
Mis à jour le 24 juillet 2026 par l'Équipe de broker-forex.fr
L'or vient de vivre l'un des retournements les plus spectaculaires de son histoire moderne : un sommet absolu proche de 5 589 $ l'once fin janvier 2026, puis une correction de près de 28 % qui a ramené le métal jaune autour de 4 000 $ au cours de l'été. Ce guide fait le point sur la situation réelle du marché, sur les instruments disponibles pour s'exposer à l'or, sur la stratégie du ratio or/argent, et sur la fiscalité française applicable en 2026.
Le début d'année 2026 restera dans les annales du marché des métaux précieux. Dans la continuité d'une année 2025 exceptionnelle (environ +65 % en dollars, plus de 50 records historiques inscrits en douze mois), l'once d'or est passée d'environ 4 300 $ début janvier à un sommet absolu proche de 5 589 $ le 28 janvier 2026, soit une hausse de l'ordre de 30 % en un seul mois. Un mouvement parabolique, plus proche d'un actif spéculatif que du placement défensif traditionnel.
La chute a été à la mesure de la hausse. À partir du 30 janvier, le métal a perdu près de 1 200 $ en deux séances, sa pire débâcle depuis le début des années 1980, effaçant en quelques jours l'essentiel de l'envolée de janvier. Après un rebond en février, la baisse a repris et s'est prolongée : entre mars et fin juin, l'or a encore reculé d'environ 13 %, signant son plus mauvais trimestre depuis treize ans et repassant brièvement sous les 4 000 $ l'once. Le point bas a été touché aux alentours de 4 010 $ fin juin. Fin juillet 2026, l'once évolue autour de 4 000 à 4 100 $, soit environ 3 500 à 3 600 € l'once.
C'est la question qui déconcerte le plus les investisseurs particuliers, et la réponse tient en trois mots : taux d'intérêt réels.
Sur le plan technique, la cassure de la moyenne mobile à 200 jours en juin, une première depuis 2023, a confirmé le changement de régime à court terme. Les analystes surveillent désormais la zone de support des 3 800 $, correspondant à des niveaux de réaction établis en 2025.
Paradoxalement, la demande physique est restée solide pendant la correction. Les données du World Gold Council pour le premier trimestre 2026 montrent un marché structurellement porteur :
| Segment de demande | T1 2026 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Demande totale | 1 231 tonnes | +2 % (valeur record de 193 Md$, +74 %) |
| Achats nets des banques centrales | 244 tonnes | +3 % |
| Lingots et pièces (investisseurs particuliers) | 474 tonnes | +42 %, 2e plus haut niveau historique |
| Bijouterie | 300 tonnes | −23 % (effet prix) |
| ETF adossés à l'or | 62 tonnes | contre 230 t au T1 2025 |
| Technologie (dont infrastructures IA) | 82 tonnes | +1 % |
Source : World Gold Council, Gold Demand Trends T1 2026. Le prix moyen trimestriel du fixing LBMA a atteint un record de 4 873 $ l'once, avec un plus haut à 5 405 $ en janvier.
Côté prévisions, le consensus des grandes banques reste orienté à la hausse mais a été nettement revu à la baisse au fil de l'année. Goldman Sachs maintient un objectif de 4 900 $ pour fin 2026, en s'appuyant sur la demande des banques centrales. JPMorgan, initialement très optimiste, table désormais sur une moyenne de 4 300 $ au troisième trimestre et 4 500 $ au quatrième trimestre 2026, tout en conservant une vision haussière pour 2027. D'autres établissements affichent encore des cibles nettement plus élevées. Cet écart considérable entre prévisions doit être lu pour ce qu'il est : le signe que personne ne sait, et un rappel qu'aucun objectif de cours ne remplace une gestion du risque rigoureuse.
Avant d'ouvrir un compte, il faut comprendre que « investir dans l'or » recouvre des réalités très différentes. Le bon véhicule dépend de votre horizon : la détention physique et le trading à effet de levier ne répondent pas du tout au même objectif.
De l'or réel, sous forme de barres ou de pièces d'investissement (Napoléon, Krugerrand, Maple Leaf, Souverain). Vous détenez le métal, sans risque de contrepartie. En contrepartie : une prime à l'achat, des frais de stockage et d'assurance, et une liquidité moins immédiate. C'est le choix de la protection patrimoniale sur 10 ans et plus. En France, l'or d'investissement est exonéré de TVA.
