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L'Edito Matières Premières et Devises

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'Total : six raffineries pour quelques dollars...'
11 Mar 2010 6:19 pm

Alors que les négociations semblent avoir capotées entre les syndicats et la direction de Total sur le sort de la raffinerie de Dunkerque, il convient de s'interroger sur la rentabilité du raffinage français et surtout de son coût réel pour Total.

900 millions de pertes certes... mais à mettre en perspectives
Selon les déclarations du directeur du raffinage M. Bénézit, Total aurait perdu 900 millions d'euros (soit 1,2 milliard de dollars) dans le raffinage en France en 2009.

Sachant que Total produit est de 2,3 millions de barils par jour, soit 854 millions de barils par an, une perte de 900 millions d'euros revient en gros à perdre un euro par baril produit (-854 millions d'euros, un montant proche de la perte de l'ensemble des raffineries de Total de – 900 millions d'euros).

Inversement si Total gagne un euro de plus par baril produit, il comble quasiment l'ensemble des pertes de ses six raffineries (en dégageant 854 millions d'euros supplémentaires).

Il faut donc s'interroger sur les perspectives de variation de cours du baril pour appréhender la problématique.

Hausse anticipée du prix moyen du baril entre 2009 et 2010 : +23 $
Actuellement, le baril est autour de 80 $ et pour l'année 2010, la moyenne anticipée s'établit à 83 $ (selon le centre de prévision de l'Expansion qui a rassemblé les pronostics du cours du baril de pétrole Brent au 31 décembre 2010 de vingt organismes).

83 $ : un prix plus proche du prix de 2008 (autour de 97 $) que celui de 2009 (autour de 61 $). Mais c'est surtout une variation annuelle positive de 16 euros (soit 23 $), le prix moyen du baril produit passant de 61 $ à 83 $ entre 2009 et 2010.

De quoi générer des milliards de dollars de bénéfices
Si ces prévisions s'avèrent exactes, alors Total devrait voir fortement ses bénéfices grimpés ; ils pourraient être largement supérieurs à 10 milliards d'euros.

Bien sur, ces bénéfices dépendent de la part que Total récupère sur la production d'un baril. Part qui dépend des contrats de partage de production avec les pays hôtes et qui varie souvent en fonction du prix du baril et de la zone d'exploitation du gisement (données de partage dont on ne dispose pas).

Il suffirait que le prix moyen du baril augmente de 4 $ seulement...
Mais même en se basant sur les partages de production les plus désavantageux, si Total ne récupère qu'un tiers du prix de vente d'un baril, soit un tiers de la hausse moyenne du prix du baril prévue en 2009/10, il suffit que le prix du baril augmente de trois euros seulement (soit quatre dollars) pour combler les pertes de ses six raffineries.

Quatre dollars sur une augmentation prévue du prix moyen du baril entre 2009 et 2010 de 23 $ (de 61 $ à 83 $), soit 17%.

Avec le "pourboire" de l'augmentation du prix du baril en 2010, Total pourrait faire fonctionner l'ensemble de ces raffineries.

Thomas Porcher, Docteur en économie, dirige GBP-conseil et est auteur du livre Un baril de pétrole contre 100 mensonges (sélection du prix du livre d'économie). Vous pouvez le retrouver sur son site GBP-conseil. 

Au rouble je préfère le franc suisse
11 Mar 2010 5:42 pm

Exubérance irrationnelle nous dit La Tribune...
Après avoir fait flamber les marchés actions, les marchés matières, propulsé vers des sommets ou dans des gouffres les grandes devises mondiales, fait dérailler la Grèce, il fallait bien trouver une nouvelle idée pour jouer...

Alors que "la bande à Soros" dit vouloir parier sur l'effondrement de l'euro jusqu'à la parité avec le dollar, que les monnaies matières (CAD/AUD) sont au top, que la livre est au fond du gouffre et que le dollar s'est payé le luxe d'un spectaculaire rebond bien difficile à justifier, une nouvelle brèche s'ouvre pour les fonds spéculatifs en quête de variations fortes et rapides des cours :

Le rouble !

La belle endormie que voilà...
Pendant des mois et des mois, et jusqu'en fin d'année dernière, le rouble a fait l'objet d'attaques spéculatives violentes. Personne n'en voulait, on le shortait à tout va.

La Banque centrale russe, exsangue, n'a eu de cesse d'intervenir sur le marché pour soutenir sa monnaie contre les spéculateurs. A tel point qu'une bonne partie de ses réserves de change, cumulées grâce aux exportations de pétrole (grassement rémunérées à l'époque : à 147 $ !), y sont passées.

