
Mis à jour le 9 octobre 2026 par l'Équipe de broker-forex.fr
Jusqu'à 90 % des traders particuliers perdent de l'argent, et beaucoup abandonnent dès la première année, épuisés par les pertes et le stress. Ceux qui réussissent sont généralement ceux qui ont continué à apprendre malgré des débuts difficiles. Alex Temiz en fait partie : ancien barista chez Starbucks, il est devenu un day trader multimillionnaire, spécialiste de la vente à découvert des petites capitalisations américaines.
Cette page résume l'interview qu'il a accordée à Shay Huang (The Humbled Trader) : ses débuts, sa stratégie, sa routine quotidienne, sa gestion de la taille des positions et ses conseils pour les traders à temps partiel.
Points clés à retenir
Alex Temiz commence à trader à 19 ans, alors qu'il gagne environ 150 dollars par semaine chez Starbucks. Sa motivation de départ n'a rien de très rationnel : vexé par une rupture amoureuse, il veut devenir riche. La Bourse lui semble plus accessible que l'immobilier, car on peut ouvrir un compte avec 500 dollars.
Comme beaucoup de débutants, il pense qu'il suffit d'acheter les cassures (breakouts) vues dans les publicités et les vidéos. Il s'abonne à des services d'alertes, imagine qu'il va doubler son capital chaque mois... et perd régulièrement de l'argent. Le déclic vient avec la découverte de la vente à découvert : sa première opération, 2 000 actions vendues, lui rapporte 1 000 dollars en dix minutes.
| Période | Résultat |
|---|---|
| 1re année | Pertes |
| 2e année | Découverte du short, proche de l'équilibre |
| 3e année | Petits gains réguliers, de 50 à 100 dollars par jour |
| 4e année et au-delà | Croissance exponentielle, notamment en 2020 et 2021 |
Il lui a fallu trois ans pour comprendre qu'il ne devait pas tout vendre à découvert, mais attendre une configuration précise sur le graphique journalier : une action qui monte puis rechute en laissant une longue mèche. C'est en répétant ce setup chaque jour qu'il a construit une véritable stratégie.
Après avoir testé les penny stocks, il se concentre sur les small caps entre 1 et 5 dollars, à faible flottant, qui offrent la plus forte volatilité. Il finance son compte avec 2 000 dollars, obtenus en vendant les jantes de sa voiture, en se promettant d'arrêter définitivement s'il les perd. Avoir réellement quelque chose à perdre l'a rendu plus discipliné.
Aux États-Unis, la règle du Pattern Day Trader impose 25 000 dollars sur le compte pour faire du day trading sans restriction. Il a d'abord utilisé un broker offshore offrant un fort effet de levier, avant que celui-ci ne ferme. Il reconnaît avoir eu de la chance de récupérer ses fonds, puis il est passé chez un broker américain régulé, avec plus d'actions disponibles à l'emprunt et des protections pour les clients. Il a aussi appris à répartir la marge sur plusieurs titres : concentrée sur une seule action qui monte de 10 %, elle peut faire sauter un compte.
Lors d'une conférence de trading à Las Vegas, où son père l'accompagne avec scepticisme (il avait beaucoup perdu en 2008), Alex Temiz rencontre le trader Bao Nguyen. Les deux hommes se complètent : Bao est fort en analyse technique, Alex en analyse fondamentale. Ils deviennent partenaires et fondent ensuite une communauté de formation sans service d'alertes.
C'est en observant Bao qu'ils créent la « règle du zombie » : après 10h30, Bao continuait à trader par ennui et rendait lentement une partie de ses gains du matin. Comme au casino, plus on reste à la table, plus la maison récupère son argent. Depuis, ils arrêtent de trader après 10h30.
Au réveil, vers 6 heures, il regarde si les actions repérées la veille bougent avant l'ouverture.
Il ouvre sa plateforme et classe les actions selon leur hausse en pourcentage du jour.
Une hausse sans nouvelle a peu de chances de tenir. Si une nouvelle existe, il vérifie si l'entreprise a déjà publié des communiqués similaires par le passé.
