#1 05-06-2012 12:17:43

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La Fed à court d'options, l'Espagne à court d'argent

La Fed à court d'options, l'Espagne à court d'argent


Les espoirs d'un QE3 ont augmentés après le terrible NFP de vendredi, mais avec des rendements extrêmement faibles, la Fed est à court de munitions. L'Espagne n'a tout simplement pas assez d'argent à faire circuler, elle est beaucoup plus proche d'un plan de sauvetage que les dirigeants européens ne l'admettent, dit David Rodriguez, de DailyFX.

Dans l'interview ci-dessous, Rodriguez discute Espagne, du QE3, de la dette du Japon et du désendettement global.

David Rodriguez est analyste quantitatif pour DailyFX.com, spécialisé dans les études statistiques sur le marché des devises et des systèmes de trading forex algorithmique pour les programmes de comptes gérés proposer par la société mère, le courtier FXCM. Il détient un diplôme en économie de Williams College et a débuté le trading des marchés financiers pendant le boom technologique et le ralentissement de 1999-2001.

1. Pendant que les banques espagnoles et les régions luttent, les caisses nationales sont sous pression et les rendements font un pic. Quelle est la réalité d'un éventuel plan de renflouement espagnol dans un avenir proche ?

Je pense que l'Espagne a largement atteint le point de non retour, les problèmes fiscales de Bankia et les troubles récents au sein du gouvernement régional de Catalogne soulignent les difficultés de financement. Le gouvernement espagnol n'est pas forcement dépendant des banques nationales pour acheter les obligations du gouvernement espagnol. Les banques dépendent du gouvernement central pour les renflouer si elles devenaient insolvables.

Ensuite, vous avez le cas de la Catalogne - la Communauté autonome fortement nationaliste de l'Espagne. Compte tenu des difficultés de financement, elle s'est tournée vers le gouvernement central pour la liquidité. Le problème est clair : il n'y a pas assez d'argent à faire circuler. Ce n'est pas un problème qui va partir de lui-même, la probabilité d'un plan de sauvetage grandit de jour en jour.

2. L'opération Twist touche à sa fin. Est-ce une chance pour la FED d'introduire de nouvelles mesures politiques ?

La semaine dernière, après les chiffres du NFP très décevants, tous les yeux se sont tournés vers la Fed. Pourtant, avec des taux d'intérêt à des niveaux historiquement bas, on se demande ce qu'elle peut raisonnablement faire. Elle possède déjà environ 10 % de la dette du Trésor américain et les rendements continuent de dégringoler. Peut-elle augmenter sa participation à 20 % et les amener encore plus bas ? C'est peu probable. Je pense que le Fed manque d'options pour produire le stimulus monétaire nécessaire.

3. La Grande-Bretagne apprécie la baisse de rendements dû à la crise de l'euro, alors que son économie a une dépendance sur le continent. Comment la livre réagira-t-elle à un événement majeur comme une sortie de la Grèce ou un plan de sauvetage espagnol ?

Nous avons vu le rallye de la livre sterling forte face à l'euro compte tenu des crises de la Zone Euro, mais le taux d'appréciation a nettement ralentit ces derniers temps. Je pense toujours que la livre sterling va s'apprécier par rapport à l'euro dans le cas d'une sortie de la Grèce. Les liens étroits avec la zone euro signifient qu'elle est aussi susceptible de tomber sensiblement plus contre les valeurs refuges des telles que le dollar US et le franc suisse.

4. Le Japon a récemment reçu une dégradation de la notation de sa dette très importante. Pensez-vous que le fait que la dette soit détenue localement amènera de nombreuses années plus calmes ou est-ce une bombe à retardement qui affectera le yen plus tôt ?

Il est vraiment remarquable de voir l'énorme dette du Japon par rapport à son PIB (actuellement près de 220 %), et pourtant, ses rendements d'emprunts publics sont excessivement bas. Je pense que la principale raison pour laquelle le Japon est en mesure de maintenir des rendements si bas est simple : les taux d'intérêt mondiaux sont dans un creux cyclique. Compte tenu du fait que les investisseurs acceptent réellement des rendements NÉGATIFS sur 3 et 6 mois des obligations d'État allemandes, les taux positifs au Japon ne semblent pas si mauvais que ça. Je m'attends à ce que le Japon, les USA et d'autres pays restent solvable tant que les taux d'intérêt ne bondissent pas de façon spectaculaire.

5. Le dollar australien a été touché par des signes inquiétants en provenance de Chine, la crise de l'euro et une certaine faiblesse interne. Quel est le facteur le plus dominant, à votre avis ?

Le désendettement. C'est simple : le dollar australien a été le principal bénéficiaire des capitaux spéculatifs à la recherche des rendements élevés et d'une forte croissance interne. Avec la chute des rendements et le ralentissement de la croissance, il y a une sortie inévitable de ces opérations spéculatives et consécutivement de grandes sorties de la position longue globale sur le dollar australien. Ce ne sont pas des facteurs distincts, ils jouent tous dans le même but de réduction du levier financier.


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