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Actualité économique et financière - MoneyWeek

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L'or en route pour un nouveau plus-haut
29 Jan 2010 5:59 pm

Sébastien Duhamel, notre expert en analyse technique, se penche sur une confi guration graphique intéressante et vous donne ses objectifs.

Alors que le potentiel pour les actions paraît très limité pour cette année 2010, les matières premières, en particulier l'or, pourraient bien tirer leur épingle du jeu. L'accélération haussière de ces derniers mois a remis le métal précieux sous les feux de la rampe, et ce n'est peut-être d'un début...

Inflation à l'horizon ?
La création de masse monétaire qui a été injectée ces deux dernières années pour répondre à la crise économique devrait se traduire, un jour ou l'autre, par une inflation non négligeable. Celle-ci sera plus ou moins contenue selon les tours de vis monétaires des différentes banques centrales de la planète – en d'autres termes, la hausse des taux d'intérêt. Alors que la reprise est molle pour le moment, le scénario d'une inflation forte et d'une croissance proche de zéro, donc de stagflation, devient malheureusement possible.

Gagnant à tous les coups !
Mais que la reprise soit là ou pas aura peu d'incidence sur la progression du métal jaune pour les prochains mois. En effet, en cas de reprise inflationniste, mon hypothèse privilégiée, les investisseurs s'orienteront vers l'or, tandis que, en cas de crise plus durable, ils se tourneraient également... vers l'or ! Le statut de valeur refuge par rapport aux marchés actions, mais aussi par rapport aux risques dus aux dettes publiques abyssales qui fleurissent ici ou là, de la Grèce à Dubai, jouerait alors à plein.

Les banques centrales en soutien
Pour la première fois depuis dix ans, les banques centrales étaient en 2009 acheteuses nettes d'or, cherchant à rééquilibrer leurs réserves, constituées à plus de 60% en dollars et à 20% en euros. Au premier rang, les banques centrales chinoise et indienne, qui ont procédé à des achats massifs. C'est un changement d'attitude important.

Or et dollar
Ces derniers mois, tous ces éléments, de même que des facteurs techniques (voir notre analyse ci-après), ont provoqué une forte accélération de l'or vers un nouveau sommet historique à 1 227 $ l'once. Celle-ci a coïncidé avec la faiblesse du billet vert. La récente correction des cours a d'ailleurs suivi le même parallèle.

Pour autant, si le dollar retrouvait grâce, au moins temporairement, aux yeux des investisseurs avec une hausse des taux d'intérêt en 2010, cela ne signifierait pas forcément qu'une correction importante et durable sur le métal jaune ait lieu, du fait de son statut d'assurance vie de l'investisseur. Surtout, si ce regain d'intérêt pour le dollar se produisait dans un contexte inflationniste, ce qui est probable, la corrélation pourrait s'inverser pour quelque temps, et l'or profiterait de ces tensions ; tout comme dans le pire des cas, celui d'un krach obligataire.

EVOLUTION DU COURS DE L'OR
Une tendance haussière limpide
L'or s'inscrit au sein d'une tendance haussière forte ces dernières années, évoluant au-dessus d'une droite ascendante support à environ 820 $. En outre, il est sorti d'une figure chartiste en triangle au mois d'octobre 2009, provoquant une forte accélération à la hausse sur les cours, passant en quelques semaines de 989 à 1 227 $, son récent top.

Depuis, il a corrigé pour revenir s'appuyer récemment sur une droite ascendante depuis octobre 2008, proche de 1 070 $. Tant qu'il restera au-dessus de ce niveau et, plus largement, au-dessus de son ancien top de mars 2008 à 1 040 $, qui fait maintenant office de solide support, la tendance restera nettement positive.

Cours de l'or

Quel objectif à moyen terme ?
Enfin, les indicateurs mathématiques restent bien orientés, à l'image du RSI quatorze semaines, qui revient actuellement à s'appuyer sur une droite de tendance haussière proche des 60. Nous profiterons donc de tous les retours proches des 1 070 $ pour acheter le métal précieux avec un stop à 1 040 $.

Dans un premier temps, au-dessous de 1 227 $, la tendance pourrait être hésitante pendant quelques mois étant donné la réaction que nous avons eue à ce niveau, avant une nouvelle accélération vers l'objectif de sortie du triangle, à 1 310 $, objectif minimal, soit 20% de progression par rapport aux cours actuels.

Première parution le 14 janvier dans MoneyWeek numéro 65

Sanofi-Aventis investit le marché chinois de la santé grand public
29 Jan 2010 5:59 pm

Sanofi-Aventis devrait s'allier au spécialiste chinois des vitamines et compléments minéraux, Minsheng Pharmaceutical Co. Ce segment de marché de la santé grand public est le plus important de l'empire du Milieu, d'où l'intérêt pour le groupe pharmaceutique français de créer cette co-entreprise.

Sanofi-Aventis devrait être majoritaire dans cette co-entreprise, nous dit le communiqué de presse de l'entreprise. Ce qui n'est pas surprenant compte tenu du fait que le groupe - l'un des premiers pharmaceutiques à s'implanter en Chine - mène un partenariat "fructueux" depuis dix ans avec Minsheng.

Hanspeter Spek, Président des opérations globales, souhaite "renforcer" la "contribution à l'amélioration de la santé préventive en Chine". Il s'agit surtout pour Sanofi-Aventis - et c'est Monsieur Spek qui le dit lui-même en parlant cette fois de stratégie - de "s'implanter sur le deuxième marché de santé grand public du monde et consolider son rang sur le marché mondial de la santé grand public".

Un marché de la santé grand public chinois qui était estimé, en 2008, à 70 milliards de RMB, soit près de 7 milliards d'euros, et dont Sanofi-Aventis attend une croissance à deux chiffres sur 5 ans. Ce qui devrait probablement se passer avec la hausse du niveau de vie des Chinois.

Cette alliance va dans le sens de la volonté de SA de dominer les marchés de santé grand public, avec l'acquisition récente de Chattem, groupe américain spécialisé dans l'automédication - ces produits que chacun peut se procurer sans ordonnance, en grandes surfaces et ailleurs.

Au début du mois, l'analyste technique Sébastien Duhamel soulignait l'impact de l'annulation des commandes gouvernementales de vaccins contre la grippe A, mais restait positif sur l'avenir du titre qui devrait subir une légère correction.

Christophe Didier

Hamon, spécialiste belge de l'énergie anormalement bon marché
29 Jan 2010 5:59 pm

Où investir en 2010 ? Le mensuel patrimonial belge Moneytalk a interrogé dix analystes du plat pays et, dans ses valeurs préférées, le broker Leleux Associated cite le groupe wallon Hamon. Cette entreprise belge était notre pari de la semaine, fin avril 2009, dans le no 30 de MoneyWeek. Ce conseil d'achat s'est révélé judicieux, puisque le titre, alors à 20,95 euros, enregistre depuis une hausse de pratiquement 35%.

