

Ca bouge en Inde
Lakshmi Mittal, Pdg d'ArcelorMittal, essaie depuis des années d'implanter des hauts fourneaux dans son pays natal. Jamais il n'a réussi à acheter les terrains nécessaires à la construction de ses usines, tant les embûches administratives sont nombreuses. Et malgré un carnet d'adresses certainement bien garni.
De même, les tentatives de rachats de droits miniers, notamment de mines de chrome, n'ont jamais abouti. Mettez-vous à la place du détenteur d'une mine : dès qu'arrive le géant ArcelorMittal, comme par magie le prix demandé pour la vente de la mine s'envole. Or pas question pour le sidérurgiste de surpayer des mines...
Mais M. Mittal n'est pas arrivé là où il est par hasard. "Quand on veut, on peut" pourrait être son leitmotiv. Le numéro un mondial de la sidérurgie finira tôt ou tard par arriver à ses fins, j'y mets ma main à couper.
Parlons moyens justement...
Changement clair de stratégie
L'idée ? Abandonner l'investissement direct et opter pour une stratégie de prises de participations dans des aciéristes locaux déjà opérationnels. Certainement en vue de consolider progressivement le tout. Un grand classique...
Des rumeurs font actuellement état d'une possible prise de participations dans le sidérurgiste indien Bushan Power & Steel à hauteur de 26%. Rumeurs bien entendu démenties par ce dernier, et non confirmées par Arcelor. Ce serait trop facile...
Depuis le temps que le numéro un cherche à s'installer dans l'Orissa... Ce deal pourrait lui conférer les droits miniers dont il a besoin ; ainsi que des hauts fourneaux stratégiquement placés sur un marché en forte expansion. Le petit indien a une capacité de production de 1,5 million de tonnes d'acier. Une plume par rapport au monstre de la sidérurgie, mais un bon début.
Restons en Inde...
L'Inde décide de participer à la grande rafle des matières premières...
La Chine rafle les matières premières à tout va depuis des mois, forte d'un monstrueux fonds souverain (la China Investment Corp.), grassement doté de quelque 300 milliards de dollars... Pétrole, métaux, or... tout y passe. Et les sociétés nationales pétrolières et minières lui emboitent le pas !
Parenthèse : ne vous fiez pas au "poker menteur chinois aurifère"
Puisque je vous en parle, sachez que le fonds souverain chinois vient d'acheter pour 155 millions de dollars d'ETF d'or physique. Pendant ce temps, la Chine clame haut et fort ne plus vouloir acheter d'or. Comme Soros...
Dites, et surtout faites le contraire de ce que vous dites. Un grand classique pour acheter à bon compte...
Mais revenons à nos fonds matières.
Deux avantages à cette "course aux matières" :
- sécuriser ses approvisionnements futurs en matières -- nous ferions bien d'y penser un peu plus nous autres occidentaux !
- et transformer ses montagnes de dollars en voie rapide de déperdition, en matières premières tangibles, utiles, négociables et qui ne se déprécient pas.
Une excellente idée.
Forcément, la Chine fait des émules
L'Inde, fortement dépendante elle aussi des matières -- le pays importe les trois quarts de ses besoins de pétrole par exemple -- veut allouer pour 250 milliards de dollars de réserves de change à un fonds souverain dédié aux matières.
Dorénavant, les minières et producteurs de pétrole pourraient voir les deux mastodontes surenchérir pour rafler la mise ! Un comble.
Et nous, nous regardons le spectacle se dérouler sous nos yeux et nous creusons nos dettes au lieu de sécuriser l'avenir.
A ce rythme, la Chine va finir par nous racheter au bord de la faillite pour une bouchée de pain !
Des chiffres a priori fort rassurants
Les derniers chiffres de World Steel Association (Association internationale de l'acier) montrent que, en janvier, la production d'acier dans les 66 principaux pays producteurs s'est élevée à 108,9 millions de tonnes (Mt) soit 25,5% de plus qu'en janvier 2009.
Sur la même période, le taux d'utilisation des capacités est passé de 71,9% en décembre à 72,9% en janvier, soit une progression de 11,6% l'an.
Faut-il s'en réjouir ?
Il convient de rester prudent quant à l'évolution du secteur dans les mois à venir.
Après une année 2009 marquée par une production mondiale en recul de 8,1% par rapport à 2008, l'embellie de janvier semble résulter d'un effet de rattrapage.
Il faut dire que, en 2009, l'envol de la production chinoise (+13,5%) – qui assure désormais 47% de l'offre mondiale – n'a pas suffi à compenser la chute observée dans le reste du monde (–21,1%).