Des contrats sur la différence permettant de se positionner à la hausse comme à la baisse avec un effet de levier plafonné à 20:1 pour les particuliers dans l'UE, soit 5 % de marge. Idéaux pour le trading actif et la couverture de court terme, mais coûteux à conserver : les frais de financement overnight s'accumulent chaque nuit. À réserver aux horizons de quelques heures à quelques semaines.
Des produits cotés en bourse, achetables depuis un compte-titres ordinaire chez n'importe quel courtier. Les ETC physiques sont adossés à de l'or réellement stocké en coffre, avec des frais de gestion annuels généralement compris entre 0,12 % et 0,40 %. C'est le compromis le plus simple entre liquidité et exposition au métal, sans les contraintes de stockage. Attention : les ETC or ne sont pas éligibles au PEA.
Négociés principalement sur le COMEX, les contrats à terme fixent un prix de livraison à une échéance donnée. Le contrat standard porte sur 100 onces, ce qui représente plus de 400 000 $ de valeur notionnelle au cours actuel : ils s'adressent aux investisseurs disposant d'un capital conséquent, ou via des micro-contrats. Ils supposent aussi de gérer le roulement des échéances.
Acheter des producteurs comme Newmont, Barrick ou Agnico Eagle revient à jouer l'or avec un effet de levier opérationnel : quand le cours monte, les marges des mines progressent plus vite que le métal lui-même. L'inverse est également vrai à la baisse. Il faut y ajouter des risques spécifiques : coûts d'extraction, risque pays, qualité du management, dilution du capital.
Les certificats attestent d'une propriété d'or sans détention matérielle ; les swaps sont des contrats de gré à gré (OTC) sur mesure, à distinguer des futures et options négociés sur des bourses centralisées. Ces produits comportent un risque de contrepartie qu'il faut évaluer avec attention, notamment lorsque l'allocation n'est pas nominative.
Le bon réflexe : un CFD ne remplace pas un lingot, et inversement. Si votre objectif est de protéger votre patrimoine contre un scénario extrême, l'or papier avec risque de contrepartie répond mal au besoin. Si votre objectif est de capter un mouvement de 5 % en deux semaines, acheter des pièces avec 4 % de prime à l'achat n'a pas de sens non plus.
Les services spécialisés règlent le principal obstacle de l'or physique : où le conserver en sécurité. Ils permettent d'acheter du métal alloué, stocké en coffre assuré dans plusieurs juridictions, et revendable en continu au cours spot. Avant d'ouvrir un compte, vérifiez trois points : la propriété juridique du métal (allocation nominative ou non), le lieu de stockage et son assurance, et le montant réel des frais de garde annuels.
Nous détaillons le fonctionnement, les frais et les modalités de stockage de la première de ces plateformes dans notre avis complet sur BullionVault.
Pour le trading actif du XAU/USD, comparez en priorité le spread moyen sur l'or (et non le spread affiché sur l'EUR/USD), la qualité de l'exécution lors des publications macroéconomiques, les frais de financement overnight et la régulation du broker.
ADGM : Abu Dhabi • ASIC : Australie • BaFin : Allemagne • BVIFSC : Îles Vierges britanniques • BACEN : Brésil • CMA : Kenya • CySEC : Chypre • CMVM : Portugal • CFTC : USA • CBFSAI : Irlande • DFSA : Dubaï • FSCM : Île Maurice • FCA : Royaume-Uni • FINMA : Suisse • FRSA : Abu Dhabi • FSAS : Seychelles • FSCA : Afrique du Sud • JFSA : Japon • KNF : Pologne • MAS : Singapour • OCRI : Canada • SCB : Bahamas • SFC : Colombie
⚠️ Le trading de CFD implique un risque de perte significatif. 69 à 80 % des comptes d'investisseurs particuliers perdent de l'argent en négociant des CFD.
Sur le forex, l'or est traité comme une devise à part entière. Il porte le code ISO XAU (du latin aurum) et se négocie presque toujours contre le dollar américain, sous le symbole XAU/USD. Le cours affiché correspond au prix d'une once troy, soit 31,1035 grammes.