La performance est d'autant plus remarquable que la société présente une connotation défensive et que les valeurs de ce type n'ont, en règle générale, guère brillé en Bourse l'an dernier. Hamon opère certes dans l'industrie, particulièrement malmenée par la crise, mais l'écrasante majorité de ses facturations s'effectue dans l'énergie, notamment auprès des centrales électriques et de l'industrie pétrolière. Les secteurs les plus touchés par le retournement conjoncturel (sidérurgie, automobile, etc.) ne représentent que 5 à 10% de son activité.

L'entreprise belge intervient sur des créneaux spécifiques et oeuvre dans plusieurs métiers complémentaires : les systèmes de refroidissement d'eau, les solutions d'échange de chaleur (pour refroidir ou réchauffer divers liquides ou gaz), la dépollution de l'air et les cheminées industrielles. Les compétences de haute technicité de la société se révèlent indispensables pour des projets énergétiques complexes. En la matière, les réglementations sont en outre particulièrement rigoureuses et les barrières à l'entrée élevées. La concurrence paraît donc limitée et, comme l'indique le broker Leleux, il y a une véritable pénurie de l'offre dans ce domaine, ce qui assure à Hamon un potentiel de croissance élevé.

La crise n'a guère affecté le groupe en 2008 et, début 2009, le carnet de commandes, en hausse de 40% en un an, dépassait douze mois de chiffre d'affaires. L'année dernière, le rythme n'a guère faibli. Au premier semestre 2009, le chiffre d'affaires (194 millions d'euros) s'est révélé en sensible croissance (+ 21 millions d'euros). Le résultat net de la période (9,7 millions d'euros) est supérieur à celui du second semestre 2008 et la marge opérationnelle (10,7%) dépasse l'objectif fixé par le groupe. Seul bémol : le carnet de commandes s'est légèrement effrité, certains clients ayant différé leurs investissements. Toutefois, depuis l'été dernier, Hamon indique être sollicité par de nombreux nouveaux projets, qui devraient rapidement se muer en commandes fermes. La société affiche sa confiance pour 2010.

Les perspectives sont florissantes. En Europe, le parc de centrales électriques a vieilli. Les nouvelles normes réglementaires exigent leur rénovation ou leur remplacement. Dans les pays émergents, la construction de nouvelles unités reste à l'ordre du jour. Hamon surfe sur un autre créneau porteur : l'écologie. L'entreprise est depuis longtemps spécialisée dans la dépollution de l'air et dans la réduction des émissions nocives de l'industrie. Le groupe ne pourra que profiter des nouvelles réglementations et autres taxes carbone, destinées à lutter contre le réchauffement climatique.

Les relais de croissance sont clairement identifiés. La société met le turbo sur les pays émergents et les prises de commandes y ont déjà atteint, pour les neuf premiers mois de 2009, 35% du total. Le groupe belge entend également s'imposer dans la technologie verte. Un joint-venture a été mis en place avec l'israélien Solel, fabricant de panneaux solaires, et Hamon prend pied dans la biomasse avec, l'an dernier, une prise de participation dans le groupe belge Xylowatt. Le titre, relève Moneytalk, reste "anormalement bon marché" et mérite amplement, malgré sa hausse, de figurer en portefeuille.

Denis Sarget, spécialiste des petites valeurs contribue à la lettre Small Caps Profit. Pour en savoir plus...

Première parution le 14 janvier dans MoneyWeek numéro 65

Areva se réorganise sur fond de croissance
29 Jan 2010 5:59 pm

Areva annonce une hausse de 6,4% de son chiffre d'affaires annuel, à 14 milliards d'euros, dont 1% lié à T&D dont il est en train de se séparer. Le groupe nucléaire français prévoit en outre une hausse des commandes en 2010, le principal gain provenant des réacteurs EPR.

Du point de vue de l'organisation du groupe et son fameux "modèle intégré" que la concurrence "cherche à imiter" selon lui, ce ne sont plus quatre mais six pôles d'activités qui vont être déployés afin de répondre au mieux à la clientèle dans toute la chaîne du nucléaire, de l'extraction d'uranium à la centrale, en passant par son traitement.

On notera notamment, outre la mise en place la mise en place d'une "direction ingénierie et projets", la création du pôle "Energie renouvelable" où Areva est également présent puisqu'il vient de prendre un contrat dans l'éolien maritime de 800 millions d'euros.

Le discours de Barrack Obama a bien été accueilli chez Areva, qui se réjouit de savoir que les Américains - qui possèdent le plus grand parc nucléaire du monde - souhaitent se doter d'"une nouvelle génération de centrales nucléaires propres et sûres". Ainsi, l'EPR sera présent dans six projets de construction de centrales nucléaires outre-Atlantique.

Car le groupe nucléaire tire l'essentiel de ses revenus dans la vente à l'étranger des activités nucléaires et renouvelables (hors T&D) - et particulièrement le pôle "réacteurs et services" (+12,8%) -, qui ont progressé de 9,3% contrairement à la France.

C'est l'une des raisons majeures pour lesquelles MoneyWeek déconseille de placer son argent dans le nucléaire : la politique joue un rôle trop important dans la validation des projets, à l'image d'Obama qui, soudainement parce qu'il a perdu des voix, se la joue écolo…

Christophe Didier

Faillite des États : deux poids deux mesures ?
29 Jan 2010 5:59 pm

Le concept de faillite est facile à appréhender : comment y échapper au coeur de cette crise financière ? Toutefois, l'Etat n'est pas une entreprise : il n'existe aucune instance juridique, aucun tribunal de commerce auprès duquel faire enregistrer une cessation d'activité... ni aucun liquidateur chargé de réaliser les actifs pour indemniser les créanciers. Aucun Etat ne peut donc se voir radié des registres, ni cesser d'exister une fois son dernier salarié licencié.

Le constat d'un défaut de paiement sur la dette ne peut avoir comme conséquence ultime que la mise en oeuvre d'une procédure de redressement et le placement sous tutelle d'une institution internationale, garante des fonds alloués pour assurer la continuité de l'Etat en déshérence. Ce processus s'accompagne le plus souvent d'une cure d'austérité qui lamine allègrement les classes moyennes et achève de ruiner les rentiers/retraités.

Essentielles subtilités
Il ne faut pas confondre défaut de paiement et surendettement (notion ô combien subjective !). Un pays se retrouve en défaut parce que aucun prêteur ne lui fait plus confiance, jugeant les garanties – cela commence le plus souvent par les réserves de change – insuffisantes.

Le Japon, par exemple, est surendetté : le seuil des 218% du PIB a été dépassé fin 2009, mais le pays jouit toujours de la confiance des marchés. En revanche, la Grèce, avec une dette publique qui n'atteint "que" 113% du PIB (la moitié du fardeau nippon), vient d'être déclassée par Standard & Poor's et Fitch début décembre, puis par Moody's plus récemment, faisant fuir les prêteurs potentiels.