La demande va-t-elle suivre ?
Certes, la production d'acier est repartie, mais, selon différentes sources, le retour de la consommation reste encore bien fragile au niveau mondial (en dehors de la Chine).
"Il est difficile de savoir si le rythme sera linéaire ou en dents de scie", souligne Hervé Bourrier, directeur général d'ArcelorMittal France, cité par L'Usine nouvelle.
Les stocks devraient rester importants pendant plusieurs mois
En outre, le niveau des stocks demeure élevé, en particulier dans l'empire du Milieu, premier producteur (565 Mt, soit presque un an) et premier exportateur d'acier du monde.
Le Qihuo Ri Bao, quotidien chinois spécialisé dans les contrats à terme, explique : "Les stocks de fin décembre représentaient 13 Mt, soit 109% de plus qu'en décembre 2008, alors que les usines continuaient à produire [...]." Et d'ajouter : "Tant que les stocks resteront importants, les prix de l'acier devraient continuer à baisser."
Stockage : surcapacité et effet d'aubaine
Rappelons toutefois qu'en Chine le niveau élevé des stocks n'est pas seulement dû à une surcapacité de production. Beaucoup de négociants stockent le plus possible de produits, afin de les revendre plus cher quand le marché redeviendra porteur.
De leur côté, nombre d'aciéristes chinois estiment que la consommation pourrait repartir sur le marché domestique. Ce qui, à moyen terme, devrait permettre de résorber les stocks et de pousser les cours à la hausse.
Le fer et le pétrole doperont les prix
A MoneyWeek, nous pensons qu'une hausse des prix de l'acier pourrait se confirmer au second semestre 2010.
D'abord, en dépit des récents resserrements du crédit, la politique monétaire chinoise reste toujours accommodante : les banques pourront encore prêter jusqu'à 2 400 Mds de yuans (258 Mds euros) au premier trimestre, soit 50% de plus que lors des trois premiers mois de 2008.
Selon le ministère chinois du Chemin de fer, 321,8 Mds de yuans (34,6 Mds euros) seront investis dans les travaux d'infrastructures. Et, d'ici à 2012, plus de 700 Mds de yuans seront injectés chaque année dans la construction de voies ferrées, d'où la perspective d'une demande constante d'acier sur le marché chinois pendant au moins trois ans.
De l'inflation en germe...
Ensuite, il est quasiment certain que, après les négociations entre aciéristes (chinois, japonais, coréens...) et groupes miniers (anglo-australiens, brésiliens), le prix du minerai de fer – matière de base de l'acier – devrait augmenter à compter d'avril.
En novembre dernier, nous prévoyions une hausse de 10 à 20% du prix du minerai de fer ; aux dernières nouvelles, elle pourrait aller jusqu'à 30, voire 40%.
Cela ne manquera pas de renchérir les prix de l'acier et, par ricochet, ceux de tous les produits qui contiennent de l'acier, de la voiture à l'appareil électroménager, en passant par les matériaux de construction...
Enfin, la probable montée du cours du brut contribuera à tirer les prix de l'acier vers le haut dans les mois à venir.
De l'inflation en germe...
Du pain sur la planche (à billets)
L'homme de l'année, selon Time magazine a du pain sur la planche.
En effet, il a épuisé une grande partie des munitions qu'il avait pour contrer l'inévitable resserrement des taux.
Rassurez-vous (ou pas d'ailleurs !), la prochaine hausse des taux n'est pas pour tout de suite ! C'est bien entendu un jeu de rhétorique avec lequel va devoir composer le gouverneur de la Banque centrale afin de préparer les marchés à un changement de ton.
Seulement voilà, si le scénario envisagé ne se déroule pas comme prévu, nous pourrions jouer les prolongations.
Le consommateur est de retour...
La semaine passée a été animée en grande partie par les ventes de détail vendredi aux Etats-Unis.
Elles ont révélé que le consommateur américain a bien repris le chemin des grands Mall pour faire chauffer sa carte de credit revolving.
La hausse, hors automobiles et énergie se monte à 0,9% sur le mois de février. Et tous les secteurs profitent du retour des clients avec en tête l'électronique, l'alimentation et les équipements sportifs.
Si l'on ajoute le ralentissement des destructions d'emplois le mois dernier avec 36 000 postes supprimés au lieu des 56 000 attendus, les analystes les plus optimistes anticipent déjà la poursuite de la tendance.
