
Mis à jour le 9 octobre 2026 par l'Équipe de broker-forex.fr
Sur les marchés, la fortune peut se construire très vite, et disparaître encore plus vite. Les histoires réunies ici ont toutes un point commun : des gains spectaculaires, souvent obtenus grâce à l'effet de levier ou à une concentration extrême, suivis d'une chute brutale. Elles sont plus instructives que bien des manuels, car elles montrent concrètement ce qui se passe quand la gestion du risque est absente.
Nous verrons successivement le charpentier canadien devenu multimillionnaire grâce aux options Tesla, le médecin américain qui a gagné puis perdu un million de dollars sur Robinhood, la mécanique des faux traders d'Instagram et le destin de plusieurs milliardaires qui ont tout perdu.
Points clés à retenir
Christopher DeVocht est charpentier sur l'île de Vancouver, au Canada. Comme beaucoup de day traders, il se forme le soir sur des forums, et sa spécialité devient les options sur l'action Tesla. Selon la plainte qu'il a déposée en 2025 devant la Cour suprême de Colombie-Britannique, son compte ouvert chez RBC Dominion Securities, la filiale de courtage de la Banque Royale du Canada, valait environ 88 000 dollars fin 2019. Deux ans plus tard, il atteignait 415 millions de dollars, l'une des séries gagnantes les plus spectaculaires jamais rapportées.
Il n'a pourtant jamais encaissé. À l'été 2020, alors que son portefeuille vaut déjà environ 26 millions de dollars, il se rend à sa banque pour obtenir un prêt immobilier. On l'oriente vers un « coach » interne, puis vers un expert-comptable du cabinet Grant Thornton. Sur leurs conseils, d'après sa plainte, il crée une société, y transfère ses titres et adopte une stratégie consistant à accumuler et conserver le plus d'actions Tesla possible, afin d'être fiscalement considéré comme une société de portefeuille plutôt que comme une entreprise de trading active.
Le résultat est une concentration extrême sur une seule action, financée en partie par un compte sur marge. En 2021, la hausse de Tesla fait passer le portefeuille de 186 à 415 millions de dollars en huit mois. En 2022, l'action chute. DeVocht emprunte 20 millions de dollars à sa société pour tenter de se refaire par des opérations de court terme, qui échouent. En octobre 2022, de nouvelles baisses déclenchent des appels de marge : la société doit vendre ses titres pour rembourser la banque, et ses avoirs finissent par « ne plus rien valoir ».
DeVocht reproche à ses conseillers d'avoir privilégié l'optimisation fiscale au détriment de la gestion du risque, sans tenir compte de ses connaissances financières limitées. Il leur reproche aussi de lui avoir recommandé 25,5 millions de dollars de dons caritatifs. RBC et Grant Thornton n'ont pas commenté l'affaire à l'époque, et ces allégations n'avaient alors pas été examinées par la justice.
💡 La leçon
Savoir trader ne suffit pas : une fortune soudaine doit être protégée par la diversification, le désendettement et la prise de bénéfices. Un portefeuille concentré sur une seule action et financé à crédit peut perdre l'essentiel de sa valeur en quelques mois. Pour trader les options, mieux vaut comprendre les stratégies d'options et passer par un broker régulé :
⚠️ Les contrats d'options sont des produits financiers complexes. 69 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent.
Richard Dobatse est médecin dans la marine américaine, à San Diego. En 2017, il découvre l'application Robinhood et se laisse séduire par le trading en un clic, l'accès facile aux options et les animations ludiques : confettis, notifications remplies d'emoji. « On aurait dit un jeu », racontera-t-il au New York Times.
Il alimente d'abord son compte avec 15 000 dollars d'avances sur carte de crédit et perd régulièrement. Au lieu d'arrêter, il contracte deux prêts de 30 000 dollars pour trader des actions et des options plus spéculatives, dans l'espoir de rembourser ses dettes. Cette fois, cela fonctionne : son compte dépasse le million de dollars. Mais il reperd presque tout, dont 860 000 dollars en mars 2020 lors du krach lié au Covid. Son solde tombe à 6 956 dollars. Son épouse raconte qu'il ne mangeait plus pendant ses séances de trading et faisait des cauchemars.
Fondé en 2013, Robinhood a popularisé le trading sans commission et sans minimum de dépôt auprès de millions de jeunes Américains. Son modèle repose largement sur le paiement pour flux d'ordres : il est rémunéré par les teneurs de marché auxquels il transmet les ordres de ses clients, et gagne donc davantage quand ceux-ci tradent beaucoup. Notifications, action offerte à gratter comme un ticket de loterie, interface ludique : tout incite à l'activité. Les études de l'époque montraient que ses utilisateurs tradaient les produits les plus risqués, notamment les options, au rythme le plus élevé du marché.
L'accès aux options était particulièrement facile : quelques questions à choix multiples suffisaient, et l'application laissait modifier ses réponses jusqu'à obtenir l'autorisation. Des incidents techniques ont aussi marqué son histoire, comme une faille qui permettait d'emprunter de façon quasi illimitée. En 2020, le suicide d'un étudiant de 20 ans, qui pensait à tort avoir un solde négatif de 730 000 dollars à cause d'une position sur options incomplètement affichée, a conduit la plateforme à revoir l'information de ses clients et l'accès aux options. Les autorités américaines ont ensuite sanctionné Robinhood à plusieurs reprises.
Le débat reste ouvert. Pour certains, le broker est responsable de pousser des débutants vers des produits dangereux. Pour d'autres, chaque trader reste responsable de ses décisions, et Dobatse a continué à s'endetter malgré ses pertes. En Europe, le paiement pour flux d'ordres est d'ailleurs totalement interdit depuis le 30 juin 2026.
⚠️ Les signaux d'alerte
Si vous vous reconnaissez, faites une pause et relisez nos conseils sur la gestion du risque et sur la réaction face aux pertes.