Le critère du déficit budgétaire se révèle plus pertinent, mais il n'explique pas tout : la Grèce affiche un taux peu enviable de 12,7% (à comparer avec la norme de 3% prônée par le traité de Maastricht pour les pays qui ont adopté l'euro), mais est-ce si différent des 9% de déficit constatés au Japon, des 8,5% de la Suisse ou des 7,5 à 7,7% attendus en France et aux Etats-Unis en 2010 ?

L'endettement en ligne de mire
Les agences de notation s'intéressent donc en priorité à la dynamique de l'endettement et seraient allergiques à l'aspect inexorable de l'accumulation des déficits qui couvrent les frais de fonctionnement d'un Etat – en particulier les coûts sociaux – par opposition aux dépenses d'investissement, jugées indispensables. C'est pourquoi les banques centrales et les organismes internationaux d'inspiration (ultra) libérale ne cessent d'exhorter les pays les plus protecteurs à réduire leurs dépenses sociales et les plus dépensiers à éliminer de la mauvaise graisse.

Il est assez singulier d'observer que, dans certains cas, ni la poursuite de guerres hors de prix (financées par la planche à billets), ni le renflouement no limit (sans limitation de budget) d'entités privées – que la plus élémentaire logique libérale aurait vouées à la faillite sous d'autres latitudes – n'entrent en ligne de compte dans la notation de la dette souveraine de pays qui comptent parmi les premiers émetteurs de bons du Trésor de la planète.

Traitements de faveur ?
Certains pays dénoncent un système du type "deux poids, deux mesures" (non sans une certaine légitimité), qui se traduit par une flagrante mansuétude à l'égard des nations les plus puissantes et par une intransigeance pointilleuse envers les nations émergentes, qui pâtissent – sans les avoir provoquées – des aléas de crises survenues hors de leurs frontières.

Beaucoup de pays ont péché par excès d'optimisme dans leur modèle de développement, mais ils sont tout aussi nombreux à avoir été victimes de la corruption des élites et d'un taux d'évasion fiscal massif. Le propos n'est pas de stigmatiser les uns plutôt que les autres mais de souligner qu'une crise n'est que très rarement le contrecoup d'un brutal changement de l'environnement extérieur : c'est, le plus souvent, l'aboutissement de mauvais choix économiques, d'une lente dérive des comptes publics et le résultat de l'absence d'une volonté politique de s'attaquer aux vrais problèmes.

Une des grandes leçons que nous enseigne la faillite des Etats est qu'il faut des décennies de saine gestion pour susciter la confiance des prêteurs et qu'il suffit de quelques semaines de chaos économique pour la perdre.

Première parution le 14 janvier dans MoneyWeek numéro 65

Lagardère subit la crise de la presse
29 Jan 2010 5:59 pm

Une piètre performance. Pour 2009, marqué par un net rebond des indices boursiers, Lagardère fait partie des cinq valeurs du CAC 40 à avoir terminé l'année, certes de peu (– 2%), dans le rouge. En dépit de ce parcours médiocre, Investir recommande néanmoins de conserver le titre.

L'hebdomadaire souligne que les dettes de la société sont couvertes par des participations clairement à vendre – ses 7,5% d'EADS et ses 20% de Canal+ France. Cette relative aisance financière pourrait donc, estime Investir, déboucher sur de nouvelles acquisitions, sur un rachat d'actions, voire sur le versement d'un dividende exceptionnel. Mais la vente de ces actifs reste encore bien hypothétique.

L'anémique cours actuel d'EADS paraît bien en deçà des prétentions de Lagardère, tandis que la cession des titres Canal+ France suppose, au préalable, de concrétiser un accord avec le seul repreneur potentiel : de facto, l'actionnaire majoritaire Vivendi.

En revanche, les difficultés de Lagardère sont bien réelles. Le groupe, désormais recentré sur les médias (édition, magazines, radios, etc.), a subi de plein fouet la crise économique. Malgré une bonne progression du pôle édition au cours des neuf premiers mois de 2009, le chiffre d'affaires a baissé de 3,9% à données comparables. Les recettes publicitaires sont en chute libre, notamment pour les magazines (– 30% au troisième trimestre).

Le Journal des finances, qui anticipe d'ailleurs une baisse significative du résultat opérationnel, préfère rester à l'écart du titre. Les perspectives ne sont guère encourageantes. Selon les estimations de ZenithOptimedia, filiale de Publicis, le marché publicitaire, après la forte chute de l'an dernier, ne progresserait, au niveau mondial, que d'un modeste 0,9% en 2010.

Pour sauvegarder sa rentabilité, Lagardère mise sur les réductions de coûts (environ 90 millions d'euros d'économies réalisées en 2009). La société doit avant tout résoudre des problèmes de fond. Les ventes de journaux s'effritent sous le double effet de la multiplication des gratuits et de la généralisation d'Internet. Le pôle presse de Lagardère, confronté à la baisse de sa diffusion, n'échappe pas à cette remise en question fondamentale de son modèle économique traditionnel.

De plus, la branche édition pourrait à son tour faire l'objet de mutations structurelles. Investir souligne que la numérisation des livres constitue une véritable menace pour la société. Pour contrer Google, indique le média financier, le groupe français serait même disposé à ouvrir sa filiale en ce domaine, Numilog, à des éditeurs concurrents.

Conscient de ses faiblesses, Lagardère développe ses sites Web et se diversifie dans les droits sportifs. Toutefois, ces activités prometteuses restent encore marginales au niveau des facturations. A court terme, la visibilité semble trop faible et, à l'avenir, le modèle du groupe devra être redéfini. Compte tenu de ces perspectives maussades, l'action paraît encore bien valorisée.

Denis Sarget, spécialiste des petites valeurs contribue à la lettre Small Caps Profit. Pour en savoir plus...

Première parution le 14 janvier dans MoneyWeek numéro 65

Profitez dès maintenant du prochain krach made in China
29 Jan 2010 5:59 pm

Par Marc Mayor (*)

Et si, après le Japon et les Etats-Unis, les Chinois étaient les prochains sur la liste ? Quelle liste ? Celle des nations dont l'euphorie sur la pierre a été telle que son éclatement a engendré un effondrement du système ; une crise majeure aux conséquences dévastatrices.

Souvenons-nous de l'exemple japonais
Rappelez-vous du Japon du début des années 1990. A cette époque la valeur foncière de Tokyo égalait celle du territoire américain. De même la valeur de l'ensemble de l'Archipel nippon correspondait, grosso modo, à celle du reste du monde (oui, vous avez bien lu !). Comme vous le savez, 20 ans après, le mètre carré au Japon ne s'échange plus qu'à environ un dixième de sa valeur au pic de sa gloire.

Bien évidemment, les caractéristiques des crises immobilières passées diffèrent d'un pays à l'autre, d'une décennie à l'autre. Reste que le moteur est souvent identique : des taux d'intérêt bas, des facilités à l'emprunt extraordinaires et un encouragement du gouvernement envers les banques pour que celles-ci prêtent toujours plus (pour, soi-disant, que tout le monde, même la personne la plus démunie, puisse posséder un logement... On a vu ce que cela a donné aux Etats-Unis). A cela s'ajoute, en Chine aujourd'hui, de nombreux stimulus fiscaux de près de 500 milliards de dollars.

