#1 01-06-2012 11:29:56

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Le secteur bancaire espagnol a besoin de 300 à 400 milliards d’euros :

Le 31/05/12

La nouvelle séquence de stress subie par les marchés européens depuis deux mois, conduit légitimement les investisseurs à déserter les actifs les plus risqués. Ainsi les flux sont massivement vendeurs sur les marchés d’actions et sur les dettes européennes les plus exposées (la dette Grèce naturellement, mais aussi espagnole désormais, de laquelle les investisseurs internationaux se tiennent à l’écart). A l’opposé, les opérateurs recherchent sans distinction de rendement les actifs obligataires réputés les plus sûrs, comme le bund allemand, le T-Bond US, voire même l’OAT française, dont le taux plancher atteint cette semaine témoigne  de la confiance retrouvée des investisseurs institutionnels. En résumé, une recherche effrénée de protection et de liquidité, quitte à ne pas « gagner » d’argent. En effet, le taux à 10 ans allemand se situe par exemple à un niveau historiquement bas de 1.27%, alors que l’inflation tourne autour de 2%.
Sur les devises, même appétence pour le dollar américain, qui reste la valeur refuge par excellence et continue de s’apprécier face à l’euro (un nouveau seuil plancher de 1.20 pour la parité EUR/USD devrait être très prochainement atteint).

Au-delà de l’issue politique en Grèce, déterminante dans la poursuite ou non du financement du pays par les institutions internationales, l’état d’esprit  « Risk-off » des investisseurs est conforté par les grandes difficultés du secteur bancaire espagnol. Dans un contexte national de crise socioéconomique (le taux de chômage atteint un niveau supérieur à 20%), l’Espagne doit trouver des solutions pour le renflouement de ses banques, dont les bilans ont été dégradés par de mauvaises créances sur le secteur immobilier, lui-même en crise. Or l’Etat espagnol ne semble pas avoir les moyens de garantir à lui seul, la liquidité de son système bancaire national. Bankia, quatrième banque du pays, récemment nationalisée, a besoin d’une recapitalisation colossale de 19 milliards d’euros, loin du montant initial projeté par l’état (de 4 à 9 milliards d’euros).
Dans ce contexte délicat, une nouvelle intervention de dernier recours de la BCE semble  probable. Ce scénario se justifie d’autant plus, que les solutions politiques coordonnées à l’échelle européenne semblent longues à mettre en œuvre. La zone euro a besoin de gagner du temps, avant l’échéance des législatives grecques du 17 juin. L’arsenal de mesures, conventionnelles ou non, dont dispose la BCE est assez large et conséquent. On peut estimer les  besoins en liquidités du seul  secteur bancaire ibérique, à 300 ou 400 milliards d’euros.  La BCE peut recapitaliser les banques via le MES et une nouvelle opération « intermédiée » de LTRO. L’institution pourrait aussi reprendre son programme de rachat de dettes souveraines à l’image de ce que fait la Fed aux USA. Plus classiquement, une nouvelle baisse des taux directeurs (aujourd’hui à 1%) est aussi envisageable.   

C’est au prix de ces nouvelles mesures que le sauvetage du secteur bancaire espagnol et la détente du coût de la dette publique pourront se réaliser. C’est aussi le prix à payer pour convaincre le peuple grec qu’il est indispensable de poursuivre les efforts budgétaires et les réformes structurelles nécessaires pour continuer à bénéficier des garanties de refinancement des partenaires internationaux (UE, FMI)  à terme.
Enfin d’un point de vue boursier, une telle décision de la BCE procurerait probablement aux investisseurs un choc de confiance. Ils verraient là un déclic pour revenir opportunément sur les marchés d’actions, avec des achats à bon compte. De quoi initier un vif rebond haussier dans les prochaines semaines ?






Ce commentaire est signé Fabrice Cousté, DG de CMC Markets France

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