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EUR/USD : en route vers les 1,35 $
par Jérôme Revillier Vendredi 05 février 2010
La panique s'emparée des marchés
Sur le forex, l'euro a plongé à son niveau du mois de mai 2009. Et à l'heure où j'écris ces lignes, les indices européens plongent de presque 2%.
La mine défaite de la correspondante italienne de CNBC, au demeurant très mignonne, est grave lorsqu'elle relate la tendance des marchés. Mais elle n'est rien comparée à la pâleur du correspondant espagnol qui commente la chute de près de 2,7% de l'IBEX.
Les commentateurs et les observateurs des marchés sont désemparés. Pour nous, c'est exactement le contraire...
Une chute annoncée
Sur le marché des changes, c'est bien entendu le dollar qui profite de la forte inquiétude qui règne sur les dettes des Etats européens et sur l'économie mondiale en général.
D'ailleurs, je ne vais pas gâcher mon plaisir alors que le scénario défendu depuis plusieurs mois se dessine.
Vous constaterez sur ce graphique que la monnaie européenne a mis près de huit mois à revenir vers 1,50 $, mais qu'il lui aura fallu à peine deux mois pour corriger de près de 60% de cette précédente hausse.
Et je ne vois pas pourquoi on s'arrêterait là...
Nouvelle crise de confiance
Hier, le Portugal a raté une émission obligataire qui pourtant ne portait que sur 500 millions d'euros. C'est dans ces conditions, il y a quelques semaines, que les craintes sur la Grèce se sont amplifiées.
Mais si le problème de la dette est très médiatisé, ce n'est sans doute la seule raison du plongeon actuel des marchés qui traduit un véritable malaise. La confiance n'y est plus et le spectre des premiers mois de la crise revient plus vite qu'attendu. Sauf que les banques de l'époque ont été remplacées par les Etats.
C'est bien ça le plus inquiétant.
Consommation au point mort...
En Australie, les ventes de détail ont chuté de 0,7% pour la première fois depuis cinq mois alors qu'en Zone euro, elles n'arrivent toujours pas à progresser.
En effet, sur les 12 derniers mois, les ventes de détail n'ont augmenté que deux fois et très modérément (+0,1% en mars et +0,2% en juin).
Ainsi, la consommation n'est définitivement pas au rendez-vous de la reprise, alors que les comités monétaires annoncent le retrait progressif des facilités de crédit aux banques, on peut légitimement s'interroger sur la capacité des ménages à maintenir leur niveau de dépenses et ainsi aider l'économie à rebondir.
Et productivité en hausse
Un chiffre également important hier fut la hausse de la productivité aux Etats-Unis. Ce qui pourrait apparaître de premier abord comme positif ne l'est en fait pas du tout.
L'équation est simple.
Meilleure productivité et baisse de la consommation maintiennent sous pression l'emploi et l'inflation.
Aussi, les chiffres publiés dans l'après-midi, les fameuses Non Farm Payroll vont prendre toute leur importance et pourraient amener encore de l'eau au moulin du billet vert.
Refuge... par défaut. A défaut de mieux !
Une des questions les plus posées dans vos courriers concerne le statut de refuge du billet vert.
En effet, on peut se demander pourquoi la devise du pays le plus endetté du monde n'est pas frappée par la crise de confiance actuelle.
Alors que tout le monde avait enterré le dollar, le monde entier se rend compte que remplacer la monnaie de référence n'est une chose aisée.
L'euro, favori pour prendre le statut convoité au sein de l'économie mondiale, est fragilisé par la structure même de la Zone euro et l'absence d'organe central de décision.
Les difficultés qui s'accumulent pour les PIGS -- mais aussi pour les leaders comme l'Allemagne qui montrent quelques signes de faiblesse et dont les prévisions de croissance pourraient être revues à la baisse --, plombent littéralement la monnaie unique.
Alors non, les Etats-Unis ne sont pas mieux lotis que les autres pays dans cette crise, mais le billet vert reste la monnaie refuge... par défaut.
Prochaine étape : 1,35 $ et après ?
Mais plutôt que de céder à l'euphorie, j'ai recommandé à mes abonnés la plus grande prudence ces dernières heures après avoir profité des mouvements du début d'année.
En effet, il faut parfois laisser le marché reprendre son souffle, et clairement la configuration technique laisse penser qu'un rebond de la paire EUR/USD dans la zone des 1,35 $ est à prévoir.
Je suis déjà très surpris que le support des 1,3750 $ ait rompu si rapidement.
Cependant, si j'attends maintenant une pause vers 1,35/1,3550, je n'oublie pas que le marché nous a surpris l'année dernière par l'ampleur de son mouvement quasi ininterrompu. Voilà pourquoi je ne peux pas écarter l'hypothèse à faible probabilité, mais qui se renforce au fil des heures, d'un retour vers les 1,30 dans un mouvement appuyé de panique.
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Attention, quand il parle de "Les difficultés qui s'accumulent pour les PIGS..." il ne parle pas de cochons mais du Portugal/Ireland/Grèce/eSpagne!
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