Un toit pour mieux spéculer...

Y aurait-il, à ce point, de quoi s'inquiéter ? La réponse est sans équivoque : oui, sans l'ombre d'un doute. Quelques chiffres pour en témoigner. A Shanghai, de janvier à septembre, le prix moyen pour les logements de haut standing a progressé de 54% à près de 5 400 dollars le mètre carré. L'explosion ne se fait pas sentir qu'à Shanghai. Durant le seul mois de novembre, le prix moyen des 70 plus grandes villes chinoises a bondi de 5,7%, alors que les constructions d'immeubles sur l'ensemble du territoire ont presque triplé (+194% en un mois).

L'euphorie est telle que de plus en plus de familles, si elles peuvent se le permettre, achètent systématiquement deux appartements -- un pour y vivre, l'autre pour spéculer. Des mouvements à grande échelle qui inquiètent au plus haut rang du parti communiste. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, pourtant reconnu comme peu bavard sur les excentricités de sa population, s'est lui-même, rendu à l'évidence. Le 27 décembre dernier, il a déclaré à l'agence Xinhua que "les prix immobiliers ont augmenté trop rapidement".

Une déclaration que n'aurait jamais osée un Georges W. Bush ou un Ben Bernanke. Ils se sont exprimés certes, mais seulement après le déluge...

... et une "constructivite" aiguë

A plusieurs égards, le mécanisme sur le sol chinois est bien différent de la folie japonaise des années 1980 – début 1990, ou des subprime made in Etats-Unis. Il est d'ailleurs plus proche du Japon que des Etats-Unis. Dans l'empire du Milieu, le danger émerge aux extrémités des richesses. D'un côté, l'offre d'immeubles de haut standing n'arrive pas à répondre à la demande exponentiellement croissante. Dans certains endroits, la "constructivite" aiguë est telle qu'elle pousse certains promoteurs dans des projets hors normes, dans des zones entièrement inhabitées et inintéressantes au possible. De l'autre côté, peu de constructions se concrétisent pour les classes moyennes et à bas revenus.

Un exemple, le district Chaoyang de Pékin, qui représente environ un tiers des transactions en immeubles résidentiels de la capitale. Son prix moyen avoisine les 3 200 dollars le mètre carré. Ceci sous-entend qu'un appartement standard de 93 mètres carrés coûte aujourd'hui l'équivalent d'environ 80 fois le revenu annuel des habitants de Pékin ! Soit une éternité. Cela crée une distorsion phénoménale entre les différentes classes de la société. Un analyste du géant obligataire Pimco, Koyo Ozeki, a d'ailleurs calculé que seuls 10% des ventes résidentielles en Chine concernent véritablement la population. En d'autres termes, 90% sont les fruits d'une spéculation à outrance entre développeurs immobiliers.

Attention au risque d'effondrement !
Force est de constater que lorsque tant d'oeufs se trouvent dans le même panier, avec si peu de supervision et de réglementation, l'omelette sera d'autant plus grande dès que le balancier se retournera. Car, une fois que les taux augmenteront pour freiner la venue d'une inflation galopante (ce qui est un autre sujet tout aussi inquiétant, si ce n'est davantage), l'effondrement sera brutal. Et l'impact sur l'économie mondiale certain.

Comprendre l'origine des bulles financières a d'ailleurs toujours été l'une de mes passions
. C'est ce que vous pourrez constater dans ma lettre stratégique que je publierai d'ici quelque temps. C'est aussi ce qui m'a amené à développer, à la fin des années 1990, des outils d'investissement neutres au marché, permettant de générer des rendements élevés en profitant de ces cycles. A ce propos, un nouvel article phare*, publié tout récemment par le National Bureau of Economic Research, apporte une belle pierre à l'édifice. Après avoir analysé en profondeur 60 crises financières de 1870 à nos jours, les auteurs se sont demandé quel était le meilleur indicateur pour anticiper la venue d'une crise. Leur réponse ? La croissance des crédits. Philippe Béchade vous parlait justement, il y a peu, des énormes conséquences qu'aurait le gel des crédits en Chine. 

Des signes qui ne trompent pas

Graphique de la croissance des crédits en Chine depuis 2001

Ci-dessus, voici le graphique de la croissance des crédits en Chine depuis 2001. Comme vous pouvez le constater, alors même que la croissance économique à double chiffre de l'empire du Milieu dure depuis plus d'une décennie, le bond des crédits n'a véritablement explosé qu'en 2008. Et, maintenant que l'on sait que la croissance chinoise n'a été que peu affectée par la dernière crise financière, les milliards de dollars injectés par le pouvoir central vont très certainement générer une crise "made in China" sans précédent. Avec une impossibilité de résorber toutes ces liquidités, dont une grande partie a été "investie" dans l'immobilier. Mieux vaut donc s'y préparer, voire en profiter.

*Credit Booms Gone Bust : Monetary Policy, Leverage Cycles and Financial Crises, 1870-2008, Moritz Schularick et Alan M. Taylor, National Bureaux of EconomicResearch, Novembre 2009, NBER WorkingPaper No. 15512.

(*) Marc Mayor est le fondateur et président d'Inside ALPHA , une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits 'neutres au marché'). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire 'Le Coin des Insiders', qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L'Agefi (Suisse). Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur www.lecoindesinsiders.com/profits-garantis.html. Il participe régulièrement au Billet du Trader.

JCDecaux prévoit une reprise après une année en berne
29 Jan 2010 5:59 pm

JCDecaux affiche une chute de 11,5% de son chiffre d'affaires annuel, à 1,9 milliard d'euros, miné par la crise de la publicité en 2009. Le groupe français d'affichage et de mobilier urbain affirme néanmoins ressentir depuis septembre une tendance à la reprise, mais le long terme reste encore très flou.

Même si le marché publicitaire a connu une hausse de 1,4% l'année dernière, le marché de l'affichage extérieur a été le plus chahuté après la presse magazine- avec -8,7% - selon une étude de Kantar Media parue mercredi. Croissance certes, mais "historiquement basse". Logique donc que JCDecaux en pâtisse.

Dès lors, avec la supposée reprise économique, une brise d'optimisme commence à se lever et touche le secteur. Jean-François Decaux, co-directeur général du groupe, livre son sentiment dans un communiqué, et mentionne notamment que les pays émergents et quelques marchés ont quelque peu sauvé le quatrième trimestre, ajoutant que "la vision plus positive des annonceurs constatée sur certains marchés depuis septembre, semble se poursuivre au premier trimestre de cette année."

En septembre dernier justement, la journaliste Alexandra Voinchet s'était penchée sur JCDecaux dans MoneyWeek, relevant que "les groupes se tournent plus que jamais vers les pays émergents, où l'urbanisation croissante crée des opportunités. Ainsi, le projet chinois de construire 130 lignes de métro fait saliver. JCDecaux souhaite réaliser entre 25 et 27% de son chiffre d'affaires dans les pays émergents d'ici trois à cinq ans."