Virage à 180 degrés !
Depuis quelques semaines, changement total de stratégie... les fonds spéculatifs se déchaînent et jouent maintenant le rouble à la hausse. A tel point que notre Banque centrale russe doit à présent se mettre à acheter du dollar à coups de milliards ... pas loin de quatre milliards dollars achetés, rien que sur la semaine ...

Pourquoi cette volte-face ?

Forte corrélation au pétrole
Le rebond des matières premières et du cours du baril de pétrole n'y est pas pour rien.

Les matières FONT la croissance russe. N'oubliez pas que ce pays est l'un des plus gros exportateurs d'énergie.

Quand le cours du brut passe de 35 $ à 82 $ le baril, les perspectives de création de richesse en Russie rosissent aux yeux des investisseurs...

Et surtout, les rendements sont alléchants...
Le taux directeur s'élève à 8,5% alors qu'ils frisent le plancher dans la zone euro, aux Etats-Unis, au Japon...

Voilà qui suffit à motiver les capitaux adeptes du carry trade.

Le jeu ? Emprunter à "taux zéro" en yen et en dollar pour spéculer à la hausse sur le rouble qui propose un rendement de 8,5%

Le rouble vous effraie ?

Vous avez bien raison. Surtout quand on sait que l'économie russe était toujours en train de se contracter de 9% en rythme annualisé au troisième trimestre 2009 !

Alors j'ai une meilleure idée pour vous...

Moins exotique mais plus sûr : le franc suisse
Penchez-vous sur le franc suisse. Il devrait continuer de se renforcer contre l'euro.

Son économie a été relativement moins touchée que les autres économies occidentales. Et surtout, elle repart plus fortement qu'ailleurs -- à l'exception des pays matières. Ce qui profite au franc suisse qui a le vent en poupe depuis un an.

Aujourd'hui, les investisseurs anticipent un possible début de resserrement monétaire. Alors même que la BCE et la Fed seront contraintes d'attendre encore avant d'envisager tout resserrement.

Le premier bénéficiaire sera donc le franc suisse.

La Banque centrale suisse s'est évertuée à maintenir sa monnaie autour de 1,50 pour un euro. Aujourd'hui, la route vers les 1,46 francs suisses, voire les 1,42 à moyen terme semble ouverte.

L'or physique : une vérité qui dérange même George Soros
10 Mar 2010 6:12 pm

Quand un type de 130 kilos dit quelque chose, celui de 60 kilos l'écoute...
Bien que physiquement svelte, quand George Soros fait une déclaration, les autres investisseurs ont tendance à l'écouter, quel que soit leur poids économique.

Après tout, c'est l'un des financiers les plus célèbres depuis qu'il a pratiquement éjecté à lui tout seul la livre sterling du système monétaire européen en 1992 en pariant contre elle.

L'or : la bulle ultime ?
Alors quand le grand George déclare au récent Forum de Davos que l'or est "la bulle ultime", on peut légitimement commencer à avoir envie de prendre ses distances vis-à-vis du métal jaune ; sauf que Soros n'a pas tout dit...

En effet, il s'est bien gardé de révéler qu'il avait plus que doublé sa position dans le SPDR Gold Trust, l'ETF qui s'est fixé pour devise d'"apporter le marché de l'or à l'investisseur".

[NDLR : Profitez vous aussi de la bulle ultime ! Notre spécialiste de l'or vous révélera chaque semaine sa stratégie pour profiter du super-cycle haussier du métal jaune. Elle a déjà permis à quelques privilégiés d'accumuler quantité de gains sur cet actif : n'attendez pas pour profiter des prochaines opportunités...]

Embrouille médiatique ?
D'après les documents officiels remplis par Soros Fund Management (neuf milliards de dollars d'actifs sous gestion), le maître a investi plus de 420 millions de dollars dans SPDR fin 2009, de quoi détenir 6,2 millions d'actions pesant plus de 660 millions de dollars.

Et il a également acquis 11 000 options call qui lui permettront d'acheter 1,1 million d'actions SPDR supplémentaires si les cours de l'or augmentent. Pas mal pour quelqu'un qui juge que l'or est coincé dans une bulle, non ?

Du physique, du physique, du physique...
Par ailleurs, Soros nous offre involontairement (il préfère apparemment garder ses tuyaux pour lui seul) un deuxième enseignement : il n'a investi dans de l'or physique.

Pourquoi ?

Pour deux raisons :

- premièrement, il est extrêmement difficile de s'en faire livrer ;

- et deuxièmement, quand on parvient à convaincre un fournisseur de le faire, on risque de se faire renfiler des lingots fourrés au tungstène ! Livrés par des organismes tout ce qu'il y a de plus officiels et respectables.