Cette cotation en dollars a une conséquence directe : la relation inverse entre l'or et le billet vert. Un dollar qui se renforce rend l'or plus cher pour les acheteurs des autres zones monétaires et pèse mécaniquement sur son cours. Cette corrélation négative n'est cependant ni parfaite ni permanente : en 2025, or et dollar ont progressé conjointement pendant plusieurs mois, portés par les achats de banques centrales.
Le XAU/USD est l'un des instruments les plus liquides du marché : son volume quotidien dépasse celui de la plupart des paires de devises, à l'exception des grandes majors. Il se négocie 24 h/24 du dimanche soir au vendredi soir, avec une interruption technique quotidienne d'environ une heure. Les phases de plus forte activité correspondent à l'ouverture de Londres et surtout au chevauchement Londres–New York, entre 14 h et 18 h heure de Paris, moment où tombent la plupart des statistiques américaines.
Un point de vigilance propre à 2026 : la volatilité quotidienne de l'or a fortement augmenté. Des amplitudes de 100 à 150 $ dans la journée sont devenues courantes, contre 30 à 40 $ il y a encore deux ans. Une taille de position calibrée sur les habitudes d'hier expose aujourd'hui à un risque bien supérieur à celui anticipé.
Comprendre la hiérarchie des moteurs du cours évite bien des contresens, comme celui d'acheter de l'or « parce qu'il y a une guerre » alors que le marché regarde ailleurs.
Le ratio or/argent est l'un des plus anciens indicateurs du marché des métaux précieux, et l'un des rares outils qui permette de raisonner en valeur relative plutôt qu'en prix absolu. Il ne répond pas à la question « l'or est-il cher ? », mais à une question plus utile : l'or est-il cher par rapport à l'argent ?
Le ratio or/argent désigne le nombre d'onces d'argent nécessaires pour acheter une once d'or. Son calcul est immédiat :
Ratio or/argent = cours de l'once d'or ÷ cours de l'once d'argent
Exemple, fin juillet 2026 : 4 055 $ ÷ 62 $ ≈ 65
Autrement dit, il faut environ 65 onces d'argent pour obtenir une once d'or au cours actuel.
La mécanique est simple : le ratio monte lorsque l'or progresse plus vite que l'argent (ou baisse moins vite), et il descend lorsque l'argent surperforme. Le suivre revient donc à mesurer en permanence le rapport de force entre le métal purement monétaire et le métal hybride, dont environ 60 % de la demande est industrielle : photovoltaïque, électronique, batteries, semi-conducteurs.
Cette double nature explique pourquoi l'argent est structurellement plus volatil que l'or. En phase d'expansion, la demande industrielle vient s'ajouter à la demande d'investissement et le ratio s'effondre. En phase de récession ou de panique, l'argent est délaissé bien plus vite que l'or et le ratio explose à la hausse.

Évolution historique du ratio or/argent - source : Or.fr
Pendant la majeure partie de l'histoire monétaire, le ratio n'a pas été un prix de marché mais une décision politique : les États le fixaient pour garantir la stabilité de leur système bimétallique. Il est resté remarquablement stable pendant des siècles. Ce n'est qu'après la découverte de gisements massifs d'argent en Amérique, puis l'abandon des métaux comme monnaie au XXe siècle, que le ratio est devenu véritablement volatil.
| Période | Ratio or/argent | Contexte |
|---|---|---|
| Empire romain | ≈ 12 | Ratio fixé par l'autorité publique |
| 1792 – 1834 | 15 | Étalon bimétallique américain |
| 1834 – 1862 | 16 | Révision décidée par le Congrès américain |
| Début du XXe siècle | 20 à 40 | Fin progressive du bimétallisme |
| 1940 | ≈ 97 | Fuite vers l'or au début de la Seconde Guerre mondiale |
| Janvier 1980 | ≈ 15 | Spéculation des frères Hunt sur l'argent |
| 1991 | ≈ 100 | Argent au plus bas, désintérêt total des investisseurs |
| Mars 2020 | plus de 110 | Panique liée à la crise sanitaire, record moderne |
| Fin janvier 2026 | ≈ 44 puis 57 | Plus bas de plusieurs décennies, puis rebond après la correction |
| Juillet 2026 | ≈ 65 | Normalisation progressive |
Les niveaux indiqués sont arrondis et peuvent varier légèrement selon la source de cotation retenue (spot, fixing LBMA, clôture).