Force est de constater que quels que soient les secteurs, les entreprises ayant de mauvais résultats attendent beaucoup des marchés des émergents. Peut-être trop même.

Christophe Didier

A lire aussi : Lagardère subit la crise de la presse

Chiffres du chômage en France : 'Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées' – Winston Churchill
29 Jan 2010 5:59 pm

"Baisse du nombre de chômeurs en décembre", titre Le Figaro. Parfois, en lisant la presse, nous avons l'impression de lire la Pravda. Ou un manifeste d'optimisme béat à la solde du gouvernement – ce qui, en fait, revient au même.

Que découvre-t-on en lisant Le Figaro ? Que "le nombre d'inscrits en catégorie A, celle 'de référence', a diminué de 0,7%". L'assurance et les promesses de Nicolas Sarkozy, "le chômage devrait reculer dans les semaines qui viennent", lundi dernier s'explique dans un grand alléluia.

Ce grand brassage de bonnes nouvelles suggérées, préparées, annoncées, nous fait immanquablement penser à la citation de Winston Churchill : "Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées".

Selon les statistiques officielles, la France, en décembre, comptait 3,82 millions de chômeurs soit 500 700 de plus qu'il y a un an.

Quelle réalité se cache devant les annonces relayées par les médias ? Si le nombre de chômeurs de catégorie A a bien reculé en décembre, sur un an, on peut en décompter 306 000 de plus en tout. Et penchons-nous sur les autres catégories de chômeurs, celles qui manifestement ne semblent pas mériter l'attention des médias : les chômeurs à temps partiel, par exemple. En prenant en compte toutes les catégories (A, B et C), le nombre de chômeurs a augmenté de 8 600.

Pourquoi évacuer les chômeurs partiels de gros titres ? A MoneyWeek, cela nous échappe. En premier lieu parce que chômage partiel signifie réduction de revenus et donc baisse de la consommation – cette consommation si chère au coeur des politiques et économistes. La consommation doit sauver le monde. Il faudrait encore que nous puissions consommer.

Jean-François Couvrat, sur son blog Déchiffrages s'interroge quant à lui sur ces 503 400 chômeurs qui ont quitté le Pôle emploi en décembre et en particulier les 196 000 qui n'ont ni trouvé un emploi, ni un stage : "Reste le gros morceau : les 196 000 'cessations d'inscription pour défaut d'actualisation'. Leur nombre a dépassé 190 000 sept mois sur douze en 2009 et c'est un record décennal. Il s'agit de demandeurs d'emploi qui n'ont 'pas actualisé leur déclaration de situation mensuelle', indique le ministère du Travail. Cela ne veut évidemment pas dire qu'ils ont retrouvé un emploi. Le seul engorgement du site Internet de Pôle Emploi peut en inciter plus d'un à reporter cette actualisation".

Vous le savez, les chiffres officiels du chômage ne prennent en compte qu'une petite partie de la réalité du chômage. Nous vous avons déjà longuement parlé de ces manoeuvres qui permettent de maintenir le taux de chômage sous les 10%. Et nous n'accusons pas seulement le gouvernement français de manipuler les statistiques. C'est une mauvaise manie partagée par tous les gouvernements. Les Américains ont leurs chômeurs découragés, la France a ses chômeurs en fin de droits. Et des taux de chômage réel entre 15% et 20% des deux côtés de l'Atlantique.

Nicolas Sarkozy arrivera peut-être à tenir ses promesses sur la baisse du chômage. Un million de chômeurs vont arriver en fin de droits en 2010. Un million de personnes vont donc se retrouver projeté dans la pauvreté avec un peu plus de 400 euros par mois pour vivre.

"Plus de 1,7 million de foyers ont touché le RSA en novembre", nous apprend Reuters. Si nous ne prenons en compte que le côté économique de cette réalité, cela signifie qu'une chose : que cette année près de 3 millions de personnes auront besoin du RSA pour survivre. Nous assistons à une réelle paupérisation de la population française, signe de plus que nous sommes dans une dépression.

 
- Vous êtes nombreux à nous poser des questions sur la fiscalité de l'or. Isabelle Mouilleseaux a donc consacré un article à ce sujet dans l'Edito Matières Premières & Devises. A découvrir en poursuivant votre lecture...

- Quoi que nous réserve les mois à venir, trois thématiques auront la part belle :
- le désendettement des consommateurs ;
- la relance publique ;
- la fin du pétrole bon marché.
Ingrid Labuzan a déniché un fonds qui investit justement sur ces grandes tendances : "des convictions fortes, sur le moyen et long terme, voilà la philosophie de gestion de ce fonds. Gorilla views, c'est ainsi que les gérants appellent les thématiques phases d'investissement. Pour un portefeuille fondé sur le long terme, suivez les gorilles". Découvrez comment investir sur le long terme dans le dernier numéro de MoneyWeek.
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La délicate mesure du risque pays
29 Jan 2010 5:59 pm

Depuis les années 1990, de nouveaux indicateurs sont apparus pour mesurer la vulnérabilité d’un pays. Des outils devenus indispensables. Investisseur, pouvez-vous vous y fier ?

Qu'est-ce que le risque pays ?
Le risque pays est la probabilité qu'un pays ne rembourse pas sa dette due aux investisseurs internationaux. L'Islande défraie par exemple la chronique, en ce moment, à ce sujet.

Comment l'évalue-t-on ?
Le risque est évalué à l'aide de plusieurs indicateurs. Les agences de notation, pour leur part, notent la dette des Etats. Pour controversées qu'elles soient, les notations publiées permettent d'apprécier la capacité d'un pays à émettre de la dette sur les marchés internationaux. Ainsi, une très forte dégradation de la signature d'un Etat marque l'émergence d'un risque pays. Toutefois, les agences de notation ne donnent l'alerte qu'une fois le risque constaté et n'anticipent pas les crises éventuelles.

Tel est plutôt, au niveau mondial, le rôle du FMI. En effet, cette institution publie, outre son rapport de stabilité financière annuel, des indicateurs de vulnérabilité de ses pays membres. Ces outils deviennent indispensables, en raison de l'émergence de crises économiques d'un nouveau genre dans les années 1990, affectant cette fois l'ensemble du système financier mondial.

Un nouveau type de crise frappe les émergents
A partir de 1994, plusieurs crises économiques et financières se succèdent dans les pays émergents, notamment en Asie et en Russie. Elles ont des caractéristiques communes dans leur origine et leur déclenchement. Ces pays connaissaient des déséquilibres extérieurs, dus à une dépendance des capitaux privés étrangers, accentuée par le rattachement direct ou indirect des monnaies au dollar, alors en phase d'appréciation. A cela s'ajoutaient de nombreuses faiblesses du système financier : des institutions fragiles, le recours à l'emprunt extérieur en devises – exposant les entreprises locales à des pertes en cas de dépréciation de la monnaie –, la montée de l'endettement intérieur à court terme, la formation de bulles spéculatives sur les marchés boursier et immobilier, dans un contexte d'expansion rapide du crédit.