En janvier 2014, peu après la sortie au Royaume-Uni du Loup de Wall Street (voir notre sélection de films sur les traders), Elijah Oyefeso, un jeune homme de 21 ans du sud de Londres, commence à publier sur les réseaux sociaux les gains qu'il dit réaliser en Bourse. Les tabloïds britanniques le présentent comme l'étudiant qui aurait transformé son prêt étudiant en fortune, en gagnant 30 000 livres en travaillant une heure par jour. Voitures de luxe, jets privés, passage à la télévision : l'image du millionnaire autodidacte fait rêver des milliers de jeunes.
Les enquêtes de presse ont ensuite révélé un tout autre modèle. Il publie des photos de produits de luxe avec des hashtags populaires, suit massivement des comptes de jeunes, puis leur propose en message privé de gagner « 100 à 400 livres par semaine, sans expérience, en 15 à 30 minutes par jour ». Il les oriente vers des plateformes, souvent d'options binaires, peu fiables, qui exigent un dépôt minimum de 250 livres. Pour chaque inscription, il touche une commission d'affiliation de 40 à 80 livres, sans prendre le moindre risque. Certaines victimes étaient mineures et s'inscrivaient au nom de leurs parents. La plupart perdaient leur dépôt, et la seule façon de le « récupérer » qu'on leur proposait était de devenir à leur tour affilié et faux trader. Sa fortune supposée n'a jamais été démontrée : la seule société enregistrée à son adresse a été dissoute en 2016 sans trace de revenus.
Les options binaires consistent à parier sur la hausse ou la baisse d'un actif sur une courte durée. Elles se sont développées à la fin des années 2000, souvent depuis Chypre ou Israël, avec des pratiques commerciales agressives. En 2016, la FCA britannique constatait que 82 % des transactions se soldaient par des pertes. L'ESMA a interdit leur commercialisation aux particuliers dans l'Union européenne en 2018, interdiction rendue permanente ensuite par les régulateurs nationaux, dont l'AMF, et par la FCA au Royaume-Uni.
Le phénomène des faux traders n'a pas disparu pour autant : il s'est déplacé vers les cryptomonnaies, les signaux payants, les formations hors de prix et les prop firms douteuses. Pour s'en protéger :
Les traders particuliers ne sont pas les seuls à tout perdre. Mauvaises décisions, excès de dette, bulles, crises ou fraudes : même les plus grandes fortunes peuvent s'effondrer.

Fondateur à 23 ans du distributeur de téléphones mobiles Hikari Tsushin, Yasumitsu Shigeta devient l'un des plus jeunes milliardaires autodidactes du Japon. En 2000, au sommet de la bulle Internet, sa fortune atteint 42 milliards de dollars sur le papier, avant de s'effondrer de près de 40 milliards en quelques mois lorsque la bulle éclate. Il a depuis patiemment reconstruit son entreprise et sa fortune.