Impossible de vous constituer un mini-Fort Knox à la maison...
Commençons par la livraison d'or physique.

A priori une opération simple : il suffit d'être inscrit auprès d'un dépositaire agréé et d'opérer sur le NYMEX – New York Mercantile Exchange – ou le London Bullion Market Association – LBMA.

Mais dans la pratique, depuis un an, j'ai constaté qu'il est quasi impossible de se constituer un mini-Fort Knox à la maison. J'ai essayé, des hedge funds essaient, avec deux types de résultats tout aussi peu satisfaisants.

- Le premier : la contrepartie insiste pour ne pas vous livrer la marchandise, usant parfois d'arguments aussi parlants que le versement d'une prime de 25% pour compenser l'absence de métal.

- Le second : le vendeur fait livrer de l'or physique, mais d'une qualité inférieure à celle convenue. Comme du 18 carats, c'est-à-dire pur à 75%, alors que la norme spécifiée par les échanges exige du 99,5% voire du 99,9% selon les contrats.

Attention aux barres d'or contenant du tungstène
Reste que même cette grossière tromperie sur la marchandise risque de faire des envieux.

Une équipe de télévision allemande de Prosieben a révélé qu'un des plus grands raffineurs, l'Allemand W.C. Heraeus, s'était fait livrer des barres d'or contenant du tungstène !

Les deux métaux ayant une densité quasi identique, des tests sur le poids, le son ou un passage aux rayons X sont inefficaces.

Le tungstène coûtant dans les 25 dollars la livre – contre environ 18 000 dollars la livre d'or -, c'est un bénéfice assuré pour le vendeur. Qui dans ce cas n'était pas un obscur contrefacteur chinois, mais une banque allemande !

Cette dernière a peut-être voulu se débarrasser de cette verroterie comme on le fait en achetant son pain quand on découvre qu'on s'est fait refiler une fausse pièce de un euro...

Les initiés ne sont pas partageurs...
Ce que cet épisode révèle, outre que tout ce qui brille n'est pas or, c'est que ceux qui "savent des choses sur l'or physique" ne tiennent pas à les partager.

Même un investisseur à la réputation sans tache comme George Soros préfère livrer au grand public des commentaires qui correspondent à l'inverse de ce qu'il pense, au risque de passer pour un malhonnête aux yeux de la planète tout entière.

Et maintenant, l'or se volatilise...
Pour terminer, il semble qu'il manque à certains endroits des dizaines de millions d'onces d'or, selon un audit récent de Roy Kirby auprès de SPDR justement ; il s'agit d'or physique d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Cela explique peut-être pourquoi George Soros n'a pas dit toute la vérité sur ses investissements...

J'ai eu la chance de rencontrer fin février l'excellent Peter Munk, fondateur et président de Barrick Gold, le premier producteur d'or au monde.

Son avis sur la question : "George ne dit la vérité que lorsqu'il parle de ses livres". Alors qui croire, ceux qui cachent les informations ou ceux qui les révèlent ?

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur son site internet en cliquant ici.

Grèce, Club Med, France : vous prêteriez, vous, à ces Etats désargentés ?
09 Mar 2010 5:28 pm

La tragédie grecque...
... est partout. Vous la lisez, l'entendez, la voyez tout autour de vous... sur vos écrans, à la radio, dans les journaux. Elle est omniprésente, sur toutes les lèvres, dans toutes les têtes, et fait le cauchemar des grands de ce monde.

La Grèce, Dieu soit loué, est un tout petit Etat. Et malgré sa petite taille, il est capable à lui seul d'engendrer des remous titanesques, capables de faire trembler la planète finance. De faire voler en éclats la zone euro et sa frêle monnaie.

Je n'ose imaginer le chaos que ce serait si l'Italie ou l'Espagne étaient eux aussi confrontés à une incapacité de se financer et de faire face à leurs engagements. Car c'est bien cela "être en faillite".

Et contrairement à ce que l'on peut croire, les choses peuvent basculer très vite.

Car tout n'est suspendu qu'à un fil...
Un fil qui se tend, s'allonge, s'affine de plus en plus et se fragilise...

Au bout de ce fil ? La confiance.

Tant qu'elle tient, le château de cartes tiendra, vaille que vaille. Mais au moindre signe de faiblesse, le vent se lèvera, la tempête menacera...

Quand on sait que confiance et spéculation sont fortement liées...
... il y a de quoi avoir froid dans le dos. Les fonds spéculatifs exacerbent les mouvements à des fins d'enrichissement.