Le point notable de 2026 est le plongeon du ratio à environ 44 fin janvier, un niveau qui n'avait plus été observé depuis des décennies. L'argent avait alors littéralement explosé, avec une hausse de plus de 117 % en dollars sur l'année 2025, surperformant nettement l'or. La correction de février a été plus violente sur l'argent que sur l'or, ce qui a fait remonter le ratio vers 57, puis vers 65 en juillet.
L'usage classique du ratio repose sur ses niveaux extrêmes. La plupart du temps, or et argent évoluent dans le même sens. Mais il arrive qu'ils divergent durablement, le ratio s'écartant alors de sa fourchette habituelle. L'idée consiste à vendre le métal relativement « cher » pour acheter le métal relativement « bon marché », puis à faire l'opération inverse lorsque le ratio revient à son extrême opposé.
Exemple chiffré (simplifié)
L'intérêt de la méthode est qu'elle raisonne en onces, pas en devises. Elle est donc largement indifférente à l'inflation et aux variations de change : c'est une stratégie d'accumulation de métal, pas une stratégie de plus-value comptable.
Cette approche est séduisante sur le papier. Elle comporte pourtant plusieurs faiblesses que l'on sous-estime souvent.
La conséquence pratique est claire : cette stratégie ne convient pas au court terme. Elle s'adresse à un investisseur patient, sur des supports peu coûteux à arbitrer. Pour les positions tactiques, les traders utilisent plutôt le croisement XAU/XAG proposé par certains brokers, ou une position combinée longue sur un métal et courte sur l'autre, ce qui neutralise le risque directionnel du marché mais implique des frais de financement sur les deux jambes de l'opération.
Enfin, une remarque de bon sens sur la situation actuelle : à environ 65, le ratio se situe en dessous de sa moyenne des vingt dernières années, laquelle se situe plutôt autour de 65 à 70 selon la période retenue. Autrement dit, l'argent n'est plus manifestement sous-évalué par rapport à l'or comme il pouvait l'être en 2020. La fenêtre d'arbitrage la plus évidente s'est refermée, et le signal est aujourd'hui neutre plutôt qu'extrême. Pour aller plus loin, consultez notre guide dédié au trading de l'argent et notre page sur l'investissement dans les métaux précieux.
Aucune méthode ne fonctionne en permanence sur l'or, et 2026 l'a démontré avec brutalité : les stratégies de suivi de tendance qui avaient été très rentables en 2025 ont été laminées en février. Voici les approches les plus couramment utilisées, avec leurs conditions de validité.
L'approche la plus classique : acheter les replis dans une tendance haussière confirmée, en s'appuyant sur les moyennes mobiles à 50 et 200 jours. Elle a magnifiquement fonctionné de 2023 à janvier 2026. Elle exige toutefois une règle de sortie stricte : la clôture sous la moyenne mobile 200 jours de juin 2026 constituait précisément ce signal, le premier depuis 2023. Ignorer ce type d'alerte est la manière la plus courante de rendre plusieurs mois de gains en quelques séances.
L'or réagit violemment aux publications américaines : rapport sur l'emploi (NFP), indice des prix à la consommation (CPI), décisions et minutes du FOMC. Le mécanisme est stable : une donnée qui repousse les baisses de taux pèse sur l'or, une donnée qui les rapproche le soutient. En juillet 2026, un rapport sur l'emploi décevant (57 000 créations en juin) a suffi à faire rebondir le métal de plus de 2 % en trois séances. Cette approche suppose un broker à l'exécution fiable et une taille de position réduite : les écarts de cotation lors des annonces peuvent être considérables.
Plutôt qu'une stratégie de gain, un usage défensif : détenir une allocation en or (souvent 5 à 10 % d'un portefeuille diversifié) pour amortir les chocs sur les actions. La logique reste valable, mais 2026 rappelle que la protection n'est pas garantie sur toutes les phases : l'or et les actions peuvent baisser simultanément quand le facteur commun est la remontée des taux réels.
Détaillé plus haut, il s'agit d'une stratégie de valeur relative, à horizon pluriannuel, qui ne nécessite aucune anticipation sur la direction générale du marché.
