
Mis à jour le 07 août 2026 par Ludovic
Le MOIC, ou multiple sur le capital investi (en anglais Multiple on Invested Capital), est un indicateur qui permet de suivre le rendement d'un investissement. Il mesure combien de fois le capital de départ a été récupéré.
Concrètement, il compare la valeur d'un investissement à sa date de sortie avec le montant de l'investissement initial. Un MOIC de 3x signifie que chaque euro placé en a rapporté trois.
Cette mesure est particulièrement répandue dans le secteur du capital-investissement, où elle sert à suivre les performances d'un fonds et à comparer les rendements de différentes entreprises.
Principaux enseignements :
➡️ Le MOIC (Multiple on Invested Capital) mesure combien de fois le capital investi a été récupéré, en particulier dans le capital-investissement.
➡️ Il compare la valeur totale d'un investissement à la date de sortie avec le montant de l'investissement initial.
➡️ Son calcul est simple : on divise la valeur totale (réalisée + latente) par le capital investi.
➡️ Il ne tient pas compte de la valeur temporelle de l'argent, du risque, ni du calendrier des flux de trésorerie.
➡️ Un MOIC de 2,0x à 3,0x est généralement considéré comme bon ; la moyenne nette des fonds de buyout tournait autour de 1,7x fin 2025.
➡️ Le MOIC doit être utilisé avec d'autres mesures comme le TRI (IRR) pour obtenir une vision complète de la performance.
Le MOIC est un ratio (un « multiple ») qui exprime la somme d'argent reçue par rapport à la somme investie. Si un fonds investit 1 € et récupère 3 €, son MOIC est de 3x.
Il s'agit essentiellement du rapport entre l'apport initial en capital et la valeur totale de l'actif (par exemple une entreprise cible d'un LBO), ce qui détermine le rendement brut de l'opération.
Le MOIC est souvent employé de manière interchangeable avec d'autres termes tels que le multiple on money (MoM) ou le cash-on-cash return. Ces expressions désignent la même idée : combien de fois la mise de départ a été multipliée.
La formule du MOIC suit une structure de base : on divise le total des entrées de trésorerie par le total des sorties de trésorerie.
MOIC = (Valeur réalisée + Valeur non réalisée) ÷ Total du capital investi
La valeur réalisée regroupe les liquidités déjà encaissées : produits de cession, dividendes, recapitalisations. La valeur non réalisée correspond à la valeur de marché actuelle des participations encore détenues (valeur latente ou NAV). Le capital investi représente l'ensemble des sorties de trésorerie, à commencer par l'apport initial de fonds propres.
Dans le cadre d'un LBO (rachat d'entreprise par effet de levier), les entrées de trésorerie proviennent d'événements de liquidité tels qu'une vente à un acheteur stratégique ou une introduction en bourse (IPO). Les sorties de fonds sont principalement constituées de l'apport initial en fonds propres nécessaire au rachat.
Dans un tableur, l'apport initial s'affiche souvent sous la forme d'un nombre négatif ; un signe négatif supplémentaire est alors placé devant la formule pour convertir le résultat en chiffre positif.
Prenons un exemple simple issu du private equity. Une société de capital-investissement investit 20 M€ pour financer le rachat d'une entreprise via un LBO.
Au terme de la période de détention (année 5), la participation est revendue 80 M€. Le calcul est le suivant :
MOIC = 80 M€ ÷ 20 M€ = 4,0x
Pour chaque euro investi, le fonds a récupéré 4 euros. Un multiple de 4,0x traduit une opération très performante, nettement au-dessus de la moyenne du marché.
À l'inverse, si la revente s'était faite à 15 M€, le MOIC aurait été de 0,75x, c'est-à-dire une perte : l'investisseur n'aurait pas récupéré son capital de départ.
Le MOIC représente le rendement obtenu par euro investi. Un MOIC élevé signifie que l'investissement est rentable et il est donc perçu positivement. À l'inverse, un MOIC faible indique un investissement peu profitable, où les investisseurs risquent de ne pas atteindre leur objectif, voire de ne pas récupérer leur capital.
Il n'existe pas de moyenne universellement admise, car le MOIC dépend fortement du millésime (l'année d'investissement) et de la stratégie. Un MOIC de 2,0x ou plus est souvent cité comme un bon repère en capital-investissement, et un bon MOIC se situe généralement entre 2x et 3x selon l'actif et le secteur.
Pour situer un fonds par rapport au marché, les données de référence de Cambridge Associates sont utiles. Selon leur indice PE du 4ᵉ trimestre 2025, la moyenne mondiale des fonds de buyout ressort autour de 1,7x de MOIC net, tandis que les fonds du premier quartile dépassent 2,3x.
| Niveau de MOIC net | Interprétation |
|---|---|
| Inférieur à 1,0x | Perte : le capital initial n'est pas récupéré |
| 1,0x à 1,5x | Rendement faible, en dessous de la moyenne des fonds |
| Environ 1,7x | Moyenne des fonds de buyout (indice PE, T4 2025) |
| 2,0x à 2,3x | Bonne performance, proche du premier quartile |
| 3,0x et plus | Performance excellente, création de valeur importante |
À noter : la performance du quartile inférieur peut être très décevante. D'après les données de référence de Preqin, 55 % des investissements du quartile inférieur rapportent moins de 1,0x, ce qui signifie une perte en valeur absolue pour les investisseurs.
Une distinction essentielle, souvent négligée, sépare le MOIC brut du MOIC net.
Le MOIC brut est calculé avant frais : c'est le multiple généré par les investissements sous-jacents. C'est ce chiffre que les sociétés de gestion mettent en avant dans leurs présentations.