Dès lors, tout changement d'opinion des marchés financiers pouvait déclencher un engrenage infernal, de la dépréciation de la monnaie au défaut de paiement et aux sorties de capitaux. Dans certains cas, la défiance a gagné l'ensemble de la région. A la fin de la crise, de nombreuses banques locales avaient fait faillite. Enfin, à chaque fois, la crise s'est traduite par une intervention du FMI.

Quinze années de crises successives
Première crise de ce type, la crise mexicaine, ou "crise tequila", survient en 1994. L'économie mexicaine, alors dans un contexte d'inflation persistante et de déficit de la balance des paiements, connaît fin 1994 des sorties massives de capitaux et un décrochage de sa monnaie. L'intervention des Etats-Unis puis du FMI stoppe la crise. Mêmes causes, mêmes effets en Asie, en 1997. L'ancrage au dollar des monnaies de la région – dont le baht thaïlandais – donne l'illusion d'une stabilité des changes, tandis que les banques locales s'endettent massivement, dans un contexte de flambée des marchés immobilier et boursier.

Des attaques spéculatives sur le baht déclenchent la crise en Thaïlande en 1997. Crise de change et crise bancaire s'étendent ensuite à toute la région. L'appui financier du FMI aux trois pays les plus affectés – l'Indonésie, la Corée et la Thaïlande – sera décisif pour mettre fin au chaos. Nouvelle secousse l'année suivante en Russie, une des plus violentes de la décennie. La crise des finances publiques russes enclenche le défaut de paiement des fameux emprunts d'Etat GKO et alimente une sévère crise des marchés obligataires, avec la quasi-faillite du fonds spéculatif LTCM, exposé à ces emprunts et en perte de 5,7 milliards de dollars. Le fonds a été renfloué en catastrophe par un prêt de quatorze grandes banques internationales.

Une fois de plus, le FMI intervient. Enfin, la crise argentine de 1998 à 2002 conduit le pays à la catastrophe économique et sociale. Comme précédemment, un des éléments déclencheurs est l'explosion du système de change, arrimé au dollar. Le sauvetage s'opère grâce à l'aide du FMI, mais surtout par la dévaluation et par un plan de conversion de la dette, aux effets drastiques sur les créanciers privés.

Quel impact pour les banques ?
Le risque pays est désormais considéré comme un risque à part par les banques. Lors des crises asiatique ou russe, les banques étaient exposées au risque, car elles avaient prêté aux Etats, aux entreprises et aux banques locales. Elles ont essuyé des pertes lorsque ces dernières ont fait défaut. Afin de faire face à ce risque, elles enregistrent donc dans leurs comptes des dépréciations sur pays à risque, soit l'équivalent des provisions pour risque. Une ultime tentative de protection.

Sandrine Voizot

Première parution le 14 janvier dans MoneyWeek numéro 65

Faiveley ne déraillera pas
29 Jan 2010 5:59 pm

C'est une de nos valeurs favorites. Une de nos belles réussites, avec un gain de près de 30% sur un an. Le spécialiste ferroviaire Faiveley roule à bonne allure. Certes, nous n'étions pas habitués à voir un chiffre d'affaires en baisse, comme celui paru au titre du troisième trimestre 2009 (octobre-décembre) : - 11 % à 199 M€. Cependant, sur neuf mois, cet à-coup ne se fait pas sentir.

Faiveley impute cette baisse de forme à la variation de planification de livraisons de ses clients et prévoit un quatrième trimestre au cours duquel le rattrapage se fera positivement sentir sur les résultats.

Les analystes de Gilbert Dupont viennent de sortir Faiveley de leur liste des valeurs favorites parmi les capitalisations de taille moyenne. Nous maintenons nous notre opinion.

Epargne : les placements ont leur comparateur
29 Jan 2010 5:59 pm

Comment savoir si son épargne est réellement optimisée ? Comment être certain que le placement que l'on a choisi est le moins risqué et le plus rémunérateur ? Difficile pour un particulier de comparer avec exactitude les différentes offres tant il en existe sur le marché et tant elles évoluent.

Aussi, bien souvent, les épargnants optent pour la solution de facilité et souscrivent le produit d'épargne (assurance vie, Livret A, livret rémunéré...) qui leur est proposé par leur conseiller bancaire. Pourtant, tous les placements ne se valent pas. Certains offrent un rendement bien supérieur aux autres. Mais encore faut-il avoir la patience d'examiner en détail toutes les spécificités des nombreuses formules proposées.

Pour cela, il faut prendre le temps de lire entre les lignes et d'examiner les différentes clauses. Disponibilité de l'épargne, taux de rémunération, primes sont autant de subtilités auxquelles il faut veiller.

Pour faciliter la tâche des particuliers, deux entrepreneurs ont eu l'idée de créer quellivret.com. Le principe : un comparatif en ligne gratuit des meilleurs placements (du Livret A à l'assurance vie, en passant par le compte rémunéré). La bonne idée du site est de rendre comparables des produits très différents. En effet, les taux des livrets réglementés par l'Etat sont indiqués en net, alors que pour les autres livrets ils sont indiqués en brut.

Par ailleurs, certains établissements calculent les intérêts par quinzaine, alors que d'autres le font quotidiennement. Le site compare les offres et calcule le rendement en gain net. Il suffit d'entrer sur la plate-forme la somme à épargner et la durée. En quelques secondes, un classement exhaustif des meilleures offres s'affiche. Vous pouvez affiner votre recherche en entrant l'âge du détenteur ou en éliminant certains produits d'épargne.

Vous aurez alors toutes les cartes en main pour décider où placer votre argent.

Première parution le 14 janvier dans MoneyWeek numéro 65

Le yuan (vraiment) réévalué ?
29 Jan 2010 5:59 pm

"Le yuan grimpe face aux principales monnaies." C'est ce que nous révélait hier Bloomberg. Pour l'agence d'information, la Chine a agi de la sorte dans le but d'enrayer l'inflation, et le pays pourrait même mettre fin à l'arrimage du yuan au dollar. Toujours selon cette agence, le récemment mouvement du yuan est la conséquence du fait que le 12 janvier, la Banque centrale chinoise a décidé de relever le ratio de réserves obligatoires pour les grandes banques chinoises.

Or, un examen attentif des taux de change entre le yuan et les principales devises publiées sur le site de la Banque centrale chinoise nous a permis de faire deux constats. Primo, du 13 au 27 janvier, le taux de change entre le yuan et le dollar est resté pratiquement inchangé. Autrement dit, si deux semaines plus tôt, un dollar équivalait à 6,8273 yuans, le billet vert vaut aujourd'hui... 6,8270 yuans. Secundo, durant la même période, le taux de change entre le yuan et l'euro a cependant changé de façon significative : aujourd'hui, un euro s'échange contre 9,61 yuans, alors qu'il y a 14 jours la monnaie unique valait 9,88 yuans.