Le comportement des actions minières précède parfois celui du métal : lorsque les producteurs sous-performent nettement l'or, cela traduit un scepticisme du marché sur la pérennité du niveau de prix. À l'inverse, une surperformance des minières dans une phase de consolidation constitue un signal de reprise souvent fiable. Pour construire ce type de méthode, nos pages sur l'analyse technique et les stratégies de trading apportent les bases indispensables.
Protection patrimoniale sur dix ans ou exposition tactique sur quelques semaines ? L'instrument découle de l'horizon, jamais l'inverse. Écrivez votre objectif avant d'ouvrir le moindre compte.
Lingots et pièces pour le long terme, ETC or pour un compte-titres, CFD XAU/USD pour le trading actif, futures pour les gros volumes, actions minières pour un levier opérationnel.
Vérifiez l'agrément (AMF, FCA, CySEC, BaFin), le spread réel sur l'or, les frais de financement overnight et, pour le physique, les frais de garde et le lieu de stockage.
Compte tenu de l'amplitude quotidienne actuelle du XAU/USD, un passage par un simulateur de trading permet de calibrer correctement ses tailles de position avant d'engager du capital réel.
Taux réels américains, dollar, calendrier de la Fed, achats des banques centrales, flux ETF. C'est cette grille de lecture, et non les gros titres géopolitiques, qui explique l'essentiel des mouvements.
Fixez à l'avance la taille de position, le stop de protection et le risque maximal par opération, généralement 1 à 2 % du capital. Sur un actif capable de bouger de 150 $ dans la journée, cette discipline n'est pas optionnelle.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a relevé le taux de CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %. Les prélèvements sociaux passent donc de 17,2 % à 18,6 %, ce qui modifie plusieurs des taux applicables aux investisseurs en métaux précieux depuis le 1er janvier 2026.
| Situation | Régime applicable | Taux 2026 |
|---|---|---|
| Or physique revendu sans facture | Taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TMP) | 11,5 % du prix de vente total (11 % + 0,5 % de CRDS) — inchangé |
| Or physique revendu avec facture (option) | Plus-value de cession de biens meubles, art. 150 UA du CGI | 37,6 % de la plus-value (19 % d'IR + 18,6 % de PS), contre 36,2 % en 2025 |
| Détention longue de l'or physique | Abattement pour durée de détention | −5 % par an dès la 3e année, exonération totale à 22 ans |
| Bijoux et objets précieux | Taxe forfaitaire sur les objets précieux | Exonéré sous 5 000 € de vente, puis 6,5 % |
| Or papier : ETC, ETF, CFD, actions minières | Prélèvement forfaitaire unique (flat tax) | 31,4 % sur le gain (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS), contre 30 % en 2025 |
| Achat d'or d'investissement | TVA | Exonéré (art. 298 sexdecies A du CGI). L'argent métal, lui, est soumis à la TVA |
Trois points pratiques méritent d'être retenus. D'abord, conservez systématiquement vos factures d'achat datées et nominatives : sans elles, la taxe forfaitaire de 11,5 % s'applique d'office sur le montant total encaissé, même en cas de vente à perte. Ensuite, le seuil d'exonération de 5 000 € ne concerne que les bijoux et objets de collection, pas les lingots ni les pièces d'investissement. Enfin, en cas de donation ou de succession, transmettez la facture d'origine avec le métal : sans justificatif, l'héritier perd l'accès au régime des plus-values et à l'exonération à 22 ans.
L'or d'investissement n'entre pas dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). La déclaration d'une cession d'or physique s'effectue au moyen du formulaire 2091-SD, à transmettre dans le mois suivant l'opération.
Avertissement : ces éléments sont fournis à titre informatif et reflètent l'état du droit connu à la date de mise à jour de cette page. Ils ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Votre situation particulière, notamment en cas de résidence fiscale hors de France, peut appeler des règles différentes : rapprochez-vous d'un professionnel.
Les produits dérivés sur l'or destinés aux particuliers sont strictement encadrés dans l'Union européenne. Les mesures de l'ESMA, reprises par l'AMF en droit français, imposent notamment un effet de levier maximal de 20:1 sur l'or (soit 5 % de marge minimale), une protection contre les soldes négatifs, une fermeture automatique des positions lorsque la marge tombe sous 50 % de la marge initiale, l'interdiction des bonus promotionnels et l'affichage obligatoire du pourcentage de clients perdants.