Ainsi, le moteur de l'économie américaine serait prêt à repartir...
La peur au ventre
Je me permets une nouvelle fois devoir mettre un bémol à l'emballement général, en regardant l'indice de confiance du Michigan qui ne semble avoir de difficultés à poursuivre son rebond.
En effet, alors qu'il évolue sur ses plus hauts depuis 2008, l'indice semble fléchir et le moral des consommateurs atteint de morosité ne se ressaisit pas aussi vite que prévue.
Pour mémoire, l'indice de confiance avoisinait les 100 points en 2007 alors qu'il n'est actuellement que de 72 points.
Quand la révision des chiffres devient un sport national
Seulement voilà, comme souvent avec les chiffres américains, la prudence est de mise.
En se penchant de plus près sur les statistiques de consommation, on se rend compte que les révisions vont bon train.
Ainsi, les ventes de détail de janvier ont été révisées de 0,5% à 0,1%, rendant ainsi beaucoup moins attirante la hausse du mois dernier.
A ce rythme, la hausse de la consommation va finalement être très mesurée pour le premier trimestre 2010, loin des niveaux qui permettraient de croire au retour d'une reprise solide.
Et concernant l'emploi, je suis beaucoup plus timoré que les analystes que j'ai pu lire depuis quelques jours. En effet, comme je vous le disais déjà la semaine dernière, l'embellie sur le front du chômage pourrait n'être du qu'en partie à l'exclusion d'une frange de la population des chiffres officiels.
Et l'inflation ?
C'est donc dans ce contexte que la Fed va sans aucun doute annoncer le maintien des taux bas et ce pour encore un bon moment.
En revanche, les marchés vont devenir très sensibles aux données de l'inflation qui restent l'élément clé et l'un des catalyseurs de la politique monétaire.
Et c'est bien de l'inflation dont pourrait venir la surprise, alors qu'elle reste toujours très faible.
Avec une baisse de 0,1% le mois dernier, les "effets à retardement" de la crise devraient contenir la hausse des prix tout au long de l'année.
Nous pourrions donc tout à fait voir la Fed maintenir ses dispositifs plus longtemps que prévu et une nouvelle fois soutenir les marchés avec un déferlement de liquidités qui restent toujours bon marché.
La configuration de la semaine : USD/JPY
Et dans cet environnement, je m'intéresse plus particulièrement aujourd'hui à la paire USD/JPY qui est le reflet de deux économies aux abois, comptant sur la consommation pour se sortir de l'impasse au détriment d'un endettement record.
Techniquement, la paire évolue dans une configuration triangulaire qui va nous permettre de jouer la cassure de l'une des bornes (en vert sur le graphique) qui contiennent les cours depuis début janvier.

Graphe quotidien USD/JPY
Mon avis ?
Actuellement, la pression baissière garde un léger avantage et pourrait s'accentuer en cas de dépassement net de la moyenne mobile à 100 jours, aux environs des 90,10 yens, pour viser un retour sur 88 yens.
Puisque Camille nous parlera demain de l'acier, préparons un peu le terrain en abordant aujourd'hui le charbon coke, matière indispensable avec le fer, à la production d'acier.
Pas d'acier sans charbon coke
Les Trente Glorieuses chinoises font de l'empire du Milieu -- et des Emergents en général -- un consommateur effréné d'acier, matière de base à toute industrialisation et urbanisation : construction de rails, trains, ponts, immeubles, usines, lave-linge, voitures... l'acier est partout.
Un appétit d'ogre
Je rappelle que la Chine est le premier producteur mondial de charbon devant les Etats-Unis, l'Inde et l'Australie. Premier consommateur aussi, puisqu'elle ingurgite un tiers de la production mondiale de charbon coke à elle seule. Sa demande croît de 5% l'an en moyenne.
Basculement ! Des importations multipliées par cinq !
Jusqu'à très récemment la Chine exportait ; mais depuis juillet 2007, elle est devenue importatrice nette pour la première fois de son histoire.
Deux raisons :
La Chine ferme manu militari les mines illégales et dangereuses (combien de morts chaque année dans les mines de charbon !).
Et la hausse de ses besoins en acier, tant la croissance est forte.
Conséquence ?
Face à ses besoins explosifs en charbon, le pays ponctionne massivement le marché. L'offre et la demande se déséquilibrent. Le prix du charbon s'envole.
La Chine enfonce la pédale d'accélération de ses importations, celles-ci passant de 7 Mt en 2008 à 35 Mt en 2009 (fois 5 en un an !). Et cette tendance effrénée se poursuit sur 2010 en plus.
