
Mis à jour le 9 octobre 2026 par l'Équipe de broker-forex.fr
Greg Coffey est un gérant de hedge fund australien, surnommé le « Wizard of Oz » (le magicien d'Oz), spécialiste des marchés émergents. Il s'est fait connaître chez GLG Partners puis chez Moore Capital Management, où il a géré des milliards de dollars. Louis Bacon, fondateur de Moore Capital, l'a décrit comme « le trader le plus impressionnant que j'aie jamais vu ». Après une retraite anticipée en 2012, il est revenu en 2018 en lançant sa propre société, Kirkoswald Capital Partners.
Ses interventions publiques, rares, montrent un trader qui a profondément fait évoluer son style : de la prise de risque agressive des débuts à une approche centrée sur la préservation du capital.
Points clés à retenir
Greg Coffey grandit à Sydney dans un environnement modeste. Son ambition de jeunesse est simple : posséder une maison sur le port de Sydney, un objectif qu'il atteint tôt dans sa carrière. Après des débuts dans la banque, il rejoint au début des années 2000 le gérant londonien GLG Partners, où son fonds marchés émergents enchaîne les performances spectaculaires. En 2008, il rejoint Moore Capital avec la promesse d'une très large autonomie.
En 2012, à 41 ans, il annonce sa retraite pour se consacrer à sa famille. Six ans plus tard, il revient avec Kirkoswald Capital Partners, un fonds macro qu'il dirige depuis Londres.
Coffey équilibre confiance et humilité. Il reconnaît que personne ne croit totalement en lui-même et que le marché ne cesse d'enseigner ce qu'il reste à apprendre. « Les marchés sont là pour vous apprendre à quel point vous êtes mauvais dans votre travail. Chaque fois que vous vous persuadez que vous êtes bon, vous apprenez très vite que vous ne l'êtes pas autant que vous le pensiez. »
Au début de sa carrière, Coffey cherchait avant tout à gagner de l'argent, quitte à prendre des risques importants et à concentrer fortement ses positions. Avec l'expérience, sa priorité est devenue de ne pas perdre d'argent. Il insiste sur la nécessité de couper ses pertes et de laisser courir ses gains, tout en reconnaissant que, dans la pratique, les gestionnaires de risque des grands fonds ont tendance à faire réduire les positions gagnantes trop tôt, ce qui limite les gains de long terme.
Cette évolution est typique de nombreux traders : les premières années sont souvent marquées par des positions concentrées et un goût du risque élevé ; ensuite, la préservation du capital prend le dessus, avec des tailles de position plus petites et des portefeuilles plus diversifiés qui permettent d'éviter les drawdowns importants.
Coffey a longtemps été un excellent day trader. Il raconte avoir d'abord cru que la baisse de ses résultats à court terme n'était qu'une mauvaise passe. Puis il a compris que le marché avait changé : lors de la publication du rapport sur l'emploi américain (NFP), par exemple, les algorithmes digéraient les données bien plus vite que n'importe quel trader discrétionnaire. Il est donc passé du day trading à la détention de positions sur des cycles de marché entiers. Le day trading reste plus fréquent chez les traders débutants, tandis que les traders expérimentés privilégient souvent des horizons plus longs.
Contrairement à de nombreux traders de tendance qui renforcent leurs positions gagnantes (pyramidage), Coffey préfère prendre une position importante dès le départ, puis la réduire au fur et à mesure qu'elle devient rentable. Selon lui, augmenter une position en cours de route revient à être gros au mauvais moment : un simple repli suffit alors à effacer tous les gains accumulés.
La logique rejoint celle de l'investisseur dans la valeur : si une action rapporte 4 dollars par an et cote 40 dollars, elle est plus attractive qu'à 50 dollars, donc la position devrait être plus grosse au départ qu'après la hausse. Un trader pourrait par exemple commencer à 200 % de sa taille normale, revenir à 100 % une fois la position en gain, puis alléger encore si le mouvement se prolonge. Une telle approche impose évidemment des stops serrés au démarrage.
💡 Le conseil de Coffey aux jeunes traders
Prendre des positions individuelles plus petites, laisser les tendances se développer sur des périodes plus longues, se concentrer sur la gestion du risque de baisse et rester discipliné. Il recommande aussi de ne pas ruminer ses décisions passées : la stratégie doit être tournée vers l'avenir.
Un aspect clé de son style est de dimensionner ses positions pour rester dans des seuils de risque confortables, afin de ne jamais être bloqué par ses propres limites psychologiques ou par les contraintes imposées par ses investisseurs. Sa motivation provient d'un mélange de plaisir du travail bien fait et de peur de l'échec.
Greg Coffey illustre l'évolution d'un trader brillant vers une maturité centrée sur la gestion du risque. Son abandon du day trading face aux algorithmes, sa construction de positions « grosses au début, petites à la fin » et son insistance sur des tailles de position modestes pour les jeunes traders offrent des enseignements concrets. Comme tous les traders qui durent, il a compris que le premier objectif n'est pas de gagner beaucoup, mais de ne pas tout perdre.
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