Que faut-il en conclure ? Le yuan ne s'est guère réévalué face au dollar, comme l'a laissé entendre Bloomberg. Et s'il s'est apprécié contre l'euro, ce n'est pas la conséquence d'une réévaluation volontaire de la part de Pékin. L'explication est à chercher tout simplement dans le changement récemment intervenu dans la parité dollar/euro : le 13 janvier, un dollar valait seulement 0,688 euro, tandis que deux semaines plus tard, il en vaut 0,71. Et comme le yuan s'apprécie en même temps que le dollar de manière automatique, rien d'étonnant qu'il se soit réévalué face à l'euro.

Coincée entre une forte poussée spéculative sur une réévaluation du yuan, la pression grandissante des Etats-Unis et de l'Europe, et les conséquences qu'auraient une réévaluation du yuan sur la valeur des bons du Trésor américain et les exportations chinoises, la Chine semble pour le moment ne pas être lancée dans le processus de réévaluation de sa monnaie.

Mais nul doute que ce processus devra être lancé si le pays ne veut pas voir éclater les bulles sur ses marchés actions et immobiliers.

Giovanni Etelbert

Investir en Chine : privilégier les valeurs liées à la consommation
29 Jan 2010 5:59 pm

C'est donc dans un contexte globalement favorable que la Bourse chinoise aborde l'année 2010. Reste, pour les investisseurs, à savoir se positionner sur les secteurs prometteurs. Fin connaisseur du marché chinois, Liu Yang conseille de jouer trois thématiques d'investissement.

- La consommation : il s'agit de miser à la fois sur la consommation domestique et sur les secteurs qui lui sont associés, tels l'alimentation, les loisirs, le tourisme, la santé, l'éducation. Un choix qui se justifie par la nature même de ce secteur, peu en prise avec le monde politique. "N'oubliez pas que la Bourse chinoise est un marché politique. Investir dans les actions chinoises revient à prévoir les changements des politiques de Pékin, exercice pour le moins délicat, rappelle l'analyste singapourien.

Dans la mesure où nous ne savons pas où veut aller le gouvernement chinois, qui semble hésiter entre préserver à tout prix un taux de croissance élevé et prévenir contre les bulles de certaines classes d'actifs, mieux vaut investir sur un secteur moins tributaire des décisions de Pékin, en l'occurrence la consommation intérieure."

En outre, des trois moteurs de la croissance chinoise (investissement, exportation, consommation), la consommation est de loin le poste le plus stable. Pour s'en convaincre, il suffit de considérer la situation économique de la Chine entre fin 2008 et début 2009. A l'époque, le PIB chinois est tombé à 6,1%, en raison précisément de la chute de l'activité exportatrice, trop dépendante de la demande extérieure, et du net ralentissement de l'investissement public, lequel reste trop lié aux décisions politiques.

Enfin, même s'il hésite à prendre certaines décisions d'ordre macroéconomique, le gouvernement chinois a toujours été clair quant à la nécessité de stimuler la consommation intérieure. Il l'a encore prouvé tout récemment lors de sa réunion de travail du 7 décembre, au cours de laquelle le président Hu Jintao a décidé de faire de la relance de la consommation l'une des cinq priorités de l'année 2010.

- L'industrie du ciment : ceux qui, grâce à une meilleure connaissance du marché chinois, savent anticiper certaines décisions politiques de Pékin pourront s'intéresser aux valeurs liées à l'industrie du ciment. La poursuite de l'activité immobilière que nous avons évoquée plus haut conduira, en effet, à accroître les besoins en ciment de la Chine.

Certes, le secteur souffre d'une surcapacité de production, mais un changement structurel est en train de s'opérer avec, notamment, un contrôle très strict sur les futurs projets de construction et la suppression massive de cimenteries vétustes, énergétivores et polluantes. De sorte que,"en 2010, le déséquilibre entre une offre excédentaire et une demande insuffisante sera corrigé et que, dans les années à venir, la tendance sera de plus en plus favorable aux investissements dans le secteur", analyse Liu Yang.

Pour anticiper la hausse des prix consécutive à une demande abondante, c'est maintenant qu'il faut entrer sur le marché. En revanche, du fait de son caractère plus ou moins tributaire des décisions politiques, le secteur du ciment présente un degré de risque assez élevé.

- Le secteur bancaire : les investisseurs contrariens peuvent s'intéresser aux valeurs bancaires. D'une part, les banques chinoises bénéficient de revenus récurrents, grâce notamment aux intérêts sur les prêts, leur principale activité. D'autre part, l'évolution des taux d'intérêt en 2010 devrait leur être plus favorable encore : non seulement la Banque centrale chinoise pourrait relever ses taux mais, de plus, les établissements bancaires pourraient prêter plus cher sur le marché interbancaire, en raison d'une moindre quantité de liquidités sur le marché.

Le montant des crédits qu'elles sont autorisées à octroyer est effectivement limité à "seulement" 7 000 MdsҰ (712 milliards d'euros) en 2010, contre près de 10 000 MdsҰ (1 018 milliards d'euros) l'an dernier. Reste à signaler que, quand bien même des créances douteuses viendraient un jour plomber le bilan des banques, le problème ne sera confirmé que dans quelques années, le temps que soit constatée dans les comptes l'insolvabilité des emprunteurs. N'oubliez pas que c'est en 2009 que les banques chinoises ont été autorisées à ouvrir grand les vannes du crédit.

Investissez via Hongkong ou New York
Vous êtes décidé à investir sur le marché boursier chinois ? Avant de vous lancer, sachez qu'il existe trois catégories d'actions : les actions A, les actions B et les actions H. Les premières sont cotées sur la place de Shanghai, mais ne peuvent s'échanger qu'en yuan, la monnaie chinoise. Les deuxièmes sont également cotées à Shanghai, mais peuvent être achetées et vendues en dollar américain.

Les troisièmes sont, quant à elles, des sociétés chinoises cotées à Hongkong, donc échangeables en dollar de Hongkong. Concrètement, si vous ne possédez pas de yuans, vous ne pourrez pas intervenir directement sur les actions A, celles qui composent l'indice de référence Shangzheng, le plus suivi par les marchés.

En revanche, rien ne vous empêche d'en acheter via Hongkong, en investissant sur les actions H, leurs équivalentes hongkongaises. Il faut en effet rappeler que nombre de sociétés chinoises ont une double cotation : l'une à Shanghai, l'autre à Hongkong. Et, depuis 2005, une vingtaine de sociétés chinoises sont également cotées à New York, notamment sur le Nasdaq.

D'ailleurs, tous les spécialistes vous le diront : investir sur la Chine via Hongkong ou New York présente un double avantage : vous pouvez non seulement accéder à des sociétés chinoises aux reins solides, mais également protéger vos investissements contre toute secousse politique susceptible de déstabiliser le marché de Shanghai.

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Chine : qui sera à l'abri de la bulle ?
29 Jan 2010 5:59 pm

Osez ! Mettez l'empire du Milieu dans votre portefeuille ! Utilisez son étonnante capacité de consommation comme effet de levier pour doper vos investissements. Avec nos conseils et recommandations, vous saurez sur quels secteurs miser et comment rentabiliser vos placements à l'abri des risques. Suivez-nous.