Le charbon manque, son prix flambe
Depuis le début de l'année, face au redémarrage de la demande de charbon côté aciériste, les acheteurs en concurrence sont prêts à acheter immédiatement du charbon au prix fort, voire carrément au-dessus du prix spot de 220 $, pourvu qu'ils soient livrés.
Ainsi, le Turc Erdemir se fera livrer au prix de 319 $ la tonne !
Certains acheteurs turcs et indiens n'ont tout simplement pas pu être livrés, faute de charbon. Les miniers ont "prévendu" aux aciéristes l'essentiel de leur production. Alors trouver "du rab" est non seulement difficile, mais se négocie à prix d'or.
Le grand port charbonnier australien est saturé, les vraquiers font la queue pendant des jours en attente de pouvoir charger. Tant la demande chinoise est importante.
Jouer le charbon, c'est jouer la Chine
Face au mastodonte chinois et aux quelques grands aciéristes : trois géants miniers font 75% de l'offre du charbon : Rio Tinto, BHP et Vale.
Une concentration extrême.
Jouer le charbon, revient finalement à jouer la croissance chinoise et la baisse de ses ressources de charbon. Plus sa croissance sera forte, plus elle sera obligée d'importer faute de ressources internes suffisantes.
La Chine manque cruellement de brut. La Chine fait le cours du brut. C'est aussi le cas pour le charbon !
La bataille fait rage : 55% de hausse du prix du charbon en mire
En ce moment même sont négociés de gré à gré, entre les gros aciéristes et les miniers, les prix du charbon. Prix valables pour un an à compter du premier avril. C'est du moins comme cela que fonctionne la profession depuis 40 ans (voir ci-dessous encadré).
L'an passé, le prix du charbon négocié était de 128 $ la tonne. Il pourrait atteindre cette année plus de 200 $. Plus de 55% de hausse !
Le Japonais JFE, numéro 6 de la sidérurgie, vient de conclure dans ce sens : toutes ses livraisons sur le second trimestre se feront à ce prix. Précisément.
Dans ce bras de fer, les miniers en situation de quasi-monopole ont le pouvoir avec eux et sauront s'imposer, tant la concurrence fait rage.
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* Parenthèse : BHP cherche à imposer des négociations trimestrielles ou semestrielles, plutôt qu'annuelles, pour permettre d'être plus en phase avec le cours spot du charbon. Les règles ancestrales qui régissaient le marché sont en train d'évoluer (au grand dam des aciéristes), les miniers ayant le pouvoir entre leurs mains. |
Principaux bénéficiaires de la hausse des prix ?
Premier fournisseur de charbon à la Chine, l'Australie est la première à tirer les marrons du feu. Ne vous demandez plus pourquoi ce pays est un "miraculé de la crise" !
Second plus gros pays exportateur de charbon : le Brésil.
Les minières comme BHP Billiton, Rio Tinto ou Xstrata en profitent bien entendu. Mais bien plus encore les pure players comme Peabody Energy, dont l'activité charbon n'est pas diluée.
Depuis son creux l'an dernier, Peabody Energy a gagné 100% en un an, Consol Energy 170%, Arch Coal 115%.
J'ai gardé le meilleur pour la fin : le Chinois Yanzhou Coal a gagné 525% et l'Américain Walter Energy 335% !
[NDLR : Vous recherchez une valeur prometteuse et accessible sur le marché du charbon ? Vous trouverez votre bonheur dans le portefeuille de Matières à Profits ! Ce service pensé pour l'investisseur particulier regorge d'opportunités sur les ressources naturelles : pour en profiter, n'attendez pas une minute de plus...]

Evolution du cours de Walter Energy, passé de 12 $ à 86 $ en un peu plus d'un an
C'est toujours la fête sur les marchés ! Les investisseurs s'en donnent depuis un mois à coeur joie.
Le Shanghai Composite a gagné 0,7% sur la semaine, le Dax 1,7%, le Nikkei 3,8%, le S&P500 1% et le CAC a terminé la semaine quasiment inchangé, à 3 927 points. Gagnant tout de même 11% depuis le trou d'air de février (3 563 points).
Personnellement, je pense que les marchés actions sont temporairement non loin de leurs plus hauts, et que le potentiel de hausse est quasiment épuisé. En revanche, un repli me paraît fort probable étant donné la hausse enregistrée.
Simple repli ou repli marqué en cinq temps ? L'avenir nous le dira. Quoi qu'il en soit, cela assainirait le marché.