Le MOIC net correspond à ce que l'investisseur reçoit réellement, une fois déduits les frais de gestion et le carried interest (la commission de surperformance du gérant).
L'écart peut être considérable. Avec une structure de frais classique de type « 2 et 20 », le MOIC brut est réduit de 15 % à 30 % : un fonds affiché à 3,0x brut peut ne délivrer que 2,0x à 2,2x net à l'investisseur. Il est donc indispensable de toujours demander le MOIC net avant de comparer des fonds.
Le MOIC est souvent confondu avec deux autres multiples utilisés en capital-investissement : le TVPI et le DPI. Ils mesurent des choses proches mais distinctes.
| Indicateur | Numérateur | Dénominateur | Inclut la valeur latente ? |
|---|---|---|---|
| MOIC | Valeur réalisée + non réalisée | Capital investi | Oui |
| TVPI | Valeur réalisée + non réalisée | Capital appelé (paid-in) | Oui |
| DPI | Distributions en cash uniquement | Capital appelé (paid-in) | Non |
Le TVPI (Total Value to Paid-In) est très proche du MOIC : la seule différence tient au dénominateur. Le MOIC divise la valeur totale par l'investissement initial, alors que le TVPI la divise par le capital réellement appelé. Lorsqu'un fonds est entièrement appelé, TVPI et MOIC coïncident.
Le DPI (Distributed to Paid-In) ne compte, lui, que les liquidités effectivement distribuées, sans valeur latente. C'est un garde-fou précieux : un fonds peut afficher un MOIC de 3,0x tout en ne rendant que 0,8x en DPI si l'essentiel de la valeur reste immobilisé dans des participations non encore cédées. Il faut donc toujours regarder ces deux chiffres côte à côte pour distinguer les gains « sur le papier » du cash réellement encaissé.
Le MOIC et l'IRR (Internal Rate of Return), appelé en français TRI (taux de rendement interne), sont deux mesures financières essentielles pour évaluer la performance des investissements. Elles ont toutefois des objectifs, des forces et des limites différents.
Le TRI est le taux d'actualisation qui rend la valeur actuelle nette (VAN, ou NPV) d'une série de flux financiers égale à zéro. Il suppose toutefois que les flux intermédiaires sont réinvestis au même taux, ce qui n'est pas toujours réaliste.
En résumé, le MOIC offre une mesure directe de la rentabilité, tandis que le TRI fournit une vision plus complète intégrant le facteur temps. Les investisseurs utilisent souvent ces deux mesures conjointement : le MOIC pour la création de valeur totale, le TRI pour l'efficacité dans le temps.
La conversion d'un MOIC en TRI dépend de la durée de détention. Voici quelques repères approximatifs :
| MOIC | Durée | TRI approximatif |
|---|---|---|
| 2,0x | 3 ans | ≈ 25 % |
| 2,5x | 3 ans | ≈ 35 % |
| 3,0x | 3 ans | ≈ 45 % |
| 2,0x | 5 ans | ≈ 15 % |
| 2,5x | 5 ans | ≈ 20 % |
| 3,0x | 5 ans | ≈ 25 % |
Ces valeurs ne sont que des approximations : un même MOIC correspond à un TRI très différent selon qu'il est atteint rapidement ou sur une longue période.
Bien que le MOIC soit un outil largement utilisé pour évaluer la performance des investissements, il présente plusieurs limites importantes.
Le MOIC ignore la valeur temporelle de l'argent, un concept fondamental en finance. Un investissement peut afficher un MOIC élevé, mais si le rendement est obtenu après une très longue période, il n'est peut-être pas aussi intéressant qu'il n'y paraît.
Par exemple, un investissement qui double de valeur (MOIC de 2,0x) mais en 25 ans ne rapporte qu'environ 2,8 % par an, souvent à peine plus que l'inflation. Ce facteur est particulièrement important pour des actifs comme l'immobilier résidentiel : si une maison met 20 ans à doubler de valeur (3,5 % par an), il faut retrancher l'inflation et les coûts de possession, sachant qu'aucun flux de trésorerie n'est en général généré.
L'inflation est un coût à prendre en compte dans la durée, car investir consiste fondamentalement à préserver ou accroître son pouvoir d'achat. Il faut donc raisonner en rendements réels plutôt qu'en rendements nominaux.
Le MOIC ne mesure pas le degré de risque d'un investissement. Deux opérations peuvent afficher le même MOIC, mais si l'une est bien plus risquée que l'autre, elle n'est pas aussi attractive. Il est essentiel d'évaluer les rendements ajustés au risque.
Le MOIC ne mesure que le total des entrées et sorties, sans tenir compte du moment où ces flux surviennent. Or un investissement qui rend des liquidités rapidement a plus de valeur qu'un autre qui rend le même montant plus tard.
Le MOIC est une mesure relative : il rapporte le gain à l'investissement initial. Cela peut induire en erreur lorsqu'on compare des opérations de tailles différentes. Un petit investissement au MOIC élevé peut générer un rendement absolu inférieur à celui d'un investissement plus important au MOIC plus faible. Il est d'ailleurs généralement plus facile d'atteindre un MOIC élevé avec un petit montant de départ qu'avec un gros.
Pour les investissements toujours en cours et non encore liquidés, le MOIC peut induire en erreur. Si une évaluation intermédiaire sert à calculer la valeur actuelle, elle peut surestimer ou sous-estimer le rendement réel, car la valeur de sortie finale peut se révéler très différente.
Enfin, si le MOIC donne un aperçu de la rentabilité, il ne fournit pas une image complète de la performance. Il doit être utilisé avec d'autres mesures comme le TRI (IRR), la valeur actuelle nette (VAN) et le délai de récupération pour obtenir une compréhension plus complète d'un investissement.
⚠️ Investir comporte des risques de perte en capital.