 De Pékin à Shanghai en passant par Singapour et Hongkong, les analystes, économistes et gérants de fonds que nous avons interrogés sont unanimes : pour l'heure, en Chine, le contexte de marché boursier s'annonce bien meilleur qu'en 2009. Mais dès lors qu'il s'agit de prévoir la tendance d'évolution de l'indice Shangzheng (équivalent du CAC 40) pour 2010, ils se départagent en deux camps.

D'un côté, il y a les haussiers, qui anticipent une poursuite de l'ascension de l'indice. Ainsi, Morgan Stanley prévoit une hausse de 30% ; Yang Liu, analyste de la banque Exane à Singapour, table sur une progression de 20%. Et, pour les sociétés de courtage chinoises, la plupart estiment que l'indice Shangzheng, qui a fini 2009 à 3 277,14 points1, devrait atteindre les 4 300-4 700 points.

De l'autre, il y a les neutres, pour qui le marché de Shanghai devrait finir l'année à l'équilibre. "2010 sera synonyme de reprise mais aussi d'incertitude : nous ne savons pas s'il y aura des changements importants au niveau des politiques macroéconomiques de la Chine", confie un courtier chinois. "C'est pourquoi nous pensons que l'indice Shangzheng va évoluer en dents de scie tout au long de l'année, avec un plus-haut à 3 700 points."

Marché haussier
A MoneyWeek, nous prévoyons quant à nous une progression de l'indice en 2010, notamment durant le premier semestre de l'année. Plusieurs facteurs, en effet, nous confortent dans notre pronostic. En premier lieu, le maintien de la politique monétaire ultraaccommodante de la banque centrale chinoise, au moins jusqu'en juin 2010.

Ainsi, tant que les taux d'intérêt seront au plus bas, l'économie chinoise continuera à bénéficier de capitaux abondants pour se développer à un rythme soutenu. En parallèle, la partie des liquidités qui n'aura pas été injectée dans l'économie réelle affluera vers le marché boursier, apportant un soutien nécessaire au rebond des actions. Certes, avec l'amélioration des conditions de reprise, la Chine n'exclurait pas de relever ses taux au second semestre, mais il ne s'agirait alors que de réajustements mineurs n'entraînant pas de changement radical dans sa politique monétaire.

Le deuxième élément porteur réside en la capacité de l'empire du Milieu à rebondir, comme en témoignent les quatre principaux indicateurs avancés de son économie : l'indice PMI des directeurs d'achats, l'indice de la production d'électricité, les ventes de voitures et les ventes de logements. Le PMI, calculé à partir de douze sous-indices (nouvelles commandes, niveau de production, stocks...), est ressorti à 56,6% en novembre 2009, en hausse de 1,4% par rapport à décembre 2008. Ainsi, pour le dixième mois consécutif, cet indice se maintient au-dessus du seuil de 50%, ce qui traduit une expansion de l'activité manufacturière. L'indice de la production d'électricité, autre mesure de l'activité manufacturière, a pour sa part progressé de 27,63% entre 2008 et 2009.

"Il s'agit d'un indicateur avec lequel on ne peut pas tricher, explique Liu Yang, puisqu'il quantifie le volume d'électricité produite qui ne peut être stockée. Il reflète notamment la consommation industrielle d'électricité, donc le niveau de progression de l'activité industrielle de la Chine." En ce qui concerne les ventes de voitures, le résultat est tout aussi étonnant : de janvier à novembre 2009, le nombre d'unités vendues a dépassé 12 millions, contre 9 millions aux Etats-Unis au cours de la même période. Est-ce un signe que les consommateurs chinois sont davantage en confiance ? Sans doute.

Enfin, s'agissant des ventes de logements, celles-ci ont enregistré un bond de 79,2% entre janvier et octobre 2009. Cela tend à démontrer que, entre 2010 et 2011, l'investissement immobilier sera maintenu à un niveau très élevé : en Chine, en effet, les ventes de logements concernent essentiellement l'immobilier neuf, en particulier l'achat sur plans.

Effectuées en 2009, les ventes sur plans vont donc pouvoir doper, dans les douze à quinze mois à venir, l'activité du secteur immobilier et, par ricochet, celle de tous les secteurs qui lui sont associés : construction, industrie du ciment, services...

Le troisième facteur de soutien est à chercher dans les résultats des entreprises. Pour Securitimes, quotidien financier chinois, les bénéfices des entreprises cotées pourraient progresser de 28% en 2010. Plus optimiste, la société de courtage Guangda prévoit une hausse de 31% ; quant à Liu Yang, de la banque Exane, il mise sur une croissance de 20%, soit au-dessous du consensus des marchés (+ 26%).

Quoi qu'il en soit, la tendance est là : un an après le début de la crise qui les a durement frappées, les entreprises chinoises sont de plus en plus nombreuses à renouer avec les bénéfices.

Danger de rechute ?
Certains ne manqueront pas de s'interroger : dans la mesure où le contexte de reprise reste encore fragile, y compris en Chine, qu'adviendrait- il si, d'ici quelques mois, l'économie chinoise montrait des signes de rechute ?

Pour Liu Yang comme pour les économistes Dong Niming et Chen Yuncheng, la Chine a déjà pris les dispositions nécessaires pour parer au pire − dont le fameux plan de sauvetage prévoyant 4 000 MdsҰ (461 milliards d'euros) d'investissements sur deux ans (2009 et 2010). Il faut rappeler qu'en 2009 le gouvernement chinois n'a que peu investi : le plus gros des investissements réalisés dans l'année a, en réalité, été le fait des collectivités locales. De sorte que, cette année, il disposera de moyens suffisants pour agir en cas d'urgence.

Le développement de la consommation intérieure constitue lui aussi une stratégie de relance que la Chine entend jouer pleinement dès 2010, qu'il y ait rechute ou pas. Les dernières mesures annoncées par Pékin montrent en tout cas sa détermination à aller plus vite encore dans ce domaine : augmentation des pensions de retraite, octroi aux ménages ruraux (800 millions de personnes) de subventions pour l'achat de produits électroménagers... A tout cela s'ajoute la création, le 1er janvier 2010, de la zone commerciale Chine-Asean2, la plus grande zone de libre-échange du monde avec une population de 1,9 milliard d'habitants, un PIB de 6 000 milliards de dollars et un chiffre d'affaires de 4 500 milliards de dollars.

L'objectif de Pékin est double : redynamiser l'exportation en diversifiant ses partenaires commerciaux et amortir ainsi le contrecoup d'un éventuel recul plus important des importations en provenance des Etats-Unis et de l'Union européenne, ses deux principaux partenaires en mal de croissance. Enfin, selon nos informations, bien d'autres plans de relance attendent encore dans les cartons − tels la baisse de l'impôt sur le revenu, l'octroi des bons de consommation...

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Première parution le 14 janvier dans MoneyWeek numéro 65