En attendant, notez la belle remontée de l'euro de 1,3550 $ mardi à 1,3795 $ vendredi.
Venons-en à notre petit tour d'horizon de des matières...
1. Energie : le brut se maintient à ses sommets
Cette semaine, le brut avait l'euro avec lui. La légère remontée de l'euro de 1,3550 $ mardi à 1,3795 vendredi a soutenu le cours du brut qui campe au-dessus des 80 $ le WTI, et jusqu'à 83 $ vendredi.
Depuis des mois, nous évoluons dans un range compris entre 70 $ et 84 $. Actuellement, nous sommes au plus haut.
Au chapitre des bonnes nouvelles, l'AIE a revu à la hausse ses anticipations de consommation mondiale de pétrole pour 2010 de 70 000 barils/jour.
Derrière ce chiffre se cache une dure réalité : la demande de brut des pays de l'OCDE est revue à la baisse de 120 000 barils/jour. Ce sont donc les Emergents qui tirent à eux seuls la demande -- et la croissance ! --, la Chine comptant pour un tiers de la demande des Emergents.
Entre 2009 et 2010, la demande moyenne de brut devrait ainsi augmenter de 1,8% (+1,6 Mbj), passant ainsi de 85 Mbj à 86,6 Mbj.
Côté quotas de production, l'OPEP se réunit mercredi et devrait les laisser inchangés. Quotas que de toute façon elle ne respecte pas puisqu'ils sont largement dépassés...
Malgré un quota fixé par l'OPEP à 24,84 Mbj (soit 40% de la production mondiale), la production réelle est actuellement de 26,7 Mbj. Et si on ajoute l'Irak, la production jour est de 29,2 Mbj ! Largement suffisant...
Vendredi, livraison avril, le WTI cotait en fin de journée 81,22 $ sur le NYMEX. Et le Brent 79,34 $, même échéance, sur l'ICE.
2. Métaux précieux : Audi met le feu aux platinoïdes
L'or s'est légèrement replié, mais reste au-dessus des 1 100 $ et 800 euros. Après être revenu la semaine précédente à 1 163 $, les prises de bénéfices se multiplient...
Côté offre, la production sud-africaine reste sur le déclin, ce déclin s'accélérant : sa production aurifère sur un an a chuté de 18% !
Côté demande, la demande d'investissement reste moteur, mais demande des joailliers s'éveille, l'Inde ayant importé 35 tonnes d'or le mois dernier, et autant en janvier.
Les perspectives ?
"L'or a buté la semaine dernière sous les 1163 $ comme nous l'anticipions et se dirige maintenant vers la zone de supports à 1 044 $/1 075 $", nous dit Sébastien Duhamel dans L'Investisseur Or & Matières qui poursuit : "Nous attendons donc un retour vers cette zone dans les prochaines semaines. Graphiquement, nous pourrions être dans une tête épaule inversée, figure haussière, avec une première épaule lors du premier test des 1 163 $, une tête lors du point bas à 1 044 $ et une deuxième épaule qui serait en cours. Dans ce cadre, nous devrions donc revenir tester les 1 075 $ une nouvelle fois avant de reprendre le chemin de la hausse vers les 1 226 $".
[NDLR : Avec un premier plus-haut attendu à 2 000 $ -- l'or est un investissement vedette à ne pas manquer. Pour en profiter, les spécialistes de l'Investisseur Or & Matières vous guideront vers les meilleures opportunités "court terme" ou "long terme"... pièces ou lingots... minières ou certificats : ne manquez pas la hausse historique du métal jaune...]
En attendant, le cours de l'once spot terminait la semaine à 1 101,50 $ à New York.
L'argent est resté stable et terminait vendredi à un niveau proche de celui de la semaine précédente, à 17,07 $ sur le spot de New York
Quant aux platinoïdes, ils ont accéléré à la hausse.
Star incontestée des métaux précieux cette semaine, le palladium, qui est venu flirter avec les 480 $, un point haut depuis mars 2008. Le platine n'était pas en reste et revenait à 1 626 $.
Merci Audi !
Le constructeur allemand, confiant en l'avenir, pour ne pas dire carrément optimiste, dit vouloir vendre plus d'un million de ses automobiles haut de gamme cette année. C'est un retour au niveau de ventes d'avant-crise économique !
Sachant que l'automobile représente 65% des débouchés des platinoïdes, ces derniers ont largement profité de l'effet d'annonce.
Pour mémoire, le palladium a gagné 152% en un an
Regardez. Un graphique vaut mieux qu'un long discours...