Au Royaume-Uni, futures, options et CFD sur l'or relèvent de la Financial Conduct Authority (FCA). Dans l'Union européenne, la directive MiFID II encadre l'ensemble des dérivés sur matières premières. Des régimes d'agrément spécifiques existent également à Dubaï, Singapour, en Inde, en Malaisie, en Afrique du Sud et à Hong Kong. Avant d'ouvrir un compte, vérifiez toujours l'inscription du courtier sur le registre de son régulateur : c'est la seule façon de bénéficier des mécanismes d'indemnisation en cas de défaillance.
L'exploitation de l'or remonte à environ 2000 avant notre ère, lorsque les Égyptiens de l'Antiquité commencent à extraire le métal à grande échelle. Le stock d'or extrait depuis l'origine de l'humanité est aujourd'hui estimé à plus de 220 000 tonnes, dont la majorité a été produite après 1950. Fait remarquable : contrairement au pétrole ou au blé, la quasi-totalité de cet or existe toujours, sous une forme ou une autre.
Sa fiabilité en a fait pendant des siècles l'ancrage des systèmes monétaires. En 1944, les accords de Bretton Woods fixent le prix de l'or à 35 $ l'once, le dollar devenant la seule devise convertible en métal. Ce système prend fin le 15 août 1971 lorsque les États-Unis suspendent la convertibilité : c'est la naissance du marché de l'or tel que nous le connaissons, avec un prix librement déterminé par l'offre et la demande.
La suite est une succession de cycles longs. L'or grimpe jusqu'à environ 850 $ l'once en janvier 1980, dans un contexte d'inflation à deux chiffres et de crise iranienne. Suit un marché baissier de près de vingt ans, qui ramène le cours autour de 250 $ en 1999. Le cycle haussier suivant, porté par la crise financière de 2008, culmine à environ 1 920 $ en 2011, avant une nouvelle phase de consolidation.
Le cycle actuel s'ouvre en 2019 et s'accélère spectaculairement à partir de 2022, sous l'effet conjugué des achats de banques centrales, du gel des réserves russes qui a poussé de nombreux États à reconsidérer leur exposition au dollar, et des tensions géopolitiques. L'once franchit 2 000 $, puis 3 000 $ en mars 2025, 4 000 $ en octobre 2025, 5 000 $ en janvier 2026 pour culminer à 5 589 $. La correction en cours depuis février 2026 est, à ce stade, la plus profonde de ce cycle. L'histoire de l'or enseigne toutefois que ses corrections, aussi violentes soient-elles, peuvent durer beaucoup plus longtemps que ne l'anticipent les investisseurs.
La plupart des pertes constatées sur l'or ne viennent pas d'une mauvaise analyse du marché, mais d'erreurs de méthode parfaitement évitables.
L'année 2026 aura été une leçon utile pour beaucoup d'investisseurs. L'or n'est pas un actif sans risque : après un sommet historique proche de 5 589 $ fin janvier, il a perdu près de 28 % en cinq mois, alors même que le contexte géopolitique restait tendu. La raison n'est ni mystérieuse ni conspirative : la remontée des taux d'intérêt réels rend un actif sans rendement mécaniquement moins attractif, quelles que soient les tensions du moment.
Pour autant, les fondamentaux du cycle n'ont pas disparu. Les banques centrales ont acheté 244 tonnes nettes au premier trimestre 2026, la demande de lingots et pièces a bondi de 42 %, et le mouvement de diversification hors dollar reste engagé. Le consensus des grandes banques demeure orienté à la hausse, avec des cibles allant de 4 300 à 4 900 $ pour la fin d'année, tout en ayant été sensiblement révisé à la baisse depuis janvier.
La conclusion pratique tient en une phrase : distinguez le rôle patrimonial de l'or de son usage spéculatif. Pour un portefeuille de long terme, une allocation mesurée en métal physique ou en ETC conserve son intérêt de diversification, et la correction actuelle offre des points d'entrée plus raisonnables que ceux de janvier. Pour du trading actif, le XAU/USD reste l'un des marchés les plus liquides et les plus riches en opportunités, à condition d'adapter la taille des positions à une volatilité qui a changé de régime. Dans les deux cas, testez votre approche sur un compte de démonstration, comparez sérieusement les frais avant de choisir votre intermédiaire, et ne risquez jamais un capital dont vous avez besoin par ailleurs.