dans les conditions optimales, mais l'écart peut grimper lors des heures creuses ou d'une annonce économique. Ce modèle est typique des courtiers ECN et STP, qui transmettent vos ordres directement au marché : le spread reflète alors les meilleurs prix d'offre et de demande des fournisseurs de liquidité.
Au sens strict, un spread est un « écart de prix ». Mais le terme recouvre plusieurs réalités selon le marché. En voici les principales.
C'est l'écart entre cours acheteur et cours vendeur, décrit plus haut. Il concerne la plupart des actifs : devises, actions, indices, matières premières, cryptomonnaies. Plus un actif est liquide (fort volume d'échanges, nombreux acheteurs et vendeurs), plus son spread bid-ask est étroit. À l'inverse, une paire de devises exotique ou une petite capitalisation affichera un spread large.
Il s'agit de l'écart entre deux taux d'intérêt. Sur le forex, chaque paire met en jeu deux taux directeurs. Pour l'EUR/USD, l'euro dépend de la Banque centrale européenne et le dollar de la Réserve fédérale. En juillet 2026, le taux de dépôt de la BCE est de 2,25 % tandis que la fourchette cible de la Fed s'établit à 3,50 %–3,75 % : le différentiel d'environ 1,25 à 1,50 point détermine le swap (intérêt overnight) crédité ou débité lorsque vous conservez une position d'un jour sur l'autre. Sur le marché obligataire, on parle aussi de spread de rendement pour comparer, par exemple, une obligation d'entreprise et une obligation d'État d'échéance similaire : plus l'émetteur est risqué, plus le rendement exigé et donc le spread est élevé.
Sur le marché des options, le mot « spread » désigne une stratégie combinant l'achat et la vente simultanés de plusieurs contrats sur le même sous-jacent. Le spread vertical joue sur des prix d'exercice différents ; le spread calendaire combine des échéances différentes (achat d'une option longue, vente d'une option courte). L'objectif est d'ajuster le profil risque/rendement de la position.
En résumé : quand on parle de « types de spreads » en trading de détail, on vise le plus souvent le spread bid-ask (fixe ou variable). Les spreads de taux et d'options relèvent de logiques distinctes mais reposent sur la même idée fondamentale : un écart de prix ou de rendement à surveiller de près.
Le spread se mesure en pips (« Point In Percentage »), l'unité minimale de variation d'une paire de devises. Pour la plupart des paires, un pip correspond à la quatrième décimale (0,0001). Pour les paires en yen japonais, cotées à deux décimales, un pip vaut 0,01. Beaucoup de plateformes affichent désormais une décimale supplémentaire (le « pipette », ou dixième de pip) pour plus de précision.
Pour convertir un spread en argent, il faut d'abord connaître la valeur du pip, qui dépend de la taille de la position :
| Taille de position | Unités | Valeur d'1 pip (paire en /USD) |
|---|---|---|
| 1 lot standard | 100 000 | 10 $ |
| 1 mini-lot | 10 000 | 1 $ |
| 1 micro-lot | 1 000 | 0,10 $ |
Vous achetez 0,3 lot d'EUR/USD (soit 30 000 €). La valeur d'un pip est de 3 $ (30 000 × 0,0001). Si le spread est de 1 pip, il vous coûte 3 $, prélevés dès l'ouverture. Votre position démarre donc avec une perte latente d'environ 2,75 € (selon le taux de change EUR/USD du moment). Il faudra que la paire progresse d'1 pip en votre faveur pour revenir à l'équilibre — au-delà, vous êtes en gain. Avec un spread de 3 pips au lieu d'1, le même trade démarrerait à −9 $ : trois fois plus lourd à rattraper.

Sur un compte à spread variable, plusieurs facteurs déterminent l'écart affiché à un instant donné :
Les courtiers se rémunèrent de deux manières, parfois combinées : le spread et la commission. La distinction tient surtout à la façon de facturer.
| Spread | Commission | |
|---|---|---|
| Mode de calcul | Écart bid-ask, en pips | Montant fixe ou % du volume |
| Fréquence | Une fois, à l'ouverture | À l'ouverture et à la clôture |
| Visibilité | Intégré au prix | Ligne séparée sur le relevé |
| Modèle type | Comptes standard, Market Makers | Comptes ECN / RAW |
Un compte « spread nul » n'est jamais réellement gratuit : le courtier se rattrape avec une commission par lot. Pour comparer deux offres, il faut donc raisonner en coût total = spread + commission, ramené à votre volume et à votre fréquence de trading.
Le spread n'a rien de secret : il suffit d'observer les deux prix affichés. Sur MetaTrader 4 et 5, la fenêtre « Observation du marché » (généralement à gauche) montre les cours bid et ask de chaque instrument ; leur différence donne le spread en points. Vous pouvez aussi ajouter une colonne « Spread » via un clic droit. C'est un bon réflexe pour vérifier que votre courtier respecte bien les conditions annoncées.
Avant même d'ouvrir un compte, les conditions de spread par instrument doivent figurer sur le site du courtier. Méfiez-vous des mentions « à partir de X pip » sans détail : ce plancher ne s'applique souvent qu'à une poignée de paires majeures, aux heures les plus liquides. Notre comparateur de brokers permet de confronter ces coûts instrument par instrument.
Il n'existe pas de réponse universelle : le meilleur choix dépend de votre style de trading.
Notre repère : à niveau de coût comparable, un spread fixe et serré est plus confortable pour apprendre ; dès que le spread fixe est haut, mieux vaut basculer sur du variable étroit. Testez toujours sur un compte de démonstration avant d'engager du capital.
Réduire l'impact du spread ne relève pas de la chance mais de quelques habitudes concrètes.
Les indices boursiers (CAC 40, DAX, S&P 500, Nasdaq…) font partie des CFD les plus tradés. Voici une sélection de courtiers réglementés pour comparer leurs conditions de spread sur ces instruments.
⚠️ Le trading de CFD implique un risque de perte significatif. 70 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en négociant des CFD.
Le spread n'est pas une ligne de frais anecdotique : c'est le péage que vous payez à chaque position. Savoir le lire, le calculer et anticiper ses variations vous place du bon côté de la statistique. Choisissez un courtier réglementé et transparent, comparez le coût total plutôt que le spread affiché, tradez les instruments liquides aux bonnes heures, et vérifiez toujours vos conditions sur un compte de démonstration avant de risquer votre capital.