Cours du palladium en US $ l'once depuis un an
| Cours à 3 mois |
Vendredi 05/03/2010 |
Vendredi 12/03/2010 |
Variation / 3 semaines |
| Aluminium* | 2 232 | 2 245 | 0,58% |
| Cuivre* | 7 497 | 7 498 | 0,01% |
| Plomb* | 2 199 | 2 280 | 3,68% |
| Nickel* | 22 525 | 21 790 | -3,26% |
| Etain | 17 525 | 17 600 | 0,43% |
| Zinc* | 2 280 | 2 356 | 3,33% |
| Acier (Méditerranéen) | 480 | 485 | 1,04% |
| Or (spot) | 1 134,40 | 1 101,50 | -2,90% |
| Argent (spot) | 17,37 | 17,07 | -1,73% |
| Platine (spot) | 1 577,00 | 1 605,00 | 1,78% |
* cours en $ sur le LME à trois mois
3. Métaux de base : suspendus à la Chine, et à bout de souffle
Toujours pas de directionnel clair...
Les métaux, revenus à des niveaux très élevés depuis un le creux de fin 2008, s'essoufflent, évoluent en range, se cherchent...
Il faut dire qu'entre l'émergence de l'épineux problème de la dette publique des Etats dits "riches" (on se demande de quoi ?), et les velléités chinoises de ralentir leur économie, les doutes sont légitimes.
Les fondamentaux actuels de nos métaux ? Hausse des stocks, hausse de la production et demande incertaine. Pas de quoi propulser les métaux à la hausse !
Beaucoup de spéculation également autour de la Chine : veut-elle vraiment ralentir son économie ? Voilà qui ne rassure guère les investisseurs qui s'attendent à une baisse des importations de matières premières par la Chine
Heureusement, l'empire du Milieu a annoncé jeudi une hausse de 20,7% de sa production industrielle, en rythme annuel sur janvier et février. Voilà qui a ponctuellement mis un peu de baume au coeur des investisseurs.
Cerise sur le gâteau, le Premier ministre chinois a annoncé ce week-end : "Nous devons poursuivre une politique budgétaire volontariste et une politique monétaire souple pour consolider la reprise". Il exclut également toute réappréciation du yuan.
Au moins les choses sont claires.
Enfin, pas si claires que cela... puisque les banques chinoises ont accordé deux fois moins de nouveaux prêts en février qu'en janvier ! Si ce n'est pas un coup de frein brutal ça...
4. Soft commodities : repli
Le rapport de l'USDA (département américain de l'Agriculture) a pesé sur les cours des grains cette semaine, qui s'affichent en repli.
Nous croulons sous le blé. Le niveau de stock mondial de blé en fin de saison est revu à la hausse encore et devrait atteindre un niveau haut comme jamais depuis 30 ans (197 Mt). Soit une demi-année de consommation de blé en stock. De quoi endormir la spéculation pour un bon bout de temps...
Révision à la hausse également de la production argentine de maïs.
Côté soja, l'USDA s'attend à un repli léger des stocks américains. En revanche, la récolte qui démarre en Amérique du Sud s'annonce bonne.
Du coup, les cours se sont repliés. Le blé revient à 4,80 $, le soja 9,30 $ et le maïs 3,63 $ le boisseau sur le CBOT, échéance mai.
Le cacao semble ne plus motiver les investisseurs pour le long terme. En repli depuis le point haut historique de janvier à 2 339 livres, les cours pourraient évoluer en range dans les semaines à venir. Sur le LIFFE, le cacao terminait la semaine à 2 194 livres la tonne.
Le cours du sucre a cassé le seuil psychologique des 20 cents la livre. En effet, l'Inde, dont dépend l'équilibre du marché, a revu sa production de sucre à la hausse de 5%.
Du coup, face à la baisse du cours, la Malaisie et l'Egypte qui allaient lancer un appel d'offres, ont reporté leurs importations.
Beau krach. Nous sommes ici dans l'anticipation, le marché étant pour cette année déficitaire et les fondamentaux porteurs jusqu'à la fin de l'été.
On peut s'attendre à un rebond intermédiaire avant la reprise de la baisse vers les 16 cents, 13,50 en extension. Mais un retour au-dessus des 25 cents, même s'il n'est pas exclu fondamentalement, est pour l'instant techniquement difficile. Affaire à suivre...
Vendredi, livraison mai, le sucre cotait 19,83 cents sur le NYBOT US.

Sucre en cents la livre