Fondateur de SoftBank, investisseur précoce dans Yahoo! et Alibaba, Masayoshi Son voit sa fortune grimper d'environ 10 milliards de dollars par semaine au plus fort de la bulle Internet. Lorsque celle-ci éclate, l'action SoftBank perd 93 % et il perd environ 70 milliards de dollars, considérée comme l'une des plus grosses pertes individuelles de l'histoire. Il rebondit grâce au rachat de Vodafone Japon en 2006, à Alibaba puis à Arm et à l'intelligence artificielle, et compte de nouveau parmi les premières fortunes du Japon.

Premier milliardaire islandais classé par Forbes, il fait fortune en Russie dans la bière, revend sa société à Heineken pour 352 millions de dollars, puis prend avec son père le contrôle de Landsbanki, deuxième banque du pays. La crise financière islandaise de 2008 entraîne la nationalisation de la banque : il perd l'essentiel de sa fortune et se retrouve avec des dettes considérables, dans ce qui reste la plus grande faillite personnelle de l'histoire du pays. Il a depuis reconstitué une fortune dans les télécoms et la pharmacie.

Enrichi dans l'immobilier texan puis à la tête du Stanford Financial Group, installé à Antigua où il est fait chevalier, Allen Stanford affiche une fortune de plus de 2 milliards de dollars. En 2009, la SEC l'accuse d'avoir orchestré une chaîne de Ponzi d'environ 7 milliards de dollars reposant sur de faux certificats de dépôt à rendement élevé. Il est condamné en 2012 à 110 ans de prison.

Parti d'une petite carrière familiale, Seán Quinn bâtit un groupe de plus de 8 000 salariés (ciment, verre, hôtels, assurance). Forbes l'estime à 6 milliards de dollars en 2008. Mais il a parié massivement, via des contrats financiers avec effet de levier, sur l'action Anglo Irish Bank, dont sa famille détient environ un quart. La banque est nationalisée en 2009, et Quinn est déclaré en faillite en 2012 avec près de 3 milliards de dettes.

Homme le plus riche du Brésil, classé huitième fortune mondiale avec environ 34,5 milliards de dollars en 2012, Eike Batista a bâti un empire dans les mines d'or puis le pétrole. Sa société pétrolière OGX produit beaucoup moins que promis, ne peut plus honorer ses dettes et dépose le bilan en 2013. En 2014, il déclare une fortune nette négative d'environ 1 milliard de dollars.

Souverain de l'Empire du Mali au XIVe siècle, Mansa Musa est souvent présenté comme l'homme le plus riche de l'histoire. Lors de son pèlerinage à La Mecque, il distribue tant d'or au Caire que le cours du métal s'effondre en Égypte pendant des années. C'est un cas précoce d'inflation provoquée par un afflux massif de monnaie. Après sa mort, ses successeurs ne parviennent pas à préserver l'empire, dont la richesse se dissipe en deux générations.
| Erreur | Exemples | Comment l'éviter |
|---|---|---|
| Concentration extrême | DeVocht (Tesla), Quinn (Anglo Irish Bank) | Diversifier et plafonner le poids d'une position. |
| Effet de levier et dette | Dobatse, DeVocht, Björgólfsson, Batista | Limiter le levier et ne jamais trader avec de l'argent emprunté. |
| Vouloir se refaire | Dobatse, DeVocht | S'arrêter après une série de pertes et revoir son plan. |
| Bulles spéculatives | Shigeta, Son | Prendre des bénéfices quand les valorisations s'envolent. |
| Confiance aveugle | Victimes d'Oyefeso et de Stanford | Vérifier les agréments et se méfier des rendements trop beaux. |
Ces histoires rappellent une vérité simple : sur les marchés, la vitesse à laquelle on gagne de l'argent annonce souvent celle à laquelle on peut le perdre. Les grands traders qui durent, de Druckenmiller à Seykota, ont tous fait de la préservation du capital leur priorité absolue. Avant de passer en réel, testez votre stratégie sur un simulateur de trading ou un compte démo, fixez des règles de risque strictes et ne tradez jamais plus que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.
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