Si donc la confiance devait se fissurer, ce sera leur intérêt de transformer cette fissure en faille. Le risque sera alors de ne pas tomber dans la crevasse, parce qu'à ce stade, le plongeon dans le gouffre est assuré.

Tout est imbriqué
Je joue sur les mots, je le sais bien... Ce qu'il faut retenir, c'est que tout est imbriqué.

Quand on met en branle un mouvement, les éléments mécaniquement s'enchaînent, les engrenages s'enclenchent, le tout crée une dynamique et une force d'inertie, difficiles à casser.

Mieux vaut donc ne pas trop titiller la confiance. Mais voilà...

Les faits sont implacables...
... et il est bien difficile de les faire mentir.

Même si tout le monde essaie de les embellir, de cacher la réalité... les faits sont têtus ; et la réalité finit toujours par ressurgir. Tôt ou tard.

J'ai une question :
Feriez-vous confiance à un Etat qui présente systématiquement tous les ans depuis 30 ans un budget annuel déficitaire ?

Feriez-vous confiance à un Etat qui vit au-dessus de ses moyens depuis 30 ans (les belles Trente Glorieuses que voilà !!) et dont la dette publique atteint quelque 1 500 milliards d'euros, soit 88% PIB ?

Et encore, je n'y mets pas les quelque 1 000 milliards de pensions à verser aux fonctionnaires qui ne sont pas provisionnés !

Feriez-vous confiance à cet Etat, littéralement "étouffé" par le paiement des intérêts de sa dette ?

Et encore, estimons-nous chanceux : les taux d'intérêt sont au plancher !

Attention ! Quand ils vont monter, ça va faire très très mal...

Feriez-vous confiance à cet Etat, écrasé par le poids de sa dette, incapable de financer ses retraites et son système social, et qui, de part ses rigidités et son manque de flexibilité, est incapable de générer un taux de croissance suffisant pour renflouer ses caisses et absorber ses dettes ?

Vous prêteriez, vous, à cet Etat désargenté ?
Je ne parle pas de la Grèce... je parle de Nous. De la France.

Si vous n'êtes pas tout à fait sûr de vouloir faire confiance à cet Etat qui est le vôtre, pensez-vous un seul instant que les fonds spéculatifs lui feront confiance ?

Nous devons notre survie à l'euro.

Sans lui, jamais nous ne pourrions jamais nous financer avec des taux d'intérêt aussi bas. Si l'euro implosait, nous serions en situation de faillite.

Pendant ce temps...
... les Islandais refusent en masse de "payer les pots cassés" des banques,

... les Grecs défilent en nombre dans les rues pour s'insurger,

... les Allemands, coeur de l'euro, ne supportent plus le Club Med.

Et là, on nous sort LA solution du chapeau : le FME...

Tout va bien dans le meilleur des mondes !

Vous doutez du FME ?

L'or cote 820 euros l'once, toujours à des sommets historiques. Et 1 110 $. Le vent ne s'est pas encore levé...

EUR/USD : deux scénarios envisageables et une certitude
09 Mar 2010 6:00 pm

En ce début de semaine, le marché fait une pause avec très peu de statistiques d'importance.

Pourtant, sur le marché des changes, la nervosité reste palpable et l'incertitude règne désormais en maître, après quelques semaines de tendance claire.

Trop beaux pour être vrais
C'est en tout cas ce que Stephen Roach, le directeur en Asie de Morgan Stanley, pense des chiffres du chômage américain qui a permis aux indices de s'envoler vendredi dernier.

En effet, les Non farm payroll ont surpris les analystes avec "seulement" 36 000 destructions d'emploi contre 50 000 attendues. Le taux de chômage officiel est donc ainsi passé de 9,8% à 9,7% prenant l'allure d'un début de retournement de tendance.

Dangereusement faussés de surcroît
Pourtant, M. Roach interrogé par CNBC, estime ces chiffres dangereusement faussés, car quelque trois millions de personnes aurait renoncé à chercher un emploi dans la conjoncture actuelle. Ils n'apparaissent donc plus dans les statistiques.

Si l'on tient compte de ces "chômeurs cachés", l'économiste estime le taux de chômage réel autour des 11,5% aux Etats-Unis.

On nous cache les chiffres et les risques...

... Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Que tout reparte comme avant !
Comme je l'évoque depuis quelques semaines maintenant, c'est désormais la consommation qui va devenir la clé de voûte des scénarios qui vont s'enclencher et "faire l'avenir".