Documents déposés auprès de la SEC, risques de dilution, besoins de financement : il collecte un maximum d'informations avant de regarder le graphique.
Il évite de vendre à découvert une action en plus haut historique. Il privilégie les titres qui butent sur une ancienne résistance ou qui ont monté puis rechuté.
Il trace les supports et résistances, en utilisant notamment les plus hauts et plus bas du pré-marché, puis il planifie son entrée et sa sortie.
Chaque jour, une action concentre l'attention de tous les traders sur les forums et les réseaux sociaux. Beaucoup de vendeurs à découvert pensent que plus la hausse est forte, plus il faut vendre. Mais l'attention peut prolonger le mouvement, et beaucoup se font piéger par une hausse parabolique.
Alex Temiz préfère une action secondaire, moins suivie, qui a déjà monté avant l'ouverture puis commencé à baisser. Il attend qu'elle rebondisse sur la résistance du pré-marché pour la vendre à découvert. Son stop ultime est toujours placé au-dessus du plus haut du pré-marché : si le prix le dépasse, il sort immédiatement, sans attendre. Sur ces titres secondaires, ce plus haut est souvent assez éloigné pour laisser de la marge.
Pour Alex Temiz, l'erreur classique est d'utiliser la même taille sur chaque trade. Le dimensionnement doit dépendre de la configuration : chaque setup reçoit une note, et la taille augmente avec la note.
| Note du setup | Exemple de taille | Commentaire |
|---|---|---|
| C | 10 000 actions | Probabilité modérée |
| B | 25 000 actions | 30 % de la taille au-dessus du VWAP, le reste sous le VWAP |
| A (premier jour rouge) | 100 000 actions | Sa meilleure configuration, vendue dès que le titre passe dans le rouge |
Le premier jour rouge est le moment où une action qui a fortement monté les jours précédents passe pour la première fois sous son cours de clôture de la veille. Les prises de bénéfices s'enchaînent alors souvent. Alex Temiz affirme y obtenir un taux de réussite très élevé ; ce chiffre est le sien et ne garantit rien pour un autre trader. Ce qui compte, c'est le principe de l'échelonnement : la taille sur un setup A est dix fois plus grande que sur un setup C.
Pour les sorties, il ne fixe pas d'objectif de prix arbitraire : il rachète une partie de sa position sur chaque support tracé sur le graphique. Il vend à découvert sur les résistances et rachète sur les supports, jamais l'inverse.
Sa plus grosse perte, 450 000 dollars, est venue d'une introduction en Bourse chinoise très spéculative. Après avoir raté plusieurs mouvements similaires, il a voulu « se rattraper » avec une position beaucoup trop grosse. Le FOMO, l'excès de confiance et la taille excessive se sont combinés. Il est sorti assez tôt : en s'entêtant, il estime qu'il aurait pu perdre bien davantage. Cette perte est arrivée juste après une période où il avait fait passer un compte de 30 000 dollars à 1 million en 55 jours.
Ses plus gros gains viennent des actions « meme » : environ 700 000 dollars en une journée en vendant AMC à découvert, et plus d'un million de dollars au total sur Bed Bath & Beyond.
À ses débuts, Alex Temiz travaillait de nuit chez Starbucks et pouvait trader à l'ouverture du marché américain. Il conseille aux traders à temps partiel de se concentrer sur la première heure de séance, la plus rentable selon lui, et d'éviter le milieu de journée, souvent agité. Une fenêtre d'environ deux heures, de 9h00 à 10h30 (heure de New York), suffit pour profiter des meilleures opportunités. Depuis la France, cela correspond à la séance de l'après-midi.
Le parcours d'Alex Temiz rappelle qu'aucun trader ne devient rentable du jour au lendemain : il lui a fallu trois ans d'essais et d'erreurs avant de trouver une configuration qui fonctionnait pour lui. Sa principale leçon est de trader selon sa personnalité, en identifiant ses forces et ses faiblesses pour les intégrer à son plan de trading. Attention toutefois : la vente à découvert de small caps très volatiles est l'une des pratiques les plus risquées qui soient, avec des pertes potentiellement illimitées. Elle ne convient pas aux débutants.
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