En effet, le seul moyen de faire démarrer la machine économique est la consommation. Aucun changement structurel n'ayant eu lieu -- contrairement à ce que l'on veut nous faire croire --, la seule solution pour sauver la situation à cour terme est ... que tout reparte comme avant.

Un consommateur qui consomme, des entreprises qui produisent pour le satisfaire, des emplois qui se créer pour répondre à sa demande et des banques qui font crédit pour que le consommateur ne s'arrête surtout pas de consommer...

... Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Il y a deux types de consommateurs qui nous intéressent aujourd'hui
Le consommateur américain qui tirait l'économie à lui tout seul pendant toutes ces années, et le consommateur chinois qui lui est en devenir.

Le premier est aujourd'hui au chômage, ou avec la peur au ventre de perdre son emploi, criblé de dettes et au mieux doté d'une épargne anémique, sinon inexistante.

Le second se lance sur les traces du premier : danger !
Le second a la réputation d'avoir une solide épargne et pourrait nous prédire un avenir radieux.

Seulement voilà, les disparités sont encore grandes dans la population chinoise et l'explosion du crédit aux ménages commence à devenir très inquiétante.

Car ceux qui empruntent ne sont pas ceux qui ont épargné.

La volonté des autorités chinoises de durcir la politique monétaire n'y changera rien, et au contraire, pourrait provoquer l'accélération de la machine à bulles.

Selon Wei Gu de Breakingviews : avec un bond de plus de 40% en 2009, le crédit aux particuliers chinois pourrait approcher à ce rythme les 70% du PIB sous deux à trois ans... proche du niveau des Etats-Unis.

... Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Difficile de miser sur le bon cheval
La force du marché des changes est de donner le meilleur reflet possible de l'économie mondiale et des forces en présence.

Et alors que d'éminents économistes se posent la question de savoir quel est le pays qui va rebondir le plus fort et le plus vite, je me demande de mon côté quel est celui qui va le mieux se sortir de la seconde vague de froid financier qui va s'abattre sur les marchés dans les prochaines semaines.

Le jeu n'étant pas de trouver le meilleur, mais plutôt le plus résistant.

Et dans cette lutte, l'euro et le dollar se livrent un combat et sur fond de flou artistique, rendant très difficiles les anticipations.

EUR/USD : joyeux anniversaire...
Il y a un an à quelques jours près, le 4 mars 2009, la paire touchait un plus bas à 1,2450 $. Point bas qui allait être le point de départ d'un rally qui dura huit mois pour aller chercher un plus haut à 1,5140 $.

Cependant, il aura fallu moins de trois mois, pour que le dollar reconquière près de 62% du terrain perdu.

Graphique de l'EUR/USD

Aujourd'hui, la paire évolue sur un niveau charnière à plusieurs titres :

- D'un point de vue macro-économique, la situation est floue avec des Etats-Unis qui semblent rebondir mais qui restent plombés par une dette dont ils ne se relèveront jamais. L'Europe, elle, souffre d'une organisation lourde, mais a su montrer de beaux signes de résistance.

- D'un point de vue psychologique, la zone des 1,35 $ est une zone historiquement forte en hésitations et catalyse de nombreuses forces en présence.

- D'un point de vue technique enfin, illustrant mes propos précédents, les retracements de Fibonacci nous indiquent clairement une zone déterminante entre 1,3490 $ et 1,38 $.

Deux scénarios envisageables et une certitude
Dans notre série des similitudes, la zone testée actuellement pourrait bien ressembler au dernier plancher touché un an auparavant et qui nous donne un premier scénario possible... voyez plutôt :

Premier scénario : le dollar ne parvient plus à rassurer et le mouvement de fond qui appelle le billet vert à sombrer un jour reprend des forces. L'euro repart au-dessus des 1,38 $ et rejoint ses plus hauts en quelques mois.

Scénario alternatif : le dollar garde son statut de valeur refuge, à défaut de mieux, et envoie la monnaie unique vers ses plus bas, sur fond de retour de la crise et d'inquiétude de gouvernance européenne.

Maintenant, dans les deux cas, notre objectif est de gagner de l'argent.

Pour cela une stratégie simple : jouez la rupture des bornes de la zone délimitée en rouge sur mon graphique et protégez au maximum votre exposition !

[NDLR : Pour vous assurez des gains maximum et une gestion des risques optimale : n'attendez pas pour découvrir le service de trading Agora Forex de Jérôme Revillier ! Grâce à lui, des centaines de privilégiés sont aux premières loges pour profiter des opportunités du marché des changes : pour en savoir plus sur les gains qu'il pourrait vous permettre d'engranger...]